lundi, 09 octobre 2006

Eugène Chaboud (1907-1983)

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Personnage-clé du sport automobile français d’avant et d’après-guerre, Eugène Chaboud a animé ou fondé un si grand nombre d’écuries qu’en retracer la chronologie ressort du jeu de pistes.

Le début de sa vie est heureusement limpide : né à Lyon de parents commerçants, Eugène est d’abord attiré par l’athlétisme, mais sa rencontre avec Jean Trémoulet décidera de la suite de son existence ; il sera coureur automobile.

medium_chaboud.jpgSa première course est le GP du Comminges 1936 où sa Delahaye 135 sport abandonne. On voit la paire Chaboud/Trémoulet un peu partout en 1937 : aux 24 heures du Mans où Trémoulet est impliqué dans un grave accident qui fait deux morts, au GP de l’ACF qu’ils finissent 6e, au GP de la Marne où ils sont encore 6e. Chaboud accède à la notoriété en 1938 quand le speaker de Radio-Paris annonce d’une voix nasillarde que l’équipage Chaboud/Trémoulet remporte les 24 heures du Mans (image ci-dessus). Mais un différend qui avait éclaté pendant l’épreuve distend l’amitié entre les deux hommes, et à l’issue de la course suivante, les 24 heures de Spa qu’ils ne finissent pas, la rupture éclate.

Tandis que Trémoulet trouve en Roger Loyer un nouveau partenaire, Chaboud court en solo ; il gagne le rallye de Chamonix sur une Lancia. Il fonde en 1939 avec deux amis sa première écurie, l’Ecurie Francia. Puis juste avant qu’éclate la guerre, Chaboud participe aux 24 heures du Mans avec Yves Giraud-Cabantous (abandon), mais remporte Paris-Nice.

Dès qu’en 1945 les Allemands quittent Paris, les courses reprennent. Le 9 septembre est organisée une série d’épreuves au Bois de Boulogne qui est un point de repère historique ; Chaboud ressort pour l’occasion sa vieille Delahaye 135 et l’aligne à la Coupe des prisonniers, il est 3e. Une belle série de troisièmes places l’attend également en 1946, avec celle obtenue au GP de Nice – première compétition internationale de l’après-guerre -, au GP du Forez et au Circuit des trois villes du Nord, tandis qu’il gagne le GP de Belgique en Sport sur son antédiluvienne Delahaye 135.

C’est à cette époque que Chaboud, qui avait confié l’entretien de son auto à l’Ecurie France récemment créée par Paul Vallée, rejoint cette structure en tant que pilote. Il s’y lie d’amitié avec Charles Pozzi. Vallée lui confie au GP de Penya Rhin 1946 la Talbot monoplace centrale qu’il vient d’acquérir et que Chaboud mène ensuite à la victoire en 1947 au GP du Roussillon et au GP de Marseille. Mais Louis Chiron, qui conduisait cette auto avant Chaboud, intrigue auprès de Vallée pour la récupérer, et la récupère dès le GP de Nîmes.

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Fâchés, Eugène et Pozzi quittent alors l’Ecurie France et Chaboud s’attaque au titre de champion de France des conducteurs. Pozzi lui prêtant sa Talbot 4,5 L en renfort de la Delahaye, notre Lyonnais a la joie de rafler le titre à son "copain" Chiron qui était en tête du championnat avant qu’on s’aperçoive que sa nationalité monégasque rend caduque sa participation au championnat.

Chaboud et Pozzi mettent sur pied en 1948 l’Ecurie Lutetia, que gère ce dernier car Chaboud, joueur compulsif, met rapidement en péril du côté de Deauville ou de Monte-Carlo le capital de la maison. Des places d’honneur sanctionnent cette saison ; 3e au GP de Paris, 4e au GP des nations à Genève, 7e au GP de Monaco, etc. Parallèlement à l’Ecurie Lutetia, 1948 voit Chaboud sous les couleurs de l’Ecurie Mundia Course pour qui il conduit à quatre reprises une Talbot T26C.

Passant en 1949 sous les houlettes temporaires de l’Ecurie Rosier, et de la Scuderia Diemex qui aligne des Maserati pour lui, Behra et George Houel (l’un des rares survivants actuels de cette période), Chaboud est 6e au GP de France, abandonne au GP d’Italie et au GP de l’ACF tandis qu’il est en tête des 24 heures du Mans avec Pozzi lorsque leur Delahaye brûle.

Il acquiert au début des années cinquante une affaire de voitures d’occasion et continue sa carrière de coureur en participant dès 1950 au nouveau championnat du monde des conducteurs. L’usine Talbot l’appelle pour disputer le GP de Belgique en remplacement de leur pilote Eugène Martin, grièvement blessé au GP de Suisse précédent. Il est 5e au GP de France où il relaie Philippe Etancelin, brûlé aux jambes par des projections d’huile bouillante.

Il participe aux 24 heures du Mans 1951 avec Charles Pozzi, puis engage sa Talbot personnelle sous les couleurs de l’Ecurie Chaboud au GP de l’ACF qu’il termine 8e. La lassitude guette, Eugène se fait rare ensuite. Un grave accident au Mans en 1952 lui fait peur et on ne le voit plus qu’occasionnellement, comme au Boreham International Trophy 1952 où il mène à la 8ème place, pour la dernière fois, la Talbot T26 de l’Ecurie Rosier.

Le rallye de Monte-Carlo 1953 est sa dernière course.

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Marius Eugène Chaboud

France
Né à Lyon le 12 avril 1907
Décédé à Montfermeil le 28 décembre 1983



Eugène Chaboud et Jean Trémoulet triomphent aux 24 h du Mans 1938 sur Delahaye 135
© Thierry Beaufort (http://lemanscollection.over-blog.com)
Portrait d'Eugène Chaboud, photo DR
GP de Marseille 1947 sur Talbot monoplace centrale, photo DR
GP de l'ACF 1951 sur Talbot T26, photo DR