« 2008-07 | Page d'accueil | 2008-07 »

vendredi, 18 juillet 2008

Le Mans Classic, accueilli en Triumph

triumph1.jpg


Voir aussi
Cahier de brouillon du Mans Classic
La Simca 8 de mon père
Les souvenirs extraordinaires de Jean-Luc Roy



Propriétaire heureux d'une TR3, votre serviteur s'est naturellement dirigé, vendredi soir, à l'extérieur du Tertre Rouge où il savait trouver des campeurs d'un genre qu'il aime, les membres du TR Register France. Récit d'une soirée à la sonorité triumphale, enfin au début...



Au Mans Classic les clubs ayant accès à l’enceinte du circuit, des parkings immenses regroupent, par marques, des voitures anciennes. Triumph, c’est le Tertre Rouge. Un coup d'oeil à la photo ci-dessus trahit le statut des membres du TR Register France [1] : plutôt l’âge, le look, de membres du Rotary club que d’amateurs de tuning à Villetaneuse. Ils fréquentent plus souvent les restaus gastros que les McDo et pourtant tous les deux ans leur club organise une virée au Mans Classic ; on les retrouve en bords de piste, ils couchent même sous la tente.

Sachant que leurs pauvres maris allaient dormir sous des tentes du même type que celle des SDF parisiens, les épouses avaient préparé des gamelles à faire pâlir le traiteur en charge de la garden party de l’Elysée. Quant aux bidons, ces messieurs avaient préféré assurer eux-mêmes. Au fur et à mesure de la progression du diner, on déboucha des bouteilles de Pommard et de Vosne-Romanée à un rythme digne de Hans Hermann dans ce même Tertre Rouge.

triumph3.jpgUn virage décisif fut pris a la tombée de la nuit lorsqu’un convive sortit "la limonade algérienne", sorte d’alcool fort, mi-prune, mi-pomme, qui changea sous nos yeux ébahis nos braves membres du TR Register en de véritables tontons flingueurs. Dès lors, foin de direction à galet floue ou d’allumage à refaire, plus de faisceaux électrique défectueux ou de culasses rectifiées, mais de la bonne vieille histoire de Toto à Marseille et de Lulu la Nantaise. La vie quoi.

Me doutant que l’ambiance se réchaufferait, j’avais assuré ma note en début de réunion en branchant l’heureux propriétaire de la TR2 à l’immat' sans équivoque, 1955 TR 94. 1955, année de gloire pour les Triumph aux 24 heures du Mans restés célèbres en raison du drame que l’on connaît. On sait moins en revanche que deux Triumph TR2 finirent la course aux 14e place, la N° 28, et 15 place, la N° 29 ; exploit hélas jamais renouvelé de la part de l’autre marque de Coventry.

Bernard Oudard (bonne gueule de baroudeur), le propriétaire de cette TR2 millésimée s’est aperçu un jour par hasard que le numéro de châssis de la N° 28 était le 5534 alors que la sienne est estampillée 5536. Son anglaise passa à ses yeux d’ancienne à (presque) historique et il décida de la parer aux couleurs de la championne. Les noms des deux pilotes, l’Anglais Robert « Bobby » Dickson et l'Ecossais Ninian Sanderson, de l’Ecurie Ecosse, sont définitivement peints sur les flancs de sa TR et les grands jours l’auto arbore fièrement le N° 28, le grand jeu. Seule erreur qu’il assume : avoir peint le museau en rouge sous la pression de ses fils.

triumph2.jpgIl se fit tard, temps pour moi d’aller draguer autour des essais de nuit afin d’alimenter la faim féroce de mon rédac’chef et mes amis, de dormir quelques heures parce que samedi à 8 h 30 les triumphalistes devaient se regrouper avec leurs autos en pré-grille pour les tours de circuit que Patrick Peter propose aux clubs en échange de la modique somme (sic) de 110 €.

Maison Blanche pour attaquer pied droit enfoncé. Fini les bords de piste, affrontons la réalité du terrain. Une des TR, celle de Gilbert, était bardée de caméras, non pas pour faire concurrence à Lelouch, mais pour préparer le film qui sera présenté à Automedon en octobre sur le stand du club où sera fêté le 40 anniversaire de la TR5.

Cette année un pace car calmait les ardeurs des pilotes amateurs, au moins lors du 1er tour. En 2006 un membre du club fut surpris par une flaque d’huile lors du freinage brutal au bout des Hunaudières, partit à la faute et abîma sa TR3 dans les rails. Il s’en sortit indemne mais choqué et sa TR bien froissée, ses copains le voyaient chanceler à coté de sa voiture dont le radiateur fumait, sans qu'ils puissent s’arrêter et lui venir en aide.

La rançon de l’intrépidité.




Jean-Paul Orjebin





Le Mans Classic . Circuit de la Sarthe . 11-13 juillet 2008
Site officiel : www.lemansclassic.com



[1] www.trregisterfrance.fr



Images © Jean-Paul Orjebin