vendredi, 11 mars 2005
La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #07/07
Matra MS 120 1970
Monoplace de Formule 1
Châssis N° MS 120/02
La MS 120 est à nos yeux un mythe. Elle n’était pourtant pas très belle avec sa coque tout en angles, sa visserie apparente comme celle d’un sous-marin, son profil franchement vilain. Elle succédait en 1970 à la Matra MS 80 que Jackie Stewart avait conduite en 1969 au titre de champion de monde des constructeurs, autrement plus convaincante.
La MS 120 avait en elle quelque chose de magique, capable de bouleverser un amateur de mécanique un tant soit peu mélomane : son moteur V12 de 3 litres de cylindrée développant (les bons jours) quelque 430 chevaux à 11 000 tr/min, à quatre arbres à cames en tête à sept paliers, quatre soupapes par cylindres et injection Lucas, le tout accouplé à une boîte de vitesses Hewland FG 400 à cinq rapports. Quand elle s’ébranlait pour un tour de piste, à Charade, par exemple, au milieu des monts d’Auvergne, les spectateurs suivaient à l’oreille la sculpture sonore que produisaient toutes ces pièces en mouvement.
En dépit de faiblesses structurelles imputables à un châssis trop peu rigide, que son concepteur Bernard Boyer avait dû dessiner pour satisfaire aux nouvelles normes 1970 qui condamnaient les coques caissonnées qui avaient fait les beaux jours de la MS 80, cette monoplace ne démérita pas. Les trois châssis assemblés (01, 02, 03) glanèrent sur un total de 13 Grands Prix en 1970, trois 3e places, une 4e, une 5e, deux 6e ainsi qu’une victoire au Grand Prix d’Argentine 1971, hors championnat, aux mains de Chris Amon, ce qui sera l’unique succès en F1 d’une Matra à moteur V12.
Le modèle vendu est le châssis 02 qui fut mené par Henri Pescarolo, dont la
campagne est synthétisée ici : http://www.oldracingcars.com/car.asp?CarID=MS120/2
JPB qui pilota 03 cette saison (cinq fois dans les points), s’est vu remettre 02 par contrat après l’arrêt définitif du service compétition Matra en janvier 1975. Après quelques années, la voiture, et le prototype MS 670 que nous présentons plus bas, furent confiés aux ateliers FCR de Claude Quintin à Magny-Cours pour restauration. Elles en sortirent en 1999 et furent envoyées au musée de Lohéac.
En vue de sa mise en service prochaine, Anthony Beltoise (le fils) a récemment fait tourner MS 120/02 sur le circuit de Lurcy-Lévy. L’auto, avec son numéro 21, est en conformation Grand Prix de France 1970, que Jean-Pierre Beltoise aurait gagné si une crevaison n’en avait pas décidé autrement.
Estimation 300 000 – 400 000 €
Matra-Simca MS 670 B 1973
Barquette, Sport-prototype d’endurance
Châssis N° MS 670 B-02

Cette voiture fut menée à la victoire aux 24 H du Mans 1973 par l’équipage Henri Pescarolo/Gérard Larrousse. Il s’agissait de la deuxième victoire au Mans, après celle obtenue l’année précédente, de la firme de Vélizy qui avait abandonné la F1, fin 1972, au profit des courses d’endurance plus rémunératrices en terme d’image, selon le président Jean-Luc Lagardère. Matra gagnera encore Le Mans en 1974, mais la victoire de 1973 est incontestablement la plus belle, arrachée à Ferrari de haute lutte.
Les deux constructeurs se livreront d’ailleurs au long de cette saison à une bataille de chiffonniers – de luxe – dont nous gardons un souvenir géant, tel celui du Grand Prix de Rouen-les-Essarts en F2, que nous suivions dans l’épingle du Nouveau Monde, l’oreille collée au transistor, tentant de décrypter à travers les hurlements des BMW et des Harts 2 litres dévalant la descente, les résultats donnés par France Inter des 1000 km d’Autriche disputés le même jour, où Matra en décousait avec son ennemi transalpin : Ce furent Pesca et Larrousse qui l’emportèrent devant Bébel et Cevert ! Quel pied !
Ce prototype a été livré à Beltoise par contrat, comme la F1 et a subi le même programme de restauration.
Estimation sur demande
Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005
Nous remercions Rebecca Ruff, attachée de presse de Bonhams, d’avoir eu la gentillesse d’autoriser l’utilisation des données contenues dans le catalogue de la vente.
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jeudi, 10 mars 2005
La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #06/07
Mercedes-Benz 600 saloon 1967
Châssis N° 10001212000915
"Témoignage d’une époque où montrer sa richesse n’était pas criminel, la 600 fournissait un équivalent automobile à la Principauté de Monaco. C’est un chef-d’œuvre de technologie qui surclasse toute opposition et redéfinit la notion d’opulence."
