mercredi, 11 juin 2008

Le rouge et le vert

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De la même façon que chez Stendhal Julien Sorel balançait entre le rouge et le noir, le nôtre de Julien Sorel, l'Abominable Christian, hésite entre deux couleurs, le rouge et le vert. Indécision de façade car elles recouvrent toutes deux une même notion de plaisir.


Si le héros stendhalien se servait des femmes pour se hisser dans le monde, le personnage de MdS, déjà vu moult fois [1], a une Ferrari pour ça. Cette Ferrari, une Mondial de 89, c'est le rêve d'une vie. Il l'a acquise à l'aube de la retraite, au prix d'un réel sacrifice, laissant pour une fois le raisonnable aux orties, balançant par dessus la vieille Chrysler 180 qui dans les années 70 servait aux déplacements de Grands Prix à notre petite bande de manouches accrédités.

La photo ci-dessus représente le point de vue dont jouit l'Abominable au moment de pénétrer sur la piste du Vigeant, l'autre dimanche, en tant que concurrent. Dieu n'était certes pas son cousin. Lui qui il y a peu queutait encore au péage de Saint-Arnoult au volant du tube aux couleurs de sa serrurerie, en levant le poing comme Merzario, fut au comble du bonheur de le faire derrière une 400 GT 2 + 2 et un troupeau de Daytona, dont on fêtait le 40e anniversaire.

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Immobilisée entre deux consoeurs plus jeunes, la Mondial se laisse admirer. Ce type, qu'on appelle l'Abominable, est son deuxième proprio. Il est venu jusqu'à Mulhouse pour la prendre, et ma foi elle n'a pas dit non. Elle a vu à ses mains qu'il saurait s'y prendre avec elle, qu'il aurait les gestes pour caresser son câblage électrique défaillant qui perturbe l'éclairage du tableau de bord. Comme il lui avait farfouillé l'échappement quand celui-ci avait pris son indépendance.
Ah, certes, les visites chez Pozzi que l'ancien maître lui offrait sont remplacées par des contrôles chez un p'tit gars des environs de Rambouillet. C'est que son Abo, il se balade pas en veste cintrée par dessus une chemise flottante en causant architecture japonaise ; son mec il a bossé quarante ans chez des clients à la con, y s'est fait baiser plus d'une fois, mais elle sait une chose, il l'aime à la folie. Et elle aussi. Même qu'elle s'est demandé ce qu'il a trouvé à la pétasse en vert dont il a envoyé deux photos au TTDCB. Une vieille de 64, un peu plus et il la trompait avec elle...

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Cette 330 P2 était celle de ses quatre Ferrari que David Piper avait convoyée au Vigeant. Une de ses deux Porsche 917 verte était aussi du voyage. David Piper est sur la brèche depuis 1953, date de ses débuts sur une MG. Il n'a guère cessé depuis, nonobstant sa jambe perdue dans un accident survenu pendant le tournage du film Le Mans. Il a couru pour des écuries improbables dont le nom fait rêver, Dorchester Service station, Chequered flag, Gilby engineering, etc., et a même participé à deux Grands Prix du championnat du monde. En examinant à la loupe l'image dont il occupe le bord droit, on note qu'il fume la pipe, chose qu'on ne fait plus beaucoup, tant au propre qu'au figuré. Les lois anti-tabac associées au nouveau vocabulaire de la course ont évacué ces pilotes qui fumaient la pipe, fleurant bon le Sport-Auto des années 60.

