vendredi, 07 juillet 2006
Vieux docs rémois du Pr Reimsparing #4, digital Mazet

Le doigt qu’un Pr Reimsparing distrait a malencontreusement laissé traîner sur cette image ne doit pas en détourner l’observateur de son sujet principal, François Mazet, debout à côté de sa Tecno, attendant qu’elle soit prête à prendre la piste pour les essais de la Coupe internationale de vitesse de F3, dans le cadre des Trophées de France 1968, tenus à Reims.
Mazet est sur la fin de sa première saison après avoir décroché fin 1967 un Volant Shell qui ne fit pas l’unanimité. C’est ainsi qu’Alain Bertaut, grand manitou à Moteurs, écrivait à propos de ce garçon discret : "A notre avis, ce célibataire de 24 ans, exerçant la profession d’assureur, semble manquer de cette fureur de conduite sans laquelle il n’est pas de pilote de valeur."
Et pourtant sur la Tecno que lui valut son Volant Shell, Mazet accomplira le lendemain une course de toute beauté, finissant quatrième à l’issue d’une folle remontée après qu’une faute de pilotage l’eut retardé au départ. Course gagnée par Peter Westbury avec un capot d’avance sur François Cevert que les hauts-parleurs annoncèrent d’abord gagnant tellement le finish fut serré.
Que disons-nous, capot ! c’est plutôt d’un doigt qu’il s’agit ! Celui qu’on glisserait à peine, sur l’image ci-dessous, entre les stands, d’où sort Peter Gaydon sur Titan, et la piste où file à quelque 240 à l’heure un assureur timide, François Mazet. Epoque de gros coeurs.
Malgré le pronostic peu engageant de Bertaut, Mazet construira une carrière suffisamment honorable pour que son nom ne fût jamais oublié : deux saisons de F3 dont la seconde, en 1969, sera sanctionnée par un titre de champion de France, suivies de deux saisons de F2 avec en point d’orgue une participation au GP de France 1971 sur la March 701 de Jo Siffert, un copain.
Peut-être lui eût-il fallu d’autres coups de pouce du Pr Reimsparing pour le désigner à la célébrité, au risque alors d’être connu comme le pilote sans visage, qu’un doigt masque toujours.
Aujourd'hui François Mazet exploite une citronneraie à Menton et on le voit en voisin au GP de Monaco historique, partie prenante de l'organisation.
Le Pr Reimsparing, lui, attend la fin du monde, prévue dans un peu moins d’un milliard d’années, perspective qui réjouit ce misanthrope à côté de qui Pesca passerait pour Achille Zavatta, et qui l’incite à se détendre en racontant en boucle de petites histoires comme celle-ci, dans le ton de cette note, où il est question d'un patron proposant un whisky à sa secrétaire qui répond : "juste un doigt alors", à quoi l’autre de faire : "d’accord mais avant vous ne voulez pas un petit whisky ?"

Coup de pouce à François Mazet © Pr Reimsparing
Un doigt entre Gaydon et Mazet © Pr Reimsparing
10:05 Publié dans Circuit de Reims-Gueux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : françois mazet, circuit de reims-gueux, tecno F3, F3, peter gaydon, trophées de france, 1968



