dimanche, 29 juin 2008

Privé de gloire (mais pas de lumière)

Lentement, au terme d'une gestation de cinq ans, Privé de gloire prend forme. Ce qui n'était encore, l'hiver dernier, que fantasmes logés dans un coin de cerveau, s'affiche en .jpeg, en .doc sur l'écran d'un imprimeur numérique.


vobeu4.jpgPhilippe Vogel au téléphone : Mon imprimeur m'a traité de fou. Il m'a dit que ça allait me coûter une fortune, mais enfin que c'était moi le patron. Je fais un premier tirage de 200 exemplaires, on verra ensuite. Il me reste encore quelques personnes à entendre. Patrice, je t'envoie une première page. fais-en ce que tu veux [1] .

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L'auteur a opté pour une forme en scrapbook, très en vogue chez les Anglo-Saxons. C'est-à-dire qu'à une page de texte serré on préfère un patchwork composé de bouts de journaux, de photos, voire de billets de tribunes ou de reproductions d'objets divers - pass, notes d'hôtel, etc. Véritable mise en scène éditoriale, le scrapbook véhicule tellement bien une ambiance qu'elle vous saute au cou dès les premières pages. Il n'est que de feuilleter les premières pages des récents ouvrages de Moss et de Graham Hill qui ont adopté ce concept pour s'en rendre compte.

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Reste à savoir ce que Privé de gloire nous évoquera. Le parfum d'une époque révolue, quand les privés gagnaient des Grands Prix ? Les secrets des alcoves de certains banquiers de la City, mécènes généreux ? Les liens entre "Mike the Bloker" et Max Mosley, dont la page ci-jointe nous apprend - curieux hasard - qu'ils sont nés le même jour de la même année ? Réponse en septembre dans un livre de 250 pages dont 50 sous forme de scrapbook, avec 200 photos. Prix environ 45 €.

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[1] Cette page a été divisée en les trois fichiers présentés ci-dessus.

samedi, 03 mai 2008

Bientôt "Privé de gloire"

Le mutisme observé par Philippe Vogel depuis plusieurs mois était à ce point inquiétant que nous avions lancé un mail en direction du grand Ouest. Qu'était-il advenu du futur auteur de Privé de gloire ? Aurait-il succombé, comme l'objet de son livre, au syndrome "Privé de gloire" qui veut qu'un sujet d'étude se dérobe au fur et à mesure que l'auteur de l'étude s'en approche ? Que nenni, l'homme en était au bouclage du projet et à la confection de la maquette ci-dessous, bien mal retravaillée par votre serviteur afin de la mettre aux normes techniques du blog.

Mais l'essentiel y figure. Phil Vogel lance un appel : que les amateurs qui l'ont suivi jusqu'ici veuillent bien se manifester, de façon à ce qu'il ait un ordre de grandeur quant au tirage du livre. Merci pour lui.
 


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bientôt disponible

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La sortie de ce livre est prévue entre juin et septembre 2008 : format à l’italienne / texte en français (version anglaise dans les mois qui suivront) / autour de 200 pages / près de 200 photos / prix autour de 40,00 €

(toutes ces données et 1ère et 4ème de couverture sont strictement indicatives)  




prénom / nom  
téléphone / adresse  
adresse pour courriel  
 
à renvoyer par courriel à phinorman@wanadoo.fr

ou à Philippe Vogel 
6 résidence Pierre Clostermann

76230 Quincampoix - France

jeudi, 29 novembre 2007

Une Arlésienne privée de gloire

phikevobeu.jpg

Voir aussi
L'obsession Mike Beuttler
L'obsession Mike Beuttler, suite...
Philippe Beuttler et Mike Vogel


Aucun lecteur n'ignore la place qu'à prise l'entité Mike Beuttler/Philippe Vogel sur ce blog, sauf à sortir de quatre ans d'internement à Guantanamo. Passionné par le genre de la biographie, MdS a, dès ses débuts, attaché ses pas dans ceux que Philippe Vogel met dans ceux que Mike Beuttler a mis dans son époque. Cet obscur pilote de course des seventies le serait resté si son biographe n'en avait décidé autrement et si un teneur de blog n'avait estimé que l'imbrication du premier dans le second fournirait un bon sujet.
Ces trois-là font penser aux protagonistes d'une histoire drôle véhiculée par le "Grand Jacques" où il est question d'hommes se suivant à la queue leu leu et qui regrettent, tous sauf un, de n'être pas en deuxième position. La suite serait délectable mais...