Classic & Sportcar magazine
Produit à 3000 exemplaires seulement entre 1963 et 1981, ce vaisseau routier segmenté pour concurrencer Rolls-Royce et Bentley parvint à s’imposer sur une niche où ses concepteurs ne l’attendaient pas, celle où les pilotes de Grands Prix de l’époque faisaient leur marché. Nombre d’entre eux ont acheté des 600, autant conquis par le luxe de fabrication et de confort que par un certain caractère sportif qui n’apparaît pourtant guère quand on envisage ce paquebot à l’arrêt.
Beltoise menait la sienne comme une R8 Gordini.
Il l’a acquise auprès de Gilbert Trigano, fondateur du club Méditerranée, « un dimanche de beau temps, en bas de l’avenue de la Grande-Armée » se souvient-il, avouant également la course folle qui l’opposa à son beau-frère François Cevert, qui avait la même auto, le long de l’autoroute A6, alors qu’ils descendaient au circuit Paul-Ricard. Sans l’avoir jamais vérifié, nous avions entendu parler de ce fait d’armes que nous avions versé dans les légendes beltoisiennes. Le voici confirmé, heureusement frappé de prescription, de la part de celui qui a depuis tellement milité pour la sécurité routière.
Le récit des aventures routières de JPB occuperait un blog entier, et tant mieux car ces hommes-là, constitués d’une autre matière que nous, ne devraient pas relever du Code de la route, ce dont d’ailleurs ils s’affranchissaient joyeusement au temps de la liberté de vitesse !
Immatriculée 3 UE 75, la Mercedes pourrait convenir à un fonctionnaire de l’Union européenne en poste à Paris. Ce qui lui ferait des vacances.
Estimation 25 000 – 35 000 €
Mercedes-Benz 300 SEL 6.3 saloon 1968
Châssis N° 10901812000488

Autre favorite des pilotes de course, la Mercedes 300 SEL 6.3, était, elle, carrément un monstre. Son créateur, Rudi Uhlenhaut, n’avait rien trouvé de mieux que de coller l’énorme V8 6.3 litre de la limousine 600 dans une caisse de berline 300, histoire de voir ce que ça faisait ! Ca le faisait, comme on dit maintenant, à tel point que les pneus partaient en fumée à chaque démarrage un peu vif et qu’ils résistaient à ce traitement moins longtemps qu’il est nécessaire pour écrire cette notule.
Vous partiez de Paris en gommes neuves qui étaient rendues comme pâte à modeler quand vous entriez au garage de l’hôtel de Paris à Monte Carlo cinq heures plus tard. Un épisode vécu par Jean-Pierre Beltoise auquel Henri Pescarolo prit, paraît-il, au volant d’une 6.3 identique, une part que pudiquement nous passerons sous silence.
Dame, la chair est faible quand elle peut dominer quelque chose qui passe de 0 à 100 km/h en 6 secondes et croise tranquillement ensuite à 225 à l’heure – le tout rapporté aux normes 1968.
Le catalogue avance un kilométrage de 101 705, et dans un style feutré visant à dégraisser cette auto d’un passé relevant de nous ne savons quelle cour de justice routière, indique que le réservoir et l’injection ont été refaits et termine en précisant qu’elle est dans son état d’origine. Ce que son estimation illustre.
Estimation 5 000 – 7 000 €
Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005
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mercredi, 09 mars 2005
La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #05/07
Diffusé entre 1955 et 1961 à deux milliers d’exemplaires seulement alors que le modèle berline le fut à un million deux cent mille, de 1955 à 1967, le cabriolet 403 Peugeot était désirable bien avant que l’inspecteur Columbo le propulsât au rang de mythe. Le fait que Jean-Pierre Beltoise en posséda un n’a en rien modifié sa cote dans un sens ou dans l’autre, contrairement à ce qu’aimerait nous voir écrire quelque lecteur persuadé que notre intérêt envers le pilote est disproportionné à sa carrière.
JPB est un fervent de la marque au Lion depuis, on l’a dit récemment, qu’il eut fait ses dents sur le break 403 de son père. De passage à Rennes en 1989, il déniche une 403, qui plus est cabriolet, le fin du fin. Il l’achète illico et la confie à Bernard Meunier, un ami restaurateur d’anciennes, pour rénovation. L’auto est affichée à 72 441 km.
