dimanche, 01 novembre 2009

L'hommage bruxellois à André Van Bever


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MdS avait publié quelques jours après que André Van Bever eut quitté la piste, fin janvier 2008, un entretien du photographe belge avec Michel Bollée, dont la teneur m’avait ému et fait regretter de ne pas avoir connu la période du sport automobile considérée. Sur une heureuse initiative de  son épouse, Nicole Englebert-Van Bever, un hommage à André Van Bever fut rendu à Bruxelles durant la deuxième quinzaine d’octobre. C’était dans les Grandes Halles construites pour l’Expo de 1880 qui abritent le musée automobile bruxellois Autoworld. Une mise en scène sobre et sans prétention, "à la belge".


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Une présentation d’une centaine de photos à forte connotation belge furent sélectionnées par Madame Van Bever parmi les 50 000 images qui composent les archives de feu son époux. Une vitrine renferme quelques souvenirs du photographe, notamment ses boitiers, des coupes glanées plutôt en dehors du sport auto et une carte autographe de son concurrent Bernard Cahier qui prouve que leur rivalité sur les circuits ne les empêchait d’être amis.

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Certains clichés mettent en valeur le coté bon enfant des années 60 comme celui où le Roi Beaudoin en blouson, au GP de Bruxelles 1960, sourit gentiment en compagnie de Paul Frère et Olivier Gendebien.

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Et celle bien connue de Trintignant au GP de Belgique 1961 à Spa, ramenant aux stands Innes Ireland debout sur les triangles de suspension.

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Cadré au cordeau, le virage de la Gare à Monaco, quand il y avait une gare…

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Figés sur la pelloche, des moinillons à casquettes échappés sur le Liège Rome Liège regardent les autos passer. On note la Dauphine de service aux couleurs Les Sports de Van Bever garée a l’extérieur de l’épingle, porte conducteur grande ouverte, ce qui laisse pressentir l’état d’urgence dans lequel était le photographe à ce moment-là.

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Une photo étrange et magnifique, celle de l’Alpine de Mauro Bianchi et Philippe Vidal qui semble au milieu de nulle part alors qu’elle est sur le circuit de Reims en 1965.


avb9.jpgEnfin la terrible année 1955 au Mans et ce cliché classique de la Jaguar d’Hawthorn repartant des stands avec parmi les photographes captant l’instant la silhouette de Bernard Cahier qui dans son objectif avait en arrière-plan celle de Van Bever.
Ceci est une sélection subjective de la sélection à la fois rigoureuse et de cœur effectuée par celle qui l’accompagnait souvent sur les courses et rallyee. Un gentil co-organisateur de l’expo a souhaité voir la signature de MdS sur le livre d’or, ce fut fait et ce fut un honneur d'être voisin de la dédicace de Pierre-Alain Thibaut, le patron du circuit de Spa-Francorchamps.


Exposition-hommage à André Van Bever . Autoworld (Bruxelles) . 15 au 30 octobre 2009

www.autoworld.be
Voir le dossier de presse

 
 

Jean-Paul Orjebin



Reproductions des photographies
© Jean-Paul Orjebin

jeudi, 15 octobre 2009

Automédon 2009, ou comment un Putéolien s’égare dans le neuf trois


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Voir aussi
Automédon 2005, ou un dimanche à perdre dans le neuf trois
Automédon 2007, encore un dimanche de perdu dans le neuf trois
Automédon 2008, ou comment flamber un samedi dans le neuf trois
Automédon 2008, ou les beaux dimanches du neuf trois




"Tu vois Coco", me dit le TTDCB (le substantif Coco est très employé en salle de presse), "tu vas nous faire un papier qui sort de ton univers habituel ; les vieilles anglaises et les motos vintage, ça va un moment… c’est toi qui couvre Automédon, de toute façon Gianpaolo révise son italien en immersion pour une prochaine chronique bolognaise, Dhotel vogue sur les îles grecques, le Professeur classe ses photos, Era se promène sur la Côte Est et Gétédrime est toujours en train de réparer son Canon. Je n’ai pas le choix".



J’aurais au moins choisi le cadre de cette conférence de rédaction, me dis je en dégustant le Morgon qui accompagnait un excellent saucisson chaud-pommes à l’huile ; cela nous change de son fast-food habituel ! Après avoir hésité à emprunter un véhicule idoine pour cette mission (Fuego orange ou R14 verte), c’est finalement en scooter que j’ai pris la direction du Bourget.
Je pensais être accueilli par une horde de bikers aux entrées du parc d’exposition mais c’est vers la banale porte L que se faisait l’accès au hall 4, sans grande animation ou signalétique conséquente. Je m’attendais, sans doute à tort, à quelque chose de plus canaille ; en fait le hall en partie occupé l’est pour une bonne part par les divers marchands du temple. Les pièces détachées anciennes et rares auxquelles s’intéressent d’authentiques amateurs côtoient divers gadgets ou objets customisés dont nous ne commenterons pas le style. J’ai pu voir chiner notre JPB national, mais l’homme est insaisissable et les pauvres clichés que j’ai pu prendre m’ont fait mesurer l’écart me séparant à ce jour d’un véritable paparazzo ; il est vrai qu’il bouge beaucoup le bougre !

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Et les voitures ? Un espace Citroën important mais sans grande originalité scénographique, un sympathique stand Simca et quelques belles anciennes disséminées ici et là. Heureusement un espace est consacré à Pichon-Parat, le célèbre carrossier de Sens dont les voitures aux formes résolument optimistes savent nous ramener dans un univers onirique proche du génial Franquin ; la superbe Panhard Tigre  mériterait de côtoyer la Turbotraction dans les rues d’Incognito City…

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Puisque nous sommes aussi dans l’univers de la customisation, autant ne pas bouder notre plaisir devant la Peugeot 402 revue et corrigée, accompagnée de sa caravane ; à ce niveau, respect ! 

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Finalement, le plus réjouissant consiste en l’exposition des majestueuses et extravagantes américaines des sixties. American Graffiti, quand tu nous tiens… Comment ne pas s’imaginer dans un drive-in californien un beau soir d’été, Big Mac et maxi Coke sur un petit plateau accroché à la portière, plus intéressé par la pom pom girl assis à notre côté sur l’immense banquette que par la séance elle-même ? 

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Et cette incroyable Ford Fairlane convertible, à gauche, sorte d’alien mécanique ? Parmi ces dinosaures, un modèle est particulièrement représentatif de la précarité de l’espèce : l’Edsel marque crée selon la volonté du fils d’Henry Ford et dont l’échec fut cuisant.

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Il serait inconvenant de ne pas mentionner une descendante de l’émigré bordelais ayant laissé son nom à une prestigieuse lignée, une Cadillac Fleetwood dont la couleur acidulée et son porte à faux conséquent, auraient à coup sûr séduit the King himself ! 

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Deux spécimen ne peuvent laisser indifférent, deux parmi les plus belles voitures jamais construites outre atlantique, dont la sobriété ajoute à l’intemporabilité : une "woody" du début des années 50, à gauche, et la superbe Chrysler 300 qui inspire encore des stylistes contemporains. Bien sûr on reste loin du contexte français de ces années-là mais au moment de s’en aller, pourquoi ne pas le faire de manière plus authentiquement franchouillarde avec cette élégante Peugeot 1952 qui nous invite sur la Nationale 7 ? 