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Salut webmaster,

Oui ça m'arrive de rêver ! Le week-end dernier à Sport et Collection, en concurrent cette année, j'ai pu me promener à ma guise dans les stands, et en voyant comme tous les ans David Piper, cette années dans cette superbe 330 P2, j'ai rêvé que d'authentiques passionnés comme lui dirigeaient FOM, FOCA, FISA, FIA, ETC, à la place des !!!!!!!!!!! individus style BE, MM, RD. Imagine le résultat pour le sport automobile ! un souffle d'oxygène bienfaisant.
Hélas ce n'était qu'un rêve.

l'Abominable Christian




Sport et Collection . 400 Ferrari contre le cancer . Circuit du Val-de-Vienne Le Vigeant . 30 mai au 1er juin 2008
www.sportetcollection.info
Voir aussi With no word part one




[1]
On l'a vu en père Noël, prisonnier d'une toile de Michael Turner, à l'Age d'Or entre autres

mercredi, 26 septembre 2007

Excellence automobile de Reims, figures libres

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Au moment où sont cités ici ou là les gens qui inventèrent le WEEA, n'oublions pas Gérard Cuif et Alain Paqueraud, chevilles ouvrières de l'association "Les amis du circuit de Gueux" [1] qui depuis quelques années oeuvre à remettre en état ce qui reste du circuit. Ils ont abattu un travail de titan. Nettoyage de la grande tribune où avaient poussé une forêt, rénovation des réclames peintes sur les structures - ce qui ne va pas de soi car il faut en demander l'autorisation aux marques, ce qu'elles n'accordent pas forcément -, réhabilitation du pavillon Lambert et du panneau d'affichage, etc. Sans cette petite mais incisive association, rien n'eût été possible.

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La personne qui avait abandonné au beau milieu du terre-plein central cette discrète mais splendide Alfa Romeo 1900 Sprint Touring Superleggera tenait-elle, même sans se l'avouer, à ce qu'elle ne passât point inaperçue d'un média ? C'est chose faite. S'agissait-il de Mauro Caldi, le héros de la bande dessinée de Constant et Lapierre qui en conduit une ? En tous cas, elle n'attirait pas autant les regards que le vulgaire Hummer parqué à côté, preuve, d'après Jean-Claude Arnold, que la marge de progression de la culture automobile du public du WEEA est certaine.

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Oui, vous avez reconnu le fin José à son volant. L'histoire ne dit pas si le fin José change d'auto à chaque déplacement, comme Mauro Caldi dont la teinte de sa 1900 varie selon les épisodes. Gianpaolo s'est souvenu d'une image identique enregistrée 42 ans plus tôt pour la série télé Michel Vaillant.

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Autre spécialiste du télescopage temporel, le Pr Reimsparing, qui a soumis à David Piper deux photos de sa 250 LM qu'il avait faites, également 42 ans plus tôt, aux 12 heures de Reims 1965 que le pilote britannique avait terminées à la quatrième place avec Dick Attwood. David Piper est le plus charmant des êtres, toujours disponible pour la causette, et le plus pur aussi, allant de meeting en meeting au volant de son Range Rover tractant une remorque verte contenant sa Ferrari.

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Quand deux pilotes des années soixante ayant couru à Reims se rencontrent, il y a fort à parier qu'ils parlent d'histoires de pilotes des années soixante qui se passent à Reims. Bien vu. Jean-Pierre Moroni fait les honneurs de sa Tecno F2 de 1969 à... François Libert himself, que le Pr Reimsparing avait immortalisé sur un document datant de 1968. Vainqueur à Gueux la même année, Jean-Pierre Moroni est l'un des rares à avoir conduit à la victoire une Elina, la Formule France construite par JPB. Le très sympathique François Libert fonctionne maintenant sous Windows Vista. Pour avoir un aperçu de ses possibilités encyclopédiques, faire -> Démarrer, programmes, Libert et commandez une bière.

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Impressionnante démonstration de force de Mercedes qui a commis un sans-faute égal à celui du GP de l'ACF 1954, dominé de bout en bout par les deux W 196 de Fangio et Kling. Les autos furent par la suite souvent débarrassées de leur carrosserie Streamline qui ne s'accordait pas à certains tracés. Elles étaient d'ailleurs perfectibles, avec leurs freins à tambours, une supension aléatoire et leur empattement long, imposé par le huit cylindres en ligne, qui rendait l'auto difficile à maîtriser sur certains tracés. La foule de Gueux porta littéralement Jean Alesi sur ses épaules à chacune de ses démonstrations, détail qui dut ravir les hommes au sourire en forme d'étoile.