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29d1c160995bda3daa437e003314f47e.jpgUne Arlésienne n'appartient qu'à celui qui s'attache à en retarder l'apparition, c'est bien connu. Voilà trois ans que Pike Votler s'escrime, à l'aise majesté..., à sortir son Privé de gloire du champ du probable. Bien qu'il ait encore plusieurs contacts sur le feu pour compléter son texte, le gars de la Normandie, vrai faux normand, voit arriver la ligne ultime qui lui permettra de présenter son texte en langue française, pas molle hier ni aujourd'hui d'ailleurs, aux éditeurs qui pourraient être intéressés.

Sans tout dévoiler, il n'en est encore pas au stade des bonnes feuilles de Jabby (le nom Beuttler est-il cité une fois dans son ouvrage ? Il verra cela le moment venu...), Milippe Beutgel est en train de récupérer des informations sur une amie de Mike Beuttler qu'il va rencontrer, a échangé avec un pilote portugais, attend des photos de Graham Warner et des témoignages de Brian Lewis et Peter Bloore, a contacté le BRDC pour pouvoir rencontrer les anciens collègues de course de Mike et devrait en savoir plus sur la période post F1 grâce à un contact américain de l'amie évoquée plus haut.

La relecture a commencé ; cinq chapitres bouclés. Celui qui roule en casque de Mike Beuttler dans sa voiture rouge de frimeur s'est plongé dans le chapitre de la F1 qui est le plus dense ; ensuite il restera des chapitres plus légers. La partie "statistiques" et "données techniques" est quasiment figée. L'objectif de fixer le texte en français avant le 31 décembre 2007 est maintenu ; la traduction en anglais pourra alors démarrer. Ensuite... Ensuite, il espère une sortie avant juin 2008 (version française).



Signé Philippe Vogel
Voir son site



Philippe Vogel beuttlérisé © Philippe Vogel

mercredi, 02 mai 2007

Philippe Beuttler et Mike Vogel

Impressionné tant par le décorum de "La Frégate" que par le fait que Montherlant et Gide posaient jadis leur cul sur les banquettes de cette belle brasserie située quai Voltaire, tout près du nouveau domicile de Jacques Chirac, Philippe Beuttler hésite à asseoir le sien sur le fauteuil que Monsieur Couderc, le patron, lui désigne. Nous achevons de dissiper ses ultimes hésitations en précisant que l'auguste fondement du Pr Reimsparing est lui aussi régulièrement recueilli par ledit fauteuil.

medium_privedegloire.jpgUn bref coup d'oeil à la carte, histoire de se débarasser d'une salade périgourdine, et philippe attaque, bille en tête : Je reviens d'Angleterre - c'était mon quatrième voyage là-bas pour le bouquin - ou j'ai rencontré le dernier vivant des quatre financiers qui ont soutenu Mike, David Mordaunt... La fourchette dressée, notre interlocuteur est intarissable et on mesure à la variation de la lumière sur la façade du Louvre en face et à la modification du flux passager sur le quai où les touristes ont cédé le pas sur les employés de la Caisse des dépôts qui finissent leur journée, que le temps a passé.

Il ressort de cette quatrième entrevue avec Philippe Beuttler que son livre est bien avancé. Ce projet qu'il caresse depuis qu'il a rencontré Vogel en 1973 et auquel il s'est attelé fin 2003, sera sur les tables des libraires avant la fin de l'année [1]. C'est moins l'intérêt envers ce garçon privé de gloire mais qui ne devrait plus le rester très longtemps - vite mais peu démonstratif ni charismatique - que la passion obsessionnelle qu'il a suscitée chez Beuttler, "un simple spectateur français qui a trouvé plus excitant de supporter un sans-grade plutôt qu'un vedette" (dixit le "dossier de presse"), qui a séduit MdS au point d'avoir consacré deux notes [2] décrivant l'avancement du projet.

Il est évident qu'en filigrane du texte sur Mike Vogel transpire une espèce de palimpseste inversé qui s'appellerait "Comment moi Philippe Beuttler j'ai écris Mike Vogel, privé de gloire". Ce genre de folie nous passionne. Une folie douce, constructive, celle qui fait qu'on avance. Peut-être cet angle de vision a-t-il séduit l'éditeur avec qui Philippe est en contact ?

