lundi, 26 mai 2008
Beltoise Brésil 73 #59/88

Arrivant directement de Daytona où sa Matra était en tête au moment d'abandonner, Beltoise retrouve le Brésil pour le deuxième GP de l'année, après Buenos Aires. Interlagos est un circuit nouveau dans le championnat du monde sur lequel il est l'un des rares parmi les présents avec Carlos Reutemann, les frères Fittipaldi, Carlos Pace, Ronnie Peterson et Luiz Pereira Bueno à avoir tourné lors du Grand Prix du Brésil 1972, hors-championnat. Il s'y sentira à l'aise.
Avec leur tonus retrouvé, les BRM enroulent facilement les grandes courbes qui passent en quatrième ou en cinquième, et n'était-ce la puissance qui fait défaut et les pneus fragiles, ces autos auraient pu capter les premières lignes. A l'issue des quatre séances d'essais, JPB arrache un dixième temps qu'un moteur chauffant moins que le sien eût amélioré. Il est derrière Regazzoni, manifestement chouchouté par Louis Stanley, mais devant Lauda.
120 000 personnes prennent possession de l'autodrome dès les premières lueurs de l'aube du dimanche. Ecrire qu'il fera chaud au moment du départ est un euphémisme aisé qui pallie à l'absence d'un mot qui manque à la langue française pour décrire la gélatine brûlante qui englue le public passé au Karcher par les arroseuses municipales.
Luc Augier rapporte dans Moteurs qu'une température de 56° a été relevée sur le tarmac ; ce Grand Prix fut l'un des plus chauds.
Fittipaldi gicle de sa première ligne au baisser du drapeau et passe en tête au premier tour, avec dans ses roues, Pace (deux Brésiliens devant, inutile de décrire les tribunes, on a encore le bruit trente ans après), Stewart, Peterson, Ickx et Beltoise, super bien parti comme d'habitude. Ce sont les autres qui partent mal, explique-t-il, modeste, à Johnny Rives, l'envoyé spécial de Virage-Auto.
Passant cinquième grâce à l'abandon de Peterson, Jean-Pierre grimpe d'une place quatre tours après lorsque Pace casse un porte-moyeu. Il mène, à quelques longueurs du groupe de tête, un peloton de chasse comprenant Hulme, Cevert, Rega - ralenti par un moteur chauffant - et Merzario.
Derrière ce monde-là il y a Hulme, mal parti, qui remonte. L'ours Néo-Zélandais n'est jamais aussi bon que par forte chaleur, il saute Beltoise puis Ickx pour se caler troisième, place qu'il garde jusqu'au bout mais qu'il paie cher à l'arrivée : totalement déshydraté, il restera prostré deux heures. Beltoise est donc quatrième. Il tourne en tentant de sauvegarder ses pneus qui menacent de tomber en lambeaux, mais la poisse vient d'ailleurs, d'un boulon du plateau d'embrayage qui se dévisse, percute la boîte d'allumage au 23e passage et prive la BRM d'électricité.
C'est la fin d'une belle démonstration.
Grand Prix du Brésil . Autodromo Jose Carlos Pace (Interlagos) . 11 février 1973
Fiche technique : www.grandprix.com/gpe/rr222.html
JPB dans une posture familière, photo DR
10:10 Publié dans Jean-Pierre Beltoise : Grands Prix 1973/1974 | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : jean-pierre beltoise, brm, grand prix du brésil, circuit interlagos, 1973
mercredi, 14 mai 2008
Monaco historique 2008 #2, bleu de France

Avec pas moins de six unités, plus deux autos cachées dans les stands et dévolues aux tours de piste des happy few, le bleu de France, version Gordini et Matra, était une couleur visible à Monaco. Rendons grâce aux amateurs éclairés qui possèdent et (ou) pilotent ces éléments du patrimoine national de les montrer aussi comme des voitures de course. ll s'agissait de deux Gordini monoplaces T15 de 1947, dont une vue arrière gauche est montrée ci-dessus ; d'une Gordini Sport 23 S de 1949, à laquelle s'ajoutaient deux autres Sport non identifiées servant de véhicules de liaison entre différents points du circuit, et enfin de trois Matra MS 120.


Eric Leroy est interviewé par une équipe de télévision sur la passion qui l'a poussé à acquérir une Gordini de F1, une vraie là où d'autres, comme votre teneur, se sont contentés du modèle Dinky Toys. C'est un rêve de gosse que je réalise, a déclaré ce très sympathique amateur qui précise que son auto prit la quatrième place du GP de Monaco en 1948, il y a très exactement 60 ans, aux mains de Maurice Trintignant. Sur la vignette de droite, Jean-Jacques Bally, un autre Français, qui possède exactement la même machine que celle de Leroy, pose pour son mécanicien qui n'a pas hésité à investir dans un polo raccord, Monaco oblige. Cette T15 a participé au GP de Turin en 46, conduite par Amédée Gordini en personne, et fut cédée en 47 au prince Igor Troubetzkoy.

