dimanche, 21 octobre 2007
Pipole

Collectionneur, pilote, président (de droit divin, précise-t-il) de l'Ecurie Jarret Marmelade - formation plus sérieuse que son nom le suggère -, il ne manquait que l'écriture à Jean-François Bouzanquet pour qu'il laisse à la postérité l'image d'un honnête homme, au sens où au XVIIe siècle on entendait une personnalité fort bien faite.
Le mercredi 17 octobre la Galerie Vitesse prêtait ses murs à la présentation de l'ouvrage qu'il a commis sur les femmes pilotes de course, que nous avons brièvement feuilleté hier au Brussels Retro Festival en attendant de le recevoir.
Riche iconographie et mise en page aérée au service d'un sujet rarement abordé par l'édition et la presse françaises, les femmes au volant. Volant à trois branches tenu à 9 h 15, précisons-le.
Avant de passer ce livre à l'analyse, MdS en parle sous l'angle pipole.
Jean-François le bienheureux matérialise autour de soi, grâce à son stylo magique, le thème de son ouvrage, fort bien représenté de gauche à droite par son épouse, une femme de pilote ; Annie Soisbault, une femme pilote ; Claudine Latouille, une femme pilote de collection chez ETAI ; Isabelle Nicolosi, une femme de pilote également femme pilote qui fait aussi galerie, et une des filles de l'auteur, femme pilote en devenir.
Couvert de femmes grâce à son bouquin, Jean-François. On frémit pour lui s'il avait écrit sur Yacco ou Shell.

Soirée pipole, littéraire et féminine . Galerie Vitesse . 17 octobre 2007
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vendredi, 19 octobre 2007
Des carlingues sur les murs...

... Et un champion du monde de F1 à Cuba
La toujours aimable Isabelle Nicolosi de la Galerie Vitesse nous informe qu'elle va prochainement accrocher à ses cimaises des Lucio Perinotto.
Ce peintre que l’on peut maintenant considérer comme le maître officiel de l’air possède une maîtrise et un style étonnants. Il réussit sur chacune de ses œuvres à mettre en valeur des avions stars en les isolant dans le ciel tout en les intégrant à un paysage presque toujours mythique.
Son Constellation de la Varig au-dessus de la baie de Rio est un bon exemple de son style. L’avion occupe magistralement l’espace mais l’aspect fantastique du relief autour de Rio est parfaitement suggéré à la limite de l’expressionnisme et de l’hyperréalisme, comme un écrin pour un bijou d’aluminium. On peut penser également au traitement des paysages de l’art japonais. Les éclairages mettent en valeur les courbes métalliques et les formes superbement imparfaites des carlingues en alu de l’heureuse époque où les peintures criardes et vulgaires ne les recouvraient pas.
On imagine facilement Fangio dans ce Constellation, il vient de décoller de Santos-Dumont au pied du Pain de sucre, il a passé quelques jour au Copacabana Palace pour une tendre étape amoureuse après le Grand Prix d’Argentine de manière a se consoler de sa 4e place et avant d’aller disputer le Grand Prix de Cuba. Hors championnat mais les primes de départ sont en dollars et la concurrence en cette année 58 est plus dure.
Maria Verana, l’hôtesse de la Varig, vient gentiment proposer au Campeon un cafezinho bien chaud, il l’avalera d’une traite, de peur de le renverser sur sa chemise blanche ; l’air chaud de ce mois de février provoque des remous d’air et la cabine est durement secouée. Qu’importe, il est confiant, bien installé dans son profond fauteuil de 1ère classe, sait qu’il sera chouchouté durant tout le vol par l’équipage. Le commandant de bord l’a félicité en castillan pour son titre suprême de l’an passé. Son mauvais accent l’a amusé mais il est toujours sensible aux compliments surtout dans sa langue.
Pourtant, en pensant à ce mauvais accent, un petit détail sans importance agace encore Juan Manuel : juste avant l’embarquement, une jeune femme l’a bousculé sur le tarmac de l’aérogare sans même se retourner ; rien d’extraordinaire, hormis le Faites attention sans suite qu’elle a prononcé dans un espagnol gravement teinté d’un accent slave indéfinissable... Bah ! Dans quatre heures il atterrira à La Havane, puis il s’installera dans cette belle chambre de l’Hôtel Lincoln.
Fangio ne restera pas dans sa chambre car il a entrevu Stirling Moss dans le hall et il tient à discuter de la révolution provoquée par les anglais, un mois auparavant à Buenos Aires. Le terme de révolution n’est pas trop fort pour décrire cette rupture qui va devenir bientôt définitive dans le monde entier : La position du moteur à l’arrière des monoplaces de Grand Prix et de sa conséquence la victoire de la Cooper Climax. Il veut évoquer cette révolution avec Moss, l’un de ceux qui l’ont ourdie.
