vendredi, 03 août 2007
Ôte-toi de là que je m'y mette...

Ôte-toi de là que je m’y mette…
A peut-être pensé très fort, voire hurlé dans son casque, Joseph Siffert, à bord de la numéro 24, quelques centaines de mètres après le départ des 1 000 kilomètres de Spa 1970, lors de son fameux affrontement (et frottement…) avec Pedro Rodriguez, qui, parti de la pole, avait réussi à inscrire sa 917 jumelle sur la bonne trajectoire à l’amorce de l’Eau Rouge.
Chez chacun de ces deux valeureux combattants, la volonté de s’imposer à son coéquipier et rival, à voiture égale, était d’autant plus exacerbée qu’ils se savaient faits du même alliage improbable et que le grandiose et dangereux tracé de l’ancien Spa, infaillible et impitoyable juge, non seulement de l’art du pilotage mais également du courage physique, s’offrait dans toute sa majesté pour les départager.
Ce jour-là, la réussite et la victoire sourirent au pilote suisse et à son coéquipier Brian Redman, tandis que l’équipage Rodriguez-Kinnunen se voyait stoppé par sa boîte de vitesses. Mais l’intrépide Mexicain allait prendre sa revanche le mois suivant lors du GP de Belgique, où il mena sa BRM à la victoire après avoir résisté quasiment toute la course à la March d’un Chris Amon déchaîné [1].
Malheureusement, pour l’un comme pour l’autre, le temps, déjà, était compté. Il ne leur restait qu’un peu plus d’un an à vivre leur passion commune. Une défaillance de leur voiture allait être fatale, en juillet 1971, à Rodriguez, et au mois d’octobre suivant, à Siffert. Cruel destin pour deux Braves dont le talent avait su jusque là les préserver des excès de leur fougue.

Ôte-toi de là que je m’y mette…
Avait peut-être glissé sur le mode humoristique, lors de ce relais, Guy Chasseuil à Claude Ballot-Léna, à moins que ce ne fut l’inverse.


Au volant de leur Porsche 911 Sonauto numéro 39, que l’on voit aborder l’épingle de la source puis s’en extraire, ils allaient orner leur palmarès d’un succès aux 24 heures de Spa 1969 qui ne leur était, initialement, nullement promis. Mais à cette occasion et une fois de plus, leurs personnalités aussi affirmées que contrastées s’étaient idéalement fondues dans le creuset de leur amitié.
Il leur restait ce jour-là, fort heureusement, longtemps encore à vivre, à courir puis à profiter de leurs souvenirs. Et si « Ballot » et sa gouaille ont finalement déclaré forfait en décembre 1999, pour des raisons n’ayant rien à voir avec la perte d’adhérence de quatre pneus racing, Chasseuil, lui, même un peu oublié, est toujours là.
La Course est cruelle ou indulgente selon son bon plaisir. Inutile de chercher à comprendre.
Signé Professeur Reimsparing
[1] voiture représentée dans la note Chris Amon
Toutes Porsche © Pr Reimsparing
10:10 Publié dans Pilotes | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : pedro rodriguez, joseph siffert, guy chasseuil, claude ballot-léna, circuit de spa-francorchamps, 1969, 1970