Ah les Gordini et leurs immatriculations ! Bien qu'il n'y ait eu que 20 modèles Sport, bien malin qui pourrait les reconnaître et les identifier sans une solide étude, sauf à s'appeler Pierre Abeillon, Christian Huet ou Robert Jarraud, les spécialistes du boulevard Victor. Chez Gordini, les châssis étaient sans cesse en évolution, utilisés tant en monoplace qu'en Sport, reconditionnés sans fin. Celle-ci, alignée dans le plateau C par Eddie McGuire est donnée comme une type 23 S, sortie de l'usine en tant que 19 GCS en 49 puis désignée 23 S en 52 et destinée à courir au Mans cette année-là. Behra et Manzon s'y comportent plutôt bien, en tête durant 9 heures avant que des ennuis de frein les condamnent à l'abandon au petit matin. La Gordini prend ensuite la route pour courir le GP de Belgique à Spa la semaine d'après. Bien lire "La Gordini prend ensuite la route" (!). Cette participation d'une Gordini Sport à un GP de F1 reste unique. L'auto était confiée à Johnny Claes, qui connaissait bien la musique de Spa. On la verra quelques jours après au GP de Reims, conduite par Manzon.


Voici les deux Gordini à l'abri des stands, que le public n'approcha pas. Sont-ce des répliques ? Celle de gauche nous fait penser à 17 S avec ses deux lanières de cuir rapprochées, une machine qui dans ce cas aurait tourné de 52 à 62 aux mains de Behra, Mieres, Guelfi, Lucas, Schell, Bayol, Loyer, Da Silva Ramos, bref les cadors de l'époque, ramenant une 2e place aux Coupes d'automne 53, une 3e place à Caen. On remarque que la voiture de droite est immatriculée 4098 BH 75 alors que la 23 S vue plus haut est 4097 BH 75. Quelle est-elle ?


Christophe Caternet joue à être Jean-Pierre Beltoise à bord de MS 120B/05 alors que Jean-Pierre Beltoise joue à faire oublier Jean-Pierre Beltoise, l'homme qui gagnait ici en F3 en 66 et en F1 en 72, pour vendre le Jean-Pierre Beltoise du troisième millénaire (veste orange = fashion victim). En passant, deux autres MS 120 étaient visibles, MS 120B/C/04 conduite par Abba Kogan et MS 120C/06 par Yves Saguato.
Grand Prix historique de Monaco . Circuit de Monaco . 10 et 11 mai 2008
www.acm.com
Images © MdS
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samedi, 26 avril 2008
Le Taulier

L'angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Saint-Roch, à Paris, fut occupé jusqu'au milieu des années 70 par une boucherie. Le patron, Pierre, avait quatre garçons, qu'une soeur, Corinne, rejoindrait plus tard, puis quitterait. Il fallait les occuper le jeudi, aussi les belles clientes coiffées comme Martine Carol slalomaient-elles entre les voitures miniatures que les deux plus grands poussaient dans la sciure, comme un Dakar avant l'heure.
L'Aîné, surtout, un petit sec aux yeux pétillants, aimait beaucoup ça, faire rouler des autos de course de 10 cm. Il eut une MG TF comme ça, avant de pouvoir s'en payer une pour de vrai bien des années après. Ensuite, permis en poche, Il livrerait la viande au volant de la camionnette 203 aux couleurs de la boucherie - la Lotus, qu'iL l'appelait, qui passait à fond les guichets du Louvre, comme un Masta avant l'heure. Il gravissait la première des marches qu'il aurait à franchir avant de devenir le Taulier.
Rêvant aux exploits de Jean Behra au lycée Condorcet, Il imagine que la moto serait un bon vecteur pour parvenir à l'auto de course. La suite lui donne raison avec onze titres nationaux dans la spécialité. Nous sommes dans les années soixante. Si le terme avait été popularisé, on aurait parlé de lui comme le Taulier de la moto. Une petite René Bonnet sport Lui offre de s'aligner au Mans en 63, Il y enlève l'indice énergétique; la même rate de peu de Le tuer l'année d'après à Reims. Il est retrouvé explosé, le bras gauche en miettes. Le toubib lui dit, au terme de plusieurs interventions, que ce bras sera bloqué. Lui dit qu'il faut le bloquer en position de course. Une autre marche de franchie.

