samedi, 26 avril 2008

Le Taulier

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L'angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Saint-Roch, à Paris, fut occupé jusqu'au milieu des années 70 par une boucherie. Le patron, Pierre, avait quatre garçons, qu'une soeur, Corinne, rejoindrait plus tard, puis quitterait. Il fallait les occuper le jeudi, aussi les belles clientes coiffées comme Martine Carol slalomaient-elles entre les voitures miniatures que les deux plus grands poussaient dans la sciure, comme un Dakar avant l'heure.


L'Aîné, surtout, un petit sec aux yeux pétillants, aimait beaucoup ça, faire rouler des autos de course de 10 cm. Il eut une MG TF comme ça, avant de pouvoir s'en payer une pour de vrai bien des années après. Ensuite, permis en poche, Il livrerait la viande au volant de la camionnette 203 aux couleurs de la boucherie - la Lotus, qu'iL l'appelait, qui passait à fond les guichets du Louvre, comme un Masta avant l'heure. Il gravissait la première des marches qu'il aurait à franchir avant de devenir le Taulier.

Rêvant aux exploits de Jean Behra au lycée Condorcet, Il imagine que la moto serait un bon vecteur pour parvenir à l'auto de course. La suite lui donne raison avec onze titres nationaux dans la spécialité. Nous sommes dans les années soixante. Si le terme avait été popularisé, on aurait parlé de lui comme le Taulier de la moto. Une petite René Bonnet sport Lui offre de s'aligner au Mans en 63, Il y enlève l'indice énergétique; la même rate de peu de Le tuer l'année d'après à Reims. Il est retrouvé explosé, le bras gauche en miettes. Le toubib lui dit, au terme de plusieurs interventions, que ce bras sera bloqué. Lui dit qu'il faut le bloquer en position de course. Une autre marche de franchie.

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En 1965, deux trajectoires se rencontrent : Lui et Matra. La firme, alors débutante, mise sur le miraculé en béquilles qui proclame qu'il veut courir à tout prix. Les deux entités frappent un grand coup, c'est la grande victoire de Reims en F3, près d'un an jour pour jour après le terrible accident des 12 heures. Sous les yeux du Pr Reimparing. La France découvre dans L'Equipe du lundi 6 juillet que "Le jour de gloire est arrivé". Elle tient un futur successeur à Wimille et Behra. Il escalade une nouvelle marche.

C'était alors parti pour une longue association de neuf ans entre deux noms emblématiques du renouveau du sport automobile en France.
1966 Le voit gagner le GP de Monaco F3, débuter en F2, notamment au GP d'Allemagne F1 où il remporte une huitième place au général et la victoire en catégorie. C'est une période fructueuse qui s'annonce, et entre 1967 et 1970, Il marque de son nom l'histoire du sport automobile : quatre victoires en F3 à la Temporada argentine 1967, champion d'Europe de F2 des non-gradés en 1968, 12 GP en 1968, 11 GP pour Matra en 1969, suivis de 13 autres en 1970 au volant de la nouvelle MS 120.
Il trouve même le temps d’épouser Jacqueline en janvier 1968.

L'accident qui L'implique dans la mort d'Ignazio Giunti aux 1000 km de Buenos Aires 1971 marque la fin d'une époque ascendante. Il abandonne Matra pour BRM l'année suivante, la mort dans l'âme. Tout se passe comme s'iL reproduisait le déchirement vécu lorsque, vingt auparavant, Jean Behra quittait Gordini pour Maserati.
Puis Monaco 72. Il est devenu à ce stade La référence. Il truste les plateaux télé, fréquente les "people" avant que ce mot n'existe, conseille les jeunes pilotes, donne des coups de main, prête des motos. De nouvelles volées de marches sont gravies.
Sa carrière en F1 stoppe brutalement à l'orée de 1976 quand Guy Ligier, trahissant sa parole, confie sa nouvelle voiture à Jacques Laffite. Rupture très brutale qu'Il mettra longtemps à cicatriser.

