lundi, 28 septembre 2009
Beltoise Suède 73 #64/88

Dessiné au milieu des bois, le circuit d’Anderstorp héberge pour la première fois le Grand Prix de Suède, lequel est d’ailleurs le premier ouvert aux F1, après les éditions Sport des années 1955 à 1957. Son tracé pas trop rapide, qui évoque vaguement un pistolet-mitrailleur, convient à Jean-Pierre Beltoise qui s’y montre à l’aise en dépit de la non-compétitivité de plus en plus alarmante des BRM. Au moins n'encourt-il pas ici les conséquences d'un déchapage à 320 km/h, comme les deux qu’il a essuyés aux 24 heures du Mans le week-end dernier !
L’accident de Beltoise à Monaco a contraint BRM de n’envoyer en Suède que trois châssis : Lauda dispose de P160E/08, Rega roule sur 07 tandis que le Français a 01. Les temps des essais mettent en évidence la régularité de JPB, seul pilote avec Jacky Ickx à descendre son chrono à chacune des quatre séances d’essais. Le samedi après-midi le voit signer un bon 1’25.738 qui le met en 9e position sur une grille dont Cevert et Peterson occupent le haut. Il devance ses deux compagnons d’écurie. Notons au passage le chronométrage des temps au millième de seconde – c’est la première fois en Europe.
50 000 spectateurs font le déplacement d’Anderstorp ; on se demande d’où ils sortent vu que rennes et ours font dans le coin le gros des statistiques de la population ; sans doute sont-ils attirés par leur idole Ronnie Peterson, en première ligne, alors que les ours dégusteront comme du miel la victoire de leur congénère Denis "the bear" Hulme.
La course de Beltoise est plus terne : 10e jusqu’au 15e tour, il dégringole à l’avant-dernière place après qu’une fuite d’huile l’eût obligé à un arrêt au stand. Ses mécanos enfilent en hâte un rivet pop et font repartir le pilote, mais ce sera l’abandon pour panne de moteur au 57e tour. Qu’importe, la France est passionnée par le duel Matra-Ferrari en Sport et Jean-Pierre est déjà en pensée à Zeltweg où se dispute dimanche prochain l’avant-dernière manche du championnat.
Grand Prix de Suède . Scandinavian Raceway Anderstorp . 17 juin 1973
Fiche technique : www.grandprix.com/gpe/rr227.html
JPB à Anderstorp, photo DR (FORIX)
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vendredi, 28 août 2009
Tire sur la bride, Pedro !

La liste des GP 2009 (16 courses dont 8 seulement en Europe) révèle la susbsistance parmi les circuits modernes de quatre dinosaures, certes rafraîchis : Monaco, Silverstone (bientôt voué à l'abandon), Monza et Spa, où j'ai traîné mes bottes dans les années 80, début 90, et d'où de vieux souvenirs de lecteur me reviennent, imprimés sur le papier aujourd'hui jauni d'une revue vendue trois francs en 1970.
Nous sommes le 7 juin 70 dans les Ardennes belges près d’une célèbre ville d’eau sur un superbe circuit naturel. Dix-sept voitures au départ, quelques forfaits dont celui de l’équipe McLaren qui vient de perdre son créateur à Goodwood. Dixième tour de course au freinage de la Source. Les deux leaders, après s’être débarrassés de clients sérieux comme Stewart et Rindt, freinent au même point, tirant une trajectoire identique pour plonger en direction de l’Eau rouge, accélération et trajectoire de siamois dans la montée du Raidillon, ligne droite durant laquelle l’homme à l’auto rouge songe peut-être que son V8 s’essouffle face au V12 de son concurrent.Ce dernier freine tard, aucun signe de faiblesse de ce côté, son châssis est stable. Il avale les Combes et Burnenville, enchaînant la nouvelle chicane qui précède Malmédy, telle une fusée. Dans Masta et Stavelot, Pedro joue le maestro. Au retour par la carrière et Blanchimont, il se croit dans sa 917.
Pour le passer, il faut résoudre la quadrature du circuit de 14, 100 km mais il reste suffisamment de tours pour espérer que quelque chose se dégrade sur sa monoplace blanche.

Quel sacré spectacle j’imagine, vu du bord de la piste... Ce que je n’ai pas eu le bonheur de vivre in situ mais de rêver à quinze ans entre les lignes de l’Auto-journal. Lignes tendues pour Chris Amon dans la trajectoire et derrière la boîte du Mexicain. Une attente fébrile pour le spectateur scrutant le prochain passage, une victoire en suspens, tout le loisir de tenter d’inverser le cours des événements à coups d’imprécations sous le casque blanc orné de bleu et rouge : "Tire sur la bride Pedro !"
Révélation. Pour démarrer la saison 70 de Formule 1, l’Auto-Journal consacrait quelques pages au GP d’AfSud avec en début de rubrique une belle photo de Beltoise, gros plan capturé en course. Un reportage complet avec le descriptif des autos d’une saison qui restera pour moi la plus marquante, disputée, tragique, au titre posthume attribué, de belles F1 aux conceptions variées, deux V 8 (Alfa-Cosworth), deux V 12 (BRM-Matra), un flat 12 (Ferrari), plusieurs prétendants au titre, des outsiders performants aux personnalités bien trempées.
Grand Prix de Belgique . Circuit de Spa-Francorchamps . 7 juin 1970
Voir la course de Jean-Pierre Beltoise
François Coeuret
Cheminant vers Stavelot © Pr Reimsparing
A l'attaque des Combes © FORIX
Chris Amon en démonstration © Jean-Jacques Renaux (Memories found in an old Nikon ;)
JPB, Matra MS120 au 1/43e © François Coeuret
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dimanche, 10 mai 2009
Beltoise Monaco 73 #63/88