En 1965, deux trajectoires se rencontrent : Lui et Matra. La firme, alors débutante, mise sur le miraculé en béquilles qui proclame qu'il veut courir à tout prix. Les deux entités frappent un grand coup, c'est la grande victoire de Reims en F3, près d'un an jour pour jour après le terrible accident des 12 heures. Sous les yeux du Pr Reimparing. La France découvre dans L'Equipe du lundi 6 juillet que "Le jour de gloire est arrivé". Elle tient un futur successeur à Wimille et Behra. Il escalade une nouvelle marche.
C'était alors parti pour une longue association de neuf ans entre deux noms emblématiques du renouveau du sport automobile en France.
1966 Le voit gagner le GP de Monaco F3, débuter en F2, notamment au GP d'Allemagne F1 où il remporte une huitième place au général et la victoire en catégorie. C'est une période fructueuse qui s'annonce, et entre 1967 et 1970, Il marque de son nom l'histoire du sport automobile : quatre victoires en F3 à la Temporada argentine 1967, champion d'Europe de F2 des non-gradés en 1968, 12 GP en 1968, 11 GP pour Matra en 1969, suivis de 13 autres en 1970 au volant de la nouvelle MS 120.
Il trouve même le temps d’épouser Jacqueline en janvier 1968.
L'accident qui L'implique dans la mort d'Ignazio Giunti aux 1000 km de Buenos Aires 1971 marque la fin d'une époque ascendante. Il abandonne Matra pour BRM l'année suivante, la mort dans l'âme. Tout se passe comme s'iL reproduisait le déchirement vécu lorsque, vingt auparavant, Jean Behra quittait Gordini pour Maserati.
Puis Monaco 72. Il est devenu à ce stade La référence. Il truste les plateaux télé, fréquente les "people" avant que ce mot n'existe, conseille les jeunes pilotes, donne des coups de main, prête des motos. De nouvelles volées de marches sont gravies.
Sa carrière en F1 stoppe brutalement à l'orée de 1976 quand Guy Ligier, trahissant sa parole, confie sa nouvelle voiture à Jacques Laffite. Rupture très brutale qu'Il mettra longtemps à cicatriser.
Il s'implique alors dans le nouveau championnat de France des voitures de production, gagnant deux titres avec BMW. On Le verra courir ensuite plus épisodiquement jusqu'au milieu des années quatre-vingt, puis cesser l'activité sportive pour s'intéresser à celle de ses fils, Anthony et Julien, qui sont autant de marches vers l'accession au titre de Taulier.
La fondation en 1987 d'une école de conduite nommée "Conduire juste", qui essaimera à travers la France, le propulse à cinquante ans, vers un XXIe siècle qu'il abordera nourri de moult projets.
Aujourd'hui, 26 avril 2008, c'est Son anniversaire. Il est devenu le Taulier, l'âme du sport automobile français. On se L'arrache dans les manifestations d'anciennes mais on Le consulte sur les sujets actuels. Le dernier week-end à la Génétouze, en Charente-Maritime, où un "Pôle Eco-mobilité", consacré à la mobilité durable et à la sécurité routière va voir le jour sous Ses auspices. En mai au GP de Monaco historique. Entre passé et futur s'équilibre le Taulier. Il déteste qu'on lui parle du premier élément mais déteste tout autant qu'on l'oublie. Il adore se projeter dans le futur tout autant qu'il fréquente les lieux du passé. Pas simple, le Taulier.
Le Taulier, c'est pas Prost, ni Pesca, ni Alesi, le Taulier c'est Lui.
Laissons le mot de la fin à son neveu Vincent (17 ans) qui accomplit ce week-end sa première course de la saison en Formula Academy, tel qu'il nous le confiait ces jours-ci : Il est impressionnant, énorme, gigantesque, autant dans Son passé que dans Son présent. À 71 ans, je Le vois toujours très actif, très ambitieux... Plus généralement, mon oncle Michel ne cesse de dire en rigolant, qu'Il est la réussite de la famille.
Bon anniversaire cher Taulier. Il déteste qu'on le Lui souhaite mais déteste tout autant qu'on l'oublie.

La Boucherie © Michel Beltoise (www.cep-organisation.fr)
La victoire à Reims © Pr Reimsparing
Monaco en famille, archives Jacqueline Beltoise
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mercredi, 09 avril 2008
"Coupez ce que vous voulez"

Le quotidien d'un teneur de blog est fait de minuscules plaisirs, de vrais bonheurs lorsque arrivent des commentaires bien fichus et aussi, mais c'est rare, de grandes joies lorsque se présentent dans sa boite mail des courriers comme celui qui suit. La date du 7 avril 68 brille dans l'inconscient collectif de la course automobile comme une borne en argent massif, et quelqu'un, en Australie, en a capté le reflet. Isabelle de Bailleul était à Hockenheim en cette maudite journée. Lectrice de Mémoire des Stands, elle a eu la formidable idée de nous en adresser ses souvenirs. Qu'ils sont doux à déguster ! Madame de Bailleul, comment pourrions-nous en couper un mot... ?
