lundi, 15 janvier 2007

La campagne italienne 53 de Jean Fritsch, stagiaire chez Gordini

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Extrait du rapport de stage de Jean Fritsch, stagiaire chez Gordini :


[...] Voulant me rendre compte de plus près de ce qu'était la vie d'une écurie de course, j'ai demandé à Mr Gordini de me permettre d'accompagner l'équipe de mécaniciens qui allait participer au "grand prix d'Italie" le 13 septembre à Monza, et au "grand prix de Modène" le 20 septembre. J'avais pour rôle de m'occuper du chronométrage et de régler la signalisation à l'entraînement et pendant la course.

Comme je l'ai dit, les déplacements se font toujours à l'aide d'un gros camion Fiat de dix tonnes, comportant deux couchettes et cinq sièges. Nous étions en tout six : le conducteur, trois mécaniciens, un ajusteur et moi-même.
Le départ s'est effectué à quatre heures du matin le jeudi 10 septembre, pour arriver en une seule étape le vendredi 11 à midi à Monza.

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Vendredi à 16 heures : premier entraînement permettant aux pilotes d'apprendre le circuit de course et aux mécaniciens de finir quelques réglages : carburation, calage de la magnéto, pression de gonflage des pneus. Un de nos conducteurs ayant manqué une vitesse, le moteur est monté à plus de sept mille tours par minute et les soupapes sont voilées. Dans la soirée, le moteur est déculassé, les soupapes changées et rôdées.

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Samedi matin, le moteur est entièrement remonté ; un bref essai nous montre que tout marche bien.
Samedi à 15 heures : essais officiels durant lesquels les meilleurs temps réalisés par les pilotes servent à placer les voitures dans l'ordre correspondant sur la ligne de départ. Nos voitures s'avérant au point, nous n'avons plus de travail d'ici le départ de la course, ainsi nous pouvons visiter la ville en touristes.

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Dimanche à 14 heures 30 : départ de la course devant une foule très nombreuse. La lutte est chaude entre les Ferrari et les Maserati conduites par les champions Ascari, Farina, Marimon et Fangio ; aussi les abandons se succèdent-ils durant les cinq cents kilomètres de l'épreuve. Fangio remporte finalement la première place, Ascari étant sorti de la route au dernier virage. Nos voitures conduites par Trintignant, Schell et Mières arrivent quatrième, cinquième et sixième à l'arrivée, pour trois au départ, sans le moindre arrêt à nos stands (nous sommes la seule écurie à avoir trois voitures).

Le lundi, tout le matériel est chargé dans le camion et c'est le départ pour Modène où nous arrivons à la nuit. Les jours suivants jusqu'au vendredi sont consacrés à la révision complète des voitures.
Samedi : essais officiels. Nous calculons alors la consommation, qui est variable avec les circuits et le rapport de démultiplication employé, pour donner aux voitures le minimum de carburant, donc de poids. On laisse une marge de sécurité pour tenir compte des fuites toujours possibles.

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Pour la course du dimanche, nous avons moins de chance qu'à Monza, puisqu'au premier tour une de nos voitures conduite par Behra s'arrête au stand avec un piston crevé. Cependant les deux autres voitures se comportent honorablement et arrivent troisième et quatrième derrière deux Maserati conduites par Fangio et Marimon.
Nous devions participer au "grand prix de Bari" qui se déroulait quinze jours après dans le Sud de l'Italie, mais la décision subite de Ferrari de ne plus participer aux courses et de fermer son usine provoqua l'annulation de toutes les compétitions de formule course et notre retour à Paris. [...]


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L'équipe Gordini à Monza © Jean Fritsch
(Mierès et Schell à gauche, "Bibiche" et Vibert, mécanos, à droite)
Samedi après-midi, en balade à Milan © Jean Fritsch
Les Maserati dans les stands © Jean Fritsch
Tour de chauffe du GP de Modène 53 © Jean Fritsch