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 Automédon . Parc des expositions Paris Le Bourget . 10 et 11 octobre 2009
www.automedon.fr



Christian Magnanou




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© Christian Magnanou

lundi, 27 avril 2009

Vernissage de l'exposition "Souvenirs de l'autodrome"

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Samedi 25 avril était dévoilée à la Maison du patrimoine de Montlhéry la première exposition exclusivement consacrée, à notre connaissance, à cet autodrome de Linas-Montlhéry, jamais aussi vivant que depuis qu'on l'a fermé aux compétitions fin 2004.



exmo16.jpgImpressionnante, la liste des organisateurs, contributeurs et intervenants : Le service culture et patrimoine de la ville de Montlhéry, l'Utac, l'Association patrimoine sportif et mécanique, l'Association Vincennes en anciennes, le Musée national du sport, Les Amis de Rob Roy, Les Amis de Géo Ham, le Club des Rosalie Citroën, le garage Hébert, le Groupe d'histoire Renault, Jean-Pierre Beltoise, Jean-Paul Durand, Robert Bosvin, Jean-Marie Guivarc'h, Matthieu Flonneau, Patrick Lesueur, Jean-Pierre Lyonnet, Philippe Monneret, Pascal Pannetier, Patrick Police, Roland Roy, Jean Claude Serre, Jean Vinatier, Philippe Vogel.

Un consensus est à l'oeuvre autour de ce qu'il convient de faire de l'autodrome, qui rassemble des acteurs qui jadis s'opposaient, tel l'Utac et les utilisateurs sportifs. L'Utac qui expose le cahier des records enregistrés sur l'autodrome, pièce unique jamais encore montrée au public - à l'image ci-dessus. Le petit carnet rouge qu'on y voit à coté est un trésor exposé par le garage Hébert, un marchand d'automobilia de Montlhéry ; il recueille les annotations quotidiennes de Monsieur Colibet, chef de piste durant des décennies. Il y a un carnet par an. On rêve de la publication en feuilleton de ces journaux de bord restés secrets à ce jour.
 
Roland Roy fut entre 1967 et 1972 au bureau d'études au service compétition Matra où il a notamment dessiné les carrosseries des 650, 660, 670. Redescendu depuis au 1/43e, il propose plusieurs maquettes d'autos s'étant illustrées ici.

exmo9.jpgOn ne voit pas à l'image mais on la devine n'est-ce pas ? la maquette de la Renault 40 CV des records de 1926 apportée par le Groupe d'Histoire Renault, alors que le Jean-Pierre Wimille réduit par nos soins à 280 pixels de large pour entrer sur la colonne a été prêté par le Musée national du sport qui lui a adjoint diverses pièces liées au cyclisme sur l’autodrome, affiches, vélos, maillots...
 
Réduite par sa superficie mais costaude par la nature et la rareté de certaines pièces, l'expo "Souvenirs de l'autodrome" devrait fournir une plate-forme d'échange autour de ce site mythique que la mairie de Montlhéry prend à coeur. En témoigne l'ardeur déployée par Nathaly Pichon, adjointe à la culture et au patrimoine.
Et partout on travaille, comme Laurent Poulain, président de l'Association patrimoine sportif et mécanique, qui avec son compère Pascal Pannetier ambitionne de fédérer en un lieu unique toute la mémoire de l'autodrome.

D'abord, commencer par recueillir la parole des grands anciens, telle celle de Madame Souihol, l'ancienne secrétaire de l'Acif qui vivait dans un bus garé près des pistes et a accumulé une somme de souvenirs qu'il serait criminel de laisser perdre. 
 

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Pressenti par les organisateurs, l'ami Jean-Marie Guivarc'h leur a confié trois toiles dont ce "Georges Monneret au guidon de sa Jonghi 250 2 ACT à Montlhéry en 1936", qui ne mange pas de pain, selon l'avis émis par un quidam qui visitait l'expo sur nos basques. Voilà de la critique d'art ou nous n'y connaissons rien...
 
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L'Association les amis de Géo Ham et la Collection Daniel Bayle ont conjugué leurs actions autour de Georges Hamel, dit Géo Ham (1900-1972), qui réalisa ses premiers dessins à 14 ans et s'imposa comme l'un des grands illustrateurs français grâce à son style mariant le mouvement et l'ambiance de l'instant. Voilà qui ne mange pas de chocolat eût estimé notre critique d'art s'il n'avait pas choisi, à cet instant de la visite, d'aller aux lieux d'aisance.
 
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Ce Rob Roy, tout de même, quel culot !
Il a carrément planté son chevalet dans le stand Mercedes pendant le Grand Prix de l'ACF à Montlhéry et a continué à peindre comme s'il était sur les bords de Marne à barbouiller une guinguette. Monsieur Hubert de la Rivière, fils de Rob Roy, s'est souvenu de la publication de cette aquarelle paternelle sur MdS, et loin de nous poursuivre pour infraction à la législation sur les droits d'auteur nous a enjoint à poursuivre ces publications car, plus on parle de mon père, mieux c'est ! Gageons qu'on en parlera en 2009, année du centenaire de sa naissance.
 
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Que du lourd ! Ecoutant l'intervention de Claude Pons, maire de Montlhéry, hors champ, de gauche à droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, maire de Longjumeau et conseillère régionale d'Île-de-France, Bernard Dumas, président de l'Utac ; Jean-Pierre Mougin, directeur général de l'Utac ; Christian Schmaltz, directeur de la communication dudit organisme, Laurent Poulain, président de l'Association patrimoine sportif et mécanique, Pascal Pannetier, fondateur du magazine Route Nostalgie, et Patrick Police, historien du cyclisme.


exmo4.jpgSpécialiste de l’architecture des années 1910-1930 et illustrateur reconnu alliant architecture et l’automobile, Jean-Pierre Lyonnet inaugura le cycle des conférences par un exposé sur les autodromes en Europe, sujet d'un livre à paraître dès qu'il fera beau, d'après le conférencier qui eut l'heur d'amuser François Libert, à nos côtés. Ici une vue de la page sur Brooklands.  







exmo5.jpgToujours à l'aise en public, JPB s'est laissé aller à quelques digressions sur ce que l'autodrome lui avait procuré de joies et de peines. Il n'a pas répété ce qu'il avouait un peu plus tôt au cinéaste auteur du film Les Seigneurs de l'anneau, diffusé en lever de rideau. Le jeune débutant qu'il était en 67 devait faire la connaissance de Jean Rolland alors que celui-ci était parti faire trois tours en fin de journée sur le routier. Jean est parti faire trois tours, lui avait-on dit chez Alfa Romeo, attends-le. JPB et Johnny Rives, l'initiateur de la rencontre, patientent donc. Après ils iraient diner quelque part. Soudain une colonne de fumée...




exmo3.jpgLe trop modeste Jean Vinatier, interviewé par Christian Schmaltz, a évoqué son Bol d'or 53 alors qu'il était tout juste en âge d'avoir sa licence de pilote -19 ans. Il mènera la 2CV Barbot au bout de la compétition en remportant la catégorie. En septembre de la même année, toujours sur l'autodrome, la barquette qui a subi quelques aménagements aérodynamique au niveau des échappements bat 9 records internationaux pour le compte des huiles Yacco. Et de nous régaler de ses souvenirs de la Potinière, ce fameux restaurant maintenant détruit.
 


exmo2.jpgAutre auto retaillée dans les grandes largeurs, la Renault 4 CV que Camille Bosvin (prononcer Bossevin) avait transformée dans les années 50 en une barquette au moteur tournant à 7000 t/m, installé inversé en position centrale sur un châssis tubulaire. C'est son fils, Robert, qui présenta sur scène ce fabuleux travail d'un précurseur méconnu de l'ingénierie automobile. On se rappelle le papier que Hubert Baradat avait écrit sur le livre que Robert a commis sur cette Bosvin Michel Spéciale.
 




exmo1.jpgLorsque deux mains esseulées se levèrent en salle en réponse à la question Connaissez-vous le pilote Mike Beuttler ? posée par Philippe Vogel, ultime orateur de l'après-midi, celui-ci sut qu'il s'exprimerait devant un fort potentiel d'acheteurs de Privé de gloire. Ces ignares eurent droit à un exposé magistral, joli diaporama à l'appui, sur la manière moins magistrale dont Mike Beuttler remporta son unique victoire à Montlhéry : en bloquant tout au long. Mais peu importe le flacon, pourvu que, etc.
 