Je vous écris ces lignes alors qu'à travers les baies vitrées le soleil se devine derrière les structures de l'Opéra de Sydney. Il fera jour dans dix minutes. Un café fume devant mon clavier. La météo a annoncé 30 degrés. Avouez qu'il y a pire comme situation en ce monde qui, dans votre continent et même dans tous les autres sauf celui qui m'héberge, sombre avant de couler dans quelques années. Aussi pourrait-on croire que cette journée du 7 avril 1968, presque 40 ans jour pour jour, est totalement diluée dans les souvenirs d'une femme qui a refait sa vie à 20 000 km de chez vous, après moult péripéties. Eh bien non ! Oh que non !
Chaque détail de ce funeste dimanche est gravé en moi comme dans du marbre.
J'accompagnais de temps en temps les Beltoise sur les circuits au tournant des années 70, en tant qu'amie de Jacqueline que j'avais connue durant l'enfance. Le hasard avait voulu que je fusse du voyage d'Hockenheim, malheur de moi ! Précisons que j'étais (et suis toujours) fan de course automobile ; aussi rouler à nettement plus de 200 à l'heure sur la nationale 4 (pas d'autoroute à l'époque) procurait une jouissance sans pareille, conduites que nous étions, Jacqueline, Enna et moi, par JPB dans sa Mercedes 300 SEL 6.3.
Enna, c'était la chienne. Elle voyageait à l'avant de la voiture et Jacqueline s'en servait l'hiver de chaufferette pour les pieds. Je m'en occupais pendant les courses. Les Beltoise ont toujours été "chiens". Enna montait aussi dans la Miura. Un détail me revient à ce sujet, que Jacqueline m'avait raconté. La chienne, d'ordinaire très sage, se redressait quand JPB dépassait les 230. Ceci l'avait intrigué et il réalisa que le moteur chauffait à cette allure. L'ingénieur de chez Lamborghini refusant de croire que le moteur chauffait, Jean-Pierre l'a emmené faire un tour. Il paraît, d'après Jacqueline à qui JPB l'a raconté, que le type en avait les cheveux dressés sur la tête ! Bref, pour en revenir à Enna, tout le paddock la connaissait.
Mais je m'égare, pardonnez-moi. Par pitié, cher Monsieur, coupez ce que vous voulez, c'est vraiment du bavardage de nana...
Le samedi, il avait fait beau à Hockenheim, pour autant que je m'en souvienne. Je vois encore Jacqueline aux chronos dans le stand Matra, et tous ces types qui l'air de rien, s'arrêtaient pour la filmer. La télé allemande, la ZDF je crois, avait projeté quelque temps après la mort de Jimmy le film de ce maudit week-end ; on n'y voyait que Jacqueline ! C'était une icône de ces années-là. JPB enleva la pole. JPB... ces initiales fonctionnaient comme une marque de fabrique. C'était amusant d'entendre tout le monde l'appeler JPB, même sa femme... Les Matra marchaient comme des avions, au contraire des Lotus, handicapées par leur injection. Jimmy était loin sur la grille, 7e ou 8e, un truc comme ça. Il avait eu un accident à Montjuich le dimanche précédent, heurté par Jacky Ickx en perdition. Ça aurait dû l'alerter, nous alerter sur ce qui planait sur lui. J'ai lu quelque part sur Mémoire des Stands une théorie selon laquelle un pilote est souvent "averti" d'un malheur par un accident, ou un pépin, la course d'avant. C'est la première fois que j'entends parler de ce genre de théorie.
Le ciel était plombé quand je me suis levée le dimanche matin. Gris, avec un crachin glacial. Brrr... Jacqueline m'avait fait entrer au paddock grâce au laissez-passer d'un gars de chez Matra. Le plafond bas s'éclaira soudain quand Jimmy s'avança vers nous, enfin vers Jacqueline. Je ne l'avais jamais vu qu'en photo. Je me souviens parfaitement de lui, du magnétisme qu'il dégageait, mêlé en même temps d'une simplicité qu'on ne s'attendait pas à rencontrer chez un double champion du monde. Sexy, je dirais... Oui, moulé dans sa combinaison blanche juste piquetée çà et là d'écussons publicitaires, il incarnait LE pilote de course, ce demi-dieu inaccessible. Je me souviens avoir pensé, le voyant s'avancer, que Jacqueline devait lui plaire. Ce n'était pour personne un secret qu'il aimait les femmes. J'ai lu dans le journal que tu t'es mariée avec Jean-Pierre, je suis très content pour toi... et pour lui aussi, lui a-t-il dit en riant, puis il lui a fait la bise. Graham Hill est venu lui aussi la féliciter, sur un registre plus rigolard. Ça, c'était juste avant le départ de la première manche.
