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lundi, 05 mai 2008
Classic Days... Ok mais ailleurs

On ne va pas écouter du blues à Pleyel ou Björk au Grand Ole Opry, je crois que certains lieux sont adaptés à des événements, d’autres moins. Il en va de même de l’automobile. Présenté par Max Mamers Management comme devant être « le grand rendez-vous de la voiture ancienne », Classic Days a dû assumer le mariage difficile entre un circuit artificiel dédié à la F1 moderne et un rassemblement de voitures anciennes. Pas simple.
Obtenir ce succès à Magny-Cours sera une autre paire de manche. Classic Days n’attira qu’une population, certes très sympathique, mais essentiellement locale ; de plus, à part Alain Ferté, aucun nom d’une certaine importance n’a été vu dans la Nièvre [1], y compris et c’est regrettable les parrains de cet événement mentionnés en long, en large et en travers sur leur site Internet. Très peu de journalistes sinon le confrère allemand ci-contre.
A la décharge de Max Mamers, nous plaiderons l’impossibilité de faire vivre cet endroit sans âme qu’est devenu Magny-Cours depuis que ce circuit est normalisé F1. Nous devons porter à son crédit d’avoir autorisé le public à s'approcher au plus près des autos et les pilotes et ceci jusque sur les stands. La possibilité de vivre l’ambiance des garages, des stands et de la pit lane, très librement, en famille, sans cerbères agressifs est un privilège rare, en particulier sur un circuit homologué F1. Ceci peut être considéré comme la plus grande réussite de ce week-end.
Le plateau était composé d’un cocktail d’autos aussi diverses qu’hétéroclites. Nous ne les citerons pas toutes, elles étaient environ une centaine à tourner ; parmi les plus représentatives, des Ferrari modernes, diverses et silencieuses, deux Lambo, une Gallardo et une Countach, des Alfa GTV pilotées par des cadors, un paquet de Morgan qui poussaient bien, des Triumph TR4 et un peu pépère, une rigolote Simca 1000 loin d’être ridicule, en particulier de la façon dont elle était menée, sans oublier des ribambelles de 911 et une 914 qui allait bien.
Et puis, plus adaptées au circuit, quelques F1 pas de première fraîcheur ni très prestigieuses mais des F1 quand même. Une Hesketh ex Galica, une Tyrrell ex Salo, une autre très belle ex Brundle et pour le plus grand bonheur des spectateurs présents, une Benetton ex Schumi, ce qui permettait à chacun de se raccrocher à un nom connu et prestigieux.
Curiosité parmi ces monoplaces, une des 5 Arrows biplaces construites au début des années 2000. Le jeune pilote Julien Menard fit profiter du siège passager quelques amateurs de sensations fortes et brutales. Certaines autos, comme une belle Ferrari P4 et deux GT40, toutes trois replicas, se contentèrent de la position statique. L’une des GT40, peinte aux couleurs Gulf, était proposée à la vente pour la somme de 65 000 € .
La plus ancienne à tourner était certainement la Bugatti 37 A de Christophe Guillaumin (ci-contre), très heureux d’être là et de prendre 4 200 tours en bout de ligne droite, moins heureux d’avoir cassé la fixation de la fourchette de sa butée d’embrayage. Cette pièce à trois balles eut l’heureuse idée de casser au virage du lycée, ce qui permit un retour au stand en prise et sans autres difficultés. Ne pouvant réparer, il hésita entre le retour chez lui à Vichy ou prendre sa 1093 pour finir le week-end. Une 1093 de couleur Blanc-Valois, c’est J.-F. Riou qui aurait été content.Etaient également présents à cette manifestation et pour compléter l’offre, des marchands et des artistes. Nous évoquerons rapidement François Bruère qui n’est plus à présenter ici mais nous nous attarderons un peu plus sur un de ses poulains, Patrice Fitamant, qui fait du Bruère en photo [2]. Son histoire est cocasse. Commercial pour les amortisseurs Monroe à l’origine, il décida d’élever le niveau artistique de ses clients garagistes et grossistes en pièces détachées en pratiquant l’incentive non pas avec des caisses de vin ou des places de football comme ses collègues, mais en offrant à ses meilleurs revendeurs des tableaux de François Bruère. Joli geste n’est-ce pas ?
Ses œuvres sont des montages photo d’une auto détourée sur un fonds correspondant à l’esprit et l’époque du véhicule. Il n’en vit pas encore mais le succès rencontré depuis quelques temps lui donne beaucoup d’espoir. Il a décidé de s’attaquer aux petits constructeurs français en croquant les DB Monomill, les Mep et autres CD Panhard. Bonne chance. C’est un homme de goût puisqu’il avoue lire MdS tout les jours.
Classic Days aura-t-il lieu l’année prochaine ? Il faut bien sûr le souhaiter. Faire connaître l’automobile autrement que par des taxes et des taux de Co2 est une façon de la faire aimer. Mais Bon Dieu, qu'il est déprimant ce circuit billard ! Et ces tribunes à damiers vides de spectateurs et de sens...
Allez Max Mamers, en 2009, remettez le couvert... mais ailleurs.

Classic Days . Circuit de Nevers-Magny-Cours . 2 au 4 mai 2008
www.classic-days.fr
Jean-Paul Orjebin
[1] Considération valable le samedi
[2] www.photo-motors.com
Images classiques du jour © Jean-Paul Orjebin
10:10 Publié dans Epreuves historiques modernes | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : classic days, max mamers, circuit de nevers-magny-cours, 2008



