mercredi, 15 novembre 2006
Passerelle élastique


Dans un coin du dernier Rétro Festival de Bruxelles, parmi d'autres, un artiste exposait . Que son stand voisinât avec celui de Jacques Swaters n'était pas dû au hasard mais à la complicité unissant le peintre et le collectionneur, une connivence qui, en s'approchant d'un peu plus près, prenait la forme d'un calendrier 2007 dont chaque mois est illustré d'une aquarelle de Pierre Englebert [1] montrant une Ferrari ayant un lien avec Jacques Swaters.
Un travail à la ligne claire, très bande dessinée, absolument magnifique et qu'il sera obligatoire d'accrocher au mur de son bureau vers la fin de l'année. Notre ami Jean-Paul Orjebin découvrira avec une attention émue l'auto ornant le mois de février. C'est le coupé Ferrari 250 GT LWB , numéro 1321 GT, engagé au Mans en 1959 par l'Ecurie nationale belge et piloté par Jean Blaton et Léon Dernier, qui se classera troisième au général et premier GT, ainsi qu'il l'a été précisé en 37 commentaires au bas de la note que Jean-Paul nous avait envoyée, et ce pour une simple raison ; son père, comme technicien Dunlop au Mans, avait bossé sur cette auto [2], et il tenait à ce que la terre entière (enfin... la planète blogueuse) le sût, car ce n'est certes pas son père, homme de devoir, un taiseux, qui le claironnera.
Enfin il est amusant de jauger l'élasticité de la passerelle pneumatique reliant un Pierre Englebert et un technicien Dunlop sur ces deux images.
24 Heures du Mans . Circuit de la Sarthe . 20 et 21 juin 1959
[1] www.englebertpierre.be
[2] Le monsieur sur le bord gauche de la photo
10:15 Publié dans Généralités | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : pierre englebert, jacques swaters, ferrari 250 GT LWB, 24 heures du mans, 1959
mercredi, 25 octobre 2006
Brussels Rétro Festival 2006, hommage à Jacques Swaters
Après l'hommage rendu à Paul Frère en 2004, le Brussels Rétro Festival poursuivait son évocation des grandes figures belges avec une impressionnante rétrospective consacrée à Jacques Swaters, celui qu’on pourrait qualifier un peu vite de Charles Pozzi belge. Toutefois, en y réfléchissant bien, il est difficile d'échapper à une telle comparaison. Jacques Swaters est bien l’incarnation belge du "Grande Vecchio" comme le fut Charles Pozzi en France, d’ailleurs les deux hommes ont semble-t-il occupé leur maturité à se polir une statue de Commendatore plus vraie que l’originale.Pilote, fondateur et directeur d’écuries, négociant en automobiles, importateur Ferrari, homme d’affaires et collectionneur, Jacques Swaters a 80 ans cette année. Il a commencé à courir en 1948 lorsque l’étudiant en droit qu’il était avait engagé aux 24 heures de Spa une MG achetée avec son ami Charles de Tornaco et conduite avec Paul Frère. Pour Swaters, c’est le déclic qui le poussera à créer en 1950 sa propre écurie, l’Ecurie Belgique, qui alignera des autos d’avant-guerre pour des gens comme Roger Laurent et André Pilette.
En 1951, Swaters et ses copains achètent une Talbot-Lago dont ils se partagent le volant lors de la saison de Grands Prix.
Une Ferrari 500 remplace la machine de Suresnes en 1952, ce qui lui permet d’établir des liens avec Enzo Ferrari, liens qui perdureront jusqu’à la mort du Vieux en 1988, liens que rien, semble-t-il, ne peut flétrir, comme en témoigne la création en 2002 de la Galleria Ferrari Francorchamps, un musée qui rassemble tout ce qui a trait de près ou de loin au Cheval cabré, et qui est un des éléments de la Fondation Jacques Swaters [1] .
Swaters gagne à l’Avus en 1953 avec la Ferrari 500 et connaît en Sport de beaux succès en 1954 et 1955 avec les Jaguar C et D achetées par l’Ecurie Francorchamps – c’est le nom de sa nouvelle structure depuis que le Royal automobile club de Belgique lui a demandé de changer d’appellation l’Ecurie Belgique.
Très occupé par la concession Ferrari qu’il obtient en 1954, Swaters se fera rare au volant à partir de cette période. Signalons sa dernière course au Mans en 1957.

Ferrari 166 MM # 0064
La 166 MM est la première compétition client, elle remporta les 24 h du Mans et de Francorchamps 1949. Ce modèle bleu vert a été commandé par Gianni Agnelli. Olivier Gendebien remporta à son volant la Coupe de Spa 1953.

Ferrari 250 GTC « long wheel base » # 763
Achetée neuve en 1958, l’auto fait deuxième en GT aux 1000 km du Nurburgring 1959 aux mains de Lucien Bianchi et Léon Dernier. Ils ont fort à faire avec l’autre berlinette de l’Ecurie Francorchamps conduite par Jean et Armand Blaton qui remporte le classement GT.