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Plus important club multimarques de France avec 1000 membres et 2000 véhicules, Vincennes en anciennes avait convoyé quelque jolis objets de sa collection, comme cette Simca 6 dont un officier ferait volontiers son ordinaire.
 
 
 

Exposition "Souvenirs de l'autodrome"

25 avril - 26 juin 2009
Maison du patrimoine
27 Grande Rue
91310 Montlhéry
Lien fin
Entrée libre
Lundi au vendredi : 9 -12 h 30 et 14 -17 h 30 
Samedi et dimanche : 14 à 18 h
 

Journées spéciales les samedi 2 mai et 20 juin
Centre culturel et artistique Michel Spiral
5-7 rue des Archers
91310 Montlhéry
Conférences gratuites de 16 h à 18 h 30

2 mai : L’anneau de vitesse et les records automobiles
Films :
-  Le record de la Citroën Petite Rosalie 1933 (21’) (film d’époque)
-  Le record de 40CV Renault 1924 (1’) (film d’époque)
-  Ravitaillement en roulant (1’) (film d’époque)
-  Le record de la 404 Peugeot diesel 1965 (x’) (film d’époque)

Intervenants (20 minutes chacun) :
-  Patrick Lesueur, petit-fils de César Marchand : Les records Yacco
-  Mathieu Flonneau, historien : une évolution des records
-  Pascal Pannetier et Jean-Paul Durand : les records diesel sur l’autodrome
-  Pascal Pannetier : l’Autodrome avant guerre,  une faillite chronique

 20 juin : La moto et le cyclisme sur l’Autodrome (courses et records)
Projection d’images motos d’époques et film sur le cyclisme sur l’autodrome

Intervenants (30 minutes chacun) :
-  Philippe Monneret : les records moto en famille
-  Jean-Claude Serre, ingénieur des Arts et Métiers, recordman sur Moto VAP en 1962
-  Patrick Police : l’autodrome,  haut lieu du cyclisme
 
 
 
  
 
Images et reproductions artistiques  © MdS

mercredi, 08 avril 2009

À toute vitesse

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Les rares passants croisant sur l'avenue de France, artère futuriste dessinée par les vents glacials du quartier Paris Rive Gauche, n'en croient pas leurs yeux : une voiture de course dans la vitrine d'un building de verre ! Pour un peu ils en oublierait leur but, le Starbucks d'à côté ou la Bibliothèque nationale de France pour les plus savants d'entre eux. C'est à eux justement que s'adresse l'exposition "À toute vitesse", organisée et hébergée par le Musée national du sport, sis depuis 2008 dans ce quartier après avoir déménagé du Parc des princes où il logeait depuis 1963.
 


DSC03010.jpgCulturelle et privilégiant l'apport didactique plutôt que le spectaculaire ou le commercial, l'exposition est relativement ramassée ; le tour en est vite fait et de prime abord l'idée qui s'impose alors qu'on flâne dans un espace de vente très rapidement atteint, c'est qu'on en a pas pour son argent. La seconde idée nous convainc de renouveler la visite, qui dès lors prend tout son sens. Nous ne sommes pas au salon du tuning, que diable ! Ici les murs sont chargés de l'histoire automobile comprise entre 1899 et 1949, date de la mort de Jean-Pierre Wimille, l'homme fort de la manifestation.

Une scénographie plus travaillée qu'elle en donne l'air a réparti en quatre époques les soixante-quatorze objets qu'elle montre, dont seulement deux autos. Nous ne sommes pas au Techno Classica d'Essen. Il s'agit moins de donner à voir les objets de la vitesse que sa représentation.
 

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La première salle, hall d'entrée, est consacrée au "Mythe de la vitesse" qu'incarne la Jamais contente au volant de laquelle le Belge Camille Jenatzy a franchi pour la première fois la barre des 100 km/h en 1899. En bonne place trône le trophée de la Coupe Gordon Bennett, prêté par l'ACF qui l'a en dépôt depuis la victoire de Léon Théry sur Richard-Brasier en 1904 et surtout 1905, dernière édition de la Coupe créée en 1900 par James Gordon Bennet Jr., directeur du New York Herald Tribune. La Gordon Bennett opposait des équipes nationales et c'était l'automobile club du pays gagnant qui recevait en garde la Coupe pour une année (France en 1900 et 1901, Angleterre en 1902, Allemagne en 1903).


DSC03008.JPGC'était le temps de la déïfication de la vitesse, exprimée dans le Manifeste du futurisme publié dans le Figaro en 1909 par l'italien Filippo Tommaso Marinetti, qu'une phrase célèbre résume : "Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l'haleine explosive [...] une automobile rugissante qui a l'air de courir sur la mitraille est plus belle que la Victoire de Samothrace [...]" .
En 1909 disparaissait l'un des chantres précurseurs de cette vitesse qu'aujourd'hui on ne conçoit qu'en débit de transmission électronique, Ernest Montaut, dont le Musée national du sport expose le "Circuit des Ardennes Belges-1906" parmi d'autres toiles où il déploie son talent avant-gardiste.

Montaut a le premier signifié le mouvement rapide des automobiles sur une surface plane, quitte à tricher. Ainsi courbait-il les arbres au passage des voitures pour suggérer la vitesse, ou il peignait des oiseaux à contresens, qui donnaient l'impression de s'écraser sur la machine.
 

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DSC03003.JPGL'étage héberge la deuxième partie de l'expo, "La représentation de la vitesse", faite des tentatives par le monde artistique de la retranscription du mouvement rapide. Ce sont surtout des oeuvres des successeurs d'Ernest Montaut, comme par exemple le "bolide" de Gustav Miklos, un bronze censé reproduire une voiture de sport, pièce exceptionnelle selon Cyrille Mélin, un des commissaires de l'exposition qui animait la visite de presse.

Mais la pièce maîtresse est sans conteste le phénoménal "Duel de vitesse", une huile sur toile de 1930 que Geo Ham aimait tellement qu'il l'avait accrochée dans son salon (toile dans le fonds de l'image ci-dessus). A noter une affiche très rare de Raymond Savignac, le 31e Grand Prix de l'ACF 1937, où l'artiste s'est laissé aller à la classique faute d'orthographe, attendue sur un forum Internet mais incongrue chez un affichiste de l'entre-deux-guerres, qui ajoute sûrement à sa valeur.


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DSC02998.JPGEn choisissant de faire de Jean-Pierre Wimille l'élément moteur de sa troisième étape, "Les hommes de la vitesse", le Musée du sport permettra aux scolaires, à qui cette scénographie est aussi destinée, de découvrir le nom d'un champion français méconnu, moins populaire que Maurice Trintignant, moins évoqué dans la presse spécialisée que ses pairs Chiron, Etancelin ou Sommer ou Rosier. Un état puisant peut-être son origine au fait que JPW, à cheval entre deux époques, eut une carrière moins lisible que les pilotes suscités - mais certes pas moins talentueuse !
Il est un passeur d'époques dont la mort en Argentine en 1949 a ouvert la voie à un jeune homme qui en Argentine justement, en 48, avait fait jeu égal avec lui, un certain Juan Manuel Fangio. C'est  Wimille tel qu'il était en 39 qui est montré ici, tant au travers des objets exposés que de la bande dessinée Super Boy, rééditée par la librairie du Palmier. Sa petite-fille Salomé a confié au musée diverses pièces, comme un bleu de travail, une trousse à outils, un serre-tête en laine, des photographies issues d'albums familiaux...