Coincé entre les 1000 km du Nurburgring et les 24 heures du Mans, ce GP de Monaco pour lequel nous embarquons à Orly le samedi 2 juin 1973 de bon matin. JPB, que nous avions laissé à Zolder, rééditera-t-il son exploit de l'an dernier ?
Dans le Fokker affrété par Sport Auto où ça discute ferme sur les chances de Stewart et de Fittipaldi, mon voisin, qui s'avèrera plus tard être le Pr Reimsparing, sort un livre de son sac, et en lit la première ligne : "Trente secondes. Le cercle épais du volant.", qui deviendra bientôt aussi fameuse chez les beltoisistes que le "Longtemps je me suis couché de bonne heure", chez d’autres. Le livre de Johnny Rives, Beltoise, le roman d’un champion vient de sortir. Nous savons quoi acheter lundi avec l’Equipe.
Nous dégotons une tribune peu avant la fin des essais, accompagné du Prof, et de Pierre Chrétien, un pur, connu dans l’avion et toujours fidèle depuis. Nous suivons des yeux la BRM numéro 20 emprunter la voie des stands et stopper devant le sien. Les jumelles circulent ; on voit le dos trempé de sueur de Beltoise quand il sort de sa voiture ; un gros type lui parle, on reconnaît tous les trois Tim Parnell, le team manager de l’équipe. On était capables à l’époque de nommer chaque membre de chaque équipe, ou presque.
Attablés devant trois demis sur une terrasse du côté de la rue Grimaldi, nous commentons la grille de départ, récupérée au service de presse. Jean-Pierre est onzième, sur la sixième ligne. Mal parti pour faire comme l’an dernier, fait l’un ; d’autant qu’y z’annoncent du beau temps, il n’aura pas la pluie pour l’aider à remonter dit le second, ce que conclut le troisième par un Garçon, la même chose !
Il fait un temps splendide lorsque le drapeau libère les 25 concurrents le dimanche sur le coup de 15 h 30. Rééditant la manœuvre de son beau-frère l’an passé, François Cevert gicle de la deuxième ligne et s’adjuge le commandement dans la montée de Ste-Dévote, devant Peterson, Regazzoni, Stewart, Fittipaldi, Lauda, Ickx, Hulme, Wilson Fittipaldi, Amon, Ganley et Beltoise. Cevert ne fera qu’un tour, il a touché au Casino et crevé. Englué à la 12e place au premier passage, JPB gratte une position lors de l’arrêt de François, en gagne une autre quand Regazzoni, alors beau second, grille ses freins au 5e tour, remonte encore grâce aux ennuis de frein d’Amon, et arrive enfin en 8e position à la faveur de l’abandon de Lauda au 25e tour. Dernière BRM en course, la numéro 20 fait partie d’un groupe qui chasse la cinquième place. Soudain, au 39e tour, à l’attaque du droite rapide qui tourne autour du massif de fleurs posé devant l’Hôtel de Paris, Beltoise, en appui sur ses ressorts gauche, sent sa suspension arrière lâcher. Une fraction de seconde après, il cogne le rail avec une extrême violence, casse un porte-moyeu. Privée de freins, l’auto enquille la pente de Mirabeau pour taper droit dans le rail 300 mètres plus bas. Le choc est conséquent, la voiture salement amochée, mais le pilote en sort indemme.
Beltoise n’a plus qu’à rejoindre Le Mans, et nous Paris.

Grand Prix de Monaco . Circuit de Monaco . 3 juin 1973
Fiche technique : www.grandprix.com/gpe/rr226.html
Beltoise en gros plan © Didier Braillon, in Jean-Pierre Beltoise Grand Prix Club News, 4-5/1973
Beltoise en plan moyen, photo DR (FORIX)
lundi, 27 avril 2009
Vernissage de l'exposition "Souvenirs de l'autodrome"

Samedi 25 avril était dévoilée à la Maison du patrimoine de Montlhéry la première exposition exclusivement consacrée, à notre connaissance, à cet autodrome de Linas-Montlhéry, jamais aussi vivant que depuis qu'on l'a fermé aux compétitions fin 2004.
Impressionnante, la liste des organisateurs, contributeurs et intervenants : Le service culture et patrimoine de la ville de Montlhéry, l'Utac, l'Association patrimoine sportif et mécanique, l'Association Vincennes en anciennes, le Musée national du sport, Les Amis de Rob Roy, Les Amis de Géo Ham, le Club des Rosalie Citroën, le garage Hébert, le Groupe d'histoire Renault, Jean-Pierre Beltoise, Jean-Paul Durand, Robert Bosvin, Jean-Marie Guivarc'h, Matthieu Flonneau, Patrick Lesueur, Jean-Pierre Lyonnet, Philippe Monneret, Pascal Pannetier, Patrick Police, Roland Roy, Jean Claude Serre, Jean Vinatier, Philippe Vogel.Un consensus est à l'oeuvre autour de ce qu'il convient de faire de l'autodrome, qui rassemble des acteurs qui jadis s'opposaient, tel l'Utac et les utilisateurs sportifs. L'Utac qui expose le cahier des records enregistrés sur l'autodrome, pièce unique jamais encore montrée au public - à l'image ci-dessus. Le petit carnet rouge qu'on y voit à coté est un trésor exposé par le garage Hébert, un marchand d'automobilia de Montlhéry ; il recueille les annotations quotidiennes de Monsieur Colibet, chef de piste durant des décennies. Il y a un carnet par an. On rêve de la publication en feuilleton de ces journaux de bord restés secrets à ce jour.
On ne voit pas à l'image mais on la devine n'est-ce pas ? la maquette de la Renault 40 CV des records de 1926 apportée par le Groupe d'Histoire Renault, alors que le Jean-Pierre Wimille réduit par nos soins à 280 pixels de large pour entrer sur la colonne a été prêté par le Musée national du sport qui lui a adjoint diverses pièces liées au cyclisme sur l’autodrome, affiches, vélos, maillots...Et partout on travaille, comme Laurent Poulain, président de l'Association patrimoine sportif et mécanique, qui avec son compère Pascal Pannetier ambitionne de fédérer en un lieu unique toute la mémoire de l'autodrome.
D'abord, commencer par recueillir la parole des grands anciens, telle celle de Madame Souihol, l'ancienne secrétaire de l'Acif qui vivait dans un bus garé près des pistes et a accumulé une somme de souvenirs qu'il serait criminel de laisser perdre.



Pressenti par les organisateurs, l'ami Jean-Marie Guivarc'h leur a confié trois toiles dont ce "Georges Monneret au guidon de sa Jonghi 250 2 ACT à Montlhéry en 1936", qui ne mange pas de pain, selon l'avis émis par un quidam qui visitait l'expo sur nos basques. Voilà de la critique d'art ou nous n'y connaissons rien...


Ce Rob Roy, tout de même, quel culot !
Il a carrément planté son chevalet dans le stand Mercedes pendant le Grand Prix de l'ACF à Montlhéry et a continué à peindre comme s'il était sur les bords de Marne à barbouiller une guinguette. Monsieur Hubert de la Rivière, fils de Rob Roy, s'est souvenu de la publication de cette aquarelle paternelle sur MdS, et loin de nous poursuivre pour infraction à la législation sur les droits d'auteur nous a enjoint à poursuivre ces publications car, plus on parle de mon père, mieux c'est ! Gageons qu'on en parlera en 2009, année du centenaire de sa naissance.

