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mardi, 13 mai 2008
Monaco historique 2008 #1, le centre du monde

Un voyageur intergalactique qui voudrait connaître ce grand frisson mécanique dont les Terriens sont si friands (il les comprend quand il compare son vaisseau à propulsion quantique à la Ferrari 166 MM conduite par cet Espagnol à la face de bandit, qu’il a vue à Monaco), n’aurait qu’à amener son orbite géostationnaire de 40 000 km au niveau du sol, voyant en moins d’une minute la Terre se réduire à l’Europe, puis à la France, elle-même redessinée en une Côte d’Azur qu’un point gros comme une tête d’épingle absorberait tout entière : la Principauté de Monaco.
Poussant l’absolutisme jusqu’au bout, l’extraterrestre aurait glissé son vaisseau entre une Bentley Continental et une F430 encombrant l’entrée de l’Hôtel de Paris, en aurait remis le boîtier de matérialisation à un voiturier que rien n’étonne plus depuis qu’une richissime clientèle russe, dont les chemises sont aux armoiries des yachts, a pris possession de la Principauté.

Buvant un café sous l’immense suspension de cristal qui baigne d’une lumière douce le grand hall du Paris, qui vit défiler tout le gotha du sport automobile depuis William Grover à Lewis Hamilton, il attire moins l’attention que les extravagantes baronnes de la vieille Europe qui flambent au Casino d’à côté l‘équivalent, en une nuit, du PIB d’une petite nation d’Amérique centrale. On devine ici, à l’abri des tentures, gardées par un jeu extraordinairement émaillé de caméras vidéo, d’implacables machineries à l’œuvre qui partagent chaque jour un peu plus le monde en deux clans, ceux qui ont des bateaux de plus de cent mètres de long, immatriculés à Nassau ou aux Iles Cayman, et ceux qui les regardent en bermuda trop large en suçant une glace. Comme le Lady Moura, mouillé à l’un des nouveaux quais que Monaco emprunte chaque année à la mer, que la rumeur attribuait au numéro deux du pétrole.
Qu’on ne se fie pas à l’accent méridional, il ne fait que pagnoliser une ambiance de coffre-fort. En raison de tout cela, de sa situation géographique, de ses paysages d’une beauté outrancière, et surtout des excès qu’il cultive aussi naturellement que le 9.3 le jeune de banlieue, Monaco est le centre du monde. Le centre du monde automobile surtout. C’est ici le Grand Prix de Monaco tous les jours. L’autre dimanche, une Enzo noire remontait à toute allure l’avenue des Spélugues, faisant croire aux résidents encore dans leurs draps de soie que c’était déjà les essais. On peut raisonnablement écrire que le GP de Monaco est le seul du genre dont le rayonnement ou le pouvoir d’attraction n’outrepasse pas le pays ou la ville d’accueil. Alors le GP historique, vous pensez… une animation parmi la centaine d’autres sur le Rocher, coincée entre un festival du film écologique ou une expo Tinguely sur les Terrasses de Fontvieille. D’ailleurs les locaux ne s’y déplacent pas, se réservant pour le vrai Grand Prix.

Moins de public payant, beaucoup moins de porteurs de badges. Le "test Jacky Ickx" nous a permis de constater ce dernier point : il était beaucoup plus aisé qu’en 2006 de se faufiler parmi les grosses caméras lors de l’exhibition du pilote à la parade de la pause déjeuner. Il y conduisait l’Auto-Union de 1934, vue au dernier Brussels Rétro Festival, louée par son ami le président de Chopard, Karl-Friedrich Scheufele, qui parle d’une voix plus suave que son nom le laisserait prévoir. On a reconstruit trois modèles à partir des plans de l’auto de l’époque, explique-t-il dans un souffle à une Black genre mannequin de très haut vol. Impossible d’échapper à l’horloger suisse qui semblait donner l’heure jusque dans les toilettes de la gare. Sa petite « guitoune » plantée au paddock ne désemplit point de gros clients échappés des yachts qui en repartaient avec au poignet d’énormes garde-temps - selon le terme consacré par les revues d’horlogerie.

