dimanche, 23 décembre 2007
Joyeux Noël avant guerre

Ce qu'il y a de bien chez les Pères Noël crayonnés par Jean-Marie Guivarc'h, c'est qu'il ne cultivent pas le high tech de merde, ne se baladent pas sur les Champs avec sous le bras le supplément "L'homme nomade" de Libé, ne polluent pas, et l'air et les bonnes manières au volant d'un SUV - comme on dit sur le Blenheim forum, ne voyagent pas "équitable". Ils sont à la bourre car ils font tout à la main. L'an dernier, son Père Noël faisait la tournée en moto, avec les flics au cul. Ça sentait la chute de camion mais on l'avait accepté.
Celui-ci roule Salmson ou Amilcar, peu importe la vérité surgira en commentaire, bref il roule avant-guerre. Il est pressé. L'orage gronde même si le tableau idyllique peint par notre ami manceau reste fidèle à l'imagerie de la Nativité. Dans la blancheur ouatée de la neige se cache l'avant (prochaine) guerre. La bouffe rare, l'eau aussi, quant au cuivre, c'est de l'or. Les Chinois sont planqués derrière les premiers sapins, les Barbus pas loin. Pendant que la neige tombe, les banques s'assèchent, le liquide se taille dans le caniveau et sur les écrans Will Smith arpente le New York de demain.
Joyeuses fêtes avant guerre à tous.
Père Noël 2007 © Jean-Marie Guivarc'h (http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com)
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vendredi, 14 décembre 2007
Trois hommes de l'Ouest
L'Homme de l'Ouest d'Anthony Mann était dans un train en 1956 lorsque celui ci fut attaqué ; 51 ans plus tard souhaitons que les trois hommes de l'Ouest que nous vous présentons ne connaissent pas un sort analogue dans la librairie où ils doivent passer l'après-midi du samedi 15 décembre.
Ce ne sont pas des pistoleros mais des artistes, quoique le dernier cité soit un drôle de pistolet. Passant, si l'art t'ennuie, et l'auto tu détestes, passe ton chemin devant la librairie Arts Diffusion Loisirs, 31 rue du Bac à Rouen où ces trois hommes s'exposeront, tu risques de récolter une bulle perdue ou une beuttlérite aiguë.
Bruno Roussel est un peintre de la région rouennaise, "occasionnel", selon ses dires. Et sa 275 P2, immortalisée ci-contre à la Targa Florio 1965, elle est d'occasion ? Un critique enthousiaste mais disposant d'une culture picturale défavorisée dirait qu'elle déchire grave, putain de ta mère. C'est aussi notre avis, ajoutant sans jouer les Maître Poulain que le souci du détail historique, la touche claire et nette de Bruno Roussel l'apparente à quelqu'un comme Pierre Englebert. Il vous en dira plus sur les oeuvres accrochées aux murs de la librairie.
Le rouennais Christophe Dépinay - ce que son nom n'indique pas - a publié fin 2006 une BD assez remarquée [1], Bruce Coventry, le pilote de l'ombre, que nous avions annoncée, où il est question, d'après son éditeur, Drivers, "... D'une jeunesse bien arrosée à l'huile de ricin, de quelques arnaques sur fond de rallyes et de courses d'endurance, d'emprunts de voitures de prestige et de services secrets qui s'occupent d'un peu près du héros".
Nous n'avons pas lu ce livre mais l'avons feuilleté suffisamment pour noter qu'il puise son inspiration dans la mare ou s'abreuve également MdS ; c'est ainsi qu'une bulle, consacrée à un pilote au casque bleu nuit conduisant une March jaune, a fait tilt chez notre troisième homme de l'Ouest, Philippe Vogel, Normand d'opérette mais vrai fondu du pilote en question, Mike Beuttler [2].
Christophe Dépinay dédicacera son ouvrage, et Philippe Vogel, le futur sien - exercice pas simple.