Que du lourd ! Ecoutant l'intervention de Claude Pons, maire de Montlhéry, hors champ, de gauche à droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, maire de Longjumeau et conseillère régionale d'Île-de-France, Bernard Dumas, président de l'Utac ; Jean-Pierre Mougin, directeur général de l'Utac ; Christian Schmaltz, directeur de la communication dudit organisme, Laurent Poulain, président de l'Association patrimoine sportif et mécanique, Pascal Pannetier, fondateur du magazine Route Nostalgie, et Patrick Police, historien du cyclisme.
Spécialiste de l’architecture des années 1910-1930 et illustrateur reconnu alliant architecture et l’automobile, Jean-Pierre Lyonnet inaugura le cycle des conférences par un exposé sur les autodromes en Europe, sujet d'un livre à paraître dès qu'il fera beau, d'après le conférencier qui eut l'heur d'amuser François Libert, à nos côtés. Ici une vue de la page sur Brooklands.
Toujours à l'aise en public, JPB s'est laissé aller à quelques digressions sur ce que l'autodrome lui avait procuré de joies et de peines. Il n'a pas répété ce qu'il avouait un peu plus tôt au cinéaste auteur du film Les Seigneurs de l'anneau, diffusé en lever de rideau. Le jeune débutant qu'il était en 67 devait faire la connaissance de Jean Rolland alors que celui-ci était parti faire trois tours en fin de journée sur le routier. Jean est parti faire trois tours, lui avait-on dit chez Alfa Romeo, attends-le. JPB et Johnny Rives, l'initiateur de la rencontre, patientent donc. Après ils iraient diner quelque part. Soudain une colonne de fumée...
Le trop modeste Jean Vinatier, interviewé par Christian Schmaltz, a évoqué son Bol d'or 53 alors qu'il était tout juste en âge d'avoir sa licence de pilote -19 ans. Il mènera la 2CV Barbot au bout de la compétition en remportant la catégorie. En septembre de la même année, toujours sur l'autodrome, la barquette qui a subi quelques aménagements aérodynamique au niveau des échappements bat 9 records internationaux pour le compte des huiles Yacco. Et de nous régaler de ses souvenirs de la Potinière, ce fameux restaurant maintenant détruit.
Autre auto retaillée dans les grandes largeurs, la Renault 4 CV que Camille Bosvin (prononcer Bossevin) avait transformée dans les années 50 en une barquette au moteur tournant à 7000 t/m, installé inversé en position centrale sur un châssis tubulaire. C'est son fils, Robert, qui présenta sur scène ce fabuleux travail d'un précurseur méconnu de l'ingénierie automobile. On se rappelle le papier que Hubert Baradat avait écrit sur le livre que Robert a commis sur cette Bosvin Michel Spéciale.
Lorsque deux mains esseulées se levèrent en salle en réponse à la question Connaissez-vous le pilote Mike Beuttler ? posée par Philippe Vogel, ultime orateur de l'après-midi, celui-ci sut qu'il s'exprimerait devant un fort potentiel d'acheteurs de Privé de gloire. Ces ignares eurent droit à un exposé magistral, joli diaporama à l'appui, sur la manière moins magistrale dont Mike Beuttler remporta son unique victoire à Montlhéry : en bloquant tout au long. Mais peu importe le flacon, pourvu que, etc. 
Exposition "Souvenirs de l'autodrome"
25 avril - 26 juin 2009
Maison du patrimoine
27 Grande Rue
91310 Montlhéry
Lien fin
Entrée libre
Lundi au vendredi : 9 -12 h 30 et 14 -17 h 30
Samedi et dimanche : 14 à 18 h
Journées spéciales les samedi 2 mai et 20 juin
5-7 rue des Archers
91310 Montlhéry
Conférences gratuites de 16 h à 18 h 30
2 mai : L’anneau de vitesse et les records automobiles
Le record de la Citroën Petite Rosalie 1933 (21’) (film d’époque)
Le record de 40CV Renault 1924 (1’) (film d’époque)
Ravitaillement en roulant (1’) (film d’époque)
Le record de la 404 Peugeot diesel 1965 (x’) (film d’époque)Intervenants (20 minutes chacun) :
Patrick Lesueur, petit-fils de César Marchand : Les records Yacco
Mathieu Flonneau, historien : une évolution des records
Pascal Pannetier et Jean-Paul Durand : les records diesel sur l’autodrome
Pascal Pannetier : l’Autodrome avant guerre, une faillite chronique
Projection d’images motos d’époques et film sur le cyclisme sur l’autodrome
Intervenants (30 minutes chacun) :
Philippe Monneret : les records moto en famille
Jean-Claude Serre, ingénieur des Arts et Métiers, recordman sur Moto VAP en 1962
Patrick Police : l’autodrome, haut lieu du cyclisme
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| Tags : exposition souvenirs de l'autodrome, autodrome de linas-montlhéry, art, rob roy, geo ham, jean-marie guivarch, utac, jean-pierre lyonnet, jean-pierre beltoise, robert bosvin, jean vinatier, philippe vogel |
vendredi, 17 avril 2009
Jeunes et beaux

Isabelle de Bailleul figure parmi les plus jolies surprises que le blog nous ait ménagées. Cette note est un nouveau cadeau.
Ne m'en voulez pas chers amis d'avoir laissé passer plus d'un an depuis ma dernière intervention. Je n'ai pas grand chose à ma décharge si ce n'est un rythme de vie ici à Sydney qui n'incite pas à la défonce, balisé par l'alternance nonchalante des jours et des nuits. La nuit, ma plus fidèle complice depuis que j'ai perdu le sommeil après la mort de mon époux. Et quand elle est belle, comme en ce moment où elle n'est troublée que par le phare de Fort Denison, quand sa douceur m'incite à la rêverie, je n'ai plus qu'à ouvrir "My files" et dérouler le fil de mes souvenirs.
Etant raccordée au haut débit depuis peu, comme tout mon quartier de Kirribilli, il m'est plus facile de naviguer sur MdS où, l'autre jour, je suis tombée sur l'article nécrologique de Clay Regazzoni. L'émotion m'est immédiatement montée aux joues.
C'était en 1968, lors de la Temporada argentine que j'avais faite en compagnie des Beltoise.
- Clay, ça va ? tu as mal ? JPB arrive : Clay, fait pas le con ! dit quelque chose !
D'un coup il se retourne, se relève comme un ressort en éclatant de rire : Hé ! je vous ai bien eus ! Ouf ! on respire, rassurés.
Le soir, il raconta sa chute avec des détails "à l'italienne", tenant tous les pilotes en haleine jusqu'à ce large torrent qu'il avait dû sauter tout seul... Toute la salle riait !
Mais le lendemain matin, au petit déjeuner, on le vit arriver, marchant lentement, les jambes arquées. Et ben, la choute a été plous forrte que prrévoue, je suis un peu courbatourré ! annonça-t-il, sourire en coin. Et c'est là que nous comprîmes qu'il n'était jamais monté sur un cheval.
Quant à la photo ci-dessus, c'est Jacqueline qui me l'a envoyée. Elle est dans son bureau depuis 2000. Elle est magnifique n'est-ce pas ? Je mets la main dessus seulement maintenant (dans mes cartons à la cave). Elle remonte à l'été 1999, à Silverstone, la dernière fois que JPB et Clay se sont retrouvés pour faire une course historique. JPB avait fait la course sur une Bugatti et je ne me rappelle plus dans quelle voiture était Clay. Ce dont je me souviens bien, c'est qu'on devait se retrouver pour déjeuner. Il arrive dans sa chaise, JPB descend pour l'aider à monter dans l'auto. Non, ferme la porte et ouvre ta fenêtre, je me tiens à ta portière. JPB surpris, inquiet, démarre lentement.
Allez, accélère, je ne souis pas un enfant ! Et nous voilà, à plus de 20 km/h dans les allées du paddock pour aller au resto ! Clay était collé avec sa chaise roulant parfaitement, sans cogner la voiture. On a vite compris qu'il avait l'habitude. 20 km/h dans les allées du paddock c'était très vite pour moi, je n'étais pas du tout rassurée.
Tout s'est bien passé. Nous avons mangé tous les quatre à l'abri d'un parasol, et quelqu'un a pris cette photo d'où je suis absente, hélas, pour je ne sais plus quelle raison.
Un an plus tard, Clay envoya la photo, que le fan lui avait fait parvenir, à Jacqueline. Il avait mis un mot derrière la photo. "En 68 on était jeunes et beaux... aujourd'hui on est seulement beaux !!"

