mercredi, 28 mai 2008

Gilberte Thirion (1928-2008)

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Décédée le 21 mai dernier à l'âge de 80 ans, Gilberte Thirion éprouve un peu plus une nation qui vient de perdre successivement le photographe André Van Bever et Paul Frère. C'est à un autre citoyen belge, Jacques Mertens, propriétaire de la Porsche 356 Gmund qui fut offerte à Gilberte par son père en 52, que nous avons emprunté le texte ci-après. Qu'il en soit vivement remercié.



Gilberte Thirion voit le jour le 8 janvier 1928 à Bruxelles. Son père Max est industriel et sa mère Hélène est mannequin. Alors qu’elle a dix ans, ses parents se séparent et elle reste vivre avec sa mère. Son père, grand amateur de voitures de sport, a déjà participé avant guerre au rallye Liège Rome Liège et au rallye du Maroc.

A 19 ans, Gilberte entame des études de secrétariat et, quand elle les termine, son père l’engage chez "Champion", la marque bien connue de bougies dont il est le représentant en Belgique. Mlle Thirion devient secrétaire puis, très rapidement, responsable des relations publiques. C’est à ce titre qu’elle se rend sur les circuits de sports mécaniques où elle rencontre notamment Alberto Ascari et Fangio, pour ne citer que quelques-uns des noms les plus connus. En 1952, elle a vingt-quatre ans et se rend au Salon automobile de Bruxelles avec Papa. Elle y découvre le stand Porsche où on expose un modèle spécial de course en aluminium. C’est le coup de foudre pour cette belle allemande. De conception plus ancienne que les nouvelles voitures de la marque « en acier », cette Porsche « Gmünd » a l’avantage de peser quelque 200 kg de moins. Ce modèle s’est d’autre part distingué aux dernières 24 Heures du Mans où il a à la fois remporté sa classe et où il a enlevé la première victoire (de catégorie) d’une voiture allemande dans une « grande épreuve » depuis la guerre.

Max Thirion voudrait offrir cette auto à sa fille mais Pierre D’Ieteren, l’importateur de la marque, refroidit aussitôt son enthousiasme : la Porsche en aluminium vient d’être vendue à un client gantois, le directeur des vente « Auto Occidentale » son plus gros distributeur dans le nord du pays. Heureusement, ce fortuné propriétaire n’utilisera qu’une seule fois sa nouvelle acquisition, pour se rendre à Knokke-le-Zoute avec une de ses jeunes conquêtes. Il la trouvera dangereuse… et beaucoup trop rapide ! Papa Thirion suit de près les frasques de ce papy séducteur et lui propose de racheter sa voiture… ce qu’il accepte. Il revient donc un soir à la maison au volant de la Porsche Gmünd n°356/2-061.

1222272497.jpgCe sera le début d’une carrière triomphale qui va durer cinq ans, qui verra Gilberte égaler, pendant un temps, les meilleurs pilotes de la planète et qui s’arrêtera aussi brutalement qu’elle avait débuté [1].
Elle rangera alors définitivement ses gants et son casque pour fonder une famille. Le 30 avril 1957, Gilberte Thirion épousera, à Cannes, Monsieur Roger Merle. L'extraordinaire montée en flèche, qui a fait de Gilberte en deux ou trois ans la championne incontestée du monde, sans titre officiel, simplement parce qu'on n'a pas encore songé à en créer un pour les femmes, ne lui a nullement fait tourner la tête. Pour preuve que ce mot charmant qu'elle a eu après l'attribution du Trophée National du Mérite Sportif, alors que toute la presse belge et étrangère faisait entendre un concert d'articles plus élogieux les uns que les autres, Gilberte disait :  Je lis tout ça, j'écoute tout ça et j'ai vraiment l'impression qu'il s'agit de quelqu'un d'autre...

Ses souvenirs resteront enfermés dans des malles pendant très longtemps. J’ai eu la chance de rencontrer Gilberte Thirion à de nombreuses reprises et elle a fini par m’ouvrir le coffre de ses trésors secrets. C’est avec émotion que je vous en fais partager quelques-uns.

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Gilberte Thirion
Belgique
Née à Bruxelles le 8 janvier 1928
Décédée à Uccle le 21 mai 2008



Jacques Mertens
http://users.skynet.be/porsche356sl/v2/fr/table.html




[1]
Voir le descriptif de la carrière de Gilberte Thirion



Aux 1000 km de Monza 1956
© Jacques Mertens
La Dauphine victorieuse du Tour de Corse 1956, conduite par Gilberte Thirion, photo DR
Gordini 17S achetée en 1954 par Gilberte Thirion et Annie Bousquet © Jacques Mertens