La nouvelle de la mort de Jimmy, je me rappelle que ce fut une traînée de poudre dans les stands mais je n'ai pas le souvenir qu'on l'ait annoncée au public entre les deux manches. Dans ma grande naïveté j'étais persuadée que la course serait arrêtée, que la seconde manche serait annulée. C'était mal connaître ce milieu, surtout les hommes qui le composaient, ces pilotes de course dont la mort était à l'époque la compagne la plus fidèle. Lorsque j'ai vu JPB monter dans sa Matra et se placer en pré-grille, j'ai cru être en présence d'un extra-terrestre. Un type merveilleux se tue à ses côtés, le plus grand champion, Fangio excepté, que ce sport avait enfanté, et Jean-Pierre Beltoise ne pense qu'à virer en tête dans le droite qui suit la ligne de départ. Idéaliste que j'étais. C'est après que j'ai saisi où les pilotes stockent leur douleur. Comment ils la gèrent.
Le podium fut d'une infinie tristesse. JPB avait gagné aussi la seconde manche, et du coup la course. 68 fut pour lui une grand année. Il retenait ses larmes, bloqué dans le silence. On n'a pas échangé trois mots durant le voyage de retour. Enna devait sentir que quelque chose clochait car elle n'a pas bougé une oreille. Assise à l'arrière, j'observais Jean-Pierre à la dérobée qui s'essuyait les yeux avec la main. Jacqueline se mouchait sans cesse tant elle pleurait. Moi qui croyais qu'un pilote de course ne pleurait jamais. Primaire que j'étais.
L'émotion me submerge en vous écrivant. Cette époque fut pour moi la plus heureuse de ma vie, pour plusieurs raisons dont la compagnie des Beltoise ne s'avéra pas la moindre. Je lève les yeux du clavier au moment où le soleil austral cogne le sommet des coquillages qui forment le toit de l'Opera. A cause de vous, ou grâce à vous, allez savoir, je vais passer la journée en rembobinant le film de mes souvenirs. Vous savez, ces quarante années ont passé comme un battement de cil.
Isabelle de Bailleul
Sydney, le 22 mars
Deutschland Trophäe . Hockenheim Ring . 7 avril 1968
Fiche technique : www.formula2.net/F268_2.htm
Départ de la première manche du Deutschland Trophae, Hockenheim, 7 avril 1968, photo DR, extraite de http://jimclark01.free.fr
Jacqueline Beltoise © Isabelle de Bailleul
Jimmy avant le départ de sa dernière course, photo DR, extraite de http://jimclark01.free.fr
(Merci à Pascal Klein, l'auteur du site jimclark01.free.fr de nous avoir permis d'utiliser ces clichés)
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dimanche, 16 mars 2008
Mai 68 #2 : Pas d'essence pour descendre à Monaco

Voir aussi
Mai 68 #1 : Le vieux birbe dans sa guérite en bois
Mai 68. 40 ans cette année.
Dans le récit inaugural de cette série, le Rr Reimsparing a narré un voyage vers la Belgique, non pour y planquer de l'argent mais pour assister aux 1000 km de Spa. La veille de son départ, des affrontements avaient fait des centaines de blessés, un manifestant mort à Paris, un commissaire tué à Lyon. Même les paysans formaient des barricades. A peu près au même moment, le vendredi 24 mai, Bruno Vagnotti tentait de rallier Monaco depuis Annecy au volant de sa Dauphine.
Rappelons que toute contribution à cette série "Mai 68" est la bienvenue et peut être adressée à memoire.des.stands@gmail.com
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Au printemps de cette année 1968, je décidai de me rendre à Monaco, car je venais d'acquérir ma première voiture.
Je m'étais procuré un billet de tribune pour le dimanche, puis le mois de Mai 68 est arrivé et je n'ai jamais reçu mon ticket. Je pris la route le vendredi après ma journée de travail, pour une véritable expédition. En effet, à plus d'une reprise durant la nuit, j'ai dû faire des tours et détours pour éviter les barrages des grévistes, et j'avais une peur bleue de me faire bloquer par quelques abrutis. Je roulais toutes vitres et portières fermées à clé. J'arrivai enfin à Monaco. La première chose à faire était de trouver un emplacement pour parquer la voiture et ne plus la toucher. En effet il y avait peu de carburant, il fallait l'économiser. Je passai la nuit sur le siège arrière de la Dauphine. Le lendemain matin, en me réveillant, je me suis rendu compte à ma grande surprise que j'étais garé à une cinquantaine de mètres à peine d'un concessionnaire Ferrari. Je descendis vers le port pour me rafraîchir le visage. Qu'est ce que ça fait du bien, aller un grand coup sur le restant du corps. Ah ! ça colle de partout, que se passe-il ? mais c'est bien sûr. . . c'est l'eau de mer !