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Propriétaire d'une TR3 immatriculée 911, Antoine Sire démontre qu'il n'est pas à l'abri d'une erreur, et même de deux si l'on considère qu'il faillit manquer son départ pour s'être fait bloquer par des bottes de paille. Ah ! les bottes de paille du WEEA ! Antoine est heureusement plus à l'aise lorsqu'il évoque son week-end dont le point d'orgue fut son dépassement par Alesi. Antoine, le fils de Gérard Sire, est tombé en auto en sautant sur les genoux de Jean-Louis Trintignant dont il interprétait le rôle du fils dans Un homme et une femme de Claude Lelouch.

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En voyant sortir du parking ce cabriolet aux marques d'un pilote anglais assez connu des années 70, quelques spectateurs moins ignorants que la masse se sont laissé aller à griller un ou deux jpeg, histoire de ne pas rater celui qu'ils pensaient pourtant mort, Mike Beuttler, mais sait-on jamais... Ils eurent à la fois raison et tort. Certes Mike est bel et bien décédé, mais il a trouvé une réincarnation efficace en la personne de Philippe Vogel, que l'on voit ici au volant. Phil avance dans son manuscrit à la vitesse d'un escargot ralentissant dans une pente à fort pourcentage, c'est qu'il ne veut pas s'en défaire de son gros manuscrit, Phil, qui le trimballait à Gueux, le montrant çà et là, au fil de ses rencontres. Nullement défait par certains commentaires de jaloux (T'en vendras 10, mon père, pas plus !, dixit Zurini), Phil Vogel ira au bout de son rêve. Il a MdS derrière lui.

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De gauche à droite, un coureur automobile, un teneur de blog et un teneur de site. Pour éviter le culte de la personnalité, les noms ne sont pas cités. Cette image est  émouvante car elle est signe le 40e anniversaire de la rencontre entre le pilote et son auteur, le fils d'un gros marchand de meubles de l'Est de la France. Ces deux-là firent connaissance à Reims en 67, et de cette rencontre naquit un partenariat mais aussi une amitié forte qui subsiste intacte 40 ans plus tard. 

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De gauche à droite, votre serviteur, Jean-Claude Arnold, Francis Rainaut, Christian Magnanou, la vicomtesse, Gianpaolo. Une belle brochette de MdSiens qui a confié à un quidam le soin de réaliser ce cliché tout en priant qu'il ne se tire pas avec l'appareil.



1er week-end de l'excellence automobile de Reims . Circuit de Gueux en Champagne . 22 et 23 septembre 2007
www.weea-organisation.com



[1]
www.amis-du-circuit-de-gueux.fr


Les Amis de Gueux © MdS
L'Alfa Romeo rouge du fin José © MdS
Le fin José © Jean-Paul Orjebin
La Ferrari verte de David Piper © MdS
La Tecno rouge de Jean-Pierre Moroni © Jean-Claude Arnold
La Mercedes grise de Jean Alesi © Jean-Claude Arnold
La triumph rouge d'Antoine Sire © Jean-Paul Orjebin
L'opel Speedster rouge de Mike Vogel et de Philippe Beuttler © MdS
Portrait de groupe avec pilote © Jean-Claude Arnold
Portrait de groupe avec dame © un quidam

mardi, 25 septembre 2007

Excellence automobile de Reims : boum !

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Samedi en fin d’après midi. Les autos réduites au silence en attente du starter, Charles Trenet en profite pour placer son cœur qui fait boum sur la ligne des stands noire de monde, monde au balcon s’entend. La ritournelle, qui eût été raccord avec le triplé Mercedes de 1938 ici à Gueux, glisse le long des réclames écaillées qu’un coup de pinceau a ravivées ; Caltex, Sicli protection incendie ou encore Moteurs, le magazine du sport automobile.