Sydney, le 13 avril 2009
Images, collection privée
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lundi, 30 mars 2009
Se souvenir de Montlhéry #5 : 1000 km de Paris 1971
L'automne 71. Le contexte d'alors oscille entre des victoires, des morts, des naissances comme celle de Patrick Tambay, volant Elf au Ricard, à laquelle devait répondre la disparition de Seppi Siffert, une semaine après ces 1000 km de Paris disputées quinze jours après la victoire de Cevert au Glen, la première française en F1 depuis 1958.

15 000 personnes grimpent vers l'autodrome, inconscientes du fait qu'elles le font pour la dernière fois, s'agissant des 1000 km qui seraient disputées à Rouen l'année suivante et plus du tout ensuite. Au beau soleil des deux journées d'essai succède une brume glaciale qui laissera rapidement la voie à la pluie. Faufilé sur la ligne de départ grâce à un brassard de mécanicien fourni par "Tonton Gégé qui bossait pour Total", l'ami François Coeuret immortalise les autos en première ligne. Il a 16 ans, est mort de trac, délaisse ses cadrages, il préfère mater.
Pour la première fois depuis un bout de temps, le vieil autodrome accueille un très beau plateau. Deux spyders Porsche 917 "Intersérie", la Gesipa, qui fait la pole aux mains de Helmut Marko (secondé par Michel Weber) et celle conduite par Gérard Larrousse et Leo Kinunnen, patronnée par les bières Colt. Une 917 classique du team John Wyer, menée par Derek Bell et Gijs van Lennep - les vainqueurs. Une Alfa 33 TT 3 très rétive qui n'accomplit que 300 mètres avant d'embrasser un mur. La Matra 660, chouchoutée par le public, pilotée par Amon et Beltoise. Trois Ferrari 512 enfin bouclent le plateau des grosses machines ; Jean-Pierre Jabouille et José Juncadella se partagent l'auto de la Escuderia Montjuich ; celle du Gelo Racing Team étant menée par Georg Loos et Franz Pesch tandis que la Ferrari rouge de la Scuderia Brescia Corse est aux mains de Mario Casoni et de Pam, c'est la plus lente.
Laissons le clavier à Franck Ruffino qui raconte si bien la suite :
L'énorme tumulte des moteurs rugissant renvoyé par l'écho depuis les tribunes nous ayant fait comprendre que "c'était parti", nous attendions avec impatience le premier passage.
Le vent, favorable, nous permettait de suivre le bruit des moteurs jusqu'à l'autre bout du circuit (un truc d'hommes soit dit en passant...) et la sirène du V12 Matra n'était pas la plus difficile à identifier, qui hurlait sa fantastique mélodie depuis les fonds les plus reculés des bois.
Justement le son strident se faisait de plus en plus distinct, et les spectateurs autour de nous, tous authentiques passionnés, écoutaient religieusement cette incroyable et fascinante musique.
Pourtant nos oreilles nous portaient une information dont nos cerveaux incrédules avaient du mal à accepter la réalité. Au fil des deux premières minutes le son du Matra se faisait de plus en plus "détaché" de la masse des autres mécaniques dont le brouhaha nous parvenait lui aussi, mais comme avec un décalage... C'était une impression bizarre, comme si les informations en provenance du peloton de tête ne nous parvenaient pas en même temps. Fantaisie du vent probablement.
Enfin le miaulement de la bleue se précisait, en provenance du virage de la Ferme, puis de la chicane nord avalée au rythme scandé par les rétrogradages et coups d'accélérateur dont chacun se souvient certainement encore... (eh oui Senna a eu un prédécesseur pour le baabaabaaap)
Le voilà !
La Matra et le casque bleu et blanc de Jean-Pierre viennent d'entrer dans notre champ de vision, il monte à mi-anneau, retarde son freinage, et plonge dans la première corde de la chicane. Nous encaissons les pointes suraigus des 12500 t/m du V12, vitesses rentrées à la volée et jouissons avec ferveur du filet de gaz terriblement anticipé puis de l'ouverture en grand qui nous comble du hurlement plein et rageur du double 6 en 1.
Beltoise est passé, il disparaît du côté de la tour de la direction de course.
Le silence se fait.
Et puis... rien. Enfin si : à l'échelle des dixièmes de secondes de l'époque et des centièmes d'aujourd'hui, un trou, un gouffre.
Nous nous tournons tous vers la gauche et la distance qui nous sépare du bruit rauque en provenance de la chicane nord nous interpelle.
"Doit y avoir un drapeau rouge !" je lance à mon père.
Arrivent alors les "suivants" Van Lennep (917 Gulf), Kinnunen (Spyder 917), Jabouille (512 M). Il ne semblent pas lever le pied, nous ne comprenons plus, tandis que défilent tous les autres.
Quand le silence se fait à nouveau, nous réalisons ce que nous venons de vivre : Beltoise et sa 660 à parements blancs mène avec son numéro 10 la course au premier tour avec 7" d'avance sur ce qui se fait de mieux en endurance ! Tout le monde se regarde, incrédule...
Le tour suivant nous confirme bien que la course est vraiment lancée, qu'il n'y a pas eu de faux départ, et que le fossé s'est encore creusé de 5" de plus ! 4 tours plus tard avec 30" d'avance il va commencer à gérer cette incroyable avance.
Pour avoir mémorisé lors de ma modeste carrière de pilote de karting quelques-uns de ces tours de rêve où l'on éprouve la sensation de voltiger en faisant corps avec la machine parfaitement réglée, je suis persuadé que Jean-Pierre conserve un souvenir spécial de ce début de course.
Et je sais que nous sommes nombreux, spectateurs, à ne pas l'avoir oublié."

La Porsche 917 PA Gesipa, appartenant à l'Allemand Michel Weber, signe la pole position grâce à la vista de Helmut Marko associée aux 600 CV de son 5 L. Le pilote autrichien, distancé en début de course, s'accroche ensuite aux échappements de JPB et la piste séchant, passe ce dernier au 31e tour. La Porsche capitalise une avance de 1'10" d'avance lorsque au 62 passage, Marko s'arrête, panne de turbine de refroidissement. Il empoche le record du tour en 2' 30" 3 (188, 180 km/h).

