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dimanche, 13 juillet 2008

Cahier de brouillon du Mans Classic

(Note ouverte vendredi 11 juillet et actualisée en direct jusqu'à dimanche 13)


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L’esprit embrouillé de la mort de Bernard Cahier, Gianpaolo s’en est allé au Mans car il connaît ses classics. Son Audi a filé à travers la forêt de Chantilly, a pris le périphérique puis s’est dirigée vers l’autoroute A11.

Vendredi 11 juillet 

10 h 32

mangian1.jpgCe qu’il y a de bien avec cette machine, c’est qu’elle se débrouille seule, aussi Jean-paul a-t-il eu le loisir de réfléchir à la forme que prendra son papier sur cette manifestation où il se rend pour la première fois. L’Audi a stoppé pour de l’essence, taillant le bout de gras avec une compatriote. C’était bien parti pour Le Mans Classic. En hommage à Bernard, cet avant goût prendra l’allure d’un cahier, mais un cahier un peu foutraque, un cahier de brouillon qui recueillera ses impressions, les trucs qui l’amuseront. Le Sony Ericsson en position photo, un ou deux fichiers son ; envoyer à MdS qui mettra en ligne quasi en direct. Carrément du journalisme de guerre.

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13 h 48 à vue de nez
Justement ce trio est-il en guerre, sur un site contaminé ? Non il semblerait que le dressing code ait frappé par ici. Le dossier de presse recommandait le chic décontracté. Ceux-là n’auraient-il retenu que le second élément ?

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Entre 15 h 15 et 15 h 58
La passion Ferrari frappe à tout âge mais on sent une légère retenue à droite.


16 h vin

DSC01028.jpgL’œnologue Jean-Paul, animé par sa déontologie journalistique sans faille, s’est approché suffisamment de cette Renault Colorale pour apprendre qu’elle est au nom d’un certain Jules Pinard.


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17 h 917
Gijs Van Lennep sur Porsche 550 1500 RS, vainqueur au Mans en 1971 sur une 917 et en 1976 sur une 936.

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De telle heure à 10 mn plus tard
Notre corps balance entre les nourritures terrestres proposées par le « Paddock » et le plat du jour affiché au « Palmier ». 22 euros la planche de charcuterie d’avant-guerre, c’est pas un peu cher ? Jean-Paul me souffle hors antenne qu’il y a un nu page 6 qui vaut qu’on la déblistérise… (Un nu dans la bio d’un pilote d’avant-guerre ?)

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19 h et des broquilles
Trois petits gars pas pris à la fête de l’Huma.

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L’heure du loup
TR4 et table de camping pliante. Les Gallois animent la nuit mancelle ; ils se terminent à la bière et à moins qu’ils ne dégainent un château-latour devant lui, Jean-Paul passera son chemin.


Samedi 12 juillet


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Midnight cowboys

Rowan Atkinson – Monsieur Haricot en français - est un fana de course automobile. Il court depuis 1997 en historique au volant d’une MG. Il y est moins emprunté qu’au cinéma. A droite, la mèche rebelle, un ancien pilote Ferrari qui fête cette année ses 60 printemps et dont tout le monde se demande pourquoi en 82 il est devenu brutalement un ex-pilote Ferrari. Nous, on le sait mais on ne parlera que sous la torture ou un sourire de Vanina.

L’heure du laitier

mangian13.jpgTiens, un homme est passé sous la guitoune. La bâche laisserait penser à un populaire Patrick Peter venu prendre la température publique. Peu probable. Le fin José ? Encore moins plausible. Relativisons l’importance de la casquette de tweed portée ce week-end par les deux-tiers du paddock.

Le croissant à peine touché, le café abandonné encore fumant, tout dénote le genre sec, prêt à gicler sur l’événement, le gars qui enchaîne. Gianpaolo, à tous les coups, parti mater l’échappement de la Howmet.

 


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9 h 12
Plateau 1. Jean-Pierre Jaussaud conduit cette Simca 8 de 1938. Sa prestation sera plus discrète que celle qui fit de lui, il y 30 ans pile, le vainqueur du Mans en compagnie de Didier Pironi.