Après avoir pris de nouveaux billets pour les essais du samedi et la course, il fallut encore se soumettre à une corvée : aller chercher un bon d'essence avec ma carte grise. Cette fois c'est bon, je peux y aller. Du sommet de ma tribune des Gazomètres j'avais une bonne visibilité sur la piste, je pouvais voir les voitures à la sortie du Bureau de tabac se diriger vers moi, virer et repartir vers la ligne de chronométrage. C'était super.
Une... deux... trois… quatre… cinq… six… Alors, ils se décident oui... Sept… J'entends des bribes de commentaire dans les haut-parleurs mais le vacarme m'empêche de comprendre. Huit… neuf… Toujours pas de Ferrari, que se passe-il ? J'appris entre les deux séances d'essais que Monsieur Enzo Ferrari avait décidé au dernier moment de ne pas envoyer de voitures en Principauté pour protester contre les organisateurs qu'il tenait pour responsables de la mort de Bandini l'année précédente. Bien entendu, Enzo Ferrari ne pouvait pas savoir que j'avais décidé de me rendre à Monaco!
Moi qui étais venu voir évoluer Jacky Ickx et Chris Amon, au volant de leur Ferrari ! Mais ma déception fut de courte durée tant le spectacle qui s'offrait à moi était extraordinaire. J'ai l'impression que c'était hier. Quand j'ai vu débouler la première Formule 1 à une vitesse folle et se diriger vers moi, j'ai eu le sentiment que jamais elle ne pourrait s'arrêter. Et puis d'un seul coup, le pilote monte sur les freins, le museau de la voiture plonge, racle le sol, puis d'un coup de volant la voiture s'inscrit dans le virage et repart dans un étourdissant bruit d'échappement tout en se cabrant.
J'étais éberlué... c'était irréel… Un bruit d'enfer mêlé d'une forte odeur d'huile de ricin. Une voiture m'a impressionné plus que toutes les autres, la Matra de Jean-Pierre Beltoise. Son moteur hurlait à m'en arracher les oreilles, et pourtant, quand je devinais de loin son arrivée, j'ouvrais grandes mes deux oreilles pour ne rien perdre du chant mélodieux de son douze cylindres.
Aujourd'hui, avec le recul et après avoir assisté à quelque 500 Grands Prix de F1, à la télé ou sur place, je ne peux pas oublier ces voitures qui pour moi resteront les plus belles de l'histoire de la F1. Leur long fuselage, l'étroitesse de leur coque au bout de laquelle se débattaient de longs bras de suspension, leur moteur qui dégageait une fumée bleutée, et les pilotes, couchés dans leur habitacle, se dévoilaient à notre regard, nous laissant voir leur visage protégé par un simple mouchoir contre l'air qui les frappait.
Après ces grands moments d'émotion, je découvris le circuit à pied. Le virage de Sainte-Dévote, juste après les stands, était à l'époque un grand droite très rapide qui donnait comme aujourd'hui sur la montée du Beau rivage, suivie du Casino. La descente aux enfers vers le virage Mirabeau et la Gare. Le double droite du Portier qui ramenait les voitures sur le bord de mer. Le tunnel était plus court et plus loin qu'aujourd'hui, puis la chicane très rapide gauche droite qui menait au Bureau de tabac. Enfin la longue fausse rectiligne au bout de laquelle se trouvait le virage des Gazomètres qui ramenait les bolides sur la ligne de chronométrage.
Le dimanche matin, je me précipitai le long du muret qui longe le port à la sortie de la chicane. Il fallait y être de bonne heure car ce n'était pas une tribune mais des places debout non numérotées. Il n'y avait pas encore beaucoup de monde et je pus choisir mon emplacement derrière le mur, mais il y avait un haut grillage qui m'empêchait de très bien voir. Ce n’est pas terrible du tout. C'est la catastrophe ! Mais un type décida de couper le fil de fer et de retrousser la grille. Bien sûr ! Il a raison ! Nous fûmes quelques-uns à pouvoir passer la tête de l'autre côté du grillage.
Je pouvais voir déboucher les voitures de la chicane, passer au-dessous de moi, virer au Bureau de tabac et accélérer vers les Gazomètres.
Départ du tour de chauffe, les voitures font un tour au grand ralenti, puis s'immobilisent sur la grille, les moteurs sont coupés. Silence sur le circuit. Les moteurs sont réanimés et montent en régime. Puis tout à coup un hurlement de tonnerre. Les voitures avalent la montée derrière moi, le sol tremble, je peux suivre leurs évolutions tout le tour du circuit, tellement le grondement est puissant. Les voilà qui débouchent de la chicane, et surprise : Johnny Servoz-Gavin (qui remplace Stewart blessé) est en tête de la meute. Deux tours plus tard il sort de travers à la chicane et tap le rail dans une grande gerbe d'étincelle. Abandon.
