mardi, 02 mai 2006

Lance Macklin (1919-2002)

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Lance est le fils de Noel Macklin, un industriel versé dans la mécanique qui construisit des voitures de course à partir de 1925, les Invicta, puis des navires de guerre, les Fairmiles. Il fut anobli en 1944. Lance allait naturellement puiser dans la culture familiale de quoi alimenter son avenir.

Son père l’envoie à Eton ; il s’y ennuie, il y fera de la boxe. Il dévoile à cette occasion une extrême aptitude au sport, d’ailleurs ne part-il pas en Argentine au sortir d’Eton pour y jouer au polo et accessoirement trouver un job de gaucho. De retour en Angleterre, Lance se tourne vers le ski, qu’il pratique rapidement au plus haut niveau, intégrant l’équipe olympique anglaise en 1937. La guerre éclatant, le jeune homme sert dans la Navy, notamment sur les bateaux construits par son père.

medium_aston-db3-macklin-1951-rac-tt.jpgDémobilisé en 1945 au grade de lieutenant-colonel, il se lance dans l’automobile et fait ce que beaucoup ont fait alors : le commerce d’autos abandonnées çà et là, au hasard des cours de fermes et des parkings. C’est en 1949 qu’il tâte de la course automobile, à Chimay sur une Invicta qu’il manie assez bien pour se voir ensuite proposer une Bentley 8 litres aux 24 heures de Spa en compagnie de Ian Metcalfe. Là encore il est remarqué. John Gibson, team manager d’Aston Martin, l’engage illico.

Macklin aura des jours glorieux chez Aston : 5e aux 24 heures du Mans en 1950 et 3e l’année suivante. Mais une offre de 1000 £ annuelles de Bristol en 1953 le convainc de quitter Aston Martin qui ne le payait que 300 £, une décision malheureuse qu’il allait regretter car il ne fit rien chez Bristol ("Quitter Aston fut la pire erreur de ma vie", déclara plus tard Macklin, dont l’un des défauts était de céder facilement aux mirages).

medium_macklinsuisse53.jpgLa monoplace lui avait entre-temps fait du pied. George Abecassis, qui manageait HWM, l’invite à se joindre à l’équipe en 1950. Il y restera jusqu’en 1954, participant à 13 GP et à nombre de courses hors-championnat, parmi lesquelles on relève une deuxième place à Naples et deux troisièmes places à Mettet et Périgueux en 1950, ainsi qu’une victoire à l’International Trophy de Silverstone en 1952 – tout cela égayé d’une multitude de succès féminins... Lance avouait lui-même que lorsque sa voiture cassait aux essais, il n’était pas extrêmement déçu ; "j’allais en ville en quête d’une bonne fortune !" Son physique de jeune premier, sa manière élégante d’aborder la vie, et sa courtoisie l’y aidaient.

En 1955, le destin l’attend au tournant, ou plutôt dans la ligne droite des stands des 24 Heures du Mans. Pierre Levegh heurte par l’arrière la Healey de Macklin qui s’est rabattue devant lui pour éviter Hawthorn rentrant brutalement au stand. La Mercedes du Français s’envole dans les tribunes et cause le plus grave accident de l’histoire de la course automobile : 78 morts,dont Levegh, et 80 blessés. Macklin est indemne mais choqué. Il le restera longtemps, portant en lui une espèce de culpabilité que Hawthorn, dans son livre paru en 1958, Challenge me the race, contribuera à alimenter en se défaussant de son erreur d’appréciation, laissant seul Macklin face au drame puisque Levegh, en mourant, en avait payé sa part.

Nouvelle catastrophe quelques semaines plus tard lors du Tourist Trophy de Dundrod où il se crashe volontairement pour éviter un accident qui fait deux morts. Marqué par ces deux accidents coup sur coup, Lance Macklin raccroche. Il se marie en 1956 avec Shelagh Cooper, le couple a deux enfants. Après avoir travaillé chez Facel Vega à Paris jusqu’en 1963 – date de son divorce – Macklin retourne à Londres comme négociant automobile, se remarie avec une certaine Gill McComish à qui il donne un fils, puis s’établit en Espagne jusqu’à ce que la maladie le rappelle sur sa terre natale où il décède le 29 août 2002.



Francis Noel Lancelot Campbell Macklin

Grande-Bretagne
Né à Kensington (Londres) le 2 septembre 1919
Décédé à Tenterden (Kent) le 29 août 2002



Portrait
, photo D.R.
Lance Macklin sur Aston Martin DB3 au Tourist Trophy 1951, photo D.R. 
Sur HWM au GP de Suisse 1953, photo D.R.

vendredi, 10 juin 2005

11 juin 1955, notre 11 septembre

24 heures du Mans. 18 h 28.


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Un groupe de quatre voitures sort de l’enchaînement de Maison-Blanche pour aborder la ligne droite des tribunes. Il y a l’Austin Healey de Lance Macklin, en tête du peloton mais à cinq tours de la Jaguar D du leader Mike Hawthorn qui la double sur sa gauche d’extrême justesse avant de freiner à mort pour enfiler la ligne des stands car elle doit ravitailler.

Macklin, surpris par la queue de poisson, se déporte à gauche pour éviter Hawthorn mais devient un obstacle définitif et infranchissable pour la Mercedes de Pierre Levegh qui roule sur la partie gauche de la piste à une vitesse de 260 km/h, soit 70 km/h plus vite que Macklin. Au moment où le Français perçoit une tache verte qui grossit à la vitesse d’un big bang dans son champ de vision, il freine, tente de passer entre l’Austin de Macklin et le talus, et lève le bras pour avertir son poursuivant Juan Manuel Fangio dont la Mercedes se tire la bourre avec la Jaguar d'Hawthorn depuis le début.

L’Argentin est averti à l’extrême limite, il freine, tire à droite et passe, Dieu seul sait comment, entre l’Austin de Macklin et la Jaguar d’Hawthorn, qu’il érafle au passage. Il voit s’élever dans son rétroviseur la gerbe de feu qu’est devenue la Mercedes de Pierre Levegh qui s’est écrasée contre l’arrière de l’Austin Healey et a ensuite percuté les fascines des tribunes.
La violence de l’impact a catapulté l’ensemble moteur-train avant au-dessus de l’enceinte du public, à la hauteur des têtes. On relèvera 78 cadavres, dont celui de Levegh, désarticulé au pied de la fascine et qu’un pompier a recouvert d’une banderole publicitaire à demi calcinée.

A la suite de cet accident, les courses automobiles furent interdites pendant un an en France. Elles furent aussi interdites en Suisse, et le restent encore. Mercedes se retira de la compétition et n’y revint qu’en 1987.

Le 11 juin 1955 est notre 11 septembre.

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24 heures du Mans . Circuit de la Sarthe . 11 juin 1955



L’accident au loin
© Jacques Mertens (image extraite du site remarquable de Christophe Bastin : http://chbastin.free.fr/dossiers/1955_accident/1955_accid...)
Plaque commémorative posée en 2005 © Thierry Lesparre (French Rendez-Vous)


Bibliographie

BONTE (Michel). – 11 juin 1955. Ed. Bâbord amures, 2005, 20 €
HILTON (Christopher). – Le Mans, 11 juin 1955, une tragédie automobile. Préf. Renaud de La Borderie. Ed. Solar, 2005, 300 p., 20 €


Internet

www.germaris.com/le_mans.html
http://chbastin.free.fr/dossiers/1955_accident/1955_accid...