mercredi, 21 novembre 2007
Beltoise Argentine 73 #58/88

BRM présente une équipe largement remaniée en 1973 alors que s'ouvre une séance d'essais officieuse le jeudi. Beltoise, loin des frimas du Glen qui fermait la saison dernière, court son premier Grand Prix d'Argentine. Il a renouvelé son contrat, l'espoir Matra s'étant dissout. Il est le seul ancien pilote d'une formation qui a remplacé Gethin et Ganley par Regazzoni et Lauda.
Parti chez Shadow, Tony Southgate laisse la place d'ingénieur projeteur à Mike Pilbeam. Clay allait démontrer le potentiel retrouvé des nouvelles P160 en enlevant une pole position inattendue à la barbe d'Emerson Fittipaldi, crevant de près de deux secondes le meilleur temps de l'an dernier.
Deux des trois BRM sont d'un type nouveau justifiant l'appellation P160D. Elles se distinguent par un nouvel avant caréné, plus déportant, un aileron très reculé, ainsi que des radiateurs d'huile latéraux et carénés. Les moteurs sont toujours à la traîne ; 440 chevaux contre 460 pour les Cosworth et 480 au Ferrari.
Septième chrono aux essais, Jean-Pierre déclare aux journalistes français sa confiance en une BRM relookée au soleil austral, même s'il estime son V12 moins vif que celui de Rega. Il ne le dit pas mais on peut lire dans ses yeux que cette année sera plus dure que la précédente qu'il avait vécue dans la peau d'un premier pilote. Le sera-t-il encore en 1973 ?
Tout ce qui roule dans Buenos Aires converge le jour de la course vers l'autodrome Almirante Brown qui ressemble à une cocotte-minute géante dont la poule dominicale aurait été remplacée par 80 000 Tuercas (les Tifosi argentins) gueulant " Lole, Lole" (Reutemann, pourtant loin sur la grille, 9e temps). Quelque 15 000 Brésiliens les contredisent par des "Fittipaldi" plus en phase avec la réalité du chrono.
Personne ne crie "Beltoise" lorsque le drapeau déclenche une envolée dont François Cevert, surgi de la 3e ligne, prend le meilleur devant Regazzoni qui recouvre son bien dès la fin du premier tour. Les autos se répartissent en trois blocs, un groupe de chasse constitué de Regazzoni, Cevert, Fittipaldi, Peterson et Beltoise, que traque à distance Ickx, puis viennent Hulme, Stewart, Reutemann et Revson. Le reste suit.
Le tour par tour montre la course de JPB mais ne dit rien du superbe comportement de son châssis qui compense dans les sections sinueuses ce que le moteur peine à délivrer aux roues arrière. Il est cinquième, puis sixième quand doublé par Stewart. Il mène grand train. Seules six secondes le séparent, au 20e tour, de Regazzoni en tête. Le groupe de chasse rejoint Jarier au 23e passage, le bouffe mais Beltoise se rate dans l'opération et vire large en faisant l'extérieur à son pote. La BRM file dans l'herbe, remonte sur le tarmac mais le contact avec la chasse est rompu.
La faiblesse des BRM est dans leurs pneus. Ils s'usent excessivement. Jean-Pierre s'arrête pour cette raison au 74e tour, repart mais au 79e tour, le moteur coule une bielle bien que le limiteur ait été réglé sur 11 000 tours/minutes, régime raisonnable s'agissant d'un V12.
Beltoise s'envole le lendemain pour la Floride. On l'attend jeudi à Daytona où il est engagé sur Matra.
Grand Prix d'Argentine . Autódromo Municipal de la Ciudad de Buenos Aires . 28 janvier 1973
Fiche technique : www.grandprix.com/gpe/rr221.html
Images, photos DR
10:10 Publié dans Jean-Pierre Beltoise : Grands Prix 1973/1974 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jean-pierre beltoise, brm, grand prix argentine, circuit de buenos aires, 1973



