mardi, 01 juillet 2008

Patrick Gaillard

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A la location de camions, l’activité de son père, Patrick préfère la conduite de voitures de course. Après avoir débuté en Formule Super Renault, il apparaît en F3 en 1977, conduisant une Chevron B38 Toyota dans le championnat d’Europe. Une cinquième place à Croix-en-Ternoix lui facilite l’accès, la saison suivante, à un volant d’usine Chevron.

1600228909.jpg1978 est sa grande année. Il termine à la troisième place derrière Jan Lammers et Anders Olofsson, sur une Chevron B43, le championnat d’Europe F3 qu’il marque par deux victoires, d’abord à Imola, premier succès en F3, puis une semaine après sur le grand circuit du Nurburgring. Il s’était signalé plus tôt en saison pour avoir laissé échapper un Grand Prix de Monaco F3 que, sans un dépassement hasardeux d’Elio de Angelis qui l’envoya au décor, il eût remporté. Etabli en Angleterre, Gaillard commence d’impressionner là-bas où on le surnomme Super Frog. Sans doute est-ce pour honorer son surnom qu’il saute dans un premier temps sur une épreuve de F2 en fin de saison, à Suzuka, sur une Chevron privée, puis ensuite sur le contrat que Chevron lui signe pour l’année qui vient. Il ne fera pourtant que quatre courses pour la firme de Derek Bennett (Nurburgring, Pau, Hockenheim et Donington) car un programme inattendu en F1, chez Ensign, aura ses faveurs.

Mo Nunn fait appel à ses services pour pallier en dernière minute le défaut de super-licence de Tiff Needell, lui-même pressenti pour remplacer au GP de France le titulaire du volant de l’Ensign depuis le début de l’année, Derek Daly. Gaillard ne se qualifie pas à Dijon, pas plus qu'à Hockenheim et à Zandvoort, abandonne à Zeltweg et finit 13e à Silverstone. Nunn le remplace en Italie par Marc Surer qui ne fera pas mieux… Vers la fin de l’année, d’une détente, il atterrit à Laguna Seca où il s’essaie à la CanAm sur une Lola F5000 retaillée en Sport qu’il mène à la 11e place.

On reverra pourtant Gaillard au volant d’une Ensign lors du GP d’Espagne 1980 ; il se classe 6e à cette course boycottée par les grandes usines et qui fut déclarée hors-championnat. Il en sera alors fini des chances de Patrick Gaillard en F1 lorsque Mo Nunn confie le volant de la N 180 à Tiff Needell et en fin de saison à Geoff Lees. Suivent alors des montes erratiques au gré des opportunités qui se présentent à lui – l’essentiel restant de courir. Après un espoir non concrétisé du côté d’AGS, il fait deux courses du championnat d’Europe de F2 sur la Maurer BMW du team du même nom, deux autres en F2 japonaise sur March, ainsi que deux manches du championnat du monde d’endurance au volant d’une auto construite par le garagiste suisse André Chevalley, l’ACR 80 Ford. Il casse tant à Silverstone qu’au Mans.

Patrick s’achemine lentement vers une fin de carrière de laquelle, au début de 1981, quatre courses le séparent. Le Mans d’abord avec André Chevalley et l’ACR, puis deux épreuves Sport en 1982 sur une Courage, au Nurburgring et à Brands Hatch où un bris de moteur aux essais l’empêche de prendre le départ, et enfin les 24 heures du Mans 1983 à l’issue desquelles, sur la casse de la Porsche-Kremer qu’il partage avec Derek Warwick et Frank Jelinski, s’arrête la contribution de Patrick Gaillard au sport automobile.

Super Frog, toutefois, a gaillardement rebondi. Les amateurs assez fortunés pour claquer un minimum de 1 300 euros dans trois tours du circuit du Var au Luc au volant d’une AGS F1 peuvent le retrouver comme instructeur à l’école ouverte par le constructeur de Gonfaron [1].