Estimation 12 000 – 15 000 €
Peugeot 403 cabriolet 1958
Châssis N° 2255817


Châssis N° 421595
Cette Traction est entrée dans le garage de Beltoise un jour de 1970 après qu’il eut longtemps fantasmé sur l’idée d’en posséder une depuis que, jadis, il accompagnait son oncle, médecin de campagne, dans ses tournées au volant d’un tel engin. C’est, pour JPB, « une voiture à la tenue de route irréprochable, aux performances franches et à la ligne parfaite. »
Livrée pour restauration au début des années 80 à un ancien élève des ateliers Pichon-Parat, à Sens, la Traction ressort lie-de-vin, teinte choisie par son propriétaire. Est-ce cette couleur évoquant d’autres plaisirs que la vitesse qui l’a amené à user de cette machine en hédoniste ?
Ainsi l’équipage a-t-il été vu en 2002 au Rallye des vignerons, près de Saumur. Le catalogue ne précise pas s’il marchait droit, non plus qu’il explique pourquoi le compteur ne dépasse pas 69 990 km.
Estimation 45 000 - 55 000 €
Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005
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mardi, 08 mars 2005
La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #04/07
Simca 8 Sport cabriolet 1951
Châssis N° 902139

Chaque matin, au tout début des années 50, une auto était garée à l’angle du café de la Paix, place de l’Opéra. Une Simca Sport cabriolet, presque pareille à la version coupé qu’Amédée Gordini engageait en course en catégorie 1100, si désirable dans sa robe signée Pinin Farina, qu’un môme, chaque matin, traversait le trottoir exprès pour s’extasier devant elle, d’autant que son intérieur découvert permettait aux petits yeux curieux de fureter dans les moindres recoins de la sellerie, du tableau de bord.
Arrivé au lycée Condorcet, le jeune Beltoise rêvait devant ses cahiers ; un jour, il en aurait une pour lui, aussi. C’était à l’époque l’un des trois rêves automobiles du gamin, avec la MG TF et la Triumph TR 2.
Il lui aura fallu patienter trente-cinq ans avant que le hasard mette une Simca 8 Sport cabriolet sur sa route. Celle-ci, il l’acheta séance tenante. On imagine son désarroi lorsque le marteau du commissaire-priseur s’abattra sur la dernière enchère pour cette auto, le 16 mai prochain.
Elle est dans son jus, d’origine, n’a jamais subi de restauration.
Estimation 10 000 – 12 000 €
Citroën BX 4TC 1985
Châssis N° XL3024
Construite sur la base de la BX cinq portes et homologuée pour la saison 1986, la BX 4TC est une voiture de course qui marque l’unique incursion de Citroën en championnat du monde des rallyes groupe B. Elle était mue par un 2.2 L turbo emprunté à la Talbot Tagora, développant 300 chevaux.Une 6e place au rallye de Suède montre qu’elle pouvait être compétitive, mais le règlement qui bannît le groupe B à la fin de l’année 1986 condamna cette machine à la casse. Cette rarissime 4TC, l’une à y avoir échappé parmi les 200 exemplaires construits, a été livrée à Beltoise par Citroën Compétition en 1985.
L’auto est quasi neuve, n’affichant que 180 km, mais son propriétaire l’a régulièrement fait tourner.
Estimation 15 000 – 20 000 €
Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005
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20:20 Publié dans Jean-Pierre Beltoise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vente aux encheres, 2005, bonhams, jean-pierre beltoise, simca 8, citroen BX
lundi, 07 mars 2005
La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #03/07
MG Midget TF 1500 roadster 1954
Châssis N° XPEG 2330
La première version de cette MG que posséda Jean-Pierre Beltoise fut une Dinky Toys, que son statut de pilote de Grand prix, et l’aisance financière qui l’accompagne, lui offrit en 1991 de transformer en une vraie voiture fumante, pétaradante. Il concrétisa ce rêve de gosse auprès de Sylvain Garant, pilote de GT des années 60 et 70.
« Elle représente la tradition anglaise, l’harmonie des lignes combinant la douceur avec ses ailes encore séparées de la carrosserie, et la sportivité avec son petit moteur nerveux et robuste. Et en plus elle a le mérite d’être très homogène dans sa conduite », écrit dans le catalogue Bonhams un Beltoise romantique.
Estimation 15 000 – 20 000 €
Bentley 3,5 litre Drophead coupé 1934
Châssis N° B190FB

Carrossée par Park Ward, la « Bentley de sport silencieuse », comme cette superbe machine était surnommée, combinait le luxe des Rolls-Royce au caractère vif, voire sportif, des Bentley. On comprend le coup de foudre qui commanda à Beltoise, le lendemain de sa victoire à la Victory Race de Brands Hatch, en octobre 1972, d’acheter ce modèle au pilote anglais David Piper, avec sa prime d’arrivée !