Trois chapitres restent à finir : Les mécanos / La relation de MB avec les journalistes, les pilotes, et le monde de la F1 / Images de ce temps-là. Les postface et préface (plusieurs intervenants) sont à finaliser. Contacts pris récemment : Manou Zurini, Jean-Louis Moncet, Christian Courtel, Jean-Claude Arnold, Bubbles Horsley, Reine Wisell, Andréa de Adamich, José Rosinski, Bernard Cahier. On attend la réponse de Niki Lauda.

Le H de March, Robin Herd, a reçu l'auteur fin avril. L'ex-ingénieur châssis est retiré des courses, il exerce dans les mathématiques. Il se souvient parfaitement de Mike Vogel, Un pilote rapide qui n'avait rien à envier à Brambilla, rapporte Robin qui lui a confié que l'époque où March vit le jour était le temps des copains, de l'insouciance. March était une bande de copains, se rappelle Herd, que Philippe Beuttler a immortalisé au volant de sa propre Opel Speedster dorénavant coursifiée d'un gros numéro 6, celui que portait Mike Vogel lors de son premier GP, Silverstone 71, March 711.

L'image ci-contre montre Madame Jane Clark, la soeur du pilote décédé, devant son manoir et l'Opel du biographe. Ce dernier n'a qu'un désir qui clorait à merveille sa quête, qu'elle lui donne le casque. Il semblerait que Madame Clark soit prête à céder. Cédez, chère Madame, rendez son casque à celui qui est réincarné en son propre biographe, celui qui ne sera plus jamais privé de gloire, Philippe-Mike Vogel-Beuttler !



[1] Voir son site
[2]
Voir aussi L'obsession Mike Beuttler et L'obsession Mike Beuttler, suite... 


Madame Jane Clark présentant le casque de son frère © Philippe Vogel

vendredi, 10 novembre 2006

L'obsession Mike Beuttler, suite...

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Après la première note consacrée à son projet de livre sur Mike Beuttler, intitulée logiquement "L’obsession Mike Beuttler", nous avons à plusieurs reprises rencontré Philippe Vogel, l’homme qui commence à être connu dans le milieu comme "Le gars qui fait un livre sur Mike Beuttler". Précisons qu’il a entendu, ou va entendre, un bon tiers du paddock, la presque totalité de la famille de Beuttler, a contacté tous les éditeurs nationaux travaillant dans le champ, ne se déplace jamais sans son manuscrit, lequel quelquefois flirte avec une diffusion sauvage, comme à Deauville où un coup de vent en a dispersé un bon quart sur l’avenue de la République, nous forçant à slalomer entre les Mercedes des festivaliers pour le récupérer. Pauvre Beuttler, Privé de gloire et éclaté façon puzzle.

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Samedi 2 septembre 2006. A ma surprise, vers midi, quand mon Opel Speedster rouge franchit le panneau "Deauville", la circulation est fluide ; pourtant le traditionnel festival cinématographique y a déjà déployé ses ailes. Hélas le soleil se fait désirer bien que, depuis mon départ de Rouen, j’ai pu rouler cheveux au vent.

Mon bolide garé devant la gare, je rejoins celui avec qui j’avais convenu, il y a plusieurs mois, de faire un point d’étape à propos de mon projet de livre sur… sur… sur…, eh oui, sur Mike Beuttler. Avant de déjeuner ensemble, il me rappelle avec précision l’endroit où passaient les voitures sur le circuit de Deauville, il y a bien longtemps.

medium_pvmb1.2.jpgJe ne remercierai jamais assez le teneur de ce blog pour l’intérêt qu’il porte à ma démarche afin d’aboutir à Privé de gloire, cet ouvrage en hommage à mon pilote préféré ; il est face à moi, à l’écoute de ma progression. Voilà près d’un an que je lui avais présenté ce projet encore assez embryonnaire…

Depuis, après le boulot, pendant les fins de semaine et les vacances, plus de cent trente pages (traitement de texte A4) ont été écrites, de nombreux contacts ont abouti. Parmi ces derniers, outre ceux déjà évoqués dans la note précédente, des noms prestigieux : Max Mosley, John Woodington, l’associé de Bob Sparshott, Graham Warner, le patron du Chequered Flag, Elisabeth Guthrie, qui m’a envoyé d’autres photos prises par son défunt mari. J’ai rencontré Jean-Pierre Jarier cet été, ai téléphoné à Henri Pescarolo, après l’avoir rencontré aux 12 heures de Gueux, contacté Jean-Pierre Jaussaud, Johnny Rives, Christian Courtel, eu des contacts avec Simon Taylor, journaliste anglais et Michaël Turner, peintre d’un tableau de la March de Mike.
J’attends les réponses de Niki Lauda et Nigel Roëbuck, mais dois encore activer de nombreux contacts parmi les pilotes et journalistes qui ont connu Mike. Je tiens également à remercier le "Roi de Pologne" pour son soutien actif dans mes recherches, ainsi que plusieurs internautes.