Georg Loos et Franz Pesch, du Gelo Racing Team, ont amené leur fidèle Ferrari 512 #1018 qui ne brillera pas plus à Montlhéry que pendant la saison 71. 8e sur la grille, Loos se fait taper par des 2 L dès les premiers tours et se fait mettre un tour peu avant la première heure. Comble de malchance, Loos est surpris par l'huile perdue par la Taydec de François Migault, à la chicane nord, tape le mur et se fait taper dans le cul par Jabouille. L'auto est belle, c'est déjà ça.
La Ferrari 512 M #1002 de la Escuderia Montjuich est la plus vite des trois 512 engagées. Après avoir fait deuxième au Tour de France automobile, l'auto est acheminée à Montlhéry et Jabouille, l'homme de pointe, la place en deuxième ligne.Le Parisien part bien, deuxième dans les premiers tours mais une glissade le fait reculer de trois positions. Puis c'est la touchette avec la Ferrari de Loos qui coûte 25 minutes au stand : réparation du capot, échange du radiateur. José Maria Juncadella repart pour casser un joint de culasse au 54e tour.
Pas grave sur le long terme, êtes-vous en train de penser devant votre écran, 38 ans plus tard.

Neuvième temps aux essais et première en 2 L, la Chevron B 19 du Red Rose Racing est menée par Jean-Pierre Jaussaud (et John bridges) qui part bille en tête, se permettant le luxe de devancer des grosses 5 L comme la Lola T 70 de Pilette et la Ferrari 512 de Mario Casoni. Un trop plein de fougue l'envoie dans le grillage de la Ferme alors qu'il talonne Casoni qui l'avait repassé. La course des 2 L est remportée par l'équipage Swietlik/Salles sur Lola T 212 (4e au général).

Ultime victoire de l'équipe John Wyer Automotive à porter au crédit de la Porsche 917 #034/013 qui réalise une course sage, facilitée par les abandons successifs du spyder Porsche de Marko et Weber, et de la 660 d'Amon/Beltoise. La 917 est comme toujours superbement préparée, ce qui ne la met nullement à l'abri des soucis aux essais : elle talonnait sur l'anneau, freinait mal à cause d'écopes frottant sur les roues et s'usant prématurément.

Concurrente directe de la Matra, l'Alfa Romeo 33 TT 3 promet beaucoup. On avance au paddock de Montlhéry des temps canons en provenance du Ricard d'où l'auto revient. De plus, des gars pas manchots sont alignés par Autodelta, Pesca et Stommelen. Cette machine superbe avec son museau effilé et son capot arrière court connaît pourtant des problèmes aux essais : une crevaison qui bloque Pesca en piste trop longtemps et un talonnage insupportable, lot commun du reste à nombre de voitures du plateau. Notre tryptique illustre parfaitement sa prestation : 300 mètres dans le tour de chauffe avant qu'elle embrasse le mur gauche, trahie par des pneus slicks sur la chaussée mouillée - version officielle -, à moins que Pesca n'ait été victime d'un train arrière trop froid que Jacqueline Beltoise s'emploie pourtant à chauffer sur la première image - version ayant notre préférence.

1000 km de Paris . Autodrome de Linas-Montlhéry . 17 octobre 1971
Voir aussi :
L'ouverture du lièvre
Qu'y a-t-il dans ma 33 toute neuve ?
Qu'est-ce que j'ai foutu avec ma 33 toute neuve ?
Images © François Coeuret (sauf les deux dernières © Jean-Paul Orjebin)
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dimanche, 08 mars 2009
Matlhéry

Au point de rencontre de notre semaine Montlhéry qui se termine et de l'univers féminin dont c'est la fête aujourd'hui, il y a la mode. Les images composant notre hommage annuel à "elles" s'avèrent moins techniques que ludiques, et d'aucuns le déploreront, qui se défouleront en plaçant un numéro de châssis sur la Brabham BT 16 du Sud-Africain Trevor Blokdyk (en arrière-plan du mannequin), quatrième à la Coupe de Paris du 19 septembre 1965 à Montlhéry. Ce à quoi d'autres avanceront la possibilité qu'il s'agît de Natalie Goodwin dont la Brabham orangée était remarquable à cette époque-là. Nous verrons...
Nous sommes donc en 1965. Les lectrices de L'Officiel de la mode apprennent que le cuir gagne non seulement sur la piste de Montlhéry mais dans un vaste domaine allant du week-end, de la chasse, des sports d'hiver jusqu'aux ensembles de ville. Elégance et confort s'harmonisent Royaldaim. Ce blouson ceinturé, royal cru, est fermé sur le devant par deux boucles dorées se retrouvant au bas des manches. Casque assorti, col et revers arrondis. La jupe est élargie devant et dos par un panneau Hermès. Confortable au possible, cette veste de daim vert piquée sellier, est doublée de kalgan couleur de miel. Casquette en kalgan.
Les archives de L'Officiel de la mode nous font remonter à une époque où être vu sur un circuit, proche de pilotes de renom, vous posait, vous octroyait considération et prestige. Montlhéry était alors aimé des dames.L'autodrome était encore vibrant des exploits des batteuses de records telles que Glenda Stewart ou Hellé Nice ; l'anneau résonnait aux exploits enrubannés des grandes bonnes femmes de l'Automobile-club féminin de France, créé en 1926 par la duchesse d'Uzès, qui avait été en 1898 la première femme à obtenir l'équivalent d'un permis de conduire.
C'est elle qui donna le départ sur l'autodrome du premier championnat féminin de l'auto, en 1927. Elle indiquait à ses membres, dont les noms s'accordaient à la longueur des capots : "Soyez très exactes aux rendez-vous que nous prenons pour nos excursions, soyez indulgentes pour les toilettes et surtout soyez prudentes, principalement dans les doublés et les tournants."
1977. Une Rallye 2 du Stars Racing Team est panneautée, au mépris de la rigueur requise par l'exercice, par une jeune personne habillée par Buzz.Tenue sportive par excellence, cette casaque a un capuchon, elle est en chamoisette, monte au ras du cou et ferme par une patte-polo. Elle coûte 850 F.
Vous la porterez avec un pantalon ou un jupe.
Le SRT était également connu sous le nom de bande à Moustache, son sympathique président, un homme de poids.Cette équipe réunissait des noms célèbres du sport, du cinéma et du music-hall : Kiki Caron, Jean-Pierre Beltoise, Serge Marquand, Johnny Hallyday, Jean-Louis Trintignant, par exemple.
Il a consenti avec le sourire à poser avec le mannequin et arbore pour nous sa tenue de pilote.
Le directeur de la course est prêt à donner le drapeau à damiers. Sans doute en fin de saison, titre joué, car on ne sent guère de tension ici.En longue veste de cuir brun toute doublée de mouton, 2850 F, pull 280 F, pantalon de velours cognac 300 F, cette charmante est ici habillée par Kenzo.