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Quand notre cœur fait Boum
Tout avec lui dit Boum

Le portable de Gianpaolo (au centre)  sonne, brisant ce voyage dans le temps auquel nous sommes conviés depuis le matin. C’est Pascal, il arrive annonce-t-il à la cantonade, qui consiste en la vicomtesse et votre serviteur, attablés au pied du pavillon Lambert en attendant que ça se passe tandis qu’un agréable soleil d’automne allume les carrosseries qui dorment pour l’instant sur la grille de départ. On distingue la prise d’air de la Courage, le cul d’une Cobra Daytona. De l’arrière du pavillon, par delà les blés, les mêmes qu’il y a cinquante ans, grossit une silhouette qui s’affine, se précise et finit par s’asseoir à nos côtés : Pascal Bisson, arrivé en Harley, en pleurs. Un biker en larmes. On craint quelque événement tragique. C’est tout simplement le choc de Reims où la vie renaît après un trou noir de 38 ans. Pascal le rémois qui entre deux courses culbutait les filles derrière les frondaisons.

Un choc imprévisible qui en a secoué plus d’un au cours de cet extraordinaire week-end, à commencer par le Pr Reimsparing qui s'est consacré à la recherche de l’emplacement des loges de piste qu'il occupa entre 1959 et 1969. Une madeleine de Proust que le WEEA a réussi l'exploit de livrer en paquet-cadeau aux innombrables nostalgiques ayant convergé vers les champs de Gueux qui ont servi, comme il y a cinquante ans, de parking.

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Tout a changé depuis hier
Et la rue a des yeux qui regardent aux fenêtres


Abrités par des dais genre Goodwood, les automobiles se laissent désirer, dans l’attente de se mettre en pré-grille. Elles sont réparties en quatre séries. Série 1, les monoplaces. On remarque la Balsa F2, une machine rarement montrée qui fit 9e de la Coupe des petites cylindrées à Reims en 1950, aux mains de Marcel Balsa. Elle ressemble à s’y méprendre à une Gordini. Une Gordini, Sport celle-là, est alignée par Jean Sage en série 2 alors qu’à sa gauche David Piper a établi son campement : une table de camping, un réchaud et la 275 LM attaquée par la poussière, derrière.

Gueux, ce week-end se déclinait en passion et poussière, cette dernière coûtant son prix d’excellence à cet événement qui devra la dompter, ainsi qu’il lui faudra changer sa paille en paillettes s’il veut mériter totalement l’excellence qu’il s’autoattribue. Dans la série 3, le président des Amis de Gueux, Gérard Cuif, a engagé sa Porsche 914/6 GT, qui roule au méthanol. Lui qui avait apprécié modérément qu’on parlât de "comice agricole" à l’endroit des 12 heures de Gueux 2005 s’inquiète de savoir à quelle sauce MdS accommodera ce WEEA. Nous ne parvenons guère à le rassurer en lui confiant notre satisfaction sous laquelle il devine quelque piques cachées. En fait non, hormis une organisation un poil relâchée, des plateaux hétéroclites et des bottes de paille sur la ligne droite des stands pour ralentir les autos, l’ensemble est une vraie réussite. Enfin nous dénichons dans la série 4 un authentique dinosaure en René Ligonnet, vieille gloire des années 60 et 70 en F3, F2 et protos.

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Le vent dans les bois fait hou hou hou
La biche aux abois fait mê mê mê

La star du week-end, les stars plus exactement, furent Jean Alesi et l’extraordinaire Mercedes W 196, auteur d’un doublé au GP de l’ACF 1954 dû à Juan-Manuel Fangio et Karl Kling, ce dernier figurant sur la photo de la plaquette, et non Fangio comme indiqué, ce qui coûte un point de moins au WEEA. En déclarant à L’Union son souhait de voir la F1 revenir à Gueux, Jean Alesi a contribué à y drainer un très large public, majoritairement local nous a-t-il paru, qui l’assaillit à chacune des cinq exhibitions de la Streamliner à l’étonnant bruit de pétrolette deux temps.