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Cette voiture unique est la dernière Bugatti de course construite avant la guerre. C'est une monoplace, auto extrêmement rare chez le constructeur de Molsheim dont on se souvient seulement des deux voitures de 1100 cm³ qui apparurent au GP d'Alsace en 1926, des monoplaces elles aussi. La Bugatti Type 59/50 B #50180 est née en 1939 afin de répondre à la nouvelle formule libre 4 500 cm³. Equipée d'un moteur 50B à compresseur de 4 700 cm³ développant 400 CV, c'est l'auto de course la plus puissante jamais construite par Bugatti, qui la confie à Wimille pour trois épreuves en 39 : 
- La course internationale de la Turbie, le 13 avril, est remportée par JPW dans la classe C (moins de 5 L) qui est deuxième au général.
- Wimille enlève la Coupe de Paris du 7 mai à Montlhéry, événement largement évoqué par l'exposition.
- Il est deuxième à Prescott, course de côte organisée par le Bugatti Owners Club dont il est l'invité, derrière Raymond Mays, sur ERA.

On reverra l'auto au sortir de la guerre, à la Coupe de Paris automobile, le 9 septembre 1945, disputée en trois épreuves. Jean-Pierre Wimille retrouve le volant de sa vieille 59B pour lui faire gagner la Coupe des prisonniers réservée aux plus de 3 L, qui constituera l'ultime victoire d'une Bugatti en compétition. Elle est la propriété du Musée national de l'automobile-Collection Schlumph.
 

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La Baby Bugatti de 1926 met un point final la scénographie, pièce majeure de la dernière partie, "Les enfants de la vitesse" qui présente par ailleurs diverses miniatures de toutes échelles. Nous vous recommandons la contribution au catalogue du psychanalyste Serge Tisseron pour qui les enfants voient dans les autos miniatures des objets à prendre, à saisir plutôt qu'à toucher, à palper, ce qui entraînerait chez certains, devenus adultes, la préférence sexuelle de la prise plutôt que de la caresse...
La Baby Bugatti est une reproduction à l'échelle 1/2 du type 35 Grand Prix. Conçu à l'origine par Ettore Bugatti pour son fis cadet Roland, ce jouet mû par un moteur électrique de 12 V, qui roulait à 20 km/h, fut produit finalement entre 400 et 500 exemplaires à destination de riches clients.
 
 


À toute vitesse
1899-1949 50 ans de courses et de records automobiles
Exposition du 6 avril au 21 septembre 2009
Du mardi au vendredi de 10 h à 18 h.
Samedi et le premier dimanche du mois de 14 h à 18 h.
Jours fériés ouverts de 14 h à 18 h.
Fermé le lundi
Musée national du sport
93 avenue de France
7503 Paris
Tel : 01 45 83 15 80
www.museedusport.fr

 
 

Images
© MdS 
Jean-Pierre Wimille à la Coupe de Paris 1939 © Collection Salomé Wimille - DR

mardi, 17 mars 2009

Bruxelles Autoworld, une fois !

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Collaborateur exemplaire, Christian Magnanou pousse la conscience blogueuse jusqu'à prolonger chacun de ses voyages professionnels ou personnels d'une chronique qu'il donne à MdS. Il était à Bruxelles en février, à Uppsala (Suède), au début de ce mois ; autant de déplacements exploités à cent pour cent. L'homme est assez malin pour ne pas revenir bredouille d'Arkham (Massachusetts) ou de klow, en Syldavie...

 
 

Ce froid matin de février, nous étions trois dans le hall immense du musée Autoworld de Bruxelles, les deux hôtesses de caisses et moi …
Située dans le Parc du Cinquantenaire créé en 1880 par l’urbaniste Gédéon Bordiau, l’architecture de fer du bâtiment et sa grande verrière caractérisent la halle qui abrite à présent 300 véhicules retraçant l’histoire de l’automobile de ses origines aux années 50.
 

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Plus sensibles aux voitures d’après guerre, je ne me suis guère attardé sur les modèles antérieurs non sans remarquer ici ou là quelques beaux exemplaires de lignées disparues, à l’image d’une attendrissante Austin Swallow ou de la Cord de droite, de laquelle on s’attend à voir surgir Al Capone himself.
 

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La véritable attraction de ce musée est à mon sens une improbable et surprenante Bugatti 57 recarrossée sur une initiative privée et dont la fluidité des lignes pourrait répondre aux dernières créations de Jean Bugatti.
 

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Nous nous sommes attardé un instant devant un peu courant coupé Borgward Isabella à la teinte toute teutone, lui-même entouré d’une austère Peugeot 403 et d’une Studebaker Lark que n’aurait pas reniée Buck Danny...


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Nous nous prîmes à rêver de circuler dans Paris aux commandes du fabuleux cycle car Messerschmitt, incarnation des amours coupables d’un scooter et d’un cockpit de War Bird. MdS en a déjà montré un exemplaire, celui appartenant à Serge Cordey.
 

autoworld8.jpgTous les véhicules présentés étant réputés être en ordre de marche, un pompiste reste en attente de toute sollicitation. Bien sûr cette sélection partiale a pour objet d’encourager chacun à aller au musée Autoworld et se rendre compte de visu de la diversité des véhicules exposés ; peut être aussi pour tenir compagnie aux charmantes hôtesses qui sont loin d’être débordées…

Un séjour à Bruxelles incluant obligatoirement la gastronomie locale, j’ai sacrifié à la tradition au Char d’or, établissement recommandé par le TTDCB, pour sa carbonade flamande et sa bière Jupiler, mais aussi en m’attablant au plus connu Léon de Bruxelles : là, sans préméditation aucune, le hasard a voulu que nous occupions une place dédiée à Jacky Ickx ainsi qu’en témoignait une plaque idoine.

Quelle meilleure manière de conclure ce périple outre-Quiévrain que ce clin d’œil inattendu ?

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AUTOWORLD
Parc du Cinquantenaire 11
1000 Bruxelles
Tél. : +32 (2) 736.41.65
Fax : +32 (2) 736.51.36
Ouverture :
01/04 au 30/09 de 10h à 18h 
01/10 au 31/03 de 10h à 17h
 
 

Christian Magnanou
 
 
 
Images © Christian Magnanou

jeudi, 12 mars 2009

22e Salon champenois du véhicule de collection #02/02

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Amateurs de supercars, d'hôtesses aux mensurations infernales, d'auteurs habillés par Jean-Paul Gaultier  ou de pilotes de course découpés dans Vogue Homme, allez sur le Blog auto car la seconde partie de notre reportage sur le salon rémois sent la naphtaline et le vieux papier. Comme la première. C'est notre fonds de commerce. On s'y fait, à force.
 
 

reims22.jpgIl y avait à boire et à manger au stand des "Vieux losanges champenois". À boire (des yeux) avec la Juvaquatre et surtout la KJ de 1922, dont il ne reste que 19 exemplaires, de préciser son propriétaire au journaliste de L'Union venu s'intéresser à ce collectionneur renaultphile qui poursuit : Une torpédo de 6 cylindres en ligne de 950 cm3. Une vitesse de pointe présumée de 60 km dans les descentes. En fait, on ne sait pas trop. Il n'y a pas de compteur. 
C'était une épave. J'ai tout refait moi-même. Un an et demi de travail. Nous avons retrouvé ses papiers dans les archives du constructeur. Elle a été achetée au prix de 11 000 francs et mise en circulation dans l'Aude en 1923. En 1929, elle a été transformée par l'agriculteur en commerciale
.