Bruno Roussel, Christophe Dépinay, Philippe Vogel . Librairie Arts Diffusion Loisirs, 31 rue du Bac, Rouen . Samedi 15 décembre 2007 de 14 à 18 heures
[1] DEPINAY (Christophe).- Bruce Coventry, pilote de l'ombre. Ed. Drivers, Toulouse, 2006, 109 p., 19, 00 €
[2] http://f1-mike-beuttler.monsite.wanadoo.fr
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mercredi, 24 octobre 2007
Brussels Rétro Festival 2007 #02/03, lire
Ci-dessous quelques bouquins, récents ou non, vus sur les tables des libraires du BRF, qui eussent tenté votre serviteur si sa bourse n'en eût décidé autrement. Feuillette-les d'abord, tu verras après, lui a-t-elle soufflé à l'oreille. Un conseil, messieurs, quand vos bourses vous susurrent à l'oreille qu'elles sont vides, il est temps de consulter, à défaut d'un docteur, un banquier.
Weekend Heroes
Tony Adriaensens
CorsaResearch, Anvers (Belgique), 700 p., 199 €
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Enorme pavé de 700 pages et 569 photos, pesant 4,6 kg, Weekend Heroes est limité à 1000 exemplaires, dont un était disponilble en feuilletage au BRF. Il s'agit de l'histoire du California Sports Car Club, mythique club qui vit l'émergence de la scène automobile californienne entre 1952 et 1957. Texte en anglais.
Motor Movies - The Posters !
Paul Veysey
Veloce Publishing Limited, Dorchester (Grande Bretagne), 224 p., 34,99 €
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Premier ouvrage consacré aux affiches de films automobiles.
Racing Team Holland
Rob Wiedenhoff
Ed Heuvink Editing, texte en anglais, 240 p., 64,95 €
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Rob Wiedenhoff, un journaliste que nous avons souvent croisé dans les 70's, a commis cette histoire du team national batave créé en 1963, qui vit défiler dans ses rangs des gens comme Ben Pon, Rob Slotemaker, Gijs van lennep, Toine Hezemans, Jan Lammers, Huub Rothengatter, Arie Luyendijk.
Lewis Hamilton : The Biography
Frank Worrall
John Blake Publishing Ltd, Londres, 288 p., 14,99 £
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Il existe déjà cinq livres consacrés à ce petit prodige de 22 ans qui a raté son premier titre d'un cheveu, faisant rater à ses chers éditeurs autant d'exemplaires.
Memories of the Bear: A Biography of Denny Hulme (en anglais)
Eoing Young
Ed. J H Haynes & Co Ltd, Londres, 384 p., 17,99 £
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Ce livre marque le 40e anniversaire du titre mondial remporté par l'ours le plus vite de la planète, aussi à l'aise sur le tarmac qu'emprunté dans les pince-fesses, ce en quoi nous différons.
Le restaurant Génisssel des Hunaudières
Christophe A. Gaascht, traduit en anglais par David Waldron, illustrations de Benoît Deliège
48 p., 15 €
Commande par mail à info@benoitdeliege.be
Maurice Génissel, décédé récemment, était le propriétaire de ce restaurant culte des 24 heures du Mans. Il n'avait manqué qu'une édition de la course depuis sa création en 1923. Cet opuscule narre des anecdotes.
Damn Few Died in Bed (Memories of a Life in American Automobile Racing 1930 -1975)
Thomas F. Saal
Racemaker Press, Boston, 294 p., 39,95 $
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Les mémoires d'Andy Dunlop, chef mécanicien et team manager dans les années cinquante et soixante aux Etats-Unis où il sévissait en dirt track. Le titre à lui seul justifierait l'achat.
Mes courses
André Pisart
Ed. Lumière, Bruxelles, 208 p.
Lien librairie du Palmier
Voici ce qu'en dit Michel Delannoy, du Palmier : "Ce livre déroutant pour le pur historien a été écrit par André Pisart en 1945. Publié, dans une qualité très médiocre, en 1946, il n’a été que très peu diffusé. C’est l’ambiance qui se dégage de ce livre, témoignage de la vie d’une époque, qui m’avait fasciné. En même temps que coureur, Pisart avait été un commerçant, pas toujours avisé, mais généralement lucide et visionnaire, nous faisant vivre le krach de l’automobile européenne des années 30. Ayant une la chance de pouvoir obtenir, par sa fille Marie, la plupart des photos d’époque, je ne pouvais laisser passer une telle occasion de vous faire partager mon plaisir."
Bob Bondurant - America's Uncrowned World Driving Champion
Phil Henny
Ed. Cotty, 196 p., 75 $
Lien fin
"Le livre que le monde attendait", d'après la notice. Le monde auto américain à tout le moins. Phil Henny, un ancien mécano chez Filipinetti et Shelby, à qui on doit une bio dudit Carroll, s'est laissé aller à rédiger celle de l'ancien coureur de chez Shelby et qui s'aligna sur quelques Grands Prix sur BRM et Eagle avant de participer au Grand Prix de John Frankenheimer.
Brussels Rétro Festival . Brussels Expo halls 11 et 12 . 19 au 21 octobre 2007
www.brusselsretrofestival.be
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vendredi, 19 octobre 2007
Des carlingues sur les murs...

