samedi, 03 mai 2008
Bientôt "Privé de gloire"
Mais l'essentiel y figure. Phil Vogel lance un appel : que les amateurs qui l'ont suivi jusqu'ici veuillent bien se manifester, de façon à ce qu'il ait un ordre de grandeur quant au tirage du livre. Merci pour lui.

bientôt disponible

La sortie de ce livre est prévue entre juin et septembre 2008 : format à l’italienne / texte en français (version anglaise dans les mois qui suivront) / autour de 200 pages / près de 200 photos / prix autour de 40,00 €
(toutes ces données et 1ère et 4ème de couverture sont strictement indicatives)| prénom / nom | |
| téléphone / adresse | |
| adresse pour courriel |
à renvoyer par courriel à phinorman@wanadoo.fr
ou à Philippe Vogel
6 résidence Pierre Clostermann
76230 Quincampoix - France
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lundi, 10 mars 2008
Lartigue et les autos de course

Le "Lartigue" des compères Pierre Darmendrail et Christophe Lavielle, le teneur de la librairie Motors Mania [1] qui l'a "inventé", est tombé sur nos tables de lecture, fin février, comme un corps céleste inconnu sur la Beauce. Nous n'avons rien contre cette région céréalière (ni pour non plus) qui symbolise ici le paysage éditorial automobile français, vaste et morne plaine ratissée par les moissonneuses d'éditeurs prompts à en faire leur blé mais égayée çà et là de belles plantes comme, récemment, le Femmes pilotes de courses de Bouzanquet.
Le lecteur y butinera également sans réserve Lartigue et les autos de course, une somme de 208 pages imprimées sur papier glacé, à l'italienne pour offrir aux images de Lartigue, souvent cadrées à l'horizontale, le meilleur des écrins. Disons-le tout net : ce bouquin est une réussite.
C'est parce qu'il se situe à la confluence de l'art photographique et du sport automobile, avec en prime une pincée d'histoire de la Belle époque, qu'il se détache de tout ce qui fut publié ces dernières années sur notre sport. Le texte de Pierre Darmendrail, l'écrivain béarnais à qui nous devons un ouvrage sur le GP de Pau, d'une grande fluidité, s'appuie sur le journal intime tenu par Jacques Lartigue sa vie durant. Espérons que la sortie du livre fournira l'opportunité à la Donation Jacques Henri Lartigue [2], qui en est dépositaire et a collaboré au projet de Motors Mania, de rééditer ce document.Né en 1894 dans une famille dont le souci premier n'était pas l'argent, Jacques Lartigue a onze ans lorsqu'avec son père il s'en va assister à la Coupe Gordon Bennett. Il adore l'automobile. Celles que son père possède, carrossées à façon par les grand noms de l'époque comme Labourdette, ne sont pas étrangères à cette passion qui le tiendra toute sa vie. N'était-il pas à Monaco en 1978...
Le livre est structuré en autant de chapitres classés chronologiquement que le photographe a vu de courses, depuis la Gordon Bennett de 1905 jusqu'au Grand Prix de Monaco 1978 en passant par la Course de côte de Gaillon en 1912 ou l'inauguration de l'autodrome de Linas-Montlhéry en 1924. Un total de 18 événements commentés tant par le journal de Lartigue que la plume de Darmendrail qui n'oublie pas l'amateur de sport auto dont le souci est d'apprendre sur le Grand Prix de La Baule de 1929 ou celui de l'ACF tenu à Pau l'année suivante.
Lartigue s'est fait plaisir toute sa vie. Et au diable la rigueur du témoignage sportif ; ainsi à Pau, justement, photographie-t-il plus que la raison l'eût commandé une La Perle 1500 cc uniquement parce que sa petite amie d'alors était Renée Perle, un mannequin en vue. En le lisant, mieux, en le "regardant", le lecteur aura une idée de ce qu'était la vie avant-guerre quand on était du bon côté de la banque - coffre-fort plutôt que guichet.
De Deauville à Hendaye en passant par le chateau familial de Rouzat, dans le Massif Central, voyage Jacques Lartigue au volant de l'auto qui a ses faveurs du moment avec dedans la belle en cour - et en cours. Ce peut-être sa Piccard-Pictet 16 CV qu'agrémente Marie Lancret ; sa Citroën C6 dans laquelle pose une certaine Coco, voire Bibi dans l'Amilcar Grand Sport. Comment ne pas convoquer L'Homme pressé cher à Paul Morand, cet autre esthète mondain, version littérature, que la Belle époque a produit. D'ailleurs les deux hommes étaient amis.