Il y a quelques semaines, je suis retourné à Londres pour rendre les classeurs de photos à Madame Guthrie. Etant en avance sur le chemin du retour vers Folkestone, j’ai passé un coup de fil à Jane Clark, la sœur de Mike, pour venir la saluer et prendre rendez-vous pour scanner, chez elle, les photos et articles de presse que son frère avait précieusement collectés dans quatre gros classeurs dont j’avais pu seulement extraire quelques pièces l’an dernier, car Jane estimait les documents fragiles et bien sûr précieux.
Cette fois, après l’avoir assurée de toute ma précaution, Jane me fit l’immense plaisir de me confier ce trésor que nous avons rangé délicatement sur le siège passager du Speedster en l’arrimant avec la ceinture de sécurité.

Ainsi, j’avais optimisé au-delà de toute espérance ce déplacement londonien… Jane m’avait conseillé de prendre la petite route sinueuse vers Folkestone, proche de chez elle, que son défunt époux, grand amateur de belles et puissantes voitures, empruntait quand il les testait, cheveux au vent et lunettes adéquates ; je compris l’intérêt d’un tel conseil.

Mon actualité reste dense : outre l’achèvement de l’opération de scannage des classeurs de Mike et de l’écriture, je vais rencontrer Nick, l’un des fils de Jack Durlacher, et Robin Herd à Londres début décembre. Je suis à mi-chemin du chapitre dédié à la F1 puis je basculerai vers les derniers chapitres que j’espère achever avant fin 2006. Je dois reconnaître que "L’obsession Mike Beuttler", titre de la note du 2 décembre 2005, imaginé par Patrice Vatan, correspond bien à mon état d’esprit ; j’en suis aussi à imaginer une sortie du livre originale lorsque j’aurai trouvé un éditeur, pourquoi pas dans l’univers gay ? Sinon, le compte d’auteur sera mis en oeuvre pour une sortie vers avril 2007, espérée mais sans garantie…

J’espère que Privé de gloire saura transcrire la passion qui m’a habité et m’habite toujours pour ce pilote si particulier. Je reste très intéressé par toute photo et témoignage en F3, F2 ou F1 ; je vous en remercie à l’avance.


Signé Philippe Vogel
A suivre...

Le site de Philippe Vogel consacré à Mike Beuttler
Le fil de discussion sur Mike Beuttler ouvert sur TNF  



L'auteur et son manuscrit
© MdS
Le manuscrit © MdS

vendredi, 02 décembre 2005

L'obsession Mike Beuttler

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Pilote aussi discret que modeste, à l’image d'une brève carrière en F1 s’étalant entre 1971 et 1973, ayant rarement eu  les honneurs de la presse, et dont plus personne ne se souvient, ou alors de manière évasive, Mike Beuttler a le profil type du privé des seventies, mi-pro, mi-bohême.
L’exacte antithèse du fonctionnaire de la F1 2005.

Mort brutalement en 1988 à l’âge de 48 ans, à San Francisco, cet Anglais né au Caire d’un père militaire, issu comme sa femme de la noblesse britannique – il était pair du royaume – est bel et bien oublié. Un homme, celui qui figure sur notre image, a décidé d'y remédier. Attaché aux basques de Beuttler depuis qu’à l’âge de treize ans il l’a vu courir au GP de Belgique 1973, tombant presque littéralement fou amoureux [1] de ce jeune coureur au regard un peu triste, souvent ailleurs, cet homme s’appelle Philippe Vogel.

Son but, l’un des sens qu’il donne à sa vie : sortir de l’ombre celui qui fut privé de la gloire à laquelle il aurait dû prétendre, pister son itinéraire, recueillir tous les témoignages disponibles auprès des acteurs de l’époque de façon à écrire sa biographie. L’affaire n’est pas simple. Les langues sont soudées dès que l’on évoque Mike Beuttler. Faite d’une alternance d’ombre et de lumière, son histoire dévie vers des chemins inavouables pour le prude establishment qu’est le sport automobile moderne.