... Et un champion du monde de F1 à Cuba
La toujours aimable Isabelle Nicolosi de la Galerie Vitesse nous informe qu'elle va prochainement accrocher à ses cimaises des Lucio Perinotto.
Ce peintre que l’on peut maintenant considérer comme le maître officiel de l’air possède une maîtrise et un style étonnants. Il réussit sur chacune de ses œuvres à mettre en valeur des avions stars en les isolant dans le ciel tout en les intégrant à un paysage presque toujours mythique.
Son Constellation de la Varig au-dessus de la baie de Rio est un bon exemple de son style. L’avion occupe magistralement l’espace mais l’aspect fantastique du relief autour de Rio est parfaitement suggéré à la limite de l’expressionnisme et de l’hyperréalisme, comme un écrin pour un bijou d’aluminium. On peut penser également au traitement des paysages de l’art japonais. Les éclairages mettent en valeur les courbes métalliques et les formes superbement imparfaites des carlingues en alu de l’heureuse époque où les peintures criardes et vulgaires ne les recouvraient pas.
On imagine facilement Fangio dans ce Constellation, il vient de décoller de Santos-Dumont au pied du Pain de sucre, il a passé quelques jour au Copacabana Palace pour une tendre étape amoureuse après le Grand Prix d’Argentine de manière a se consoler de sa 4e place et avant d’aller disputer le Grand Prix de Cuba. Hors championnat mais les primes de départ sont en dollars et la concurrence en cette année 58 est plus dure.
Maria Verana, l’hôtesse de la Varig, vient gentiment proposer au Campeon un cafezinho bien chaud, il l’avalera d’une traite, de peur de le renverser sur sa chemise blanche ; l’air chaud de ce mois de février provoque des remous d’air et la cabine est durement secouée. Qu’importe, il est confiant, bien installé dans son profond fauteuil de 1ère classe, sait qu’il sera chouchouté durant tout le vol par l’équipage. Le commandant de bord l’a félicité en castillan pour son titre suprême de l’an passé. Son mauvais accent l’a amusé mais il est toujours sensible aux compliments surtout dans sa langue.
Pourtant, en pensant à ce mauvais accent, un petit détail sans importance agace encore Juan Manuel : juste avant l’embarquement, une jeune femme l’a bousculé sur le tarmac de l’aérogare sans même se retourner ; rien d’extraordinaire, hormis le Faites attention sans suite qu’elle a prononcé dans un espagnol gravement teinté d’un accent slave indéfinissable... Bah ! Dans quatre heures il atterrira à La Havane, puis il s’installera dans cette belle chambre de l’Hôtel Lincoln.
Fangio ne restera pas dans sa chambre car il a entrevu Stirling Moss dans le hall et il tient à discuter de la révolution provoquée par les anglais, un mois auparavant à Buenos Aires. Le terme de révolution n’est pas trop fort pour décrire cette rupture qui va devenir bientôt définitive dans le monde entier : La position du moteur à l’arrière des monoplaces de Grand Prix et de sa conséquence la victoire de la Cooper Climax. Il veut évoquer cette révolution avec Moss, l’un de ceux qui l’ont ourdie.
Pendant cette discussion animée, une autre révolution va rattraper Fangio pendant 24 heures. Celle de Faustino Perez Hernandez et de ses Barbudos du M26 qui afin de faire un coup d’éclat et se faire connaître du monde entier enlèveront le Champion sous les yeux médusés des clients de l’hôtel.
Trois mois plus tôt Faustino rentrait de Moscou accompagné d’une jeune femme, Tania Lopatnikoff à l’accent slave très marqué.
Signé Jean-Paul Orjebin
Exposition Luigi Perinotto
CARLINGUES
25 octobre - 24 novembre 2007
Galerie Vitesse
48 rue de Berri 75008 PARIS
Lundi au samedi de 14h à 19h
www.galerievitesse.com
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lundi, 15 octobre 2007
Automédon 2007, encore un dimanche de perdu dans le neuf trois
Voir aussi Automédon 2005, ou un dimanche à perdre dans le neuf trois