Givency nouvelle boutique. En cuir café, une veste à capuchon doublée de lainage du ton, découpes aux épaules simulant un effet de chasuble, pull jacquard, bonnet en tricot. Jean-Pierre Beltoise semble conquis.
Images © L'Officiel de la mode
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mercredi, 11 février 2009
Rétromobile 2009, JPB entre histoire et avenir

Sur le stand du circuit de Haute Saintonge [1] , dernier-né des circuits Beltoise qui sera inauguré à l'été 2009 et qu'animera Julien Beltoise, trône une Matra F3 et s'affichent des placards rappelant la fameuse victoire de Reims en 1965, considérée comme la base du renouveau du sport automobile français, après le vide laissé par l'arrêt de Maurice Trintignant.

Notons avec plaisir l'emprunt à son histoire personnelle, qui touche à l'histoire universelle de tout amateur français d'auto, auquel se livre Jean-Pierre beltoise qui jusqu'à une époque très récente n'en voulait point entendre parler. Le pilote a semble-t-il saisi une réalité que son dynamisme et son sens des affaires avaient occultée, et qu'il estimait quelque part néfaste à la bonne visibilité de celles-ci. Que JPB le sache : il demeure l'icône majeure du sport auto national. Rien n'y changera, même si 500 circuits et écoles de pilotage JPB parsemaient le territoire. Rétromobile 2009 consacre enfin la réconciliation entre le vainqueur de la Coupe internationale de vitesse de F3 à Reims - dont témoigne ci-dessus le Pr Reimsparing -, et l'entrepreneur du XXI siècle.
De cette Matra MS1, MdS avait parlé l'an dernier lorsque son restaurateur, Henri Thibault, s'était tourné vers lui pour obtenir des détails sur la configuration originale du bloc moteur 998cc Cosworth MAE et du carburateur Stromberg CD175, architecture à la base, conjointement à la vista du pilote, de la victoire arrachée à la barbe de Piers Courage et de John Fenning.
Un an a passé. Nous recevions ces jours derniers un courrier du même Henri Thibault se félicitant de l'aboutissement de son projet.
"La voiture a été assemblée mercredi 4 février dans la nuit pour un transport à Rétromobile, où vous l'avez sans doute déjà vue, mais elle n'est que dans un état de maquette, tellement il reste de travail d'ici à ses premières respirations et ses premiers tours de roues dans sa version définitive de sa victoire à Reims avec le carburateur, les roues, le volant, le nez, etc.
Son planning après Rétromobile est lié au calendrier professionnel de Jean-Pierre Beltoise car cette voiture devrait être un peu son ambassadeur sur le nouveau circuit en construction en Charente-Maritime. Elle devrait aussi sur le circuit de Trappes. Entretemps des manifestations roulantes l'attendent comme le plus prestigieux, celui du Week-end de l'excellence automobile en septembre prochain à Reims, 43 ans plus tard."

Une petite partie de l'équipe qui a restauré la MS1.
De gauche à droite, en haut :
Jean-Pierre Thibault, le père d'Henri Thibault, promoteur de la restauration et ami de JPB ; Henri Thibault, artisan de la restauration ; Jacques Pouzet, motoriste et ami de Jean-Pierre Beltoise qui a refait le Ford Cosworth MAE 998cc
En bas : Joseph Elédut, ancien chaudronnier-formeur chez Sud-Aviation et Bertin qui a aidé à la restauration du châssis structurel, le coeur de cette auto
En haut : Claude Le Guezec, Team-Manager de Matra-Sport à l'époque de la victoire rémoise. Il montre à JPB le fameux Stromberg qui le fit gagner à Reims ; Jean-Pierre Beltoise assis sur le pneu arrière-gauche ; à droite, Jacques Hubert, le père des premiers châssis structurel Matra-Sport, et de la MS1 (Jacques Hubert venait directement de chez René-Bonnet)
(Merci à Henri Thibault)
Rétromobile 34e édition . Paris Expo Pavillon 7.3 . 6-15 février 2009
Site officiel : www.retromobile.com
[1] http://circuitdehautesaintonge.com
Matra MS1 sur le stand du circuit de la Haute Saintonge, 2009 © MdS
Matra MS1, victorieuse à Reims, 1965 © Professeur Reimsparing
Matra MS1 et ses pères © Henri Thibault
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mercredi, 14 janvier 2009
Beltoise Belgique 73 #62/88