Il s'implique alors dans le nouveau championnat de France des voitures de production, gagnant deux titres avec BMW. On Le verra courir ensuite plus épisodiquement jusqu'au milieu des années quatre-vingt, puis cesser l'activité sportive pour s'intéresser à celle de ses fils, Anthony et Julien, qui sont autant de marches vers l'accession au titre de Taulier.
La fondation en 1987 d'une école de conduite nommée "Conduire juste", qui essaimera à travers la France, le propulse à cinquante ans, vers un XXIe siècle qu'il abordera nourri de moult projets.

Aujourd'hui, 26 avril 2008, c'est Son anniversaire. Il est devenu le Taulier, l'âme du sport automobile français. On se L'arrache dans les manifestations d'anciennes mais on Le consulte sur les sujets actuels. Le dernier week-end à la Génétouze, en Charente-Maritime, où un "Pôle Eco-mobilité", consacré à la mobilité durable et à la sécurité routière va voir le jour sous Ses auspices. En mai au GP de Monaco historique. Entre passé et futur s'équilibre le Taulier. Il déteste qu'on lui parle du premier élément mais déteste tout autant qu'on l'oublie. Il adore se projeter dans le futur tout autant qu'il fréquente les lieux du passé. Pas simple, le Taulier.
Le Taulier, c'est pas Prost, ni Pesca, ni Alesi, le Taulier c'est Lui.

Laissons le mot de la fin à son neveu Vincent (17 ans) qui accomplit ce week-end sa première course de la saison en Formula Academy, tel qu'il nous le confiait ces jours-ci : Il est impressionnant, énorme, gigantesque, autant dans Son passé que dans Son présent. À 71 ans, je Le vois toujours très actif, très ambitieux... Plus généralement, mon oncle Michel ne cesse de dire en rigolant, qu'Il est la réussite de la famille.

Bon anniversaire cher Taulier. Il déteste qu'on le Lui souhaite mais déteste tout autant qu'on l'oublie.

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La Boucherie
© Michel Beltoise (www.cep-organisation.fr)
La victoire à Reims © Pr Reimsparing
Monaco en famille, archives Jacqueline Beltoise 

samedi, 23 février 2008

La visiteuse des Beltoise, aujourd'hui Corinne

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La petite fille que tient Jean-Pierre Beltoise dans ses bras est Corinne, sa soeur. On vient d'apprendre sa mort, survenue dans la nuit du jeudi au vendredi 22 février.

La mort est décidément une visiteuse régulière des Beltoise. En 1962, elle ôtait aux siens Jean-Claude, le frère cadet de trois ans de Jean-Pierre (à sa gauche), à la suite d'un accident de voiture alors qu'il se rendait à la maison de campagne de La Baule. Apparemment satisfaisant - une jambe cassée -, son état s'agrava dans la nuit. Il décèdera le lendemain.

46 ans plus tard, la mort séjournait aux Arcs, en Savoie. Corinne Beltoise, aussi, qui y faisait du ski, mardi dernier, avec ses deux enfants. Elle fit un gros vol plané sur une bosse que la dame en noir lui avait cachée, tomba sur le ventre. Elle avait mal, pourtant elle rechaussa ses skis et descendit elle-même jusqu'à la station. Le lendemain mercredi elle se rendit au centre médical où l'on diagnostiqua deux côtes cassées. Elle parlait normalement, blaguant au téléphone avec ses frères et son mari Christian qui était resté à Alès où ils demeurent. Elle téléphona dans l'après-midi à son frère Michel pour lui demander l'adresse d'un restaurant sur la route du retour, lui disant que ses vacances étaient foutues. Mais elle en rigolait. (J'ai volé si haut que j'ai cru que j'allais me tuer !).
Et dans la nuit de jeudi à vendredi, sans aucun avertissement, elle était morte. Oedème du poumon, puis embolie pulmonaire. 

La visiteuse des Beltoise se manifesta entre ces deux drames. Le 1er avril 1966, elle précipitait Eliane, la première épouse de JPB contre un poteau téléphonique sur l'autoroute du Sud. Et le 6 octobre 1973, elle s'emmêlait les crayons au moment où François Cevert glissait sa Tyrrell 006 dans les esses de Watkins Glen.