Pendant cette discussion animée, une autre révolution va rattraper Fangio pendant 24 heures. Celle de Faustino Perez Hernandez et de ses Barbudos du M26 qui afin de faire un coup d’éclat et se faire connaître du monde entier enlèveront le Champion sous les yeux médusés des clients de l’hôtel.
Trois mois plus tôt Faustino rentrait de Moscou accompagné d’une jeune femme, Tania Lopatnikoff à l’accent slave très marqué.
Signé Jean-Paul Orjebin
Exposition Luigi Perinotto
CARLINGUES
25 octobre - 24 novembre 2007
Galerie Vitesse
48 rue de Berri 75008 PARIS
Lundi au samedi de 14h à 19h
www.galerievitesse.com
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vendredi, 01 décembre 2006
Jacob Kapica à la Galerie Vitesse
Il était dernièrement de bon ton de gloser à l’envi sur le débarquement des plombiers polonais dans nos villes et sur nos chantiers. Pendant que nous ratiocinions, d'autres polonais tout aussi valeureux s’installaient chez nous ; des pilotes tel Robert Kubica, des peintres comme Jacob Kapica.
La Galerie Vitesse expose les œuvres du dernier nommé depuis le 23 novembre. Vous y verrez des 250 GTO, des 356 GTB des Types D, des Aston en majesté.
L’originalité de cet artiste tient au supplément d’âme, à un style que l’on pourrait classer, pour faire simple, dans la catégorie des hyperréalistes. Ses origines slaves sont certainement pour quelque chose dans le parti pris de s’inspirer des icônes orthodoxes et plus précisément des triptyques religieux de Cimabue. Très sobres, ses compositions mythifient l’essentiel ; la lumière, l’éclairage provient de l’intérieur du tableau, semble-t-il, et ceci comme dans les icônes où par définition la représentation du saint irradie et fournit la lumière qui transcendera le fidèle.
Cette symbolique est magnifiée par la approche innovante de Kapica, qui complète son tableau par une véritable sculpture en utilisant l’antique technique du triptyque, qui, en se refermant, laisse apparaître un bas-relief figurant soit une partie de carrosserie, soit un moteur. Cette technique ajoute du réalisme au réalisme et permet de rendre tactile et matière, l’intouchable et l’immatériel ressentis dans sa manière de déifier les automobiles mythiques qu’il représente.
La qualité d’accueil d’Isabelle Nicolosi pourrait vous entraîner à repartir de sa galerie avec un tableau sous le bras, il irait si bien à la place de cette vieille croûte dans le salon, il réchaufferait ce mur à droite de la bibliothèque.
Alors un conseil, chers amis, garez votre voiture à cinquante mètres de la galerie, en double file au coin de la rue de Berri et du boulevard Haussmann. C’est un endroit culte, au pied de l’immeuble où se site l'action du film Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle, et là, vous vous prendrez à rêver sur un fond de trompette entêtante, vous prendrez la Nationale 7 dans la vieille américaine décapotable, vous rejoindrez votre fantasme tapi dans le garage d’un motel, vous la volerez, cette fameuse 300 SL de l’Allemand, devenant vous-même un mythe et par là-même peut-être vous retrouverez-vous, plus tard, prisonnier d’une icône de Jacob Kapica.
Alors vous rayonnerez.

Signé Jean-Paul Orjebin
Exposition Jacob Kapica
Galerie Vitesse
48 rue de Berri 75008 Paris
Du lundi au samedi de 14h a 19h
Jusqu’au 30 décembre mais prolongation d'un mois possible.
www.galerievitesse.com
Images © Jean-Paul Orjebin
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lundi, 12 juin 2006
Grand Prix de Tours 2006, les démonstrations
Le Grand Prix de Tours ressemble à un clou dont la tête est collée au Palais de justice et à l'Hôtel de ville, sis place Jean-Jaurès et le corps planté avenue de Grammont, laquelle sert de paddock alors que ses contre-allées forment les lignes droites du "circuit". Les pelouses au centre de la place hébergent le village des sponsors dont les invités étaient rafraichis par les jets d'eau ordinairement fréquentés par les moineaux locaux. D'autres paddocks et un ensemble d'exposants sont logés de part et d'autre de la tête du clou, boulevard Béranger et boulevard Heurteloup ; l'ensemble est si bien intégré à l'environnement urbain qu'on le jurerait avoir été dessiné par l'urbaniste qui a conçu le centre-ville pour qu'il s'y installât un ou deux siècles plus tard.
Le Grand Prix de Tours est un clou fiché sur le sous-main du préfet depuis que l'an dernier un spectateur y a trouvé la mort, heurté par une auto dont le conducteur s'était mélangé les pédales. Il a fallu l'opiniâtreté de Michel Loreille, l'organisateur, relayée par un maire très sympathique, Jean Germain, acquis à la cause du GP, pour que les craintes de la hiérarchie administratives fussent levées et le GP inscrit au calendrier 2006, moyennant une sécurité relevée et une vitesse des voitures abaissée.