150 photos et dessins, pour la plupart inédits, sont montrés dans ce bel ouvrage. Ils témoignent de la fraîcheur, et pourquoi le celer, d'une certaine naîveté de l'artiste face à un monde qui le fascinait, même s'il s'en détacha dans les années soixante quand la célébrité le rattrapait. Les images de Lartigue donnent à voir un autre univers que celui photographié par Bernard Cahier, par exemple, dont le livre Mes meilleurs souvenirs vient à l'esprit quand on lit Darmendrail et Lavielle. Certes, les époques sont différentes ; la technique, le professionnalisme des années "Cahier" se sont substitués au joyeux bordel et à l'insouciance Belle époque glorifiés par les clichés de Jacques Lartigue. Il n'en demeure pas moins que cet élégant dandy aura traversé son siècle, avec dans son sillage un petit garçon qui disait, la veille de partir à la Gordon Bennett, Rencontrer une automobile de course au Bois de Boulogne ou même au milieu des fiacres, dans Paris, cela me fait bondir le coeur.
Publier un tel ouvrage, à la croisée des beaux-arts et de la course de voitures, était osé dans le contexte actuel, d'autant que Jacques Henri Lartigue n'est pas dans l'actualité. Où Christophe Lavielle a-t-il pêché son idée ? Ici ou là ? (Non quand même pas... ?)
DARMENDRAIL (Pierre). - Lartigue et les autos de course. Collaboration de Christophe Lavielle. Ed. Motors Mania, Pau, 2008, 208 p., 79 €
En savoir plus
[1] www.motors-mania.com
[2] www.lartigue.org
Grand Prix automobile, La Baule, août 1929 © Photographie J. H. Lartigue, ministère de la Culture-France/A.AJ.H.L.
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lundi, 17 décembre 2007
Des coups à ne pas esquiver

Mémoire des Stands – sachant, il est vrai, qu’avec ses atouts, il ne court pas de grands risques… -, joue toujours pleinement le jeu de la concurrence et n’hésite jamais à signaler à l’attention de ses lecteurs, par le biais d’un lien, l’existence d’un certain nombre de blogs qui lui paraissent dignes d’intérêt. Au nombre de ceux-ci figure Bords de piste, de Lionel Froissart [1].
Certes, celui qui fut un ami proche d’Ayrton Senna y relate exclusivement la saison de formule 1 et, à l’instar d’un certain nombre de commentateurs, l’auteur de ces lignes reconnaît que son attirance pour la « formule reine » n’est plus ce qu’elle était. Il n’empêche que les chroniques de Froissart sont toujours agréables à lire et ses analyses pertinentes (qu’on les partage ou non) et que l’on y apprend des petites choses dont seul un journaliste de sa trempe peut avoir connaissance.
Mais l’homme a des passions éclectiques et c’est ainsi qu’ayant eu le plaisir de lui faire dédicacer récemment l’ouvrage qu’il vient de publier sur la boxe et les boxeurs, j’éprouve rétrospectivement quelques scrupules à la pensée que les quelques minutes durant lesquelles nous avons conversé à cette occasion ont été exclusivement consacrées à la course automobile et plus particulièrement à… Ayrton Senna ainsi qu’à Lewis Hamilton – sur lequel, soit dit en passant, l’intéressé va faire paraître début 2008 un bouquin qui promet.C’est pourquoi je souhaiterais souligner brièvement ici la grande qualité de ce livre Les boxeurs finissent mal… en général, que j’ai lu d’un trait.
Le style incisif et maîtrisé de l’auteur est parfaitement adapté au sujet et l’ouvrage procure un plaisir de lecture constant. En outre, il se singularise par son originalité. Certes, il évoque un certain nombre de champions connus, même des non initiés, ou reconnaissables bien que leur nom ne soit pas cité. Mais on y croise également le destin tragique de boxeurs oubliés ou inconnus. Surtout, l’approche des différents récits est constamment renouvelée, de sorte que ce qui est proposé est non pas une litanie de biographies mais bien un enchaînement dynamique d’histoires fortes dont chacune se distingue clairement des autres et possède sa propre résonance, où rien n’est dissimulé du milieu (si proche du Milieu) et de ses travers, de ses impostures, de son caractère impitoyable ; au résultat de quoi c’est le boxeur lui-même, certes pas toujours innocent, qui paradoxalement, tel un enfant perdu, apparaît comme fragile et jamais de taille à lutter contre ceux qu’il fait (si bien) vivre et qui n’ont guère de scrupules à le laisser, souvent déchoir, parfois mourir.