À manger également si l'on voulait se donner la peine d'entrer sur le stand et de jeter un oeil au menu exposé ci-contre.
Les prix n'étaient pas communiqués mais tout laissait supposer que le pâté d'alouette, les pommes dauphine ou le vin du domaine y étaient plus accessibles qu'à l'Atelier Renault, l'autre restaurant de la firme de Billancourt.
 


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On affluait sur le coup de midi vers l'intendance de campagne dressée sur le parking par l'association Radar, un groupuscule nostalgique qui n'était pas venu les soutes vides car une dizaine d'engins, plus ou moins lourds, plus ou moins amphibies, plus ou moins phalliques stationnaient alentour. Un succès d'estime qui augure bien de l'accueil favorable qui sera réservé aux prochaines campagnes de recrutement menées par l'armée française ; on risque de se bousculer dans les collines d'Afghanistan, dans les sables du Tchad.
 

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Une belle affiche qu'on a envie de décoller pour voir ce qu'elle cache, soit la première commémoration de l'ex-Circuit d'Orléans qui s'est couru sur un tracé de 3,1 km en centre-ville, entre les années 30 et 50. Un accident grave marqua l'édition 35. La Bugatti conduite par Buffy, dérapant sur le mouillé, plongea dans la foule en faisant douze blessés et un mort. Les choses seront plus jolies en août 2009 où un concours d'élégance réunira le samedi des gens pour qui, selon l'extrait du règlement, "l'élégance sera naturelle, davantage adaptée à la personne qu'à une époque en particulier". Il y est stipulé en outre que les déguisement seront évités, les sketches et autres mises en scène proscrites. Voilà qui va éradiquer pour un temps sacs à dos et poussettes. La journée du dimanche sera réservée aux engins jusqu'à 1975. L'organisateur : Les Ancêtres automobiles d'Orléans.
 

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Notre coeur balance entre ces deux auteurs normands qui sont aussi de fieffés pilotes. Surtout celui de droite qui nous a fait rêver quand il fit 5e au général du rallye de Monte-Carlo 1969 sur sa petite R8G, derrière des autos beaucoup plus musclées ; un authentique exploit qui installa sa légende. Celui de gauche est certes moins rapide au volant de son Opel Speedster, mais sous sa combinaison sommeille un vrai pilote de F1 qui fut longtemps privé d'une gloire qu'il ne connaît seulement qu'en ce début de millénaire. En compagnie duquel passerions-nous un week-end ? Achetons leur bouquin et forgeons-nous une opinion.
 
 
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Tiens, qui est cet homme discutant d'égal à égal avec l'un des deux messieurs vus sur l'image précédente ? Si on vous aide en indiquant sa nationalité (belge) ; sa dernière - et unique semble-t-il - apparition sur le circuit de Gueux (12 h de Reims 64, sur une Porche 904 partagée avec Annie Soisbaut) ; et si on ajoute qu'il fut aussi auteur à ses heures, comme son interlocuteur, publiant en 2004 Une vie sur quatre roues où il raconte de quelle façon il a doublé Mike Hawthorn sous la pluie au Mans, vous mettez le nom de Claude Dubois sur ce visage.
 
 
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En conclusion, un trio de choc dominé par, cravate rouge sur chemise blanche, Gérard Cuif, pharmacien le jour et président des Amis du circuit de Gueux la nuit. Très actif, il a récemment obtenu l'inscription de "son" circuit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques, ultime étape avant une inscription pérenne au patrimoine national, ce qui, s'agissant d'un circuit automobile, constituerait une première en France. Sur sa droite se tient Bernard Kosellek, directeur départemental de l'ACO, et pilote à mes heures, précise-t-il, j'ai couru Le Mans en 61 sur une Lotus Elite. La consultation des archives révèle qu'il s'y classa 14e, entre Trevor Taylor et Dennis Hulme.

La moustache frémissante sur un maintien tout british, l'autre personnage est un super Professeur Reimsparing de 87 printemps, dont 75 vécus dans l'environnement immédiat du circuit de Gueux dont il fut le dernier directeur de course. J'ai donné le drapeau d'arrivée à François Cevert en 69, annonce-t-il à votre serviteur. Jean Berger est une figure locale que s'arrachent les gazettes à l'approche du moindre événement automobile dans la région. Dame, l'homme garde des tonnes d'anecdotes dans son sac et il a la parole facile, d'ailleurs il donne un coup de main au micro lors des week-ends du WEEA ou du Monte-Carlo historique. Il révèle que la dépouille de Herbert MacKay-Fraser, qui se tua à la Coupe de vitesse F2 57 à Reims, gît, ignorée de tous, dans un cimetière de la région. Nul ne l'a réclamée. Ce fut alors que nous lui réclamâmes une ou deux chroniques pour le blog, ce qui eut le don de le faire fuir à l'autre bout du salon, non par dégoût d'Internet mais parce que ça m'emmerde d'écrire !
 

 

22e Salon champenois du véhicule de collection . Parc des expositions de Reims . 7 et 8 mars 2009
www.bce-reims.com

 



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© MdS

mardi, 10 mars 2009

22e Salon champenois du véhicule de collection #01/02

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Les 45 minutes de TGV séparant Paris de Reims sont insuffisantes pour dépasser le premier chapître des Faux-fuyants, une bande de zigotos snobs s'échappant de Paris occupé par les Allemands en juin 40, entassés dans une Chenard et Walcker. Le hasard, qui connaissait le thème du salon de Reims, Chenard et Walcker, a guidé ma main vers ce livre dans lequel Françoise Sagan précise que l'auto qui ouvre son texte a gagné le Grand Prix de l'élégance sportive à Deauville en 39. Reims gare, terminus.



reims92.jpgLa première auto aperçue, trônant sur l'espace de la marque mise à l'honneur par le 22e Salon champenois du véhicule de collection, est justement une Chenard et Walcker que la chronologie eût pu placer à Deauville en 39, un cabriolet Super Aigle 24 de 1936 fabriqué à 35 exemplaires seulement par l'ingénieur Jean-Albert Grégoire, lequel a, paraît-il, passé une grande partie de sa vie à en rechercher un exemplaire, tant l'auto s'est raréfiée au fil du temps.
Animée d'un quatre cylindres culbuté de 2,5 L, elle fut dénichée à l'état d'épave et a nécessité dix ans de restauration. Le numéro de mars 2008 de Rétroviseur y a consacré un papier.
 

reims93.jpgOutre la douzaine de véhicules montrée par "Les Amis de Chenard et Walcker", était posée au stand de L'ACO cette magnifique Chenard et Walcker Y7, dite "torpille", par opposition au tank Y8 à carrosserie surbaissée, produit simultanément ; deux machines présentées au Salon de paris 1927.
La Torpille fut élaborée avec l'apport du pilote Robert Sénéchal et ne fut assemblée qu'à dix exemplaires dont celui-ci semble demeurer l'unique survivant. Moteur de quatre cylindres de 1,4 L dessiné par l'ingénieur Toutée.
Une particularité : deux places avant, une arrière. Une auto au modernisme total qu'on croirait sortie d'un bureau d'études ayant planché sur un projet néo rétro.
 