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La pendule fait tic tac tic tac
Les oiseaux du lac font pic pic pic pic

Parmi les 300 autos figurait cette BRM P 261 de 1965, ex-Stewart avec laquelle ce dernier gagna notamment le GP d'Italie 1966. Conduite par Michaël Ostroumoff, on jurerait qu'elle a inversé la flèche du temps pour se placer sous les ordres de Toto Roche, n'était la décontraction post-moderne des photographes.
Chacune des participantes avaient à accomplir quelques tours du tracé de 1952, long de 7 km, reconstitué pour l'occasion, la route à quatre voies qui emprunte l'ancienne ligne droite de la Garenne, ayant été neutralisée sur deux voies. Dans le contexte autophobe actuel, c'est un pur exploit qu'à réussi l'organisation d'avoir obtenu de la préfecture qu'un roulage ait eu lieu à Gueux, oh, un roulage modeste, limité à 70 km/heure devant les stands et bridé par des chicanes matérialisées par des bottes de pailles. Et pas question de course. Mais enfin il s'est dit à mots couverts que d'aucuns emmanchaient pas mal sitôt hors de vue.

En conclusion, un coup d'essai très prometteur qui sera un coup de maître dans les années à venir si l'organisation apporte de la rigueur dans le timing, de la cohérence dans les plateaux (on notait une TR3 avec deux Jaguar C) et de la modestie dans l'appellation de sa manifestation. L'excellence se marie mal avec poussière et bottes de paille. Faiblesses mineures qui ne sauraient entraver l'avenir que nous entrevoyons à Reims-Gueux, certes pas un circuit de F1 mais un site préservé et si possible reconstruit - nous pensons aux stands ayant été détruits sur la droite du panneau d'affichage, qui hébergerait avec bonheur ce Goodwood à la française qui manque tant. Notre coeur fait boum, rien que d'y penser.

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1er week-end de l'excellence automobile de Reims . Circuit de Gueux en Champagne . 22 et 23 septembre 2007
www.weea-organisation.com


Toutes images sauf la BRM © MdS
La BRM © Jean-Claude Arnold

lundi, 18 juin 2007

Piper cinq fois

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Comme l'an dernier, l'Abominable Christian s'en fut au Vigeant, attiré par cette simple accroche, "300 Ferrari contre le cancer", notamment par le premier des deux éléments cités. Ferrariste dans l'âme, notre abo préféré est capable des pires vilenies pour accéder à sa passion, les admirer dans leur biotope naturel, un circuit automobile, voire en posséder une, comme cette Mondial qu'il envisage d'acquérir le jour où il vendra le terrain qui est derrière chez lui.

Au circuit du Val de Vienne, il était flanqué de plus abominable que lui, Jean-Michel S, un homme qui vendrait père et mère pour arracher une image choc. Les deux compères ont débusqué David Piper dans les stands, situation inconfortable car cette année cette zone était fort contrôlée, mais heureusement Christian s'est refusé à shooter Piper au moment où celui-ci ôtait son pantalon, laissant voir la prothèse qu'il porte depuis son accident au Mans, lors du tournage du film du même nom.

Je ne suis pas un paparazzi, moi
, a fait Christian, moins abominable que sa réputation, à Jean-Michel. Ces cinq images témoignent du contraire, montrant la formidable 365 P que l'Anglais pilotait au Vigeant et laissant sous-entendre les quelques bidouillages nécessaires à sa démonstation.

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300 Ferrari contre le cancer . Circuit du Val de Vienne . 1er au 3 juin 2007
www.sportetcollection.info


Piper cinq fois © Christian Bon

jeudi, 28 décembre 2006

Ah gla gla Boxing Day !