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10 h 10
Deux drôles de tromblons. Sur la gauche nous avons un type qui turbine aussi fort, sinon plus, que la Howmet d’à côté. Gianpaolo évoquera dans son papier officiel cette machine qui défraya la chronique en 67, aussi intéressons-nous à JMS, initiales derrières lesquelles se cachait jadis un cinéaste qui ambitionnait de mettre les Grands Prix en boîte, de vendre les boîtes – cher - et, fortune faite, de lire L’Equipe les pieds en éventail devant une mer bleu turquoise. Il en fut autrement. Si vous le croisez, demandez-lui son pass. Si votre tête lui revient, il retroussera sa manche et vous montrera, en hommage à Bernard Cahier, l’un des derniers brassards ERPA en circulation. Nous y reviendrons prochainement.


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L’heure de la récré
Sous la férule du Pr Peter, une classe est à l’écoute. Foin des départements ou de la table de multiplication, ces mômes apprennent à déjouer les pièges du circuit Bugatti où ils vont courir au volant de voitures électriques ou thermiques à leur taille. Ils ont entre 6 et 13 ans et constituent le nouveau plateau « Little Big Mans » dont l’objectif est de transmettre l’amour des voitures du passé aux générations futures, d’après le dossier de presse.
Parmi ces jeunes pilotes, relevons Arnaud Fillon dont le papa travaille dans un hôtel, Armand Mille, dont le papa fait des montres, Louise Bardinon, dont la famille aime les voitures rouges, Oliver Marçais, dont le papa fait aussi des courses de voiture et, entre autres, le petit Arthur Bruère dont le papa fait de la peinture.


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L’heure des braves
Où l’on voit que le plus motivé des deux n’est pas le triple vainqueur du Dakar, dont la silhouette bonhomme se balade dans les parcs fermés depuis plus de 35 ans, mais plutôt le petit jeune dont le patronyme rappelle celui d’un homme d'Etat. Leur point commun est la nationalité de leurs autos, une Porsche 356 Abarth pour René, une réplique de BMW 328 pour Arnaud.


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Le démon de midi
Le Blenheim Gang Forum, snob jusqu’au bout de la veste cintrée, a ouvert un fil de discussion sur les voitures de garçon-coiffeur et Gianpaolo, que le démon du reportage a saisi, s’est aventuré jusqu’au seuil de l’échoppe de ces garçonnes-coiffeuses pour s’enquérir du type de châssis ayant leur préférence, et accessoirement pour vérifier si leur dressing code était conforme jusqu’au bout au règlement lorsqu’un sms de sa vicomtesse d’épouse l’a rappelé à la réalité. La coupe des dames sera pour après.

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16 h pile

En débarquant sur la Lune le 21 juillet 1969, Buzz Aldrin n’ a pas été plus dépaysé que les spectateurs du Mans Classic assistant à un départ type 24 heures.

 

mangian26.jpgIl est toujours trop tôt pour un Brésilien
A une semaine d’un GP d’Angleterre et à une semaine d’un GP d’Allemagne, Felipe Massa, en tête du championnat du monde des conducteurs, ex-aequo avec deux furieux qui s’appellent Hamilton et Räikkönen, trouve le temps d’avoir quelque chose à dire à Daniel Poissenot, directeur des sports à l’ACO et directeur de course ici (à gauche). Son manager, Nicolas Todt, sert d’interface.

 


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It's tea time
Extrait d’un fichier .amr envoyé par Jean-Paul : Ces deux Anglais s’appellent Chris et Ruth, j’ai trouvé que Chris ressemblait à Bernard Cahier, je le lui ai dit, je lui ai expliqué qui était Bernard Cahier, qu’il était décédé il y a quelques jours, ça l’a ému et il était très fier. J’ai pris son adresse et je lui ai dit que si sa photo passait sur le blog je lui enverrai le lien. Voilà, à plus. 


Dimanche 13 juillet


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Il est 6 heures, Le Mans s’éveille

N’était le profil contemporain de Jürgen Barth, engagé avec le Suisse Luco sur cette Porche 917 de 1970, on jurerait cette image, belle comme du Turner, d’époque.