Corinne Beltoise était dans l'automobile. Normal pour une Beltoise. Importatrice Caterham, elle gérait avec son époux Christian Bonnal, "B&B Propulsion", entreprise qui organise des courses de Caterham et dispense des cours de pilotage [1]. Elle était connue pour son caractère. Normal pour une Beltoise.

Elle laisse deux enfants, Marie, 15 ans et Vincent, 17 ans. Vincent promet. Normal pour un Beltoise. Elu Espoir de l'année de la Ligue du sport automobile du Languedoc Roussillon et Espoir sportif auprès du Ministère de la jeunesse et des Sports. Il a intégré l'Auto Sport Academy. MdS reparlera de lui.

Mémoire des Stands présente à la famille Beltoise, et particulièrement à Christian, Marie et Vincent, ses condoléances les plus sincères.


[1]
www.caterham.fr


La fratrie Beltoise en 1958
. (De gauche à droite, Michel, JPB, Alain, Jean-Claude. Au centre, Corinne). Photo extraite du livre Beltoise, le roman d'un champion de Johnny Rives

vendredi, 21 septembre 2007

Alors, j'ai vu Beltoise !

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L'an dernier, à Angoulême, on m'avait demandé : Alors, t'as vu Beltoise ? Ce qui revient à demander si je lui avais parlé. Non évidemment. Pas plus que l'année précédente. ON ne parle pas à Beltoise. JE ne parle pas à Beltoise. Auriez-vous adressé la parole à Enzo Ferrari ? Mauvais exemple, Gianpaolo l'a fait. Phil Vogel aurait-il discuté avec Mike Beuttler ? Mauvaise pioche, connaissant l'animal, la réponse aurait été positive. Et M'sieur Magnanou avec son casque de Chris Amon, l'aurait-il fait signer au vrai Kiwi ? Sans doute.
Alors qu'a donc de plus Beltoise, qu'ai-je de moins que ces gens-là ? La réponse, si elle existe, est cachée quelque part dans les tréfonds du blog.

Beltoise, bon sang, c'est un truc vieux de quarante ans, facile ! Ce qui l'est moins, facile, c'est d'expliquer cette fascination, cette passion, oui osons, qui me tient depuis le milieu des années soixante, depuis que petit à petit les journaux ont commencé de sortir de la masse anonyme ce petit bonhomme qui causait parigot, ce p'tit gars qui après une jolie carrière de motard avait ajouté deux roues à sa passion. Et dans le désert français surgissait Jean-Pierre Beltoise, dit aussi Bébel, dit aussi JPB. Ah, ce JPB, quelles initiales, nom d'un chien !

Jusqu'au samedi 15 septembre 2007, sur le parvis de l'Hôtel de ville d'Angoulême où Jean-Louis Mathieu nous a présentés, Beltoise était un mythe, un fantasme, un esprit sur lequel j'écrivais sans imaginer qu'il existait vraiment. Un personnage de Second Life.

La victoire de Reims en 65 fut l'étincelle qui alluma la mèche. Je devais être en vacances à Romo, j'avais ramené L'Equipe à la maison, et j'avais dit à mon frère, t'as vu, Beltoise a gagné ! Ah bon? fit-il le nez dans la lumière du Soldo, à limer. Beltoise, ç'a toujours été une histoire solitaire, entre moi et moi. Des beltoisistes, je n'en ai guère rencontrés, à croire qu'ils s'en cachent, ou alors ce sont gens pudiques. Le seul qui m'arriva à la taille fut Braillon, le président de son club. C'est en compagnie de Braillon qu'un jour à Pau, en 76, l'année où il faisait si chaud, Beltoise me serra la main.

Ce satané Braillon, qu'ai-je pu l'envier ! Lui était de ses amis. Il avait toujours un tas d'anecdotes le concernant. Comme la fois où, s'apprêtant à rentrer de la Course des Champions de Brands Hatch, Braillon voit se diriger vers sa Simca 1100 S, JPB. Il y avait peut-être ausi "Bouche en biais" dans la caisse, je  ne sais plus. Bref, mon Beltoise se pointe et dit qu'il a raté son zinc ou un truc du genre et demande à Braillon si dès fois il n'y aurait pas une place pour lui jusqu'à Paris. J'ai encore dans l'oreille Braillon me racontant ça, disant à JPB, d'accord mais tu conduis. Ce voyage, Braillon s'en souviendra sa vie entière. A l'époque, Beltoise ne pondait pas des rapports gouvernementaux sur la modulation des péages autoroutiers.