Après le Grand Prix d'Espagne fin avril, celui de Pau F2 le 6 mai, puis des essais Matra en vue des 24 heures du Mans les 10 et 11 mai au Ricard, notre routard de luxe gagne la province du Limbourg qui accueille pour la première fois sur le circuit de Zolder le Grand Prix de Belgique.
Les essais de vendredi sont vite perturbés à cause du tarmac que les énormes roues motrices des monoplaces arrachent par plaques ; c’est que, pressés par le GPDA et la CSI qui leur avait demandé un resurfaçage de la piste, les organisateurs ont fait appel en hâte à une entreprise de travaux publics qui ne rendit le circuit que l’avant-veille des essais. Dans ces conditions ardues qui voient Follmer et Jarier sortir dans le virage à droite avant la chicane – l’endroit le plus dégradé -, les BRM de Lauda et Beltoise font les 4e et 5e temps.
Comme l’écrivait Jean-Pierre dans la chronique libre qu’il donnait dans les années 70 à José Rosinski pour la revue Champion : "Sans être des foudres de guerre, les Marboro BRM n’en sont pas moins des voitures très bien équilibrées, mais depuis le début de l’année, les pneus Firestone ne leur permettent pas de jouer les premiers rôles. Or sur le circuit de Zolder, les nouveaux pneus Firestone se sont très bien comportés."
Une intervention dans la nuit améliore l’état de la piste. Les essais reprennent dans une atmosphère apaisée. Beltoise arrache à Lauda la première place des BRM, se hissant en troisième ligne, 3/100e devant Stewart.
Ronnie Peterson est le plus rapide au départ de la course, suivi de Cevert, Ickx, Hulme, Reutemann et Beltoise, encore une fois bien parti. La casse du moteur de Jacky Ickx causant une sortie de route de Hulme, voilà JPB quatrième au septième tour. On se prend à espérer un bon résultat, d’autant que les pneus des BRM, principales causes de leurs abandons, paraissent pouvoir tenir la distance. Las, Jean-Pierre stoppe à son stand au dixième tour ; les freins donnent dans le mou. Un mécano avait oublié de les purger ! Il plonge au classement. Des ennuis d’allumage se manifestent ensuite, qui le font s’arrêter à trois reprises ; il termine non classé, mais termine quand même et échappe aux pièges d’un revêtement qui a recommencé de se désagréger et aura causé 10 accidents, entre les essais et la course.
Jean-Pierre fait ainsi le point dans Champion : "Il reste encore dix Grands Prix à disputer et rien n’est joué au Championnat. Toutefois, le problème avec le 12 cylindres BRM est que son régime limite n’est que de 11 000 t/m alors que le Ferrari prend 12 500 t/m. Il y a donc automatiquement une perte de puissance maxi qui nous pénalisera sur les circuits rapides."
Speedy Beltoise a déjà filé ; dimanche prochain, ce sont les 1000 km du Nurburgring.
Grand Prix de Belgique . Circuit de Zolder . 20 mai 1973
Fiche technique : www.grandprix.com/gpe/rr225.html
JPB à Zolder © FORIX
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vendredi, 19 décembre 2008
Gastoooon, et ce courrier en retard ?! (2e avertissement)
Voilà voilà, m'enfin y'a pas de quoi s'énerver ! Il y en a encore plus que la dernière fois... Si j'avais su, j'aurais bossé à Autodiva, au moins les mecs là-bas y postent eux-même !
de AUTODROME Communication ml@autodrome.fr
à memoire.des.stands@gmail.com
date 4 septembre 2008 07:58
objet Mémoires
Bonjour,
Des Stands à la piste de l'Autodrome, il n'y a qu'un passage en première et une accélération … Je suis toujours ravi de faire un tour sur votre site et de lire les chroniques, articles, textes, et de contempler les photos. Toute cette mémoire est plus que précieuse, vitale, et vous l'avez bien compris avec tous ceux qui écrivent sur ces pages. Avec mes frères (nous sommes une société familiale), nous sommes de la même génération, qui a tellement pensé et rêvé à Cevert, Beltoise, tellement feuilleté Sport-Auto, Champion, Virage… que nous trouvons votre "lieu de rencontre" (plus qu'un site Internet), tout simplement indispensable. Merci ; et, j'ajoute, compliments pour la tournure et la manière, mots, phrases et images sont à la hauteur du propos et c'est bien rare.
Nous faisons métier de commerce en autos anciennes et sportives, mais surtout anciennes… et cela n'empêche pas d'avoir collectionné pour nous et de continuer, des autos, ou des pièces d'autos, ou de vieux papiers, qui ont leur importance bien au-delà d'une vente ou d'un achat. On tente de retrouver ou de retenir le passé, c'est impossible, mais c'est impossible aussi de ne pas essayer.
Bonne continuation et merci encore.
Cordialement,
Michel Levy.
AUTODROME-Paris
Automobiles Classiques et Sportives
Spécialiste Lamborghini - Pagani Automobili - Ferrari
www.autodrome.fr
www.autodrome-paris.com
de Arnaud Bourdin tdfslot@yahoo.fr
à"memoire.des.stands@gmail.com"
date 26 octobre 2008 22:40
objet Pour le fonds Cevert
Bonjour,
Celà fait 2 ans que je dois vous envoyer cet extrait de la plaquette publiée à l'occasion de l'ouverture du circuit de Dijon-Prenois, je le fais enfin. J'y joins les crédits photos de l'objet, pour plus de sureté .
J'avais 7 ans quand Cevert est mort, et suivais la course de loin, mais je me souviens parfaitement que quand ma mère a entendu la nouvelle sur le transistor familial, je n'ai d'abord pas compris et elle a réagi curieusement, semblant assez peinée . Cevert était l'idole du moment, surtout pour le public féminin, personne à la maison à cette époque ne suivait les Grand Prix , et je ne l'ai compris que plus tard.
Mon identité importe peu, pas la peine de me citer si vous publiez ce document, il me semble juste que Cevert ne courut qu'une seule fois à Prenois pour les 1000 km de 1973, est-ce exact ?
Cordialement,
Arnaud
de Frédérick LLORENS fredllorens@gmail.com
à memoire.des.stands@gmail.com
date 11 novembre 2008 10:13
objet Nouveaux livres sur l'histoire de la F1
Bonjour,
Amateur de la Formule 1 et de son histoire depuis de nombreuses années, je vous propose de découvrir deux livres que je viens de publier, par le système de l'impression à la demande.
Numero 27, une légende de la Formule 1
http://numero27.blogspot.com
Wolf Racing, un loup en Formule 1
http://wolf-racing.blogspot.com
Vous pouvez découvrir plus d'informations sur ces ouvrages, de format 1/2 A4 avec uniquement textes et statistiques, grâce à leurs blogs respectifs sur Internet.
Je reste à votre disposition pour plus de renseignements.
Cordialement,
Frederick LLORENS
de François Lesage gustavemarie@hotmail.com
à memoire.des.stands@gmail.com
date 14 novembre 2008 18:10
objet Nouvelle plume..? L'envie est là.
Cher Mémoire des Stands,
Je me permets de vous contacter pour savoir si vous pouviez être intéressé par un nouveau "chroniqueur" pour votre merveilleux blog. Véritable apôtre du "spirit of motor racing", catégorie vintage, et malgré que nous ayons affaire - à faire?, éternel questionnement - à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (j'en ai 20 + 4), j'ai depuis quelque temps besoin de justifier mon investissement dans la voiture ancienne par... l'écriture!
Je ne sais point ce que vaut ma plume - pour ne pas dire clavier -, même si les gens me lisant l'apprécie généralement.
Ayant en ce moment un peu de temps devant moi, je pense qu'il serait utile une bonne fois pour toute d'estimer mes espérances journalistiques.
Non loin géographiquement de Mulhouse, pourriez-vous trouver un intérêt pour un papier sur la Cité de l'automobile? A titre d'essai...
Amicalement,
François
PS : j'aurais dû introduire cet email par "J'ose vous contacter", face au respect que m'impose votre académie de mémoire ... des stands.
de gerardgamand@wanadoo.fr