Espèce de grosse brocante avec des voitures dedans, ou plutôt dehors, Automédon, dont la 7e édition s'est tenue ce week-end, occupe une place à part au calendrier de la voiture ancienne, tellement à part que peu la connaissent.
Ceux qui savent que ça existe se rendent au parc des exposition du Bourget, ce qui manque pas de désorienter le familier de Rétromobile qui doit se payer une plongée dans le neuf trois, désorientation d'autant plus aiguë s'il emprunte le RER jusqu'à la gare du Bourget, unique stratagème pour ne pas acquitter le péage de neuf euros (oui, vous avez bien lu 9 €) pour garer sa caisse, à moins qu'il ne roule en ancienne dont le parking est gratuit.Arrivé à la guérite d'accueil, il se verra délester de neuf autres euros (oui, vous avez bien lu 9 €) pour se voir "offrir" quelques véhicules présentés par des clubs, déjà maintes fois vus, des pièces détachées, quelques miniatures et enfin deux ou trois étals de libraires.
S'il veut se nourrir, notre visiteur préfèrera une salade de pistons agrémentée d'un soupçon de Yacco, meilleur marché, que le jambon-beurre, hissé à des hauteurs insoupçonnées par l'unique resto d'Automédon.
On optera donc pour la nourriture aussi terrestre qu'intellectuelle dispensée par les clubs ayant joué le jeu de la présentation, dont le thème était l'Amérique.
Ainsi le club Simca, dont l'Aronde Grand Large de l'ami Pierre Chrétien (ci-dessus), était la pièce maitresse, était-il déguisé comme un seul homme en mariachis, avec sable, cactus et carcasse de bison dans le stand.
Une mise en scène spectaculaire mais insuffisante pour lui assurer l'Enjoliveur d'Or, le premier prix du concours de stands, enlevé par un club Panhard et Levassor à la présentation pourtant terriblement banale. Cuisine de jury que nous ne touillerons pas.


Depuis peu, une règle est commune aux teneurs de stands d'automobilia et de vieux journaux : on met du Cevert en vue, Coco ! Avant c'était Senna. Sans doute flotte-t-il dans l'air que respirent les teneurs de stands d'automobilia et de vieux journaux un nuage de pixels bleus et blancs.


Un camp de réfugiés ? Non, non, le parking d'Automédon qui sert aussi de bourse d'échange. Mais on s'y tromperait et nous ne jurerions pas que le système d'écoute américain Echelon ne s'y tromperait pas aussi, capable de flouter comme secteur sensible ce paisible morceau de bitume.


Déjà midi. Entre une grillade de pistons à la sauce Prost (proclamé sur le carton qui les authentifie comme tels) et une brochette de carbus, nos papilles balancent. Le sourire jaune du vendeur de cette quincaillerie suggère beaucoup sur l'état mental qu'il nous prête, comme nous faisons ces photos.

Posée sur une remorque, il y a une Jaguar MK 10 à vendre. 7 500 €. Pas cher mais la caisse est sérieusement à revoir. Nos lecteurs connaissent le sentiment qui nous étreint chaque fois qu'une de ces machines est en vue, ce qui est rare car il n'en reste plus guère de ces grosses berlines fragiles comme du verre, à l'époque. Alors maintenant, vous pensez ! Nous devons à celles qu'a possédées notre beau-père l'amour de l'automobile.

Tiens, James Dean est venu à Automédon. Immatriculé dans l'Eure et non en Californie. Encore un effet du réchauffement climatique ?