Du bel ouvrage, donc, qui devrait plaire à plus d’un amateur de course auto, d’autant qu’entre les relations d’un boxeur avec son manager ou entraîneur et celles d’un pilote avec son chef d’écurie, il y a sans doute bien des points (poings ?) communs.
Signé Professeur Reimsparing
FROISSART (Lionel).- Les boxeurs finissent mal... en général. Ed. Héloise d'Ormesson, Paris, 2007, 304 p., 20 €
[1] http://formule1.blogs.liberation.fr
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jeudi, 29 novembre 2007
Une Arlésienne privée de gloire

Voir aussi
L'obsession Mike Beuttler
L'obsession Mike Beuttler, suite...
Philippe Beuttler et Mike Vogel
Aucun lecteur n'ignore la place qu'à prise l'entité Mike Beuttler/Philippe Vogel sur ce blog, sauf à sortir de quatre ans d'internement à Guantanamo. Passionné par le genre de la biographie, MdS a, dès ses débuts, attaché ses pas dans ceux que Philippe Vogel met dans ceux que Mike Beuttler a mis dans son époque. Cet obscur pilote de course des seventies le serait resté si son biographe n'en avait décidé autrement et si un teneur de blog n'avait estimé que l'imbrication du premier dans le second fournirait un bon sujet.
Ces trois-là font penser aux protagonistes d'une histoire drôle véhiculée par le "Grand Jacques" où il est question d'hommes se suivant à la queue leu leu et qui regrettent, tous sauf un, de n'être pas en deuxième position. La suite serait délectable mais...
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Une Arlésienne n'appartient qu'à celui qui s'attache à en retarder l'apparition, c'est bien connu. Voilà trois ans que Pike Votler s'escrime, à l'aise majesté..., à sortir son Privé de gloire du champ du probable. Bien qu'il ait encore plusieurs contacts sur le feu pour compléter son texte, le gars de la Normandie, vrai faux normand, voit arriver la ligne ultime qui lui permettra de présenter son texte en langue française, pas molle hier ni aujourd'hui d'ailleurs, aux éditeurs qui pourraient être intéressés.Sans tout dévoiler, il n'en est encore pas au stade des bonnes feuilles de Jabby (le nom Beuttler est-il cité une fois dans son ouvrage ? Il verra cela le moment venu...), Milippe Beutgel est en train de récupérer des informations sur une amie de Mike Beuttler qu'il va rencontrer, a échangé avec un pilote portugais, attend des photos de Graham Warner et des témoignages de Brian Lewis et Peter Bloore, a contacté le BRDC pour pouvoir rencontrer les anciens collègues de course de Mike et devrait en savoir plus sur la période post F1 grâce à un contact américain de l'amie évoquée plus haut.
La relecture a commencé ; cinq chapitres bouclés. Celui qui roule en casque de Mike Beuttler dans sa voiture rouge de frimeur s'est plongé dans le chapitre de la F1 qui est le plus dense ; ensuite il restera des chapitres plus légers. La partie "statistiques" et "données techniques" est quasiment figée. L'objectif de fixer le texte en français avant le 31 décembre 2007 est maintenu ; la traduction en anglais pourra alors démarrer. Ensuite... Ensuite, il espère une sortie avant juin 2008 (version française).
Signé Philippe Vogel
Voir son site
Philippe Vogel beuttlérisé © Philippe Vogel
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dimanche, 18 novembre 2007
Les incroyables du sport automobile
La déontologie exigerait du critique qu'il parle d'une oeuvre telle qu'elle est et non telle qu'elle aurait dû être, ce à quoi s'est refusée l'auteure du petit bouquin dont la couverture figure ci-contre, et ce à quoi la présente note s'emploie, au mépris de la dite déontologie.
Ce livre est vendu sous blister pour que l'acheteur potentiel n'en réduise sa perception qu'à une quatrième de couverture alléchante où il est question d'une anecdote méconnue entre Ayrton Senna et un jeune malade sorti du coma grâce (entre autres) à un message enregistré par le Brésilien à son attention.