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Un bitza autour duquel se pressaient nombre de curieux qui, faute de panneau descriptif, en repartirent pas mieux avançés. Il s'agissait d'un JBS F3 500 JAP de 1952, soit pour les initiés, de l'hommage - discret - rendu à Feu Jean Bernardet, disparu en novembre 2008, le concepteur de ce racer 500, engin d'initiation à cheval entre la moto et la monoplace, lancé après-guerre avec une seule réglementation : un moteur de 500 cm³. Jean Bernardet, homme de presse, technicien quasiment ingénieur, fut l'initiateur du mouvement Racer 500 en France. Il courra lui-même au volant de ses propres engins.

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Les autos rouillées, on aime à MdS, car elles sont les seules à la portée de nos bourses, mais celle-ci serait certainement la barnfind la plus chère du monde si elle pouvait s'échapper de la place du village où elle se décompose depuis juin 44. Vitrifiée par les Allemands avec 642 personnes. Oradour-sur-Glane. C'est la voiture du docteur Dessourteau, qu'un stand avait choisi d'afficher pour illustrer le thème du salon, "Faits d'hier, Faits divers". Ça jette un froid.
 
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Récemment découverte dans les Deux-Sèvres, cette 2 CV A de 1949 est l'une des dix qui restent sur les 876 exemplaires sortis des chaînes de l'usine Citroën de Levallois entre juillet et septembre 1949. Châssis numéro 847. C'est la première fois qu'une véritable 2 CV A de 49, avec ses éléments authentiques que son propriétaire lui a ajoutés, est exposée dans un salon de l'automobile ancienne.
 

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Créé en 1988 par l'association "Les belles champenoises d'époque", le salon en était à sa 22e édition. Il a su s'imposer comme l'un des plus gros en France, derrière Rétromobile, d'ailleurs les chiffres résument son importance : 20 000 m² intérieur, 40 000 m² extérieur, 517 exposants, une trentaine d'associations participant au concours de décoration de stands, plus de 28 000 visiteurs cette année. À cela s'ajoutait une vaste bourse d'échange. Force est de constater la nature spécifique du public, très différent de celui de Rétromobile. On vient ici, comme aussi à Lyon, majoritairement par amour de la voiture ancienne qu'on garde dans son garage à laquelle une visite au parc des expos de Reims fournira l'occasion d'offrir un nouveau câble d'accélérateur ou une jolie housse. Le bricolo l'emporte sur l'amateur de sport automobile ; le graisseux sur l'historien, encore qu'il faille se méfier de certains graisseux. Et de pas mal d'historiens.


reims97.jpgLe salon rémois a ceci de bath, c'est qu'on y tâte de la vigueur et du dynamisme du tissu associatif automobile. C'est même son principal intérêt puisqu'on y voit peu d'autos remarquables. On y arrive de la France entière, mû par un enthousiasme que le siècle actuel, revenu de tout, n'altère pas, on y monte son stand avec trois bouts de scotch et des tonnes d'huile de coude, et on attend le passage du jury dimanche après-midi en sifflant du gros rouge au son de Rina Ketty. Nous avons relevé les noms des coupables qui fleurent bon une France chantée par Gazoline à longueur d'années et qui dit merde à la crise. Que dites-vous de "L'Amicale doncheroise à objectif restauration" (ADOR) ; des "Teufs-teufs yvoisiens" ; des "Calandres pétillantes" ; du "Club auto rétro du soissonnais" (CARS), ou encore du superbe "Cercle des amateurs inconditionnels de motos anciennes du Nord" (CAIMAN) ?
Magnifique non ? De quoi en avaler sa casquette écossaise ou abandonner son écharpe Burberry à Emmaüs.
 

reims98.jpgDans ce contexte particulier, les artistes, les libraires, les auteurs signant leurs oeuvres - tous peu nombreux -, ne firent pas des affaires comparables à celles réalisées par les grandes échoppes de pièces détachées.
Question artistes, outre Patrice Fitamant, dont Gianpaolo a parlé l'an dernier, et Philippe Burlet, de qui le tour viendra, il y avait François de la Cloche, revenu à la peinture après 25 ans passés dans l'industrie automobile. Grand et mince, le verbe élégant, nul ne l'aurait confondu avec les visiteurs qui croisaient au large de sa table, précédés de ventre et suivis de sac à dos, intimidés par ses toiles qui donnent à voir des cabriolets sur les Planches de Deauville ou des Ferrari 250 GT California à la villa d'Este. 

 
reims99.jpg"Les Amis du circuit de Gueux" ne cachent pas leur joie d'avoir remporté le premier prix du concours des meilleures présentations statiques.
Ils le doivent à l'accident qui s'était déroulé à la courbe du Calvaire en 1958, lors du Tour de France automobile, reconstitué par la construction à l'identique du poste de contrôle sis à ladite courbe.
 
 





22e Salon champenois du véhicule de collection . Parc des expositions de Reims . 7 et 8 mars 2009
 

(À suivre) 



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© MdS (sauf tableau François de la Cloche par lui-même)

vendredi, 16 janvier 2009

Quand Nicolas C s'ennuie à Maastricht

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nico2.jpgSeule une très bonne raison peut pousser un être humain normalement constitué à se rendre à Maastricht en janvier, lorsque le thermomètre marque -10°, comme signer un traité par exemple ou présider un conseil européen. Citoyen belge, Nicolas Cancelier voit les choses autrement et c'est tout naturellement que le vendredi 9 janvier, il a fait route vers la capitale de la province du Limbourg néerlandais, le coffre de son auto rempli des huiles et aquarelles qu'il se destinait à montrer au public du "Maastricht InterClassics & TopMobiel", une sorte de Rétromobile néerlandais.  

 


nico9.jpgParmi les exposants d'un salon, les artistes occupent une place à part, à la marge. Le public croise au large de leurs stands, ne sachant comment se comporter devant ces gens qui montrent des choses issues de leur moi profond, entre réel et virtuel. Avec les autres on sait à quoi s'en tenir ; on s'ébaubit devant telle Porsche 917, on tripote ce carburateur Stromberg, on feuillette volontiers le dernier Bellu, on achète une belle McLaren au 1/43e, mais que dire à un artiste qui donne à voir la partie immergée de son intimité ? On peut acheter certes.

nico3.jpgOn peut lui dire "j'aime beaucoup ce que vous faites". Original, ça. Ou que le grand-père possédait la même Alfa GTA que celle de Hubert Hahne à Chimay en 68, comme sur votre dessin. Bon ben à plus.

Bref les artistes s'ennuient le dimanche au salon. C'est pour lutter contre ça qu'on les met ensemble dans un carré réservé où ils vont l'un chez l'autre vider les bouteilles qui restent, abandonnant leurs espaces aux timides qui du coup les investissent. Sauf Nicolas Cancelier qu'on avait parqué à Maastricht en compagnie des brocanteurs et autres marchands de pièces détachées.

nico4.jpgPas la meilleure clientèle. Du coup, pour chasser l'ennui, les artistes font de l'art sur place, ajoutant encore au malaise. Car si on ne dérange pas un artiste qui expose, on dérange encore moins un artiste qui travaille. Nicolas nous raconte la suite...