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Banale journée de gueule de bois en France, le Boxing Day revêt chez les Anglo-Saxons l’aura particulière d’un second jour férié le lendemain de Noël dont l’origine, controversée, remonte à la nuit des temps.
Sans rapport avec la boxe (précision pour ceux de nos lecteurs ayant appris l’anglais avec Google Translate), l’appellation "Boxing Day" trouverait ses racines, selon les uns, dans la boîte (box) que les serviteurs et les employés de maison recevaient en cadeau de leurs employeurs lors du premier jour ouvrable après Noël, le lendemain des célébrations en famille. Pour d’autres historiens, il s’agirait du jour où les prêtres ouvraient les troncs des églises et en distribuaient le contenu aux pauvres. Enfin il est également avancé qu’au Moyen-Age on capturait des troglodytes qu’on enfermait dans des boîtes placées dans les maisons afin qu'elles fussent protégées du malheur.

On le voit tout cela reste vague, aussi, à MdS, préférons-nous insister sur le caractère sportif attaché à cette journée qui voit les Anglais mettre le nez dehors et se livrer à moult activités, comme la chasse au renard, le football, le cricket, la voile, les courses de chevaux, et d’autos, ce que démontre notre image prise à Brands Hatch le 26 décembre 1958.

Alors qu’ils auraient pu rester à la maison pour lire Autosport au coin du feu, les "enthusiasts" se sont massés à Druids Bend, engoncés dans vingt-cinq épaisseurs de vêtement. Ils suivent la lutte que se livrent douze furieux qui, alors qu’ils eussent pu rester à la maison pour lustrer leurs coupes au coin du feu, en décousent sur les quinze tours du Christmas Trophy, quatrième épreuve réservée aux voitures de sport de moins de 1 100 cc de ce Boxing Day.

A l’image, David Piper passe en tête dans South Bank, sur la Lotus XI engagée par la Dorchester Service Station, devant, à la corde, Peter Ashdown, sur une Lotus XI officielle du Team Lotus, alors que Graham Hill, au volant de l’autre machine officielle, une Lotus VII, va régler tout le monde et s’imposer.

La tradition du Boxing Day s‘est installée à Brands Hatch en 1954 pour se perpétuer jusque dans les années quatre-vingt. Elle perdure à Mallory Park. Il était courant que froidure et gel demandent une accréditation, au point que les spectateurs étaient invités à faire rouler leurs voitures sur le circuit pour en déblayer la neige. Le Boxing Day, froid dehors, chaud dedans ; à l'image de nos amis Anglais.


Boxing Day à Brands Hatch en 1958
, photo DR

lundi, 27 novembre 2006

Non seulement privés mais chauvins

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Le numéro d’Auto-Hebdo du 8 novembre dernier contient un compte rendu assez intéressant de la visite du musée de Donington à laquelle s’est livrée Jean-François Marchet et ce compte-rendu est illustré notamment par une photo de la Ferrari 125 1949 ayant appartenu à Peter Whitehead.

La vue de cette belle voiture… verte généra dans les connexions cérébrales fatiguées de votre serviteur une première petite lueur. Vérification faite, voiture et pilote s’étaient bien alignés à Reims en cette année 1949 et il s’en était fallu de peu qu’ils ne remportassent la course des « grosses cylindrées », battus seulement et in extremis, après plus de trois heures de course, par la Talbot de Louis Chiron et la Maserati du Prince Bira. 

Puis la petite lueur a débouché sur une association d’idées. Le "british green" plaqué sur une Ferrari, j’avais pu le contempler moi-même, plus tard et toujours à Reims, grâce à David Piper, d’abord en 1963, avec sa GTO, puis en 1965, avec la superbe 250 LM représentée ci-dessus et que Richard Attwood et lui-même amenèrent à la 4e place des 12 Heures.

