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jeudi, 17 juillet 2008
Le Mans Classic, les souvenirs extraordinaires de Jean-Luc Roy
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Cahier de brouillon du Mans Classic
La Simca 8 de mon père
Nous avons été ravis de recueillir, dans le paddock du plateau 6 (1972-1979), les impressions de Jean-Luc Roy, le fondateur et patron de Motors TV [1], qui en l'occurence laissait s'exprimer le pilote qui sommeille en lui (Cinq Paris-Dakar et deux éditions des 24 heures du Mans). Il affichait l’air réjoui du gamin à qui on vient d’offrir un vélo neuf (pour les plus jeunes : à qui l’on vient d’offrir une console de jeu up to date).
Dialogue entre essai de baquet et réglage de pédalier.
Mémoire des Stands : Vous êtes un habitué de l’épreuve mancelle.
Jean-Luc Roy : Habitué est un grand mot, j’ai eu la chance de courir deux fois les 24 h du Mans, en 1988 et 1989. J’ai terminé la course les deux fois. En 1988 sur une Argo JM19C avec Jean Messaoudi et Pierre-François Rousselot. Nous avons terminé sans embrayage 21e et 4e en C2, du vrai sport. En 1989 sur une Spice SE89C avec Jean-Philippe Grand et Rémy Pochauvin, nous avons fini 19e.
MdS : Etiez-vous dans l’auto lors d’un départ où d’une arrivée à 16 h ?
JLR : Non jamais, mais n’allez pas penser que c’est frustrant, c’est un vrai travail d’équipe, pas un concours d’égo, ce qui compte avec ce type d’écurie, c’est de terminer la course et l’équipe joue le jeu sans arrière pensée.
MdS : Quel est votre état d’esprit lorsque vous recevez la proposition de courir les 24 h ?
JLR : Ce que je vais dire est affligeant de banalité : comme tout le monde, enfin ceux qui sont aujourd’hui au Mans Classic, je suis venu avec mon père en 1963, 1965. Le voyage n’était pas long, nous habitions Tours, j’avais dix ans, papa avait vendu sa Traction, nous roulions en ID 19. Ce sont des souvenirs de petit garçon qui restent gravés à vie, alors j’ai bien sûr rêvé d’être pilote de course et de courir les 24 heures. Donc il est certain que lorsqu’on m’a proposé un volant, j’ai dis oui tout de suite. J’avais une petite expérience de la course moto, de la Formule Ford et de la Coupe Porsche. Je vais vous avouer quelque chose de très intime, je me suis dit tant pis si je me tue, j’aurais réalisé mon rêve [2]. Oui c’est vrai j’ai pensé ça, c’est fort quand même, n’est-ce pas ?
MdS : Au Mans Classic, sur quoi courez-vous ?
JLR : Sur une Lola T 298, je suis heureux, cela faisait deux ans que je n’avais pas piloté et la Lola est une vraie voiture de course. J’adore piloter sur ce circuit, en fait j’aime bien les circuits rapides et naturels comme Spa, comme ici ; j’aime pas trop les tourniquets et les circuits modernes et artificiels. En 1989 avec la Spice, on marchait à 360 Km/h dans les Hunaudières, mon ami Patrick Tambay cette année-là, pilotait une Jaguar, la Silk Cut qui prenait 380, alors lorsqu’il me doublait à cette vitesse, notre jeu était de nous regarder l’un l’autre et de nous faire un salut de la main…Quels bons souvenirs !
MdS : Cette fois encore vous allez piloter de nuit, quel est votre état d'esprit ?
JLR : Excellent, je vais vous étonner mais on voit très bien la nuit. Pour être plus précis la nuit on voit peu d’espace mais ce que l’on voit, on le voit très bien. C’est complètement féerique, tous ces faisceaux de phares en mouvement qui percent le noir. Je me souviens qu’en 89, il y avait du beau monde : Jaguar, Toyota, Nissan, Sauber, Aston, Mercedes, Porsche bien sûr, mais surtout il y avait les Mazda quadrirotor. Monstrueux. A la décélération au bout des Hunaudières, on voyait les flammes sortir des échappements latéraux. Des flammes d’un mètre de part et d’autre de l’auto ! La nuit était illuminée d’une manière fantasmagorique. En plus l’échappement émettait un son à déchirer les tympans. Tellement fort qu’il couvrait le bruit du V8 que j’avais dans le dos. Incroyable.
Le Mans, c’est que des souvenirs extraordinaires…
Jean-Paul Orjebin
Le Mans Classic . Circuit de la Sarthe . 11-13 juillet 2008
Site officiel : www.lemansclassic.com
[1] http://fr.motorstv.com
[2] Jean-Luc Roy nous avait confié à Clermont-Ferrand, dans le cadre de l'hommage rendu à Patrick Depailler en février 2007, son traumatisme et sa culpabilité d’avoir cédé au dernier moment sa place à Daniel Balavoine dans l’hélicoptère de TSO le 14 janvier 1986, jour de l’accident fatal. Il s’estime être en vie par chance et regarde maintenant se dérouler le temps avec quelque distance. Accident du hasard qui lui confère à nos yeux une épaisseur certaine.
Image © Jean-Paul Orjebin
10:10 Publié dans Epreuves historiques modernes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc roy, motors tv, lola t298, le mans classic, 2008