"L’emplacement de mon stand n’est pas terrible, perdu au milieu des pièces de rechange et autres brocanteurs… Ça ne va pas en s’améliorant : ce n’est que deux heures après l’ouverture que les premiers curieux déambulent distraitement dans mon huit mètres-carrés… L’ennui et moi nous installons dans notre coin ; je m’évade dans mes bouquins et revues du jour. Une image m’attire, duel épique Ickx / Demoulin au Grand Prix des Frontières à Chimay en 1966. La lutte est serrée, l’issue sera fatale pour les voitures… On perçoit la hargne des deux acteurs, un croquis s’impose ! « … Heu … oui, Bonjour ! … Hi ! … Hello ! … »

nico5.jpgLes curieux commencent doucement à faire place aux passionnés, les conversations se succèdent, pur bonheur que ces moments de partage ! Retour à mes croquis à chaque période plus calme… J’attaque une poursuite entre la Sharknose de Bandini et la Porsche de Gurney au Grand Prix de Syracuse en 1961, un superbe cliché me sert de référence…

nico6.jpgDimanche, la fête entame sa dernière ligne droite : discussions passionnées avec de vieux connaisseurs, rencontre d’un sculpteur d’art automobile, échange de point de vue avec un designer, instant cocasse quand un exposant me demande si je n’ai rien sur « … Maawwwk Hauuuutonnnn… »

Pendant une fraction de seconde, je suis perdu, je compulse mon dictionnaire interne en vain ! Ce mot y est totalement absent ! Je prie mon interlocuteur de parler plus lentement tout en lui signifiant que mon anglais est assez médiocre… Le brave homme s’exécute en gardant toutefois son accent « so british »… Je sais maintenant comment se prononce Mike Hawthorn en anglais !!!

nico7.jpgAutant de moments qui rendent magique la participation à ce genre de manifestation.
La fête est finie, j’ai croqué Collins, Y. Fontaine, J. Bonnier…
Il faut plier bagages… 2 mauvaises heures à passer… mais je reviens l’an prochain…"



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InterClassics & TopMobiel  . MECC Maastricht . 9-11 janvier 2009
www.ic-tm.nl
 


Nicolas Cancelier

www.nicolascancelier.be



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© Nicolas Cancelier

vendredi, 05 décembre 2008

Ça bouge à la Galerie Vitesse

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Isabelle Nicolosi a décidé de réchauffer le quartier du Faubourg-Saint-Honoré en accrochant dans sa galerie, jusqu'au 31 janvier 2009, quelques œuvres de ses chouchous, qui pourraient bien devenir les nôtres dans la mesure où ils s'expriment sur nos thèmes favoris : les autos et les sportives anciennes.


Quelques-uns d’entre eux ont choisi de rendre hommage aux grandes manifestations de l’année et à seigneur tout honneur nous commencerons par Le Mans Classic. Ce moment phare a inspiré Mirgalet dont nous avions apprécié les affiches pour les Coupes de l’Age d’Or, divers Retromobile et le Tour Auto. Cette fois l’aquarelliste s’est penché tendrement sur les petites têtes émergeant des cockpits de Little Big Mans.
Cette épreuve a également inspiré Filip'o et nous en aurons sa vision a travers des dessins, des aquarelles et de charmants carnets de course. Vous vous souvenez certainement de sa decoration d’une Porsche coquine, en collaboration avec Wolinski.

Autre manifestation, celle de Reims, Emmanuel  Zurini pour l’occase nous a coulé un bronze de la Mercedes W 196 de l’immense Fangio. Il a même poussé l’hommage jusqu'à le nickeler, son bronze, sans doute un clin d’œil malicieux à l’argent que cette flèche évoque. Manou  est sans conteste notre chouchou, compte tenu de son passé, de sa polyvalence, de sa gouaille, de sa dégaine, de sa sensibilité et du talent qu'il met dans tout ce qu’il entreprend.
Benoît  Montet  a déserté provisoirement les USA des sixties pour se balader sur "route nostalgie", nous ravissant avec ses huiles de Panhard, 4CV, Dauphine et autres Peugeot, dans des décors qui sentent bon la France de Bourvil, de Gabin, ou de Jean Behra et qui situent bien l’auto dans son époque.

faubourg2.jpgJean-François Vautrin reste fidèle à l’Amérique. Sa manière de présenter les autos dans leur décor ordinaire nous épate à chaque fois. Charles Guy, le photographe de pub s’est transporté jusqu'à La Havane pour nous offrir ses clichés de vieilles américaines, sujet classique et déjà vu mais tellement photogénique. Aurait-il utilisé pour traverser l’Atlantique le superbe Constellation que Lucio Perinotto nous propose en lito à 100 exemplaires.

Jean-Jacques Mar
a décidé de marier la Femme et la Ferrari pour notre grand bonheur. Touche-à-tout génial, Jean-Marc Chaillet est une sorte de polytechnicien du beau. François Guiter fut son mentor, la campagne de pub Les Ronds Rouges, c’est lui. Il est aussi musicien de jazz, gentleman-driver, écrivain, mais ce qui le passionne par-dessus tout, ce sont les Porsche  et les RS en particulie. Il les magnifie de sa manière pop en les acidulant comme des bonbons. 

Manolo Chrétien
dont nous ne connaissons l’œuvre qu'à travers son site Internet est un nouveau chouchou de la Galerie Vitesse, raison de plus pour y aller et découvrir ses photos. Isabelle Nicolosi promet qu’il photographie les Ford GT40 et les 917 comme personne.

L’exposition donnera aux petits malins que nous sommes de bonnes idées de cadeaux intelligents au Père Noël qui est parfois un peu sec.

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Galerie Vitesse
48 rue de Berri
75008 Paris
Mardi au samedi de 14 à 19 H
www.galerievitesse.com

 

Jean-Paul Orjebin 



Saint-Tropez (huile sur toile)
© Benoit Montet
Constellation à New York (lithographie) © Lucio Perinotto
Chevrolet 56 (huile sur toile) © Jean-François Vautrin

vendredi, 14 novembre 2008

L'air de Lyon #3, le musée Henri Malartre

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Voir aussi
L'air de Lyon #1, Epoqu'Auto
L'air de Lyon #2, la fondation Marius Berliet



Les corbeaux qui se posent sur les rebords des fenêtres en ogive du château de Rochetaillée sont les seuls à avoir trouvé la réponse à ce qui demeure un mystère dans la vallée de la Saône : comment diable a-t-on  installé des voitures à l'intérieur d'une bâtisse du XIIe siècle desservie par un escalier à vis qu'un gros chien aurait du mal à gravir ?



Là réside une des interrogations que soulève le musée de l'automobile Henri Malartre, d'autres suivront dans le corps de l'article. Avant tout, il est essentiel de situer le personnage qui donna son nom à ce site extraordinaire logiquement destiné à demeurer un perchoir à corbeaux.

malartre3.jpgHenri Malartre est mort à presque 100 ans en 2005, à l'issue d'une vie bien remplie. Assister au GP de Lyon en 1924 affermira une passion pour les automobiles que son père, un chaudronnier restaurateur d'autos, lui communiquera. En 1928 il s'installe comme négociant en pièces détachées qu'il récupère sur de vieilles voitures envoyées à la casse. L'affaire marche vite et bien. Pourtant Malartre souffre quand il casse une auto. Pour lui c'est un être vivant, aussi lorsqu'en 1931 on lui apporte une Rochet-Schneider de 1898 à mettre à bas, il décide d'agir en sens contraire de son intérêt. Il la sauve. Elle est la première automobile que voient les visiteurs, sitôt la lourde porte gothique poussée (photo ci-contre).

C'est là que l'histoire du musée de Rochetaillée puise son origine. Petit à petit quelques machines entrent dans son garage, une Gobron-Brillié 1898, une Laspougeas de 1896, une Sizaire et Naudin, etc. La Guerre interrompt cette activité et Malartre, résistant, est fait prisonnier, est déporté, torturé.