14,90 € plus tard, le plastique ôté, la déconvenue gagne l'amateur qui espérait trouver dans ces pages d'autres évocations "incroyables" qu'une compilation de faits archi-connus qui traînent dans les forums, qui n'apprendra rien au spécialiste mais ennuiera le béotien par le côté répétitif du procédé. On y "apprend" qu'une voyante avait annoncé sa mort à Cevert, ce genre de trucs ; on y "apprend" aussi qu'à la suite de l'accident du Mans en 55, aucune "monoplace" n'a plus posé ses roues en Suisse ; qu'aucun pilote n'a gagné un GP dès sa première participation, bref, glissons. On eût apprécié disposer d'un index des noms cités, de la bibliographie utilisée par l'auteure, bref, passons.
Voilà un livre coincé entre deux créneaux, qui ne trouvera pas son public. On aurait aimé que fussent évoqués d'autres mystères du sport automobile auxquels peu d'auteurs se frottent - hormis les Anglais (on pense au magistral Grands Prix Saboteurs de Joe Saward sur les pilotes français qui firent de la résistance durant la dernière guerre).
D'où vient la fortune de Mister B. ; pourquoi ne parle-t-on jamais des suicides en course ? Qui était Robert O'Brien, engagé au GP de Belgique 52 sur une Simca-Gordini et dont il n'existe nulle photo au monde et dont personne ne se souvient ? (il aurait été agent secret) ; qui est cet inconnu, Antonio Bernardo, engagé au GP de Belgique 1976 et que personne n'a jamais vu ? etc. Une liste qui s'allongera en commentaires, à n'en pas douter.
En somme, un ouvrage dans la lignée des Miscellanées de Mr Schott, minuscule recension de faits insignifiants qui fait école dans l'édition française, toujours à l'affût de coups pas chers et susceptibles de rapporter gros.
LAUDUIQUE-HAMEZ (Sylvie) .- Les incroyables du sport automobile. Ed. Calmann-Lévy, Paris, 2007, 190 p., 14,90 €
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mercredi, 07 novembre 2007
Femmes pilotes de courses auto 1888-1970

Du charme troublant d'Annie Bousquet, un an avant son accident fatal de Reims, s'échappe une essence faite de force, de détermination et de douceur aussi que Jean-François Bouzanquet a réussi à intégrer tout au long des 176 pages de son livre consacré aux femmes pilotes, dont le souvenir reste longtemps en soi après qu'on l'eut refermé.
Structuré en sept chapitres dont chacun prend en charge une décennie, l'ouvrage décrit quarante-six figures féminines dans le cadre d'un article entier, tandis que des encadrés disséminés un peu partout offrent de la place à beaucoup d'autres, de ces femmes avec lesquelles visiblement l'auteur a passé ces dernières années plus de temps qu'avec la sienne.
Oh ! ne vous attendez pas à un lourd ouvrage comme celui que Maurice Louche a écrit sur les pilotes français les plus marquants [1] car Jean-François Bouzanquet s'est affranchi des règles biographiques classiques pour mieux cerner ses sujets dans leur quotidien automobile et personnel. On peut certes déplorer ce parti-pris minimaliste que d'aucuns jugent comme une facilité mais il insuffle à l'ouvrage une dynamique et une légèreté surprenantes qui collent parfaitement au thème.
Oui, nous nous avouons surpris favorablement par ce livre dont les échos qui l'ont précédé, et le côté mondain de son lancement, faisaient craindre quelque gentille entreprise efficacement vendable ; suspicion alimentée enfin par l'impardonnable faute d'orthographe du titre qui ajoute un s à course, laissant l'imagination vaquer autour de femmes faisant leurs courses au marché alors qu'il s'agit de pilotes de course automobile. Jacqueline Auriol était-elle pilote de chasses ?Bref, passons sur ce point de détail ainsi que sur les petites erreurs glissées çà et là, dont "Sterling Moss" fait les frais, ou Mike Spence devenu Gence ou encore Gijs van Lennep, changé en Florian Vetsch, page 149. Broutilles en regard du plaisir, du charme et de l'élégance qu'offre Monsieur Bouzanquet à son lecteur, notions dont on pressent qu'elles lui sont propres tant son livre les respire.
Un tel document manquait au paysage éditorial français, rien n'ayant été publié sur les femmes coureurs automobiles hormis quelques bios de-ci de-là comme récemment ce livre sur Camille du Gast par Elisabeth Jaeger-Wolff [2] ou le bouquin sur Violette Morris de Raymond Ruffin [3], sans remonter à l'antiquité avec le Pilote et femme sur Marie-Claude Beaumont [4].
