dimanche, 20 juillet 2008

Cahier de classe du Mans Classic

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Voir aussi
Cahier de brouillon du Mans Classic
La Simca 8 de mon père
Les souvenirs extraordinaires de Jean-Luc Roy
Accueilli en Triumph
Ma Howmet au Mans Classic !



Ecrit à quatre mains, un ultime cahier à conserver en prévision de la longue route pour Le Mans Classic 2010. D'ici là...



Classe jusqu'à la pointe des pieds, Paul-Emile Bessade, dont le dress code se décline depuis une casquette Burberry jusqu'à une Gordini Sport ayant appartenu à Françoise Sagan. Le collectionneur a un faible pour les autos à histoire car il détient, entre autres, une Ford GT 40 ayant servi au tournage du film Un homme et une femme. Sa Gordini ne courait pas, elle était exposée au concours Le Mans Heritage Club où elle décrocha le prix FIVA pour "son authenticité et son palmarès exceptionnels. Tout comme sa rareté avec seulement deux exemplaires produits." Il est difficile de trouver auto plus exclusive. Née en 1953, elle participera à 29 compétitions jusqu'en 1959, enlevant deux victoires à Montlhéry. Jean Lucas, Jean Behra, André Simon, André Pilette, André Guefi, Robert Manzon, Elie Bayol, Nino da Silva Ramos, José Piger, parmi d'autres, se sont succédé à son volant.

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En guise de GPS, l'auto affiche son palmarès. Intéressant lorsqu'on la parque à Goodwood, moins si l'on est perdu en se rendant à Automedon.

classe1.jpgOliver et Wolfgang Mathai, fils et père, ne seraient que deux pilotes de Lola T290 parmi d'autres si, lors d'une conversation sympathique dans le paddock du plateau 6, ils n'avaient confié que la semaine précédente ils avaient compté parmi les invités à l'anniversaire du Gross Hans Hermann.
Il fêtait ses 80 ans en compagnie de quelques camarades de jeu, genre Stirling Moss, John Surtees, David Piper, et bien d'autres mais Wolfgang se souvenait surtout de la qualité du buffet. A 80 balais, ce bon vieux Hans ne crache pas sur un tour du Ring en 908.






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Fascinantes voitures du plateau 5. C'est à la sortie du paddock, avant qu'elles se positionnent en prégrille, qu'il faut les fixer sur l'acétate (respect historique oblige).
- Le visage soudainement rajeuni de Gérard Larousse, tenant du bout des doigts le volant d'une Daytona pourtant réputée  exiger des avant-bras de bûcheron.
- Et les yeux hallucinés de René Arnoux dans sa Lola T70. Pourtant le René, il en a vu d'autres.
- Le grand Jurgen Barth dans sa 917 aux couleurs Gulf, magnifique, les mains serrées sur son petit cercle de cuir, le regard déjà dans la courbe Dunlop.
- Rauque, le son du 3 litres Alpine, hélas si peu entendu en son temps.
- Entendre les petites montées en régime courtes, saccadées, nerveuses, aiguës, stridentes du Matra. Il fallait écouter le V12.

(Gianpaolo : Quel bonheur, que de souvenirs enfouis, je n'étais pas retourné au Mans depuis 1973. J'écris ce papier quatre jours après avoir vécu cela, et j'ai les poils des bras dressés comme à la parade.)


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D'une prudence de Sioux, Jean Sage. D'ailleurs c'est dans son nom. On ne s'assure jamais trop. L'homme avait deux chronos autour du cou, vous savez ces petits Heuer rouges, quand il officiait comme directeur de course de l'écurie de Jabouille et Arnoux en F2 . Sans doute qu'en F1, peu de temps après, il en avait trois.
Rien à gauche, rien à droite, on va pouvoir y aller.

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C'est bon on y va.

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C'est bon on y est. Il est monté dans une magnifique et rare Fiat 8 V de 1952. V8 de 2 litres. N'ayez pas l'impudence de prononcer "huit vé" devant lui, il vous fusillerait du regard (déjà qu'en temps ordinaire...). Dites "otto vou" pour commencer.

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Olivier Cazalières a trouvé un monsieur en costard cravate pour lui lustrer son casque, classe ça ! Nonobstant les rumeurs de dopage qui se répandent dans les paddocks de F1 en 2008, le toujours très classe Gijs Van Lennep paraît réclamer un doigt de cognac pour finir son cigare. Le temps des galères avec l'Ensign Boro des années 75 est derrière lui. Le Batave (comme on disait à Auto-Hebdo) connut de meilleures fortunes en endurance : deux succès au mans en 71 et 76, victoire aux 1000 km de Paris en 71 et à la Targa Florio 73.

