lundi, 07 janvier 2008

La dernière ballade de Jimmy

jimmys.jpg

Jimmy Stewart vient de mettre un terme à sa dernière balade par une sortie de route à l’âge de 76 ans.

Moins connu que son jeune frère Jackie, moins célèbre que son homonyme, acteur de cinéma, Jimmy Stewart entama sa courte carrière de pilote en courses de côte en 1951. Remarqué par David Murray, il fut rapidement intégré à l'écurie Ecosse où il courut sur des Jaguar Type C et XK120. Il passa ensuite à la monoplace, d'abord sur une Connaught de Formule 2, puis sur une Cooper-Bristol de formule 1. Après avoir commencé par quelques courses hors championnat, il s'engagea au Grand Prix de Grande Bretagne 1953 sur cette voiture qu'il qualifia en quinzième position. Il avait 22 ans.

Cette année-là la rivalité entre Ferrari et Maserati était à son comble et la formidable
bataille qui venait de se dérouler à Reims entre Mike Hawthorn, Juan Manuel Fangio, Froilan Gonzales et Alberto Ascari, qui terminèrent dans un mouchoir sur la ligne, laissait augurer un Grand Prix passionnant.
À Silverstone, les voitures rouges monopolisaient d'ailleurs les deux premières lignes avec Ascari (Ferrari), Gonzales (Maserati), Hawthorn (Ferrari) et Fangio (Maserati) sur la première; Farina (Ferrari), Villoresi (Ferrari) et Marimon (Maserati) sur la deuxième. Les deux suivantes étaient bleues et vertes avec Trintignant (Gordini), Schell (Gordini), Rolt (Connaught) et Wharton (Cooper) sur la troisième ; Macklin (HWM), McAlpine (Connaught) et Whitehead (Cooper) sur la quatrième. Jimmy Stewart était à la corde de la cinquième et devançait de peu Bonetto (Maserati) et Hamilton, le jeune protégé d'une écurie anglaise célèbre : Connaught.

Fangio fut le plus rapide au départ mais, virant trop large dans la première courbe, il laissa la première place à Ascari, poursuivi par Gonzales qui n'allait pas tarder à se voir arrêter au drapeau noir par suite d'une fuite d'huile. Gonzales rétrogradait à la quatrième place derrière Ascari, Fangio et Villoresi qui devra bientôt abandonner, suspension cassée. Quand le moteur de sa Maserati rendit l'âme, Marimón laissa la troisième place à Farina qui venait de doubler Gonzales. Hawthorn et Bonetto finissaient cinquième et sixième.

Profitant de tous ces événements, Jimmy Stewart s'était glissé sans bruit jusqu'à la sixième place, quand, alors qu'il ne restait que onze tours à courir, il fit un tête-à-queue et sortit de la piste. Cette première course en championnat du monde fut aussi la dernière et marqua le début de la chute.
Deux accidents graves, au Mans sur une Aston Martin DB3S en 1954 et au Nurburgring sur une Jaguar Type D en 1955 mettront un terme à sa carrière.

Cinquante-quatre ans plus tard, à l’heure où Jackie accompagnera celui qui lui donna le goût de la course et le recommanda à Ken Tyrrell, nous fredonnerons ces paroles d'Alain Souchon sur un air de Laurent Voulzy.

Comme elle est partie, Jim a les nerfs
Jimmy boit du gin dans sa Chrysler
La presqu'île, le boulevard de la mer est con
Comme elle est partie, attention : Jimmy tourne en rond
....
Comme elle est partie, attention : Jimmy veut mourir
....
Comme l'alcool et les revolvers
C'est sauter en l'air
Tomber par terre
Boum !
....
Jimmy va trop vite, Jimmy pleurniche
Il sent son parfum sur la corniche
Les lacets, le gravier, et, dans l'air du soir
La Chrysler s'envole dans les fougères et les nénuphars

"La Ballade de Jimmy"
Paroles Alain Souchon, musique Laurent Voulzy, 1986


Signé Daniel Petitgrand


James (Jimmy) Stewart
Grande-Bretagne (Ecosse)
Né à Bowling, Dumbartonshire, Ecosse, le 6 mars 1931
Décédé le 4 janvier 2008

Voir la nécrologie du Telegraph
Voir aussi "Fish and chips" 1 et 2




Jimmy Stewart (Cooper-Bristol T20 n°18) au Grand Prix de Grande Bretagne 1953
© www.itv-f1.com