Pour l’anecdote, on rappellera que sa nuit blanche (départ le samedi à minuit et arrivée le dimanche à midi) n’avait pas empêché ce même Attwood de s’aligner en F2 sur sa Lola, moins de trois heures plus tard, et d’y décrocher une belle 6e place. Mais à cette époque-là, c’était la routine ; il fallait bien gagner sa vie – au risque de la perdre - et toute prime de départ était bonne à prendre. En témoigne la liste, aussi longue que prestigieuse, des autres pilotes qui se livrèrent eux aussi à ce petit exercice rémunérateur, à savoir MM. Graham Hill (on pouvait être champion du monde et ne pas cracher sur quelques dollars de plus), Jean Guichet (co-vainqueur de ces mêmes 12 Heures avec Pedro Rodriguez), Bob Bondurant, Guy Ligier, Henri Grandsire, Paul Hawkins et Franck Gardner, ce dernier devancé d’un souffle par le seul Jochen Rindt, et cela après s’être accroché, sous les yeux de votre serviteur, avec Jackie Stewart au Thillois durant les essais ! Sans compter (si l’on peut dire) que John Surtees, autre champion du monde, ne fut empêché d’accomplir lui aussi son heure trente supplémentaire que par la faute d’une casse mécanique prématurée de sa Cooper-BRM …

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Cela étant, un certain chauvinisme n’était pas propre à nos amis (?) anglais et, l’association d’idées se poursuivant laborieusement, je me suis souvenu de la photo ci-dessus sur laquelle on reconnaît, aux essais du GP de l’ACF 66, Guy Ligier au volant de sa Cooper-Maserati, celle là même qu’il avait fait débuter au GP de Monaco puis maîtrisée assez remarquablement sur le terrible circuit de Spa noyé de pluie.

La carrosserie de ce monstrueux assemblage anglo-italien n’était peut-être pas de la nuance exacte « bleu de France », mais, assurément, l’intention y était. Ce qui donna lieu, juste après que cette photo fut prise, à une anecdote garantie véridique et que l’on pourrait qualifier de cocasse si le terme n’était pas de nos jours tombé en désuétude. Un spectateur placé derrière moi demanda à son voisin : qu’est ce que c’était, cette bagnole ? A quoi l’autre répondit, d’un ton aussi docte que pénétré : t’y connais vraiment rien ; t’as pas vu qu’elle est bleue et qu’elle a une entrée d’air ovale à l’avant ? C’est une Alpine (sic),
bien sûr !

Cette propension des privés qui ne le sont pas de moyens à exhiber leur nationalité au détriment de la provenance de leur machine, dès lors qu’ils étaient propriétaire d’icelle, a-t-elle attiré sur les trois personnages dont on vient de parler une quelconque malédiction ? En tout cas, Peter Whitehead se tua au cours du Tour Auto 58 au volant de sa berline Jaguar, dont le « british green » était pourtant cette fois-là parfaitement justifié, David Piper perdit une jambe au cours du tournage du film Le Mans ; et un mois après son involontaire séance de concurrence déloyale à l’égard du constructeur dieppois, Guy Ligier fut victime, sur le Ring, d’une spectaculaire cabriole dont il eut beaucoup de chance de se tirer sans dommages irréversibles.

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Il est vrai pourtant, lorsqu’on y réfléchit, que le fait d’avoir régulièrement engagé des voitures jaunes en tout ou en partie ne semble pas avoir porté préjudice à Jacques Swaters, ainsi qu’en témoigne la note talentueuse - forcément talentueuse - qui vient de lui être récemment consacrée. Quant à André Pilette, les diverses montures peintes aux couleurs belges qu’il a menées au cours de son éclectique carrière (le plus souvent, il est vrai, au service d’un employeur), et notamment la mythique Ferrari à réservoirs latéraux du GP de Belgique 56, n’ont en rien affecté son destin puisqu’il devint beaucoup plus tard, à Zolder (on s’en souvient peut-être), un très apprécié et très compétent professeur de pilotage.

Comme quoi…


Signé Pr Reimsparing


David Piper, Ferrari 250 LM, 12 Heures de reims 1965
© Pr Reimsparing
Guy Ligier, Cooper-Maserati, GP de l'ACF 1966 © Pr Reimsparing
Willy Mairesse, Beurlys, Ferrari 412 P, 1000 km de Spa-Francorchamps 1967 © Pierre Englebert (www.englebertpierre.be)