Trente et un an maintenant que je lui ai serré la main.

Oui, j'ai vu Beltoise cette année.

Jean-Louis Mathieu nous présente. Bébel recule d'instinct. Un fan, méfiance. Je luis dis que je retrace sa carrière en F1 sur Internet. Sobre, sans pathos, il ne s'agit pas qu'il me claque dans les pattes. Internet, qu'il me rétorque, une moue plissant ses joues, j'y connais rien, ça m'ennuie. (Air connu, c'est cette putain de fracture numérique qui plonge 50% des Français dans l'ombre). Puis quelqu'un déclare, sans savoir qu'il fout tout par terre, que sur ce blog existe un fil de discussion sur François Cevert qui compte plus de 1000 commentaires. Ah ça va faire plaisir à ma femme ! lâche Beltoise qui prend la poudre d'escampette. Oui j'ai vu Beltoise. Deux minutes. 

Plus tard, au cours du dîner qui réunira les officiels et quelques invités, Beltoise demandera en aparté à Jean-Louis Mathieu, tripotant une carte au dos de laquelle j'avais griffonné mon nom et celui du blog, c'est quoi ce truc, Mémoire des Stands ?



Alors je vois Beltoise !
© Francis "l'homme à la veste marron" Jomier

jeudi, 26 avril 2007

Driver JPB et Mister Beltoise

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Le 26 avril 1937 naissaient deux pilotes de course, enfin plutôt deux bébés qui se transformeraient en pilotes de course qui, hasard amusant, allaient se côtoyer en une unique occasion, et vraisemblablement sans connaître ce détail d'état-civil, le temps d'un départ de Grand Prix, à Watkins Glen en 1970. Ils avaient ce jour-là 33 ans, 5 mois et 29 jours, s'appelaient Gus Hutchison et Jean-Pierre Beltoise.

Du premier nommé, Américain, on sait qu'il courut en formules B et 5000 et qu'il se présenta au Glen en 70 au volant d'une Brabham ex-Jacky Ickx. Nos lecteurs les plus fûtés n'ignorent pas que celui des deux qui nous intéresse, en partie à l'origine de notre passion pour la course et sans qui MdS n'existerait pas, est l'autre, Jean-Pierre Beltoise, dit Bébel, dit aussi et surtout JPB, même par des membres de sa famille, c'est trop drôle.

Jean-Pierre Beltoise souffle 70 bougies aujourd'hui.

JPB n'est pas, pour qui s'intéresse à celui qui est au coeur de la renaissance de la France mécanique des années 60, le meilleur client, car l'homme, on le sait, est réfractaire à son passé. Regarder en arrière l'indispose. Sa carrière, il s'en fout, du moins donne-t-il ce sentiment à quiconque l'approche lors d'une bourse d'échange de voitures miniatures ou d'un GP de Monaco, parmi les rares événements automobiles susceptibles de l'extraire de ses activités. On ne l'ennuiera donc pas en lui rappelant quelques hauts faits que les historiens sont en droit de lui imputer, comme cette victoire de Reims en 65 ou ce surnom de "El Ganador" que lui valurent les quatre victoires de rang à la Temporada argentine de 67. Pas plus qu'on évoquera ses performances à Charade ou à Monaco, au risque qu'il attrape des boutons, ou l'un ou l'autre des onze titres nationaux en moto qu'il glana entre 61 et 64. Enfin on ne l'agacera pas en lui rappelant le travail qu'on abat ici en racontant ses courses de F1. C'était l'époque de Driver JPB. Son problème. Celui de Mister Beltoise consiste à vivre sa vie propre, à se bâtir une autre carrière, tournée vers l'avenir. Driver JPB essayait des petites motos et des buggies dans Champion, des papiers qu'il rédigeait lui-même ; Mister Beltoise roule pour Sarko [1].