Les teddy girls and boys sont de sortie. Dame il fait beau et pas de vent, les cheveux tiennent sans gomina. Les trois à droite sont penchés sur la suspension - magnifique, on dirait celle d'une Lotus 25 mais l'image ne le montre pas donc croyez nous sur parole - de ce rod avec autant d'attention que votre serviteur sur la stèle d'un pilote inconnu.
Un truc en passant qui n'a rien à voir : si vous demandez à la cantonnade la signification du terme Automédon, chacun de s'écrier : c'est le conducteur du char d'Achille lors de la Guerre de Troie, puis de son fils Néoptolème. Son nom est passé dans le langage courant, un "automédon" désigne un bon conducteur d'attelage. Edifiant, n'est-ce pas ? Wikipédia est à la culture ce que McDo est à la gastronomie. Et ça impressionne les teddy girls.

Voilà qui devait arriver. Marri d'avoir raté la première place du concours de stands à cause d'une magouille (note du comité de lecture, merci de lire : "Marri d'avoir raté la première place du concours de stands en raison d'une faiblesse de présentation de son club), l'ami Pierre Chrétien errait l'arme au poing sur le parking d'Automédon, le brave conducteur de char bien connu. Avisant un local, un cow boy d'Aubervilliers, il le braqua, comptant sur sa bourse pour se rembourser des 13, 10 € que lui avaient coûtés un jambon-beurre, une tartelette au chocolat et une Kro.

Heureusement la police veillait. Tiens, le shériff est immatriculé dans la Seine. Encore un effet du réchauffement climatique ?

Indifférente et glacée, cette Chevy low rider s'apprête à quitter le parking d'Automédon. Elle a assuré à elle seule, avec deux ou trois copines, l'essentiel du trafic visiteur d'Automédon, ce brave conducteur d'attelage qui mise sur son parking et les anciennes de son public pour assurer sa prestation. L'y reverra-t-on l'an prochain ?
Automédon . Parc des expositions Paris Le Bourget . 13 et 14 octobre 2007
www.automedon.fr
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dimanche, 14 octobre 2007
La R8 Gordini, 43 ans après

Fin 2006 était créée à l'initiative de Renault Histoire et Collection, la mémoire du Losange, une coupe Gordini new look, l'International Gordini Revival, qui a consisté en 2007 en un ensemble de quatre réunions courues dans le cadre des World Series de Renault, dont la finale fut disputée à Lohéac les 6 et 7 octobre derniers, lors de l'Autobrocante Festival. Gianpaolo a demandé à Michel Maurier, un ami qui y a participé, de bien vouloir nous en donner ses impressions.
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Largement survireuse, le R8 Gordini requérait de la part de son pilote un fin doigté pour la maîtriser. Mais quelles sensations ! Si j’avais su ! Si j’avais su que 40 ans après, une R8 G, celle que j’avais la chance de posséder et qui valait tout juste 10 à 13 000 francs (2 000 €) vaudrait aujourd’hui la bagatelle de 30 000 €. Et encore faudrait-il en trouver une en bon état.
Après que mon ami Pierre Lees m’a mis dans la tête l’idée un peu folle de participer à l’édition 2008 de l’International Gordini Revival, j’ai voulu me rendre compte de ce à quoi cela pouvait ressembler. Je suis parti très tôt un samedi matin avec mon ami Daniel, celui-là même qui m’accompagnait déjà 40 ans avant dans mes aventures automobiles. Il aura donc fallu presque 40 ans pour que je me replonge dans cette ambiance, mais que d’émotions et de souvenirs. De voir et d’entendre ces autos m’a rappelé ces années d’insouciance au cours desquelles nous pouvions nous faire plaisir sans contraintes. Elles accusent a peine le poids des années, mais leurs propriétaires afin de les menager les font voyager sur remorques, faute de quoi elles ne passeraient pas toutes la Porte de Saint-Cloud à 18 h. Mais elles sont toujours là, fringantes.La "course"
Je mets des guillemets car ce n’est pas vraiment une course. Les pilotes ont le droit de se dépasser, de se tirer un peu la bourre, mais encore une fois elles sont fragiles et une sortie de piste ou à un accrochage causerait des dégats lourds de conséquences.
Les pilotes
Je ne mets plus de guillemets, car certains étaient déjà là en 1970, tant en rallye qu’en coupe Gordini. A cette époque ils étaient moins timorés et rentraient vraiment dedans. Il n’est que de voir les photos de ces années pour comprendre. Certaines font plus penser à du stock-car qu’à une course auto, mais quel spectacle. Je me souviens d’une course sur le circuit de Rouen, à la fin de laquelle plusieurs d’entre elles revinrent au parc fermé, tractées par des remorqueuses, en piteux état, cabossées de partout, le Nouveau Monde avait encore frappé. Mais le dimanche suivant, retapées, elles étaient à nouveau au départ sur un autre circuit.
Ragnotti
Cette tête brûlée a droit à une tête de chapitre. Egal à lui-même, au volant d’une Maxi Turbo, celle-là même avec laquelle il participa au championnat de France des rallyes, son fidèle navigateur Thimonier à ses côtés. Il tournait ce week-end en exhibition à Lohéac avec trois autres autos. Une berlinette jaune avec Alain Serpaggi au volant, une Clio 16 S et une Clio de 10 ou 15 ans d’age, ancienne voiture d’Alain Oreille qui était pilotée par une légende du Rallye, Jean Vinatier, qui doit être le premier vainqueur d’un rallye au volant d’une R8G.
Pour en revenir à Ragnotti, il n’a pas usurpé son surnom de "Kamikaze de Carpentras". Il passait sans lever dans la courbe à droite devant laquelle je me trouvais, et même Serpaggi s’est enrhumé a son passage. Personne, pas même le diecteur de course ne pouvait calmer les ardeurs de Jeannot et sa Maxi Turbo. Juste avant l’entrée aux stands, en pleine ligne droite et à vitesse maxi, il nous crédita d’un superbe tête-à-queue qui fit sursauter les spectateurs, tous persuadés que cette manœuvre était involontaire et due à une gêne de l’auto plus lente le précédant. Pas du tout, c’était tout à fait volontaire et la manoeuvre a été répétée à plusieurs reprises, à chaque fin de série où il embarquait avec lui une personne de l’organisation qui ressortait systematiquement le tein verdatre.
L’une d’elle nous relata qu’elle n’avait rien vu car elle avait fermé les yeux de terreur. Le responsable de Renault Histoire et Collection a fait semblant d’avoir peur pour ses autos, pour le principe, mais ne fait pas semblant de compter avec précision le nombre de trains de pneus qu’il est obligé d’approvisionner a chaque exhib' de ce funanbule de Ragnotti.