S'appuyant sur une très riche iconographie, inédite pour une large part et qui fait le prix du bouquin, JFB a composé une série de vignettes qui mettent en scène les héroïnes de l'époque définie par la tête de chapitre. Ainsi faisons-nous la connaissance de Bertha Benz, dont le minoi indique qu'elle n'avait rien de commun avec la Grosse du même nom ; frémissons-nous à la vue de Violette Morris, la monstrueuse gestapiste ; rêvons-nous à la lecture du carnet de bord de Simone des Forest, déniché par l'auteur et qui narre le Monte-Carlo 1934 ; sommes-nous bercé par le violoncelle dont jouait Lucienne Radisse entre deux courses ; mourons-nous de l'envie d'être le passager d'Annie Soisbault à bord de sa TR3, telle que vue page 128 dans un cliché qu'on croirait sorti de la Dolce Vita.
C'est tout cela et plus encore, ce livre, à la fois somme documentaire et support à fantasmes.
Enfin et en conclusion, ceci : Une seule des quarante-six personnes évoquées ici à péri en courant, Annie Bousquet. Seules deux autres ont trouvé une mort violente, Violette Morris, exécutée par la Résistance française, et Amy Johnson, tuée dans un accident d'avion pendant la dernière guerre. Un nombre très impressionnant de ces femmes a dépassé quatre-vingt ans, beaucoup les quatre-vingt-dix ; une proportion de rescapées de la course sans rapport avec les statistiques notées chez leurs collègues masculins, surtout rapportées aux époques considérées.
Constat intéressant. Constat sans appel sur notre genre, messieurs. Annie Soisbault rappelle en préface, citant Aragon, que "la femme est l'avenir de l'homme."
Merci à vous Jean-François de nous avoir permis de le vérifier une nouvelle fois.
BOUZANQUET (Jean-François) .- Femmes pilotes de course auto : 1888-1970. Ed. ETAI, Boulogne-Billancourt, 2007, 176 p., 44, 95 €
www.etai.fr
[1] LOUCHE (Maurice).- Un siècle de grands pilotes français (1895-1995). Préf. Juan Manuel Fangio, illust. François Chevalier. Ed. Maurice Louche, Campagne Cambronne, 1995, 3 vol, 880 p., 220 € http://editionsmauricelouche.com
[2] JAEGER-WOLFF (Elisabeth).- La dernière amazone (biographie romancée de Camille Crespin du Gast [1868-1942]). Ed. du Batsberg, Gambais, 2007, 411 p., 21,50 €
[3] RUFFIN (Raymond).- Violette Morris : la hyène de la Gestap. Ed. du Cherche-Midi, Paris, 2004, 267 p., 17 €
[4] LEVINE (Michel).- Marie-Claude Beaumont, pilote et femme. Ed. Solar, Paris, 1971, 241 p.
Annie Bousquet sur sa Porsche 550 spyder juste avant un accident à Montlhéry en 1955 © Collection Bavouzet
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vendredi, 05 octobre 2007
Cette histoire-là
Comme un seul homme, presse, blogs et forums automobiles se sont emparés du dernier Baricco comme d'un nouveau Fisson ; aurait-on dégoté une version moderne des Princes du tumulte, l'un des rares romans de course automobile, puisque l'essentiel de la production "littéraire" auto est fait de biographies, d'historiques de marques, de récits de courses, tout cela au format beau livre, agréable à offrir, facile à ingérer, comme si l'amateur de lecture automobile n'avait pas de prétention intellectuelle supérieure à celle d'un bonobo à qui on aurait filé à travers sa cage le catalogue ETAI.
Mais de cet engouement, que lit-on çà et là sinon des quatrièmes de couv' qu'on fait passer pour critiques. C'est que le Baricco aura de quoi dérouter le spécialiste des Ferrari 166 MM ou tel prêtre de la Bugatti authentique ou copiée, puisque la partie automobile recelée dans ces pages ne sert à rien d'autre qu'à nourrir le fantasme qui fait avancer au long de sa vie Ultimo Parri, le héros. Déjà, le fait qu'il soit publié chez Gallimard et non au Palmier aurait dû alerter notre puriste quant à la portée symbolique de ce livre qui nourrira l'imaginaire d'un lecteur pour qui l'automobile a fait son garage de cet imaginaire. Pas davantage.
Et d'abord, il nous semble bien, à moins que notre mémoire nous fasse défaut, qu'Ultimo, fils de garagiste, qui tomba amoureux du phénomène automobile au soir du départ du Paris-Madrid 1903, à l'âge de cinq ans, n'aura pas possédé d'automobile tout au long des 318 pages du bouquin, après tout les cordonniers sont aussi mal chaussés que certains.