Il devient de plus en plus ardu d'organiser dans ce pays des événements mécaniques rassemblant plus de trois mobylettes, ce que n'a pas manqué de relever Jean Germain (à gauche en costume sombre, au micro, Michel Loreille) en des termes plus châtiés, lors du vin d'honneur offert à l'ensemble du public. Oui tu as bien lu, cher lecteur (encore une fois tutoyé par ton Talentueux Teneur De CE Blog confit tel un canard électronique dans un cybercafé livré à des hordes d'ados flinguant des monstres au lieu d'être à l'école), l'ensemble du public.
Imagine-t-on le maire d'Indianapolis ou le prince de Monaco faire de même ?
Si le programme est dépourvu d'horaire - une première, encore une -, c'est parce que le GP est dépourvu d'horaire. Le public arrive peinard, s'étale autour du "circuit" et attend d'autant plus patiemment qu'il n'a rien payé : tout est offert, programme comme GP. Puis sur le coup de dix heures et demi, onze heures, les hauts-parleurs crachouillent leur premier numéro de châssis : le Grand Prix est lancé.
Enfin lancé, façon de parler. Ca se met en place coolos en pré-grille, comme dans un roman de Marcel Pagnol s'il s'était mis en demeure de raconter les GP de Provence. On sent que l'enjeu est ailleurs, dans le plaisir qu'on sent monter derrière le dépoli du numérique.
Nous en sommes pas à Silverstone où se courra cet après-midi un Grand Prix chiant comme la pluie, pourtant ça parle anglais à Tours, tant dans les paddocks fréquentés par soixante-dix sujets de Sa Majesté que sur le podium où Nick Bribecomb s'emploie à traduire en rosbif les mots de Jean-Louis Mathieu. Il s'est autoproclamé "Commentateur formidable", ce que prouve son brassard. L'histoire ne dit pas en quoi il est formidable. De survivre au soleil tourangeau ou au débit de JLM ?
On s'ennuiera certes un peu à Tours, mais avec élégance. C'est l'occasion de bavarder avec le président Jean-René Tillard, du Circuit des Remparts, venu d'Angoulême, qui ne tarit pas d'éloges sur le plateau d'Ancêtres :" Voir autant de Rolland-Pilain réunies n'est pas courant", fait-il avant de se précipiter sur la pré-grille pour en fixer deux sur la pellicule, de face, de cul et de profil. De sa formation d'entomologiste, JRT a gardé un penchant pour la classification. Les deux Rolland-Pilain, à l'heure où cette note est rédigée, sont dûment dévelopées, décrites, classées, comme deux gros insectes.
En attendant que lesdites Ancêtres prennent la piste sous la conduite de la Jaguar pace-car, il nous confie ses soucis quant à l'affiche des Remparts.
- "Le dessinateur pressenti s'étant désisté, il a fallu en contacter un autre d'urgence.
- Ah bon ? Qui c'est ?
- Je ne veux pas vous le dire, vous le répèteriez alors que la chose n'est pas officielle.
- Moi, répéter, c'est mal me connaître... Allez, président, un geste !
- Bon, mais pas un mot, il s'agit de [floutage].
En attendant que les Sport avant-guerre prennent la piste, on nous présente la charmante Karine Blanchard, bugattiste éternelle. Elle a le bon goût de trouver MdS intéressant, précise que son nom se termine par d et non par t, et comble de la confiance qu'elle nous témoigne, nous fait part du trac qui l'acompagne depuis qu'elle sait qu'elle courra le Mans Classic 2006 sur une Bugatti 37A de 1931 en compagnie de Bénédicte Benoit-Latour et Anne Nicolosi. "On y affrontera nos propres pères inscrits sur une Bugatti 43A de 1930. Je n'en dors plus !"
Huit plateaux se répartissent quelque deux cents véhicules : Motos, Ancêtres, Grand Prix, Cyclecars, Sport avant-guerre, GTS, GT, Classique tourisme.
Le temps nous étant compté, nous ne retenons qu'une auto, la merveilleuse Aston Martin rouge de 1935, due à l'ingénieur Bertelli qui avait intégré la firme après sa faillite dans les années vingt. Bertelli fut l'artisan principal du retour en compétition d'Aston Martin, qu'il quitta en 1937, en désacord avec sa direction.
Au total, une belle journée dont les enfants comme les blogueurs reviendrons fatigués mais contents, selon la formule consacrée à la fin des rédactions que les premiers auront données à leur maîtresse le lendemain et les seconds, à l'issue d'une cyberséance exténuante, à leur maîtresse virtuelle, le blog.
Que Corinne Pizani, de l'organisation, en soit remerciée.
Grand Prix de Tours . Circuit de la place Jean-Jaurès . 11 juin 2006
Site officiel : www.grandprixdetours.com
Voir aussi Le concours d'élégance et dernières images pour la route
Images © MdS
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