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Fermez vos cahiers de classe, ouvrez vos cahiers de texte et inscrivez : "Dissertation à remettre en juillet 2010 pour le prochain Le Mans Classic. Sujet : transposez au quotidien l'assertion de Steve McQueen".





Jean-Paul Orjebin
Patrice Vatan




Le Mans Classic . Circuit de la Sarthe . 11-13 juillet 2008
Site officiel : www.lemansclassic.com





Images © Jean-Paul Orjebin

mercredi, 28 mai 2008

Gilberte Thirion (1928-2008)

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Décédée le 21 mai dernier à l'âge de 80 ans, Gilberte Thirion éprouve un peu plus une nation qui vient de perdre successivement le photographe André Van Bever et Paul Frère. C'est à un autre citoyen belge, Jacques Mertens, propriétaire de la Porsche 356 Gmund qui fut offerte à Gilberte par son père en 52, que nous avons emprunté le texte ci-après. Qu'il en soit vivement remercié.



Gilberte Thirion voit le jour le 8 janvier 1928 à Bruxelles. Son père Max est industriel et sa mère Hélène est mannequin. Alors qu’elle a dix ans, ses parents se séparent et elle reste vivre avec sa mère. Son père, grand amateur de voitures de sport, a déjà participé avant guerre au rallye Liège Rome Liège et au rallye du Maroc.

A 19 ans, Gilberte entame des études de secrétariat et, quand elle les termine, son père l’engage chez "Champion", la marque bien connue de bougies dont il est le représentant en Belgique. Mlle Thirion devient secrétaire puis, très rapidement, responsable des relations publiques. C’est à ce titre qu’elle se rend sur les circuits de sports mécaniques où elle rencontre notamment Alberto Ascari et Fangio, pour ne citer que quelques-uns des noms les plus connus. En 1952, elle a vingt-quatre ans et se rend au Salon automobile de Bruxelles avec Papa. Elle y découvre le stand Porsche où on expose un modèle spécial de course en aluminium. C’est le coup de foudre pour cette belle allemande. De conception plus ancienne que les nouvelles voitures de la marque « en acier », cette Porsche « Gmünd » a l’avantage de peser quelque 200 kg de moins. Ce modèle s’est d’autre part distingué aux dernières 24 Heures du Mans où il a à la fois remporté sa classe et où il a enlevé la première victoire (de catégorie) d’une voiture allemande dans une « grande épreuve » depuis la guerre.

Max Thirion voudrait offrir cette auto à sa fille mais Pierre D’Ieteren, l’importateur de la marque, refroidit aussitôt son enthousiasme : la Porsche en aluminium vient d’être vendue à un client gantois, le directeur des vente « Auto Occidentale » son plus gros distributeur dans le nord du pays. Heureusement, ce fortuné propriétaire n’utilisera qu’une seule fois sa nouvelle acquisition, pour se rendre à Knokke-le-Zoute avec une de ses jeunes conquêtes. Il la trouvera dangereuse… et beaucoup trop rapide ! Papa Thirion suit de près les frasques de ce papy séducteur et lui propose de racheter sa voiture… ce qu’il accepte. Il revient donc un soir à la maison au volant de la Porsche Gmünd n°356/2-061.

1222272497.jpgCe sera le début d’une carrière triomphale qui va durer cinq ans, qui verra Gilberte égaler, pendant un temps, les meilleurs pilotes de la planète et qui s’arrêtera aussi brutalement qu’elle avait débuté [1].
Elle rangera alors définitivement ses gants et son casque pour fonder une famille. Le 30 avril 1957, Gilberte Thirion épousera, à Cannes, Monsieur Roger Merle. L'extraordinaire montée en flèche, qui a fait de Gilberte en deux ou trois ans la championne incontestée du monde, sans titre officiel, simplement parce qu'on n'a pas encore songé à en créer un pour les femmes, ne lui a nullement fait tourner la tête. Pour preuve que ce mot charmant qu'elle a eu après l'attribution du Trophée National du Mérite Sportif, alors que toute la presse belge et étrangère faisait entendre un concert d'articles plus élogieux les uns que les autres, Gilberte disait :  Je lis tout ça, j'écoute tout ça et j'ai vraiment l'impression qu'il s'agit de quelqu'un d'autre...

Ses souvenirs resteront enfermés dans des malles pendant très longtemps. J’ai eu la chance de rencontrer Gilberte Thirion à de nombreuses reprises et elle a fini par m’ouvrir le coffre de ses trésors secrets. C’est avec émotion que je vous en fais partager quelques-uns.