Cette scène d'ouverture qui raconte le départ du Paris-Madrid est d'ailleurs l'un des plus beaux moments que la littérature ait réussi sur le dos de l'automobile. Une densité toute fellinienne allume ces pages truffées de vignettes humanistes, qu'aucun Rosinski ou Crombac n'a jamais eu le culot - ou l'idée - d'intégrer à ses papiers, comme ces épouses dont les maris sont partis à la course et qui du coup s'étendent à loisir dans le lit conjugal ; détail qui plut à Gianpaolo - peut-être confronté dans son intimité à une cohabitation de ce genre.
Structuré en sept chapitres, le texte permettra de serrer au plus intime l'étrange et subtile personnalité de ce garçon qui trouvera un sens à sa vie un soir au théâtre où il tomba amoureux d'une spectatrice placée devant lui, détaillant les dix-huit courbes qu'il aura décelées sur sa nuque et son cou. Il n'aura de cesse de concrétiser son fantasme sous la forme d'une route, puisque des routes il est fou. Eh oui, c'est son truc, à Ultimo, les routes, plus que les automobiles "qu'il ne voyait quasiment pas, les considérant comme un corollaire futile à la beauté des routes."
Il construira donc une route faite de dix-huit courbes tournant indéfiniment sur elle-même. Ça s'appelle comment les gars, une route de dix-huit courbes tournant sur elle-même ? Un circuit, bravo il y en a deux qui suivent. Vu comme ça, l'histoire peut apparaître nunuche puisque affadie par les mots de votre serviteur, mais écrite par Alessandro Baricco, elle ressort du poétique le plus pur, en même temps qu'y est approché, certes en contrebande, le mystère de l'origine d'une passion. Pourquoi aime-t-on les routes à en devenir cinglé ? Pourquoi nombre d'entre nous réduisent-ils leur existence à avaler du bitume le cul sur un moteur, un truc rond entre les mains ? Il y a des bonobos qui doivent rigoler dans leurs cages.
L'auteur a enserré Ultimo dans les rets de sa narration, ce qui veut dire en gros qu'il n'est vu qu'à travers les regards de ceux qui l'approchent ; lui-même n'intervient pas. Vers la fin de l'ouvrage, une certaine Elizaveta, cruelle aventurière russe en compagnie de laquelle il errera sur les routes américaines pour vendre des pianos avant de la quitter, mènera une véritable enquête policière qui la conduira (et nous en prime) sur la trace du circuit qu'il aura enfin construit à la fin de sa vie. Quelque part en Angleterre, en 1947, sur un terrain d'aviation désaffecté du nom de Sinnington. Alors, les deux qui suivent de s'écrier comme un seul homme, c'est Silverstone ! bravo les gars, vous voilà remboursés des 20 euros que vous aura coûtés le Baricco.
Un dernier mot avant qu'on saute sur les commentaires pour indiquer une video sur YouTube, cette cruelle Elizaveta déflorera le circuit - resté vierge - dans une Jaguar XK 120 conduite par un jeune homme très beau, puis demandera qu'on le détruise (le circuit, pas son chauffeur). Toute ressemblance avec un de nos amis commentateurs étant à exclure. Quoique.
BARICCO (Alessandro).- Cette histoire-là. Ed. Gallimard, "Coll. Du monde entier", Paris, 2007, 317 p., 20, 00 €
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lundi, 03 septembre 2007
Livres parus ou à paraître #3
Un livre à paraître nous fait penser à un cornet de glace, comme ces "99" qu'on dégustait à Brands Hatch, allongé sur le terre-plein central en attendant le GP alors qu'au-dessus de notre tête s'énervaient les hommes de la RAF. Un moment de pur bonheur pourtant gâché par la fonte du cornet, car le gourmand que nous sommes en retardait jusqu'au bout la dégustation. Un livre à paraître, paraît, puis sauf exception se fond dans le paysage éditorial. C'est embêtant pour titrer une note consacrée à ces ouvrages de l'entre-deux.
Voyons aussi nos précédentes chroniques en 2006 sur le même thème, celle du 6 août et du 23 novembre.