Graham Hill et John Surtees firent le trou et le peloton commença à s'étirer, quand un fou jeta une bouteille de bière sur la piste. À chaque passage des voitures, toutes les têtes rentraient de concert derrière les grilles pour se protéger des morceaux de verre qui volaient à des hauteurs folles, cela dura quelques tours seulement, mais quelle frayeur ! Hill mena toute la course et remporta le GP avec une avance de 1 seconde sur Attwood, qui fit une remontée extraordinaire, au volant de sa BRM. Cinq voitures seulement terminèrent, un record négatif.
Le Casino, la Gare. . . Fais gaffe t'as bien failli taper. Le tunnel, à fond. . . la chicane. . . Non de Dieu ! Cette fois j'ai bien cru que c'était fait. Je sais, je ne suis pas Graham Hill et je n'ai pas une Lotus. . . Mais j'ai bien le droit de faire un tour de circuit avant de repartir non ! Même s'il fait nuit.
Signé Bruno Vagnotti
http://brunodaytona67.canalblog.com
Monaco 68, photo DR
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samedi, 01 mars 2008
Aidons Vincent Beltoise !
MdS délaisse pour une fois son fond de commerce - nonagénaires et grands-mères rouillées - au profit d'un jeune de 17 ans. Un jeune de 17 ans tout ce qu'il y a de sérieux, faisant mentir Rimbaud, que la disparition brutale et insensée de sa maman, Corinne, fin février, a propulsé directement dans le monde des adultes.
Il s'appelle Vincent, est le neveu de Jean-Pierre Beltoise, pratique le moto-cross de compétition depuis l'âge de 13 ans, court en auto depuis l'an dernier. Il est apparemment fait du même bois que son oncle qui déclarait à Jean-Luc Lagardère, encore couvert de bandages suite à son très grave accident à Reims en 64, Je veux courir !
C'est exactement ce que Vincent a affirmé à son oncle JPB au lendemain des funérailles de sa maman, Je veux courir ! Un drôle de gêne se balade de Beltoise en Beltoise, au fil des générations.
Né le 27 juillet 1990, Vincent Beltoise est élève de terminale S au lycée J.-B. Dumas à Alès dans le Gard. Il a participé en 2007 à la Coupe Caterham. Quatre fois sur le podium : troisième à Croix-en-Ternois, deuxième à Dijon et une première victoire au Paul-Ricard, doublée d'une deuxième place lors de la finale. Il a été sélectionné "Espoir de l’année 2008" par le Comité régional du sport automobile du Languedoc-Roussillon et "Espoir sportif automobile" auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Ayant réussi les sélections de la Formule Campus Renault Elf 2008, il souhaite mettre à profit l’allocation financière offerte par la FFSA en s’inscrivant à l’Auto Sport Academy.
Née en 2007, l'Auto Sport Academy [1] s’inscrit dans la même démarche que son aînée, la Filière FFSA, repreneur en 2001 de la Filière Elf créée en 1993 par le groupe pétrolier pour promouvoir les pilotes français au plus haut niveau. 40 à 50 élèves sont formés chaque année dans ses deux principales disciplines, le kart de compétition (Formule Kart) et la monoplace (Formula Academy). Les jeunes pilotes français (jusqu’à 21 ans) y bénéficient d'un encadrement scolaire adapté à leur situation, ce qui leur permet de concilier la pratique sportive et les études.
Parmi les 24 candidats à avoir confirmé leur participation à la Formul'Academy Euro Series, six représentent un Comité régional de sport automobile. Vincent est le poulain de la région Languedoc-Roussillon.
Mais voici le hic. Il lui manque un complément de budget pour boucler sa saison. Vincent a pour partenaire un centre de formation, organisme collecteur de taxe d’apprentissage, qui lui apporte une aide matérielle et logistique, l'Institut européen de formation aux mécaniques sportives (IEMS) [2]. Toute entreprise peut l’aider et le soutenir en versant sa taxe d’apprentissage 2008 (impôt obligatoire) à l'IEMS.
Les chefs d’entreprise qui lisent MdS ont le droit d'utiliser leur taxe d'apprentissage pour aider Vincent...
Merci pour lui.