Signé Michel Maurier
15e Autobrocante Festival . Finale de l'International Gordini Revival . Manoir de l'automobile de Lohéac . 6 et 7 octobre 2007
R8 G © Michel Maurier
mercredi, 10 octobre 2007
Un dimanche à l'autodrome 03/04, fantômes du Routier

D'avoir arpenté le Routier, solitaire, m'a remis en tête le titre d'un bouquin de cette vieille canaille de Montherlant, Un voyageur solitaire est un diable, état d'esprit que je partage avec l'homme qui sévissait Quai Voltaire, et écrivait ; deux autres points que nous avons en commun, si ce n'est que l'écriture, pour votre serviteur, se résume à des listes de courses.
Le voyageur solitaire du Routier est un diable qui lève des fantômes sous ses pas. Peu après le kilomètre 1, passé le chateau d'eau, un visage de bronze semble faire la manche. Une manche d'attentions. Il est accroché à une stèle qui indique : "A Louis Rosier - Champion de France - 1905-1956"
Il y a exactement cinquante-et-un ans, le 7 octobre 1956, une Ferrari 750 Monza qui courait la Coupe du Salon partait en tonneau sur la piste mouillée au niveau de la contre-courbe Ascari et envoyait à l'hôpital son conducteur, Louis Rosier. Il décédera le 29 octobre. Ironie du sort, c'est à Montlhéry qu'il remportait sa dernière victoire quatre mois auparavant, sur une Maserati 300 S d'usine partagée avec Jean Behra aux 1000 km de Paris.
Ce type de clin d'oeil morbide - victoire suivie d'accident fatal sur un même circuit n'est d'ailleurs pas rare -, Henri Oreiller, pour évoquer un personnage dont la stèle m'est restée inaccessible, fut l'objet d'une telle attention ; vainqueur de la Coupe du Salon 1961 sur sa Ferrari 250 GTO et trouvant la mort lors de la même Coupe du Salon l'année suivante, un 7 octobre. Comme l'accident de Louis Rosier. Comme le jour de mon voyage solitaire chez les diables.