2007
Parution le 22 juin
Graham Hill Scrapbook 1929 -1966 (en anglais)
Philip Porter
Ed. Porter Press International, Tenbury Wells, 176 p., 34,95 £
Lien fin
Le scrapbooking est un art qui consiste à traiter un sujet à l'aide d'éléments périphériques qui, savamment assemblés, poétiquement regroupés, disent mieux qu'un texte classique ou des images banalement empilées. Il s'agit dans le cas présent de coupures de presse, de programmes de course, note d'hôtels, pass, etc. Après ses Stirling Moss et un Jaguar scrapbookés à la perfection, Porter récidive avec ce Graham Hill, première époque qui couvre la vie de Graham Hill depuis le berceau jusqu'à sa victoire à Indy.
Parution le 3 août
Memories of the Bear: A Biography of Denny Hulme (en anglais)
Eoing Young
Ed. J H Haynes & Co Ltd, Londres, 384 p., 17, 99 £
Lien fin
Ce livre marque le 40e anniversaire du titre mondial remporté par l'ours le plus vite de la planète, aussi à l'aise sur le tarmac qu'emprunté dans les pince-fesses, ce en quoi nous différons.
Parution le 31 août
Stirling Moss Scrapbook 1929 - 1954 (en anglais)
Philipp Porter et Stirling Moss
Ed. Porter Press International, Tenbury Wells, 160 p., 34, 95 £
Lien fin
Couvre la période de jeunesse de Moss, depuis ses débuts en racer 500 jusqu'à son accession à la scène internationale en passant par la période HWM et ses victoires sur Jaguar au Tourist Trophy et au Mans.
Parution le 1er septembre
The Brothers Rodriguez (en anglais, traduit de l'espagnol)
Carlos Jalife
Ed. Haynes Publishing Group, Sparkford, 592 p., 99, 99 £
Lien fin
Carlos Jalife, proche de la famille Rodriguez et fondateur de la Scuderia Hermanos Rodriguez, a passé les 13 dernières années à écrire cette somme de près de 600 pages et 3000 photos (!), sortie dans le monde hispanique en 2006 et dont la version anglaise devrait faire grand bruit.
Parution le 6 septembre
Cette histoire-là (roman traduit de l'italien)
Alessandro Baricco
Ed. Gallimard, Paris, 320 p.,20 €
Lien fin
Au début du XXe siècle, au Piémont, Libero Parri et son fils Umberto sont pris par la passion de la compétition automobile. Le père abandonne l'élevage et l'agriculture pour monter un garage puis suivre le comte D'Ambrosio. Le fils rêve de construire un circuit automobile parfait, tout en sillonnant les routes des Etats-Unis avec Elizaveta, qui donne des cours de piano pour la maison Steinway.
Parution le 27 septembre
Mes 578 Grands Prix de formule 1
Gérard Crombac
Ed. Anthèse, Arcueil, 384 p., 75 €
www.anthese.fr
Nicolas Draeger, l'éditeur qui ne répond jamais à nos courriers, au Salon du livre 2007 : "Le livre a pris un peu de retard car il a fallu faire du tri dans l'ordinateur du Gérard Crombac."
José Rosinski, qui a terminé l'ouvrage, à LM Story 2007 : "Le job est fait, c'est l'éditeur qui traîne."
Etienne Moity, à l'enterrement de Jean Rédélé : "Le bouquin de Crombac a l'air sympa mais on va encore bouffer du Lotus, ça fait chier..."
Parution le 28 septembre
Femmes pilotes de course auto : 1888-1970
Jean-François Bouzanquet (un auteur qui nous lit)
Ed. ETAI, Boulogne-Billancourt, 176 p., 44, 95 €
www.etai.fr
Plus de quarante portraits de femmes pilotes automobiles, qui auront fait preuve de caractère pour braver les résistances masculines du monde automobile. Records de vitesse, bravoure en rallyes et victoires en Grand Prix. ("pitié pour la critique... c'est mon premier livre..." supplie l'auteur dans un mail)
Parution le 4 octobre
Bernie: The Fully Authorised Biography of Bernie Ecclestone (en anglais)
Susan Watkins
Ed. Ebury Press, Londres, 384 p., 18, 99 £
Lien fin
Epouse du toubib de la FIA, Sid Watkins, l'auteur connaît Bernie depuis plus de vingt ans, c'est beaucoup trop pour crédibiliser une biographie qui devrait, sauf procès d'intention de notre part, tenir plus de l'hagiographie que du portrait sans concession que tout le monde attend. Bernie a promis de ne rien cacher. Wait and see.
