vendredi, 04 mars 2005

Philippe Alliot

Comme tout un chacun, Philippe Alliot a commencé sa carrière par la rêver. Monsieur Alliot père emmenait ses gamins à Reims et c'est là, entre Muizon et le Thillois, que les frères Frédéric et Philippe contractent le virus de la course. Dans leurs chambres sont accrochées les icônes des années 70, Chris Amon, Graham Hill et Jean-Pierre Beltoise, trois noms qui dénotent des goûts éclairés.

medium_alliot.jpgPhilippe poursuit des études en sciences politiques mais parfait ses connaissances en sciences sportives par les magazines de l'époque, Virage, Sport-Auto, etc. C'est la lecture de la revue Champion qui devait décider de son avenir. On peut y lire pour la première fois le nom d'Alliot en avril 1972 lorsque les deux frères, Frédéric et Philippe, sont sélectionnés au concours organisé par la revue et dont le premier prix est une bourse finançant un stage de pilotage, qu’il remportera.

Il attendra la libération de ses obligations militaires pour s'inscrire au Volant Motul duquel il finit second en 1975. Impressionné par ses capacités, le pétrolier le soutient et lui permet de débuter en Formule Renault l'année suivante. Alliot est plongé dans le bain en compagnie d'un tout jeune kartman, Alain Prost, dont l'aura qui brille immédiatement fait de l'ombre aux autres. Les frères Alliot (Frédéric court également) rament deux ans.
Une offre du BP Racing Team tombe à pic en 1978, Philippe s'en saisit et l'exploite ; le titre national en Formule Renault est au bout.

Notre homme monte en F3 en 1979 et se classe troisième au Championnat de France derrière Prost et Jean-Louis Schlesser, puis il continue son bonhomme de chemin par le Championnat d'Europe de F3 en 1980 où il finit cinquième.
Après deux saisons supplémentaires en F3 sanctionnées par trois victoires, il passe à la F2 en 1983 avec l'écurie ORECA de Hugues de Chaunac, qui le faisait courir les années précédentes. De cette année, l'histoire retiendra davantage sa troisième place aux 24 heures du Mans en compagnie de Mario et Michael Andretti sur une Porsche Kremer.

En 1984, Philippe Alliot accède à la Formule un par une petite porte qui s'appelle « Skoal Bandit Formula One Team ». Il débute au Brésil avec un autre rookie : Ayrton Senna. L'écurie aligne des RAM-Hart sous-financées et sous-motorisées au volant desquelles Philippe accumulera accidents, casses mécaniques et abandons. Pas un point en deux ans.
De Chaunac le reprend au début de 1986 et le met dans le baquet d'une March de F3000 ; Bon prince, Alliot renvoie l'ascenseur et gagne à Spa. Puis les choses s'emballent quand Laffite se casse les deux jambes au GP d'Angleterre sur sa Ligier ; Philippe est alors mandé par le patron vichyssois pour le remplacer et remercie en faisant une sixième place au Mexique, son premier point en Championnat du monde de Formule un.

En 1987, Gérard Larrousse lui confie une de ses Lola et Alliot rempile pour trois années complètes en F1 où il s'emploie à marquer quatre points et à casser sa part d'autos. Alliot est un pilote à tempérament ; il sort beaucoup, ce qui ne dégoûte apparemment pas Guy Ligier qui lui confie une de ses JS33 en 1990. Alliot lui en casse quelques-unes sans qu'aucun point marqué ne vienne compenser, et l'expérience tourne court.
L'ange qui veille sur Philippe Alliot met alors Jean Todt sur sa route.
L'homme a de beaux protos Peugeot à faire conduire en Championnat du monde des marques. Associé à Mauro Baldi, Philippe remporte trois succès en 1991 et 1992, il semble que la maturité l'ait assagi - il va sur la quarantaine.
Pour la première fois dans sa carrière, Alliot bénéficie, chez Peugeot, d'une structure très professionnelle et où règne également une bonne ambiance ; il se souvient de ce temps comme de son meilleur souvenir de sport automobile. Grâce à Peugeot, Alliot entre enfin chez McLaren en 1994, d'abord comme pilote-essayeur, puis comme titulaire en Hongrie en remplacement de Mika Häkkinen, suspendu.
Sa dernière course de F1, il la fera sur une Larrousse-Ford au GP de Belgique 1994.
Avec un total de sept points pour 109 GP disputés, ce qui donne une moyenne de 0.06 points par course, Alliot se classe en queue du peloton des pilotes les moins « rentables », mais qu'importe, si tous les lecteurs de Champion pouvaient en dire autant…

Retraité actif, notre homme tâtera ensuite de la politique, jouera les consultants TV et s'alignera dans quelques épreuves comme le Paris-Dakar en 1998 où il se classera sixième ou le Championnat de France GT.
Il a par ailleurs créé un circuit de karting à La Roche-sur-Yon, « un vrai circuit de F1 miniature » dit-il.


Philippe Alliot

France
Né à Voves (Eure-et Loir) le 27 juillet 1953

Fiche technique : http://www.silhouet.com/motorsport/drivers/alliot.html