à memoire.des.stands@gmail.com
date 19 novembre 2008 21:27
objet Merci
Patrice,
Merci d'avoir chroniqué le livre GRAC... Il "marche" plutôt bien, ce qui me fait plaisir (eu égard au nombre d'heures passées !).
Je travaille sur un FOURNIER MARCADIER, puis, si tout va bien... un PYGMEE identique au GRAC
Amicalement
Gérard Gamand
www.autodiva.fr
de Rollet <appf@club-internet.fr>
à "mémoire des stands [mémoire des stands]"
date 30 novembre 2008 09:45
objet Re: Lagonda tourer
Bonjour à tous,
Je profite (malhonnêtement) du message de Jean-Marie pour vous adresser une information au Rallye du Pays de Fougères 2009 (que notre artiste préféré fréquente assez assidûment), au cas où vous vous laisseriez tenter...
Bravo aussi à Jean-Marie pour avoir aujourd'hui choisi une marque fort intéressante !
Bien cordialement
Patrick Rollet
APPF
www.rallye-fougeres.org
de Frédéric Mura Mura fcmprod@orange.fr
à memoire.des.stands@gmail.com
date 29 novembre 2008 13:54
objet Bedoin Sport-Auto au Ventoux
Bonjour,
je me permets de vous faire parvenir l'adresse d'un nouveau site sur le Sport-Auto au Ventoux.
"La fabuleuse épopée du "Sport-auto au Ventoux". Un trésor de souvenirs et de clichés inédits sur l'histoire de la Course de Côte Internationale du Mont Ventoux. Collection Privée / Frédéric Mura - Historique 1902 > 1966 - La Ronde du Ventoux 2001 - la 64 ème Course de côte du Ventoux 2001 etc ...
Auteur, photographe et graphiste, je suis à la recherche de partenaires et sponsors pour transformer cette collection de clichés personnels en un nouveau très beau livre sur la fabuleuse épopée du sport-auto au Ventoux et Ailleurs.
La première édition concerne des documents d'époque et principalement le "Collector" Mura/Faraud de 1960 à 1966.
Merci de visiter ce Collector et de me tenir informer de vos possibilités pour promouvoir ce projet.
Au plaisir
Frédéric Mura
http://web.me.com/fcmprod
de CLASSIC DAYS <c.frechinos@wanadoo.fr>
à"memoire. des. stands @ gmail. com" <memoire.des.stands@gmail.com>
date 9 décembre 2008 13:02
objet Auto Union en piste
Madame, Monsieur,
Nous vous attendons nombreux pour cette deuxième édition des Classic Days. Au programme sensations, surprises, retrouvailles, découvertes, bonheur, passion, convivialité... tous les ingrédients pour passer un moment d'exception.
Une Auto Union Grand Prix Type A de 1934, exceptionnellement mise à notre disposition par la D'Ieteren Gallery, nous fera l'honneur d'être parmis nous lors des prochains Classic Days.
Hommage à Tico Martini, déjà de nombreuses personnalités ont répondu présentes.
Cordialement,
Clémentine Fréchinos
www.classic-days.fr
de João Paulo Cunha <jpc@forix.com>
à Patrice Vatan <patricev@club-internet.fr>
date 9 décembre 2008 10:46
objet JPB 12
12 new photos of JPB are now online - specially for you :-)http://www.forix.com/main.php?l=0&r=0&c=49
Um abraço,
jp
de Paul-Henri Cahier <phc@f1-photo.com>
àF1-Photo ML ML <f1-photo-ml@f1-photo.com>
date 13 décembre 2008 22:34
objet[F1 Photo] F1-photo.com-Virtual Book 2008 !
liste de diffusionf1-photo-ml.f1-photo.com
The new Virtual Book, 2008 edition, is now available on the Cahier Archive website!
The eighteenn races of this breathless, intense, Championship will unfold as you flip through the digital pages, and enjoy the 234 photographs in large, screen resolution size (1244X880 pixels). An additional 45 photo screensaver is included.
Mac & PC.
Please visit us at:
www.f1-photo.com
de Viviane ZANIROLI <vivianezaniroli@yahoo.fr>
à memoire. des. stands @ gmail. com" <memoire.des.stands@gmail.com>
date 15 décembre 2008 17:13
objet 10ème Rallye des Princesses : fin de la 1ère tranche le 31 décembre 2008
Madame, Mademoiselle, Chère Princesse,
Vous êtes intéressée par le rallye des Princesses et je vous remercie vivement de l'intérêt que vous portez à notre belle épreuve et pour laquelle mon équipe et moi-même mettons tout en oeuvre afin qu'elle soit pour vous "une semaine pas comme les autres", qu'elle illumine votre quotidien et le remplisse de souvenirs heureux et conviviaux
Je suis bien placée pour savoir qu'il n'est pas toujours facile à 5 mois du départ de savoir comment s'organiser pour partir (boulot,enfants, écoles, maison...), mais malgré tout, vous et moi nous devons le prévoir et je souhaitais attirer votre attention sur le fait que le premmier tarif d'inscription de 4000 € arrivait à échéance le 31 décembre 2008 prochain.
Je ne saurais trop vous conseiller de vous inscrire dès maintenant et ne verser qu'un acompte de 1000 € afin de bloquer votre place, vous permettant de bénéficier de cet avantage non négligeable. Après cette date, je vous rappelle que la seconde tranche est de 4200 €.
En attendant le plaisir de vous retrouver à nos côtés, Patrick, Marie-Laure, Pénélope et toute notre équipe de commissaire se joignent à moi pour vous souhaiter un très JOYEUX NOËL et de très BONNES FÊTES DE FIN D'ANNEE !
Amitiés
Viviane Zaniroli
Rallye des Princesses
2 avenue Jeanne - 92600 Asnières - France
princesses@zaniroli.com - www.zaniroli.com
From: Pierre Ménard
To: A COMM - J.Latouille
Sent: Monday, December 15, 2008 6:55 PM
Subject: Site Pierre Ménard
Bonjour !
Mon site est enfin ouvert sur www.pierre-menard.com
Merci de faire circuler le lien et à bientôt
Cordialement
Pierre
KARAM Olivia <okaram@comexpo-paris.com>
à MESTON Elisabeth <emeston@comexpo-paris.com>
date 16 décembre 2008 10:51
objet COMMUNIQUE RETROMOBILE 2009
Madame, Monsieur,
Notre salon RETROMOBILE ouvrira ses portes dans moins de deux mois.
Vous trouverez de nombreuses informations dans le communiqué ci-joint.
Pour toute demande particulière, pour recevoir des informations complémentaires ou pour essayer une voiture à "énergie nouvelle", n'hésitez pas à joindre Elisabeth MESTON, notre attachée de presse, par mail emeston@comexpo-paris.com
A très bientôt et merci par avance pour votre aide précieuse !
Olivia KARAM
Chargée de Communication
Salon Rétromobile
www.retromobile.fr
de Michael Oliver
à memoire.des.stands@gmail.com
date16 décembre 2008 23:14
objet Jackie Oliver+Lotus 49 at Spa
Dear Patrice
I have found two photos on your site of Jackie Oliver in 1968 in the Lotus 49 (in a story posted 14th August 2005 called "Rainy conditions at Spa Francorchamps). I was wondering if you had the original photos and, if you do, if it might be possible to scan them for me to help with some research I am doing? I am going to look at a Lotus 49 show car which has been in the Donington museum for many years now with a view to helping identify it and one of the candidates is the car that Oliver drove at Spa, Zandvoort and Rouen (practice only before he had his big crash).
Because it did so few races, it is surprisingly difficult to find photos! If you are able to scan them for me, would you be able to do the scan at 300dpi please? The reason being that I need to see as much detail as possible, including the rivet patterns...
I very much hope you are able to help.
Best regards Michael
Michael Oliver
Motoring and motor sports writer
www.michaeloliveronline.com
De : Guy ROYER [mailto:guyroyer@club-internet.fr]
Envoyé : jeudi 18 décembre 2008 10:46
À : Patrice VATAN
Objet : Trimmer
Salut,
J'ai retrouvé cette photo de Trimmer à Monza en 75.
@+
de xsof2@yahoo.fr
à memoire.des.stands@gmail.com
date 18 décembre 2008 11:39
objet Canadian Store A® Official Site
Hello !
Please visit us
Canadian Store
10:10 Publié dans Au courrier de MdS | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : gaston et ce courrier ?, francois cevert, tony trimmer, jackie oliver, jean-pierre beltoise |




