Ferrari 250 GT # 2069
Cette version châssis court est une caisse en acier alors que les caisses en aluminium étaient réservées à la course. Un modèle compétition permit à Willy Mairesse et Jojo Berger de gagner les Tours de France auto en 1960 et 1961

Ferrari 250 GTO # 4153
Willy Mairesse a développé le prototype de la GTO à Modène aux côtés de l’ingénieur Bizzarini. Aboutissement de la série 250 GT « Tour de France », elle a glané un nombre incalculable de succès. Le modèle présenté au Rétro Festival a remporté le Tour de France auto 1964, conduit par Lucien Bianchi et Jojo Berger

Ferrari 250 LM # 6313
Pilotée par Pierre Dumay et "Taf" Gosselin, cette 250 LM, œuvre d’art que le mot sublime est impuissant à définir, a failli créer la surprise aux 24 h du Mans 1965 si un déchappage en fin de course ne l’avait contrainte à céder la victoire à la 250 LM rivale du NART, conduite par Masten Gregory et Jochen Rindt.

Ferrari 500 TRC # 0682
Acquise par l’Ecurie nationale belge en 1957, cette belle barquette 2 L s’est classée 7e au général et 1ère de sa catégorie aux 24 h du Mans de la même année, aux mains de Lucien Bianchi et George Harris.

Ferrari 365 GTB4/C Daytona # 15373
L’Ecurie Francorchamps a compté trois Daytona dans ses rangs, qui toutes ont couru au Mans. Teddy Pilette et Derek Bell ont terminé 8e en 1972, l’année suivante c’est au tour de Jean-Claude Andruet et Bev Bond de ramener une 20e place à la formation de Jacques Swaters, puis en 1975, le même Andruet et Hugues de Fierlant s’adjugent la 12e position.

Ferrari 512 S # 1026
La 512 S est le dernier prototype engagé par l’Ecurie Francorchamps. En 1970, pilotée par Mario Andretti et Nino Vaccarella, la voiture gagne les 12 h de Sebring, fait 5e au Mans avec De Fierlant et Dave Walker, et court aux 1000 km de Spa aux mains du même Fierlant et Derek Bell. L’auto présentée sur le stand a été vendue à Steve McQueen pour le tournage du film Le Mans. Elle est la propriété de Nick Mason (le vrai).

Ferrari Dino 246 F1 # 0005
Ultime Ferrari monoplace à moteur avant, la 246 acquise par Jacques Swaters marque les débuts de Willy Mairesse en F1. C’était au GP de Belgique 1960 où il abandonna. Il enlève pourtant une belle 3e place au GP d’Italie la même année sur le châssis 0006.

Ferrari 500 F2 # 208
Cette "monoposto" est la première auto de Maranello achetée par Jacques Swaters et ses amis de l’Ecurie Francorchamps, Roger Laurent et Charles de Tornaco. Une auto terrible dans la vie de l’écurie car elle vit la première et la seule victoire importante du patron en tant que pilote, celle du GP de Berlin à l’Avus en juillet 1953, et aussi, hélas, la mort à son volant du baron de Tornaco, ami intime de Swaters, au GP de Modène de cette même année 53.
Une anecdote au sujet de cette 500, qui appartient actuellement à Jo Vonlanthen : Swaters a passé commande de la Ferrari 500 suffisamment à temps pour disputer en mai 1952 le GP des Frontières à Chimay (Belgique). Problème, on est en Italie, l’auto n’est pas prête. Swaters campe donc devant l’usine, un œil sur le calendrier. Trois jours après, le Commendatore se pointe, la machine est prête, si Jacques veut bien la charger sur son camion, etc. Le Belge ne fait ni une ni deux, il s’installe au volant et démarre sous l’œil interrogateur d’Enzo Ferrari qui croit qu’il va faire un tour. Erreur, Swaters est barré en Belgique, sans casque, sans assurance, sans éclairage, sans rien… Authentique. Roger Laurent mettra l'auto en pole à Chimay dans la foulée ! Il abandonnera.

Cooper Bristol T20/CB/3/52
Cette voiture appartenait à Alan Brown qui la prêta à Jacques Swaters pour le Grand Prix de Spa 1954 où il gagna en 2 L. Ce châssis, présenté ici en version Sport, existait aussi en monoplace. Mike Hawthorn disputa cinq Grands Prix sur la version monoplace en 1952.

Talbot Lago T26 C # 110006
Machine incontournable au début des années cinquante pour disputer des Grands Prix, cette Talbot fut acquise en 1951 en copropriété par les quatre amis de l’Ecurie Francorchamps, alors Ecurie Belgique : Jacques Swaters, Roger Laurent, Charles de Tornaco et André Pilette. Ils la conduisirent à tour de rôle durant la saison 51, Pilette obtenant une 6e place au GP de Belgique.

Porsche 356
Jacques Swaters disputa quelques épreuves sur route au volant de cette 356, dont le rallye de Monte-Carlo 1952. Lui et son coéquipier Van de Kaart seront les premiers Belges au classement.

Veritas # 57044
Conçue à partir d’un châssis BMW 328 par l’ingénieur allemand Loof, la barquette Veritas est l’une des premières acquisitions de Swaters à l’aube des années 50. Il s’illustra au volant de l’une d’elles par une troisième place au GP du Luxembourg 1950.
Brussels Rétro Festival . Brussels Expo halls 11 et 12 . 20-22 octobre 2006
Site officiel : http://www.brusselsretrofestival.be/
[1] http://foundation.ecuriefrancorchamps.com/
Toutes images © MdS
10:10 Publié dans Salons, expos, musées | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : brussels retro festival, jacques swaters, ecurie francorchamps, ecurie belgique, ecurie nationale belge, ferrari, 2006