Vincent Beltoise
524, Chemin du Mas Icard
30720 Les Tavernes
vincent@caterham.fr
[1] www.autosportacademy.com
[2] www.iems.fr
Calendrier (sous réserve)
26 & 27 avril > Lédenon (France) > Super Série FFSA
31 mai & 1er juin > Pau (France) > WTCC
21 & 22 juin > Magny-Cours (France) > Grand Prix de France
2 & 3 août > Spa-Francorchamps (Belgique) > 24 Heures de Spa
13 & 14 septembre > Brno (République tchèque) > FIA GT
4 & 5 octobre > Le Mans (France) > DTM
18 & 19 octobre > Barcelone (Espagne) > World Series by Renault
10:10 Publié dans Pilotes | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : vincent beltoise, corinne beltoise, jean-pierre beltoise, auto sport academy, caterham
samedi, 23 février 2008
La visiteuse des Beltoise, aujourd'hui Corinne

La petite fille que tient Jean-Pierre Beltoise dans ses bras est Corinne, sa soeur. On vient d'apprendre sa mort, survenue dans la nuit du jeudi au vendredi 22 février.
La mort est décidément une visiteuse régulière des Beltoise. En 1962, elle ôtait aux siens Jean-Claude, le frère cadet de trois ans de Jean-Pierre (à sa gauche), à la suite d'un accident de voiture alors qu'il se rendait à la maison de campagne de La Baule. Apparemment satisfaisant - une jambe cassée -, son état s'agrava dans la nuit. Il décèdera le lendemain.
46 ans plus tard, la mort séjournait aux Arcs, en Savoie. Corinne Beltoise, aussi, qui y faisait du ski, mardi dernier, avec ses deux enfants. Elle fit un gros vol plané sur une bosse que la dame en noir lui avait cachée, tomba sur le ventre. Elle avait mal, pourtant elle rechaussa ses skis et descendit elle-même jusqu'à la station. Le lendemain mercredi elle se rendit au centre médical où l'on diagnostiqua deux côtes cassées. Elle parlait normalement, blaguant au téléphone avec ses frères et son mari Christian qui était resté à Alès où ils demeurent. Elle téléphona dans l'après-midi à son frère Michel pour lui demander l'adresse d'un restaurant sur la route du retour, lui disant que ses vacances étaient foutues. Mais elle en rigolait. (J'ai volé si haut que j'ai cru que j'allais me tuer !).
Et dans la nuit de jeudi à vendredi, sans aucun avertissement, elle était morte. Oedème du poumon, puis embolie pulmonaire.
La visiteuse des Beltoise se manifesta entre ces deux drames. Le 1er avril 1966, elle précipitait Eliane, la première épouse de JPB contre un poteau téléphonique sur l'autoroute du Sud. Et le 6 octobre 1973, elle s'emmêlait les crayons au moment où François Cevert glissait sa Tyrrell 006 dans les esses de Watkins Glen.
Corinne Beltoise était dans l'automobile. Normal pour une Beltoise. Importatrice Caterham, elle gérait avec son époux Christian Bonnal, "B&B Propulsion", entreprise qui organise des courses de Caterham et dispense des cours de pilotage [1]. Elle était connue pour son caractère. Normal pour une Beltoise.
Elle laisse deux enfants, Marie, 15 ans et Vincent, 17 ans. Vincent promet. Normal pour un Beltoise. Elu Espoir de l'année de la Ligue du sport automobile du Languedoc Roussillon et Espoir sportif auprès du Ministère de la jeunesse et des Sports. Il a intégré l'Auto Sport Academy. MdS reparlera de lui.
Mémoire des Stands présente à la famille Beltoise, et particulièrement à Christian, Marie et Vincent, ses condoléances les plus sincères.
[1] www.caterham.fr
La fratrie Beltoise en 1958. (De gauche à droite, Michel, JPB, Alain, Jean-Claude. Au centre, Corinne). Photo extraite du livre Beltoise, le roman d'un champion de Johnny Rives
20:50 Publié dans Jean-Pierre Beltoise | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : jean-pierre beltoise, corinne beltoise, memorial, 2008
jeudi, 07 février 2008
Restauration de la Matra MS 1 F3 de Beltoise à Reims en 65

Courrier du 10 février 2008
Henri Thibault entame la restauration de la Matra Formule 3 MS 1 de Jean-Pierre Beltoise. Le châssis 001 de Matra-Sport avec lequel il a gagné le Grand Prix de Reims le 4 Juillet 1965. Quand cette voiture lui est arrivée, elle était très modifiée depuis sa victoire historique comme on s'en rend sur cette photo.
Le projet de restauration est de la remettre dans sa configuration Reims 1965. Lors de cette course la voiture était montée avec carburateur Stromberg CD175. Cette configuration donnait plus de puissance à haut régime, au détriment de la souplesse. Pour cette course la Matra MS1 était motorisée par un bloc 998cc Cosworth MAE. Pour monter un Stromberg CD175 horizontalement il fallait une pipe d'admission spéciale. Henri Thibault a consulté Claude le Guezec, alors team manager de l'équipe Matra-Sport, qui lui a révélé que son motoriste Pierre Cottin avait passé un stage d'un mois chez Cosworth avant d'entamer la saison 1965 de Formule 3. En revenant de ce