Il la confie au début des années 80 à son ami Marcel Bonhoure, restaurateur de voitures anciennes, entre les mains de qui la Bentley se refait une telle jeunesse qu’elle sera ensuite exposée au Centre international de l’automobile de Pantin, en tant que référence des années 30.
Sa robe vert amande est le choix de Jean-Pierre Beltoise. Elle affiche l’une des deux cotes les plus hautes, hormis celles des deux Matra de course que nous présenterons à l’issue de cette série de billets.
Estimation 45 000 – 55 000 €
Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005
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dimanche, 06 mars 2005
La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #02/07
René Bonnet Djet coupé 1964
Châssis N° 1148
Ayant signé chez René Bonnet en 1963, Beltoise achète à crédit un coupé Djet V dont il rêvait depuis longtemps. Immobilisé de longs mois à la suite de l’accident survenu aux 12 H de Reims 1964, il est forcé de vendre cette auto, qu’il n’a de cesse, par la suite, de remplacer par une sœur jumelle. Ce n’est qu’en 1981 qu’il en trouve une à acheter, auprès d’un industriel français. Il la fait restaurer par Georges Bonnet, le neveu du constructeur René Bonnet, et repeindre de la couleur qui selon lui symbolise la course telle qu’elle était vécue dans les années 60 : le British Racing Green. L’auto est affichée à 74 913 km et apparaît en très bonne condition.
Estimation 12 000 – 15 000 €
Lotus Elite coupé 1960
Châssis N° 1295
C’est Jean-Pierre Jarier qui, en 1973, vend cette voiture à Beltoise qui cherchait à acquérir quelque chose ayant été conçu par Colin Chapman, fondateur de la firme Lotus. Ce modèle ayant été monté selon les spécifications du marché continental, sa conduite est à gauche mais sa livrée trahit ses origines, ce qui ne pouvait que séduire son nouvel acheteur. La complète restauration qu’elle a subie en 1982, chez Danielson à Magny-Cours, ajoutée au faible kilométrage affiché (11 226) fait de ce lot une affaire, affirme le catalogue de la vente.
Estimation 30 000 – 40 000 €
Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005
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samedi, 05 mars 2005
La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #01/07
Jean-Pierre Beltoise a toujours entretenu avec l’automobile un rapport passionnel. Ce qui paraît aller de soi, s’agissant d’un pilote de course, l’est moins que le voudrait le sens commun. Beaucoup de ses pairs s’en sont servi comme d’un ascenseur social, comme d’autres rêvent de cinéma en tant que vecteur de célébrité, ou de la chanson.
Nous devons à la décence de ne citer pas tel pilote matraquant sans considération les Ferrari de « service » que son rang à Maranello lui offrait.
Depuis la camionnette 403 au volant de laquelle il effectuait les livraisons de la boucherie paternelle à la fin des années cinquante jusqu’au break 407 qui le véhicule aujourd’hui (il est depuis longtemps peugeotiste), JPB a fait entrer des autos dans sa vie. Des dizaines, acquises sur un coup de tête ou collectionnées avec amour, qui correspondent à un événement, agissent comme des repères chronologiques dans sa carrière, et du même coup dans la nôtre, marquée dans les années 68 et 69 par une Lamborghini Miura orange rangée de long d’un trottoir du quartier du Louvre, que nous admirions en allant travailler, autant pour sa robe sublime que pour la savoir appartenir à Jean-Pierre Beltoise. Oui, déjà !
Trente-cinq plus tard, la vie a pris un tour moins léger. Elle a contraint le pilote à écrire ceci : « Pouvez-vous imaginer tous ces moments d’intense émotion, quand au fil de ma vie, je me suis rendu acquéreur petit à petit de toutes ces voitures dont je me sépare aujourd’hui. Je les ai aimées, respirées et remises en état petit à petit avec passion.
Mais la vie est ainsi. De la même manière qu’il y a une fin, il est venu le temps pour moi de me séparer de ce que j’ai follement aimé. » [1] .
Beltoise en a confié la vente aux enchères à la maison Bonhams. Initialement prévue le 13 février dernier au Cirque d’hiver, dans le cadre de Rétromobile, la manifestation n’a pu avoir lieu, pour des raisons légales. Elle se tiendra à Monaco le 16 mai.
Les billets à suivre décriront par le menu les douze automobiles réunies dans la "Collection Jean-Pierre Beltoise", que présente le catalogue édité à cette occasion, ainsi qu’y est publiée une biographie du pilote, d'ailleurs non exempte d’erreurs, voire de ces coquetteries dictées par les rapports nécessairement feutrés qui régissent les liens entre une prestigieuse maison de vente existant depuis 1793 et un pilote de course appartenant à l’histoire de France.
[1] Texte extrait de la préface du catalogue Bonhams, rédigé par Jean-Pierre Beltoise
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