Cette méchante pierre ne rend guère hommage à celui dont elle marque le souvenir, Henry de Courcelles, ambitieux jeune homme qui brûlait la vie par les deux bouts, dont l'un se consacra un temps à Hélène Delangle, dite Hellé Nice, une de ces aventurières des années folles qui passait du cheval à l'automobile et à l'aéroplane sans se repoudrer.
Aviateur lui-même, De Courcelles fréquentait dans les années vingt une boutique d'accessoires automobiles, rue Saint-Ferdinand à Paris où se rencontraient les jeunes gens ayant en commun goût de l'aventure et portefeuille garni. On y croisait des Rothschild, André Dubonnet (de Dubo, Dubon, Dubonnet) ou Frédéric Coty, un magnat des cosmétiques. Et bien sûr Hellé Nice.
Henry de Courcelles, lui, fait les choses sérieusement ; il permet à Lorraine-Dietrich de remporter sa première victoire aux 24 heures du Mans, en 1925. Ce 2 juillet 1927, il est inscrit à la course de formule libre disputée en lever de rideau du GP de l'ACF couru le lendemain. Il est en tête sur sa grosse Guyot spéciale, type Indy, lorsqu'il s'écrase contre un arbre, ce qui lui vaut 80 ans plus tard la visite solitaire d'un diable de blogueur.

Sur Roger Masson, pilote moto, nous n'avons rien, sinon qu'il ne saurait être confondu avec Roger Masson, pilote auto des années soixante. Peut-être quelqu'un sait-il quelque chose sur ce diable de fantôme ?
Images © MdS
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lundi, 08 octobre 2007
Un dimanche à l'autodrome 01/04, Rosalie

Les dimanches à chevrons se suivent sans se ressembler pour MdS qui a sauté de l'inauguration high tech du C42 des Champs-Elysées à un voyage dans les années trente au bras d'une Rosalie, belle au soleil d'automne en dépit de ses 75 ans, déclinée en versions 8, 10 et 15, elles-mêmes gréées en berlines, coachs, cabriolets, légères et utilitaires. Cela se passait à Montlhéry, entrouvert pour l'occasion à l'initiative de l'association "Citro-propulsion" [1] avec la bénédiction de la firme puisque un transporteur officiel avait convoyé deux autos de course modernes.

N'était le toit du restaurant qui date ce cliché, on jurerait ces deux élégantes posant dans le parc des coureurs du Grand Prix de l'ACF 1936, couru à Montlhéry, le temps que le mécano de Pierre Veyron s'échappe de la Bugatti de son patron pour les photographier. Et d'ailleurs, ce 28 juin, Maurice Chevalier chantait "Ma pomme", tout comme hier ; les organisateurs étant raccord sur la musique aussi.

Plus méchante, la "Petite Rosalie" qui abattit en 1933 300 000 km à Montlhéry en 133 jours à la vitesse moyenne de 93 km/h, battant au passage 106 records du monde et 181 records internationaux dans sa classe des moins de 1500cc. C'était le temps des records considérés par les marques comme de puissants vecteurs de réclame. André Citroën n'y était d'ailleurs pas sensibilisé, leur préférant les grands raids, et il fallut la persuasion de César Marchand, ex-pilote chez Voisin passé chez Yacco, pour qu'il donne son accord à la transformation en un cigare profilé d'un châssis C6F de série. L'auto vue ce dimanche est une reconstruction.


Soixante-dix ans séparent ces deux-là qui ne le sont pourtant que par deux unités dans la nomenclature Citroën. Ce qui différencie la C2 de son ainée C4 reflète "l'évolution" de la société : petites mais larges roues pour se sentir dans son fauteuil, comme chez soi, museau agressif qui signifie "toi je t'emmerde", larges surfaces vitrées pour mater sans être vu.

Cette deux pattes dont le toit semble avoir subi le coup de latte d'un tricératops est la reconstruction du proto retaillé par l'ingénieur Pierre Barbot pour se faire des records, notamment conduite par un tout jeune Jean Vinatier. Le 27 septembre 1953, elle enlevait sur cette piste 9 records internationaux dont celui des 12 heures à 90,960 km/h de moyenne et celui des 24 heures à 85,02 à l'heure.