Le Mister Beltoise du XXIe siècle est un homme d'affaires surbooké. Patron d'une école de conduite [2], promoteur de circuit, auteur de rapport au gouvernement, intervenant régulièrement dans les médias [3] qui l'adorent encore autant que du temps où Driver JPB faisait le pitre avec la bande de Collaro et Zurini, la fête chez Moêt et Chandon. Le Bébel d'avant est mort, celui qui se plantait en Muira, descendait au Ricard en 300 SEL 6.9 plus vite que l'aurait fait le TGV, celui qui se pointait avec une heure de retard aux réunions du club qui portait son nom, réunions chauffées à blanc dont le président Didier Braillon avait toutes les peines du monde à maintenir l'ordre, celui qui ralliait Brands Hatch à Paris au volant de la Simca 1100 S du même Braillon en des temps qui, s'il en avait eu vent, eurent fait réfléchir à deux fois Dominique Perben avant de lui confier ce rapport sur la "Modulation des péages autoroutiers en fonction des caractéristiques d'émissions polluantes des véhicules", remis en février dernier [4].

medium_gateau.jpgMonsieur le ministre, excusez-le, excusez-nous, c'était les années 70, on pouvait fumer, rouler, dire du mal d'autrui sans risquer un procès, passer dans les paddocks avec un faux brassard IRPA, etc.

Chers Driver JPB et Mister Beltoise, nous vous souhaitons à tous les deux un excellent anniversaire. Vous avez bien saisi combien on vous adore. Voici votre gateau auquel il manque quelques bougies que nos amis auront à coeur de fournir sous forme de commentaires...

 

[1] Voir la vidéo
[2] www.beltoise-evolution.fr
[3] Entendu sur France Inter
[4] Lire le rapport




Mister Beltoise au Circuit des Remparts d'Angoulême 2005
© MdS
Driver JPB en visite au GP d'Espagne 1975 © Guy Royer

vendredi, 25 mars 2005

Trente secondes. Le cercle épais du volant

À peine l'avion qui décolle pour Nice a-t-il stabilisé son ascension que notre voisin le Pr Reimsparing, la mine gourmande, extirpe de son sac un livre dont la couverture montre un visage casqué de bleu et de blanc, celui de Jean-Pierre Beltoise. Il nous en lit les deux premières phrases, courtes, sèches, avec la délectation d'un moine découvrant l'original de l'Ancien testament : Trente secondes. Le cercle épais du volant.

medium_beltoise-roman.jpgSamedi 2 juin 1973. Nous serons le lendemain à Monaco où nous espérons tous les deux que ce que décrit avec tant de brio Johnny Rives dans son livre Beltoise, le roman d'un champion [1] - dont Michel vient d'acquérir à Orly l'un des premiers exemplaires -, c'est-à-dire la victoire de Jean-Pierre à Monaco l'an dernier, se renouvellera.

L'ouvrage de Rives est une source. Ecrit dans le feu de la saison 1972, il se situait à sa sortie comme un complément à la presse spécialisée, on y apprenait des choses que l'actualité, qui roule inlassablement sa boule quotidienne, empêche le journaliste de traiter avec le recul nécessaire. Mais, produit à chaud, l'ouvrage n'est pas exempt d'imprécisions.
Qu'importe, trente ans plus tard, le texte a refroidi et a acquis le statut de référence. Quiconque travaille sur Beltoise le trouve sur sa plume. C'est une source.

Les sources sont le grain à moudre du diffuseur d'informations. Il lui faut les identifier, les peser, les croiser pour en extraire l'élément qu'il pense être le plus proche de la réalité. Ce n'est pas facile. L'arrivée d'Internet parmi les médias n'a fait qu'ajouter encore à l'imprécision, à l'aléatoire, chaque webmestre diffusant l'info en la prétendant vraie. Les forums spécialisés sur le Net, notamment le fameux The Nostalgia Forum sur Atlas F1, bruissent continuellement des imprécisions et des erreurs qu'avec le temps les copistes successifs ont déposé au-dessus de la vérité.