Parution le 8 octobre
Il y a un siècle, l'automobile
Thierry Coulibaly (un auteur qui nous lit)
Ed. Ouest-France, Rennes, 144 p., 25 €
www.edilarge.fr
L'apparition de l'automobile est une véritable épopée : le premier véhicule automobile date de 1770, inventé par Joseph Cugnot. Mais il faut attendre 1880 pour voir apparaître les premiers véhicules à essence, lancés par Carl Benz et Gottlied Daimler. Ce livre raconte l'histoire de ce moyen de locomotion et de tout ce qui le concerne : réseau routier, cartes, permis de conduire.
Parution le 11 octobre
Steve McQueen : les images d'une vie
Yann-Brice Dherbier
Ed. YB éditions, Paris, 39, 95 €
A la croisée de différents univers, cinéma, course automobile, les sixties, les amours, cet ouvrage rend compte de la passion de l'acteur pour l'univers automobile, tout en présentant des photos inédites provenant de collections privées et d'archives.
L'élégance automobile de Vuitton
Serge Bellu
Ed. La Martinière, Paris, 256 p., 60 €
A partir de documents inédits, ce livre propose un voyage à travers les décors des automobiles de luxe, équipées par Vuitton, mêlant aventure, évasion, dépaysement et luxe. Mercedes-Benz SS de 1928, Bugatti 57 Atlantic de 1937 ou Ferrari 250 GT Berlinetta de 1962 sont parmi les modèles équipées de malles et de bagages créées par Vuitton.
Parution le 18 octobre
Ferrari : journal d'une légende (avec la collaboration de Antoine Prunet)
Serge Bellu
Ed. Anthèse, Arcueil, 576 p., 279 €
www.anthese.fr
Présenté sous coffret, cette fresque retrace l'histoire de Ferrari qui a commencé en 1947, décrit tous les modèles de route et de compétition avec des précisions sur la mécanique et sur le contexte dans lequel chaque voiture est née, tous les prototypes, toutes les automobiles de série inscrites au catalogue officiel.
Winning is not enough : the autobiography (en anglais)
Sir Jackie Stewart (un auteur qui ne nous lit pas)
Ed. Headline Book Publishing, 495 p., 20 £
www.hodderheadline.co.uk
C'est le quatrième livre de mémoires de l'Ecossais, après Plus vite, Grand Prix et Champion. On espère une traduction française, si possible meilleure que celles des ouvrages précités.
Parution le 26 octobre
Quarante-cinq histoires d'automobiles (photographies Agence Magnum Bruno Gilbert)
Bruno Gilbert
Ed. Intervalles, Paris, 128 p, 19 €
www.editionsintervalles.com
Une sélection de photographies des plus grands photographes (Le Querrec, Gaumy, Cartier-Bresson, Parr, Depardon, etc.) sur le thème des voitures, chacune mise en regard avec un texte court décalé qui invente un contexte au cliché. Le texte réinvente ainsi chaque photo et interroge notre rapport à l'automobile.
Parution le 31 octobre
Histoire des rallyes, volume 1, 1951-1968
Michel Morelli, Gérard Auriol
Ed. ETAI, Boulogne-Billancourt, 208p., 48 €
www.etai.fr
Panorama de l'histoire des rallyes automobiles, présente chaque saison épreuve par épreuve, sans oublier les épreuves françaises moins célèbres. Avec l'évolution des obstacles et des notations, l'apparition des notions de moyenne horaire, de vitesse pure puis de classement scratch, etc.
Parution le 9 novembre
Géo Ham, peintre de la vitesse (catalogue de l'exposition éponyme à Laval 2007-2008)
Ed. Somogy, Paris, Ed. Siloë, Laval, 160p., 29 €
www.somogy.net www.siloe.fr
Georges Hamel dit Géo Ham s'impose à l'âge de 20 ans comme illustrateur vedette des courses automobiles, aériennes et motocyclistes grâce à un style unique qui restitue le sentiment de vitesse.
Parution le 20 novembre
Histoire des rallyes, volume 2, 1969-1986
Michel Morelli, Gérard Auriol
Ed. ETAI, Boulogne-Billancourt, 208p., 48 €
www.etai.fr
Panorama de l'histoire des rallyes automobiles, à partir de l'ouverture aux prototypes et donc l'arrivée de nouveaux constructeurs. A la suite de cet engouement, les rallyes sont devenus des épreuves de vitesse sur route, malgré l'interdiction des prototypes en 1973. La seconde partie retrace l'épopée du Groupe B.