On a pourtant eu tort de bouder son plaisir car les plateaux étaient somptueux, les autos en grand nombre, surtout les F1 dont le nombre était tel qu’il fallut, comme en 2006, trois séries pour les accueillir. On y célébrait également le 50e anniversaire de la création de la Formule Junior, les 60 ans du 1er Grand Prix moto de Monaco et aussi le dernier, avec une parade de 15 machines historiques dont la Velocette KSS de 1936 que Georges Houel monta ici. Sans omettre, last but not least, la fabuleuse Parade Ferrari, déjà vue en 2006.
Au total, 210 pilotes dont 86 Britanniques, 30 Américains, 25 Italiens, 14 Allemands et seulement 12 Français. Au total, 70 marques représentées dont 18 Lotus, 12 Cooper, autant de Ferrari et de Maserati, 11 Brabham, 9 Stanguellini, etc. Et aussi 3 Matra et autant de Gordini.

Les sept séries avec les podiums :
Série A : Voitures de Grand Prix avant 1947
1. Julian Bronson (GB/Era D 1935)
2. Matt Grist (GB/Alfa Romeo tipo B 1934)
3. Willi Balz(ALL/Maserati 6 CM 1937)
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Amusants, les phares retournés de l’Alfa 8C Monza de 1932 engagée par Ed Davies. Pilotée par Tazio Nuvolari, elle disputa la Targa Florio et Raymond Sommer l’eut au GP de Nice. Juan Zanelli remporta le GP de Penya Rhin de Barcelone en 33

Série B : Voitures de Grands Prix à moteur avant construites avant 1961
1. Duncan Dayton (USA/Lotus 16 1959)
2. Barrie Baxter (GB/Maserati 250 F 1959)
3. Tony Smith (GB/Ferrari 246 1960)
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La rare Tec Mec Maserati 250 F de Barrie Baxter, construite par un transfuge de Maserati, Valerio Colotti sur une base 250 F en 1959. Elle ne courut qu’un GP, Sebring 1959, aux mains de Fritz d’Orey.

Série C : Voitures de Sport avant 1953
1. John Ure (GB/Fraser Nash MK2 1952)
2. David Wenman (GB/Jaguar C 1952)
3. Nigel Webb (GB/Jaguar C 1952)
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Une Skoda de course, ça vaut le déplacement. Celle-ci est une 1101 Sport de 1949 qui fut construite pour les 24 heures du Mans de 1950 où elle abandonna à la 25e heure. Cette machine, conduite à Monaco par Miroslav Krejska courra jusqu’en 56.
Série D : Formule Junior
1. John Monson (GB/BMC MK1 1960)
2. Tony Goodwin (Gemini MK2 1959)
3. Simone Stanguellini (ITA/Stanguellini FJ 1960)
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Série E : Voitures de Grands Prix à moteur arrière 1954-1965
1. Simon Hadfield (GB/Lotus 21 1961)
2. James Hanson (GB/Scirocco F1 1963)
3. Marcus Mussa (MON/Lotus BRM 1962)
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Le lapin galopant de UDT-Leystall rappellera des souvenirs aux vieilles barbes. Il était collé sur les flancs de la Lotus 24 de Michael McInerney, que Masten Gregory mena à la victoire du GP de Suède 1962 et que Innès Ireland conduisit l’année suivante.

Série F : Formule 1 1966-1974
1. Duncan Dayton (USA/Brabham BT33 1970)
2. Joaquin Folch (ESP/McLaren M23 1974)
3. Manfredo Rossi di Montera (ITA/Brabham BT42-44 1973)
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Jean-François Decaux, fils du publicitaire, était l’un des 12 Français de la réunion. Il pilotait cette merveilleuse Ferrari 312 de 1967, ce que Chris Amon avait fait avant lui au GP d’Angleterre 1968 (3e). Jean-François est celui qui inventa les Vélib’. Gageons qu’il prit de la vitesse à Monaco.

Série G : Formule 1 1975-1978
1. Paul Edwards (USA/Penske PC3 1975)
2. Mauro Pane (ITA/Tyrrell P34 1977)
3. Jean-Michel Martin (BEL/Ensign N177 1977)
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Jean-Pierre Richelmi, héros monégasque, interviewé par notre « confrère » Pierre Van Vliet, avait son Ensign N175 de 1975, que l’on vit au Ricard la même année. L’auto fut ensuite rebaptisée Boro et participa à la saison 76 aux mains de Larry Perkins.
Grand Prix historique de Monaco . Circuit de Monaco . 10 et 11 mai 2008
www.acm.com
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10:10 Publié dans Grand Prix historique de Monaco | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : grand prix historique de monaco, 2008, jacky ickx, parade ferrari, montres chopard, tec-mec, ferrari 312