Des discussions s'éternisent autour de faits qui paraissent à ces intervenants aussi primordiaux que le réchauffement de la planète ou la démographie galopante : qui est finalement cinquième du Grand Prix de France 1957, Schell ou Behra ? Qui est cet inconnu, Robert O’Brien, qui pilota pour Gordini en 1952 et dont la rumeur fait un espion de la CIA ? Et Antonio Bernardo, engagé au GP de Belgique 1976 et que personne n'a jamais vu ? etc.

medium_sources.jpgNotre recherche sur la carrière de Jean-Pierre Beltoise, s'appuie sur les sources suivantes :

 Le mensuel Sport-Auto, dont les comptes-rendus de Grands Prix par Gérard Crombac sont des mines d'or. Précision et exhaustivité guidaient cette grande intelligence.
 Le mensuel belge Virage qui avait en 1970 trente ans d'avance au plan graphique. Une iconographie superbe mais un rédactionnel quelquefois un peu lâche.
 La revue Champion que dirigeait José Rosinski. Les analyses pénétrantes et bien écrites du fin José sont précieuses.
 La revue Moteurs qui sous la plume de Luc Augier donnait des informations qu'on ne trouvait pas toujours ailleurs.
Le magazine du Club Jean-Pierre Beltoise qui consiste en une collection de sept petits fascicules ronéotypés à la va-vite et qui tachent encore les doigts, mais magistralement illustrés et documentés par l'âme du club, Didier Braillon.
 L'ouvrage de José Rosinski, Matra la saga, 1965-1982 [2] , celui de Beltoise lui-même, Défense de mourir [3] et bien sûr le beau livre de Johnny Rives cité plus haut, que notre ami Michel dévore alors que l'avion descend sur "Nice-Côte d'Azur".


[1]
RIVES (Johnny).- Beltoise, le roman d’un champion. Ed. Calmann-Levy, Paris, 1973, 258 p.
[2] ROSINSKI (José).- Matra la saga, 1965-1982. Ed. ETAI, Paris, 1997, 192 p.
[3] BELTOISE (Jean-Pierre). - Défense de mourir. Ed. Solar, Paris, 1968, 284 p.

vendredi, 11 mars 2005

La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #07/07

Matra MS 120 1970
Monoplace de Formule 1
Châssis N° MS 120/02
medium_file0005.jpgLa MS 120 est à nos yeux un mythe. Elle n’était pourtant pas très belle avec sa coque tout en angles, sa visserie apparente comme celle d’un sous-marin, son profil franchement vilain. Elle succédait en 1970 à la Matra MS 80 que Jackie Stewart avait conduite en 1969 au titre de champion de monde des constructeurs, autrement plus convaincante.

La MS 120 avait en elle quelque chose de magique, capable de bouleverser un amateur de mécanique un tant soit peu mélomane : son moteur V12 de 3 litres de cylindrée développant (les bons jours) quelque 430 chevaux à 11 000 tr/min, à quatre arbres à cames en tête à sept paliers, quatre soupapes par cylindres et injection Lucas, le tout accouplé à une boîte de vitesses Hewland FG 400 à cinq rapports. Quand elle s’ébranlait pour un tour de piste, à Charade, par exemple, au milieu des monts d’Auvergne, les spectateurs suivaient à l’oreille la sculpture sonore que produisaient toutes ces pièces en mouvement.

En dépit de faiblesses structurelles imputables à un châssis trop peu rigide, que son concepteur Bernard Boyer avait dû dessiner pour satisfaire aux nouvelles normes 1970 qui condamnaient les coques caissonnées qui avaient fait les beaux jours de la MS 80, cette monoplace ne démérita pas. Les trois châssis assemblés (01, 02, 03) glanèrent sur un total de 13 Grands Prix en 1970, trois 3e places, une 4e, une 5e, deux 6e ainsi qu’une victoire au Grand Prix d’Argentine 1971, hors championnat, aux mains de Chris Amon, ce qui sera l’unique succès en F1 d’une Matra à moteur V12.
Le modèle vendu est le châssis 02 qui fut mené par Henri Pescarolo, dont la
campagne est synthétisée ici : http://www.oldracingcars.com/car.asp?CarID=MS120/2

JPB qui pilota 03 cette saison (cinq fois dans les points), s’est vu remettre 02 par contrat après l’arrêt définitif du service compétition Matra en janvier 1975. Après quelques années, la voiture, et le prototype MS 670 que nous présentons plus bas, furent confiés aux ateliers FCR de Claude Quintin à Magny-Cours pour restauration. Elles en sortirent en 1999 et furent envoyées au musée de Lohéac.