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Heure grise

Le docteur Jürgen Barth attend avant d’effectuer son relais. Il est en quelque sorte le Paul Frère d’Outre-Rhin : ingénieur, pilote, auteur de livres. Il a gagné Le Mans en 1977 avec Jacky Ickx et Hurley Haywood sur une Porsche 936. Précision : il n’a jamais conduit de 917 au Mans. Pendant ce temps, l’organisateur, déjà cravaté et concédant un casque au dress code, inspecte ses troupes. Il sourit à un Gianpaolo qui n’est pourtant pas rasé.

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L’aube des souvenirs
Extrait d’un fichier .amr envoyé par Jean-Paul : … Vroaaar… Vroooooommm… Miiiiiiuuuuuummm … Patrice, je suppose que tu m’entends… Voilà, l’aube est maintenant levée, je vis un moment magnifique. Les couleurs sont extraordinaires et mettent tellement bien en … Vroooarr … ces protos du plateau 5 que je ne voulais pas rater… Vrooommm … Tout ça m’a tellement rappelé nos propres souvenirs du Mans. Le petit matin, ici, est réellement magique, les gens ne sont pas encore là, on est en quelque sorte… Miuuummmm !

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Heure anglaise
Gaulé pas rasé, le SDF de luxe Gianpaolo a choisi une calandre d’avant-guerre pour accorder sa mise aux canons esthétiques de l’événement. Il en profite pour rendre hommage en douce à un autre photographe que celui qui inspire ce cahier de brouillon, Belge lui, dont l’ombre flottait toujours dans un coin de ses images.

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Réveil qu’a pas sonné

Roar… Vroom… Zzzzzzzzzzz … Roar … Vroom… Zzzzzzzzz … Toc toc ?

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Midi à leur porte
Deux galeristes, deux conceptions de leur art. Isabelle Nicolosi a quitté sa rue de Berri ou le hall central de Rétromobile – ses biotopes – pour l’agitation furieuse du Mans Classic. Elle abandonne à son stand de la Galerie Vitesse [1] le soin de parler à sa place, goûtant la paix relative du petit matin. Plus connu sous le nom de GT Dreams, Gérard arpente le calendrier de mars à novembre, Canon PowerShot G5 sur le ventre, engrangeant des images comme un écureuil accumule les noisettes. Peut-être en a-t-il manqué durant sa jeunesse ? Véritable caverne d’Ali Baba, son site [2] héberge en ce 13 juillet 48326 photos exactement. On aurait tort de se gausser car son espace fonctionne comme une référence que l’on consulte dès qu’un problème d’identification, ou une recherche de modèle automobile, se présente. En petite forme, GT Dreams a avoué à Gianpaolo n’avoir pris que 800 clichés depuis vendredi.

[1] www.galerievitesse.com
[2] www.gtdreams.com

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Howmet time
Les deux frères Micheron pilotent la Howmet à turbine dont deux châssis été construits en 68 pour participer au championnat du monde des marques et à quelques courses américaines. Sinon deux victoires locales, la voiture alla d’abandon en abandon en raison d’une fiabilité douteuse. Xavier Micheron a acquis le châssis numéro 2.

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Les très riches heures des ducs de la Sarthe
A gauche (sur l’image s’entend), Paul-Emile Bessade, collectionneur et propriétaire, entre autres, de la Gordini 24 S ayant appartenu à François Sagan. Il pose devant le tracteur de ladite auto, un vieux camion de pompier repeint aux couleurs de l’ancien Lancia – plus gros – qui servait aux déplacements de la marque du boulevard Victor. Le coudoie Jean-François Bouzanquet, dit aussi Silk Cut, bien connu de nos lecteurs depuis son livre sur les femmes pilotes, qui est aligné ici sur la Lotus Elite 59 de Jean Sage. Beaucoup de problèmes sur cette auto montée très ferme en amortissement, ce qui occasionnait des ruptures électriques.

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Il importe de rentrer à l’heure
Extrait d’un fichier .amr de Jean-Paul : (Fond de haut-parleur, voix anglaises alentour, on démarre un V8 tout près)… bon, Patrice… Ce sera tout pour moi, je suis crevé, je rentre, J’ai pratiquement pas dormi pendant deux jours. Je sors l’Audi du parking et direction la maison. J’ai en boîte de quoi faire un ou deux papiers sympas. Voilà. A plus.

 

Fin




Le Mans Classic . Circuit de la Sarthe . 11-13 juillet 2008
Site officiel : www.lemansclassic.com



Images © Jean-Paul Orjebin