L'après-guerre le voit poursuivre son entreprise de restauration, aidé du maire de Lyon, Louis Pradel qui devient son ami. Amateur d'automobile, celui-ci attire son attention sur le château de Rochetaillée-sur-Saône sis au coeur d'un parc de 3,5 hectares dominant la Saône, à 11 km de Lyon. Henri Malartre l'achète en 1959 et ouvre le 31 mai 1960 le premier musée automobile de France. Le succès est immédiat avec une fréquentation moyenne de 150 000 visiteurs les premières années. Le public est séduit par l'idée de montrer des voitures très anciennes dans le décor historique d'un manoir médiéval. A ceux qui se demandent comment on a pu faire passer ces guimbardes par l'escalier en colimaçon, Monsieur Henri répond qu'on les a démontées et remontées pièce par pièce. En voilà qui rentrèrent moins bêtes à la Croix-Rousse ou à la Mulatière.

malartre2.jpgEn 1972, quand le fondateur s'est retiré, la ville de Lyon a racheté le domaine. Au fil du temps et des acquisitions, le château se vit adjoindre, à l'autre extrémité du parc, deux espaces muséographiques : le hall Gordini et le hall Louis Pradel. C'est un total de quelque 100 autos, 60 motos, 50 cycles ainsi que des tableaux, des affiches et des objets de toutes sortes comme de magnifiques mascottes de radiateur que l'amateur peut admirer, mais Rochetaillée c'est surtout une scénographie unique ajoutée à la valeur des pièces dont beaucoup sont uniques.
Malgré cela, la fréquentation n'a cessé de décroître depuis les années 70 qui voyaient, on l'a dit plus haut, environ 150 000 personnes passer au château. En 1996 on enregistrait 69 000 entrées, 55 000 en 2002, puis 43 300 en 2005, à tel point que la ville de Lyon se demande que faire de cette patate plus très chaude.

Selon Rodolphe Rapetti, dont le rapport Musées et patrimoine automobile en France a été chroniqué ici, on envisagerait de délocaliser cette collection en un lieu proche du centre ville de Lyon pour en favoriser l'accessibilité. Ne serait-ce pas un remède pire que le mal dans la mesure où son déménagement dissiperait l'alchimie entre les belles ancêtres de Malartre et les murs d'un château médiéval ?

L'avenir repose entre les mains du directeur du musée qui doit exploiter au mieux tous les axes de communication (animations, expos temporaires - comme la belle commémoration des 60 ans de la 2cv actuellement visible -, ou site Internet interactif) pour profiter de la vague de l'automobile ancienne sur laquelle beaucoup d'acteurs du milieu surfent, eux, avec bonheur.


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Nous sommes ici dans le château qui recueille les modèles jusqu'à 1905 et les motocyclettes. Une Corre de 1904 équipée de roues élastiques Beaujeu, qui entraient en concurrence avec les pneumatiques accusés de tous les maux. Le slogan " La roue élastique c'est la vie... le pneu c'est la mort" en dit long sur la mise au point de ces derniers qui causaient la majorité des accidents. La pancarte donnant cette auto comme unique au monde omet le modèle que nous croisons de temps en temps aux abords du Champ-de-Mars à Paris, lui bien roulant.
 

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Constructeur automobile installé à Suresnes, Darracq produisait également des tricycles et des quadricycles comme ce Perfecta de 1899, mû par un monocylindre de 450 cm³, prévu pour accueillir une ou deux personnes à l'avant. De mauvaises langues appelaient ces engins des "Tue-belle-mère".

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Le hall Gordini héberge les autos entre 1905 et la fin de la Seconde Guerre mondiale ainsi que celles ayant appartenu à des célébrités. On y trouve aussi quelques voitures de course.
Pointe à droite une Luc Court H4S2 de 1928, l'une des dernières autos construites par ce constructeur qui comme Berliet et Rochet-Schneider a terminé son activité en produisant des utilitaires.
 

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L'une des plus belles machines du hall Gordini est cette Lorraine-Dietrich B3-6S de 1926, un torpédo "Le Mans" extrapolé des modèles ayant gagné au Mans cette même année - trois premières places. Son moteur six cylindres de 3,5 l lui permettait d'aller à 135 à l'heure sur des routes qui ressemblaient à l'époque à nos chemins de grande randonnée d'aujourd'hui. Cette voiture-là a tourné dans le film Borsalino.

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Face à face entre une Renault Vivastella 1934 et une Hispano-Suiza K6 1936 qui se racontent des histoires de grands hommes. La première fut carrossée par Billeter et Cartier, artisans lyonnais, à la demande de ses propriétaires, les frères Lumière, grands bourgeois de Lyon, inventeurs du cinéma. Quant à l'Hispano, son homme fut le général de Gaulle dont elle servit de voiture de fonction après la Libération. Elle est habillée en coupé chauffeur par Franay, carrossier parisien.
 

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La première chose visible du hall Louis Pradel est bien une "chose", la Mercedes de parade d'Adolf Hitler, saisie en 1945 par les troupes du général Leclerc à Berchtesgaden. Il se dit que lorsque Henri Malartre la réceptionna, il organisa une réception en l'honneur de ses compagnons de guerre, comme pour exorciser le mal qui sourd incontestablement de cette automobile. 8 cylindres de 400 cv, poids à vide de 4 780 kg, trois réservoirs d'une contenance totale de 300 litres, blindage intégral, etc. Certaines autos ont une âme. Que penser de la sienne ?

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Deux Traction, une vraie et une fausse. Vierge de toute inscription, l'Unic U6 sport de 1936 est le résultat de l'admiration que portait ce constructeur de camions au quai de Javel en oubliant en route sa modernité. Propulsion, essieu arrière rigide, châssis à longerons. Seule qualité, sa rareté.
L'autre auto est une berline 11 cv gréée en version "François Lecot", un habitant de Rochetaillée que ses raids ont rendu célèbre. Il a accompli notamment 400 000 km entre Paris, Monte-Carlo et retour. Là réside encore une des interrogations formulées sur le  musée quand on sait la distance séparant Paris de la Côte d'Azur. Les corbeaux rencontrés plus haut savent que Lecot a divisé ses 400 000 bornes en autant de petits paquets de 1 100 km qu'il abattit quotidiennement en 1935 et 1936. L'intérêt d'une telle opération ? Lisez le livre que Thierry Dubois lui a consacré [1]. Heureuse époque ou rejet de CO² et économie d'énergie auraient relevé de la science-fiction.
 

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Sous le contrôle de Louis Pradel, une grille de départ façon Henri Malartre qui mélange genres et époques pour illustrer la pérennité de la geste automobile. En première ligne la Rolland-Pilain qu'Albert Guyot conduisit à la victoire au GP d'Espagne de San Sebastien en 1923 ; à côté une Talbot de 1949 ayant appartenu à Louis Rosier. Derrière on aperçoit une Gordini T16 de 1952 - cadeau d'Amédée à Henri Malartre, flanquée d'une Cooper-Climax de 1960. La tâche jaune qu'on ne devine pas en troisième ligne est causée par une surprenante McLaren M7A de 1968. Un bus des Transports en commun lyonnais (TCL) fait office de voiture balai.


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François Lecot est partout célébré dans Rochetaillée-sur-Saône, village de 1 300 habitants dont il est la gloire nationale. Un ensemble immobilier porte son nom et sa Citroën est peinte sur la façade d'un restaurant, sur la route de Lyon, qui s'avère être l'établissement que Lecot gérait dans les années 20. 




Musée Henri Malartre

645 rue du Musée
69270 Rochetaillée-sur-Saône
www.musee-malartre.com
 



[1]
DUBOIS (Thierry) . - Sur les traces de François Lecot : 400 000 Kilomètres en un an 1935-1936. Ed. Drivers, Toulouse, 2005, 141 p., 21 €
 



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