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Gilberte Thirion
Belgique
Née à Bruxelles le 8 janvier 1928
Décédée à Uccle le 21 mai 2008



Jacques Mertens
http://users.skynet.be/porsche356sl/v2/fr/table.html




[1]
Voir le descriptif de la carrière de Gilberte Thirion



Aux 1000 km de Monza 1956
© Jacques Mertens
La Dauphine victorieuse du Tour de Corse 1956, conduite par Gilberte Thirion, photo DR
Gordini 17S achetée en 1954 par Gilberte Thirion et Annie Bousquet © Jacques Mertens

mercredi, 14 mai 2008

Monaco historique 2008 #2, bleu de France

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Avec pas moins de six unités, plus deux autos cachées dans les stands et dévolues aux tours de piste des happy few, le bleu de France, version Gordini et Matra, était une couleur visible à Monaco. Rendons grâce aux amateurs éclairés qui possèdent et (ou) pilotent ces éléments du patrimoine national de les montrer aussi comme des voitures de course. ll s'agissait de deux Gordini monoplaces T15 de 1947, dont une vue arrière gauche est montrée ci-dessus ; d'une Gordini Sport 23 S de 1949, à laquelle s'ajoutaient deux autres Sport non identifiées servant de véhicules de liaison entre différents points du circuit, et enfin de trois Matra MS 120.

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Eric Leroy est interviewé par une équipe de télévision sur la passion qui l'a poussé à acquérir une Gordini de F1, une vraie là où d'autres, comme votre teneur, se sont contentés du modèle Dinky Toys. C'est un rêve de gosse que je réalise, a déclaré ce très sympathique amateur qui précise que son auto prit la quatrième place du GP de Monaco en 1948, il y a très exactement 60 ans, aux mains de Maurice Trintignant. Sur la vignette de droite, Jean-Jacques Bally, un autre Français, qui possède exactement la même machine que celle de Leroy, pose pour son mécanicien qui n'a pas hésité à investir dans un polo raccord, Monaco oblige. Cette T15 a participé au GP de Turin en 46, conduite par Amédée Gordini en personne, et fut cédée en 47 au prince Igor Troubetzkoy.


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Ah les Gordini et leurs immatriculations ! Bien qu'il n'y ait eu que 20 modèles Sport, bien malin qui pourrait les reconnaître et les identifier sans une solide étude, sauf à s'appeler Pierre Abeillon, Christian Huet ou Robert Jarraud, les spécialistes du boulevard Victor. Chez Gordini, les châssis étaient sans cesse en évolution, utilisés tant en monoplace qu'en Sport, reconditionnés sans fin. Celle-ci, alignée dans le plateau C par Eddie McGuire est donnée comme une type 23 S, sortie de l'usine en tant que 19 GCS en 49 puis désignée 23 S en 52 et destinée à courir au Mans cette année-là. Behra et Manzon s'y comportent plutôt bien, en tête durant 9 heures avant que des ennuis de frein les condamnent à l'abandon au petit matin. La Gordini prend ensuite la route pour courir le GP de Belgique à Spa la semaine d'après. Bien lire "La Gordini prend ensuite la route" (!). Cette participation d'une Gordini Sport à un GP de F1 reste unique. L'auto était confiée à Johnny Claes, qui connaissait bien la musique de Spa. On la verra quelques jours après au GP de Reims, conduite par Manzon.


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Voici les deux Gordini à l'abri des stands, que le public n'approcha pas. Sont-ce des répliques ? Celle de gauche nous fait penser à 17 S avec ses deux lanières de cuir rapprochées, une machine qui dans ce cas aurait tourné de 52 à 62 aux mains de Behra, Mieres, Guelfi, Lucas, Schell, Bayol, Loyer, Da Silva Ramos, bref les cadors de l'époque, ramenant une 2e place aux Coupes d'automne 53, une 3e place à Caen. On remarque que la voiture de droite est immatriculée 4098 BH 75 alors que la 23 S vue plus haut est 4097 BH 75. Quelle est-elle ?

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Christophe Caternet joue à être Jean-Pierre Beltoise à bord de MS 120B/05 alors que Jean-Pierre Beltoise joue à faire oublier Jean-Pierre Beltoise, l'homme qui gagnait ici en F3 en 66 et en F1 en 72, pour vendre le Jean-Pierre Beltoise du troisième millénaire (veste orange = fashion victim). En passant, deux autres MS 120 étaient visibles, MS 120B/C/04 conduite par Abba Kogan et MS 120C/06 par Yves Saguato.



Grand Prix historique de Monaco . Circuit de Monaco . 10 et 11 mai 2008
www.acm.com


Images © MdS