Nous avons rencontré autour des rognons au madère de "La Frégate", quai Voltaire à Paris, Philippe Vogel. De son débit intarissable, à peine entamé par le beaujolais nouveau, émerge tous les vingt mots, un nom : Mike Beuttler. Toute cette affaire est partie du casque bleu de Jacky Ickx, dont le jeune Vogel avait suivi l’exploit du Mans en 1969 lorsque le Belge avait réglé au sprint, en un final ahurissant, un vieillissant Hans Hermann. Il fut son premier choc automobile, symbolisé par ce casque.

medium_cahier_pv.jpgMais voilà que dans le paddock de Zolder, en 1973, il tombe sur un type qui chausse quasiment le même accessoire bleu à parements blancs, un type au long visage fin, énigmatique, qui ne rit pas beaucoup et sur la March duquel quatre noms sont inscrits : Clarke-Mordaunt-Guthrie-Durlacher. Qui sont ces mécènes qui n’ont pas l’allure de sponsors traditionnels, qui est ce pilote, d’où vient-il ? Philippe Vogel n’a que treize ans mais déjà ces questions se posent à lui avec l’acuité et l’impatience de l’adolescence. Il remplit le soir des cahiers d’écoliers pour tenter d’y répondre, d’une écriture sage mais d’où transpire quelque obsession, déjà.

Arrivé à l’âge adulte, Vogel se marie, fait trois enfants à sa femme, décroche un job à Gaz de France, bref épouse son époque. Pourtant un homme, logé dans une zone sombre de son cerveau, veille à ce qu’il ne se range pas tout à fait : Mike Beuttler. En décédant du sida en 1988 – trois lignes brèves dans les journaux du temps – il tend chez Philippe Vogel un ressort qui n’attendait que ça. Ressort qui ne se détendra que lorsque Privé de gloire aura paru, le fameux bouquin duquel il nous a entretenu et dont la structure et la documentation sont prêtes. Ne manquent plus que l’écriture et l’éditeur.

Vogel a saisi son téléphone et a appelé un à un tous les intervenants qui à un moment où un autre ont joué un rôle dans la carrière de son idole. Beaucoup lui ont répondu, certains l’ont reçu, telle Jane Beuttler, la sœur de Mike, devenue Caroline Clark après qu’elle eut épousé Alan Clark, ministre dans le cabinet de Margaret Thatcher. Cette dame au sang bleu a pourtant reçu Philippe à bras ouvert dans son manoir proche de Douvres et a mis ses archives à sa disposition.
« Etes-vous un de ses anciens petits amis ? » lui a demandé la belle-soeur de Mike Beuttler, contactée au téléphone. Beuttler était homosexuel, évoluait dans les milieux gays de Londres où il a rencontré Ralph Clarke, un des financiers qui l’ont aidé.

Les sexualités différentes ont toujours fait tâche dans ce sport où sont érigées en symboles de bonne santé physique et morale les conquêtes féminines entassées à l’arrière des berlines les samedis soir de course. Une des raisons pour lesquelles on ne se souvient pas de Beuttler, ou on préfère n’en pas se souvenir.

medium_0-picture.jpgVogel a rencontré aussi Nicholas Beuttler, le frère, qui vit en France, sur la Côte d’Azur, Bob Sparshott, de Space Racing, qui préparait les March 711, 721 et 731 de Mike, la veuve d’Alastair Guthrie, un des financiers. Jean-Pierre Jarier, qui a couru avec Beuttler, pourrait lui écrire une préface.
Il prépare, lors d’un prochain voyage en Angleterre, les interviews de David Mordaunt, le dernier en vie des stock-brockers bienfaiteurs, de John Woodington, l’associé de Bob Sparshott, et espère les collaborations de Niki Lauda, Max Mosley et Robin Herd.

Nous vous tiendrons régulièrement au courant des avancées investigatrices de Philippe Vogel. Il cherche un éditeur. Pas évident de vendre du Beuttler en France, même si la vogue de l’historique est favorable à des initiatives de ce genre. Et pourtant, qui ouvrira Privé de gloire en aura pour son argent car au-delà de la vie et la carrière d’un pilote privé des seventies, c’est de l’installation d’un paysage socioculturel aujourd’hui révolu qu’il s’agit, qui offrait à ceux qui savaient en jouer, aventure, frisson, fortune, jet-set. 
Et gloire, sauf à en être privé.

 


Le site de Philippe Vogel consacré à Mike Beuttler
Le fil de discussion sur Mike Beuttler ouvert sur TNF 


[1]
Notion à prendre au figuré, vu le contexte social où évoluait Mike Beuttler, on l’aura compris.