631364941.jpgPatrick Gaillard

France
Né le 12 février 1952 à Paris
Voir aussi sa bio sur F1Rejects





[1]
www.agsformule1.com



Ensign N 179, GP d'Angleterre 1979
,
photo DR
Patrick Gaillard jeune, photo DR
Le même "rebondi" © www.racingschools.com

vendredi, 16 mai 2008

Monaco historique 2008 #4, hominis F1

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Descendre une ligne de stands bien garnie en tentant de mettre un nom sur chaque visage rencontré, un exercice que l'ami Pascal Bisson et votre serviteur adorions pratiquer dans les années 70. Le jeu à l'époque servait de test à sa culture de F1 car les pit-lanes, même à quelques instants du départ, ressemblaient à la Foire de Paris. Sauf en Belgique, et surtout à Zolder, sorte de Guantanamo avant la lettre.
Faux et vrais journalistes côtoyaient vraies et fausses groupies, putes et femmes de pilotes se mélangeaient, anciens pilotes et demi-sels, mécanos aux pattes graisseuses qu'il valait mieux ne pas frôler, autoritaires directeurs de course, photographes ahanant sous les télés et branleurs brandissant un Instamatic sous le nez de Lauda ; bref une Cour des miracles relevant aujourd'hui de la science-fiction.
C'est en pensant à Pascal, maintenant rangé des voitures, que nous avons arpenté le paddock du GP historique de Monaco. Nous y avons déniché les hominidés ci-après qui présentent tous un point commun : ils ont au moins disputé une course de F1 non historique, une vraie. Nous en avons vus courir six sur sept.


Par ordre alphabétique


Patrick Gaillard

368077058.jpgA l'issue des cinq participations en GP sur Ensign en 79, dont deux qualifs, "Super Frog", comme les Anglais l'avaient surnommé, fit un peu de F2 et de proto avant de devenir instructeur à l'école AGS de Gonfaron.

A cette casquette il ajouta à Monaco celle d'associé d'Yves Saguato, l'un des trois pilotes d'une Matra MS 120. La photo prouve qu'il applique au propre cette évolution de carrière. Nous lui consacrerons prochainement une biographie.








Nanni Galli


1380979666.jpgGiovanni Galli, "Nanni" pour esquiver l'opposition paternelle à son désir de courir, retrouvait ici la Tecno PA 123 flat 12 du Martini Racing que nous lui avions vue mener à Nivelles et B'Hatch 72 - il l'eut également en Autriche et en Italie.

















Robert Lamplough


527188403.jpgSans l'aide de Jean-Louis Mathieu, nous aurions été fort incapable de reconnaître en ce beau senior le titulaire de la March 723 qui se classa sous nos yeux 15e de la course de F3 en lever de rideau du GP d'Angeterre 1972. Toutefois ce nom, qui évoque quelque lointaine série tasmane, ne nous était pas inconnu, loin de là. Robert avait à Monaco la BRM P 133 V12 qu'il conduisit brièvement en 71 hors championnat, à Hockenheim notamment.





Jochen Mass

529477694.jpgMême s'il a pris cent kilos depuis l'époque où il faisait flasher notre amie Martine, torse nu dans la fournaise de Hockenheim, on reconnait à son sourire qui n'a pas changé, lui, l'auteur de la victoire au GP d'Espagne 75 et de 33 succès en endurance. Jochen était en touriste à Monaco, posant volontiers. Il bosse maintenant pour la télévision et s'occupe de la promotion de la série de course ACSE, sorte de Nascar européenne.





Sir Stirling Moss


586094990.jpgIl faut s'appeler Professeur Reimsparing pour avoir vu tourner Moss avant son accident de Goodwood 62. Encore que nous aurions eu cette chance s'il n'avait pas été indisposé aux essais du GP du Maroc 57, hors championnat, et n'avait déclaré forfait pour la course. Sir Stirling Moss étonne par sa gentillesse et sa disponibilité. Jack Brabham ne se montrant plus guère, Chris Amon jouant les ermites, Moss reste la dernière Légende majuscule à laquelle un jeune public friand d'histoire puisse se frotter.

Dieter Quester

1479494382.jpgL'Autrichien, qui ne fait pas ses 69 ans, est aussi indissociable de BMW que Boileau de Narcejac. D'une discrétion absolue, sauf la combinaison Red Bull, nationalisme oblige. Un flair policier était d'ailleurs nécessaire pour le débusquer dans la série C où il conduisait un superbe roadster BMW 328 de 1937. Nous avions assisté à sa course du GP d'Autriche 74 sur une Surtees de loc, par une fournaise rarement rencontrée. 




Brian Redman


1699701598.jpgEn visite en Principauté avec quelques amis dont la veuve d'Innes Ireland, qu'on nous présenta, Brian est la sympathie faite homme. Il était déjà très avenant dans le paddock de Charade en 72 où sa McLaren M 19 était posée à côté de celle de Hulme. C'est quelqu'un de très occupé : marketing automobile, éditeur à Road and Track, etc. Il vit en Floride.









Grand Prix historique de Monaco . Circuit de Monaco . 10 et 11 mai 2008
www.acm.com


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