L'association Linas patrimoine et tradition faisait partie d'un ensemble "patrimonial" groupé sous une tente en compagnie d'un magazine, Route nostalgie (sur lequel nous reviendrons), et d'une autre association évoquée plus avant. Son dynamique président, Michel Petit, est intarissable sur l'histoire de l'autodrome et comme il dispose de tonnes d'archives, on l'écouterait des heures. Il nous parle des épreuves cycliste derrière derny qui se sont déroulées ici. Nous vous renvoyons à leur site Internet [2] où sont recensées de nombreuses cartes postales représentant l'autodrome.

Entre une responsable des Archives départementales de l'Essonne [3] (à gauche) et une personne attachée au cabinet de Nathalie Kosciuscko-Morizet, députée de l'Essonne et secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, Jean-Pierre Beltoise expose à Laurent Poulain, président de l'association Patrimoine sportif et mécanique, qui se consacre à la sauvegarde de l'autodrome, son point de vue sur la question. Il faut classer cette partie du Routier ainsi que l'anneau et les infrastructures avoisinantes, indique-t-il de son doigt sur un plan. Au besoin en dégageant des ressources sur le Routier pour financer la préservation du reste. Puis quelqu'un lui demande de signer l'ouvrage sur Montlhéry de Dominique Pascal. JPB s'exécute en torchant même à côté de sa signature le crobard d'une monoplace avec les suspensions, précise-t-il, bon enfant. Sacré Bébel !

Pierre Flahaut est l'un des anciens pilotes français, avec Georges Houel. Il pose à côté d'une Simca 8 de 1949, carrosserie course à deux places, construite par le vice-président de l'Agaci Just-Ernest Vernet. Après une carrière honorable vers la fin des années quarante et suivantes, elle devint la propriété de l'Agaci qui l'utilisa comme voiture-école.
Fête de la Propulsion . 75 ans de la Rosalie . Autodrome de Linas-Montlhéry . 6 et 7 octobre 2007
www.citroen-rosalie.com
[1] www.citroen-rosalie.com
[2] http://linas.patrimoine.free.fr
[3] Archives départementales de l'Essonne (dispose d'un fonds "Autodrome")
Images © MdS
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vendredi, 28 septembre 2007
Michel Loreille a du coeur

Michel Loreille a chargé sa Talbot bleue dans son bus vert le week-end dernier et s'en est allé en Auvergne courir contre le cancer. L'automobile sportive s'est achetée une conduite, ces derniers temps, pour éloigner le spectre de sa mise au ban de l'opinion en s'engageant dans des opérations caritatives. Après le Mécénat chirurgie cardiaque et 300 Ferrari contre le cancer au Vigeant, se tenaient les 22 et 23 septembre, Les Heures internationales de Charade - 4e Action cancer.
Le programme, édité par l'Ecurie Auvergne, qui organisait cet événement, donne des précisions. "Il s'agit d'un rassemblement de véhicules anciens, populaires, de prestige et à titre très exceptionnel de course et de Bugatti. Cette manifestation a pour seul objectif de collecter des fonds en vue d’un don le plus important possible à un organisme officiel de recherche ou de lutte contre le cancer."
Michel Loreille raconte l'essentiel dans un message.
Je viens de rentrer de Charade.
Que Michel soit remercié de son témoignage qui, s'il ne bouscule pas les lois du reportage, témoigne d'un attachement
Beaucoup de conditionnels dans tout ça, n'est-ce pas ?
En ce qui concerne le garage de Louis Rosier, c'est un scandale dont Gianpaolo avait témoigné cet été.

Heures Internationales de Charade . Circuit de Charade . 22 et 23 septembre 2007
http://monsite.wanadoo.fr/ecurieauvergne
Jean-Louis Rosier et Michel Loreille © Michel Loreille
La Talbot à Charade © Michel Loreille
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jeudi, 27 septembre 2007
Excellence automobile de Reims : longtemps

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les autos ont disparu
Leurs frissons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom du conducteur
Sans savoir pour qui battait leur cœur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d'idées
On fait la la la la la la
La la la la la la

1er week-end de l'excellence automobile de Reims . Circuit de Gueux en Champagne . 22 et 23 septembre 2007
www.weea-organisation.com
Charles Trenet quittant le circuit de Gueux, idée et image de Pascal Bisson
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