En vue de sa mise en service prochaine, Anthony Beltoise (le fils) a récemment fait tourner MS 120/02 sur le circuit de Lurcy-Lévy. L’auto, avec son numéro 21, est en conformation Grand Prix de France 1970, que Jean-Pierre Beltoise aurait gagné si une crevaison n’en avait pas décidé autrement.
Estimation 300 000 – 400 000 €


Matra-Simca MS 670 B 1973

Barquette, Sport-prototype d’endurance
Châssis N° MS 670 B-02
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Cette voiture fut menée à la victoire aux 24 H du Mans 1973 par l’équipage Henri Pescarolo/Gérard Larrousse. Il s’agissait de la deuxième victoire au Mans, après celle obtenue l’année précédente, de la firme de Vélizy qui avait abandonné la F1, fin 1972, au profit des courses d’endurance plus rémunératrices en terme d’image, selon le président Jean-Luc Lagardère. Matra gagnera encore Le Mans en 1974, mais la victoire de 1973 est incontestablement la plus belle, arrachée à Ferrari de haute lutte.

Les deux constructeurs se livreront d’ailleurs au long de cette saison à une bataille de chiffonniers – de luxe – dont nous gardons un souvenir géant, tel celui du Grand Prix de Rouen-les-Essarts en F2, que nous suivions dans l’épingle du Nouveau Monde, l’oreille collée au transistor, tentant de décrypter à travers les hurlements des BMW et des Harts 2 litres dévalant la descente, les résultats donnés par France Inter des 1000 km d’Autriche disputés le même jour, où Matra en décousait avec son ennemi transalpin : Ce furent Pesca et Larrousse qui l’emportèrent devant Bébel et Cevert ! Quel pied !

Ce prototype a été livré à Beltoise par contrat, comme la F1 et a subi le même programme de restauration.
Estimation sur demande



Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005

Nous remercions Rebecca Ruff, attachée de presse de Bonhams, d’avoir eu la gentillesse d’autoriser l’utilisation des données contenues dans le catalogue de la vente
.


Images
© www.bonhams.com

jeudi, 10 mars 2005

La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #06/07

Mercedes-Benz 600 saloon 1967
Châssis N° 10001212000915

"Témoignage d’une époque où montrer sa richesse n’était pas criminel, la 600 fournissait un équivalent automobile à la Principauté de Monaco. C’est un chef-d’œuvre de technologie qui surclasse toute opposition et redéfinit la notion d’opulence."
Classic & Sportcar magazine


medium_file0007.jpgProduit à 3000 exemplaires seulement entre 1963 et 1981, ce vaisseau routier segmenté pour concurrencer Rolls-Royce et Bentley parvint à s’imposer sur une niche où ses concepteurs ne l’attendaient pas, celle où les pilotes de Grands Prix de l’époque faisaient leur marché. Nombre d’entre eux ont acheté des 600, autant conquis par le luxe de fabrication et de confort que par un certain caractère sportif qui n’apparaît pourtant guère quand on envisage ce paquebot à l’arrêt.

Beltoise menait la sienne comme une R8 Gordini.
Il l’a acquise auprès de Gilbert Trigano, fondateur du club Méditerranée, « un dimanche de beau temps, en bas de l’avenue de la Grande-Armée » se souvient-il, avouant également la course folle qui l’opposa à son beau-frère François Cevert, qui avait la même auto, le long de l’autoroute A6, alors qu’ils descendaient au circuit Paul-Ricard. Sans l’avoir jamais vérifié, nous avions entendu parler de ce fait d’armes que nous avions versé dans les légendes beltoisiennes. Le voici confirmé, heureusement frappé de prescription, de la part de celui qui a depuis tellement milité pour la sécurité routière.

Le récit des aventures routières de JPB occuperait un blog entier, et tant mieux car ces hommes-là, constitués d’une autre matière que nous, ne devraient pas relever du Code de la route, ce dont d’ailleurs ils s’affranchissaient joyeusement au temps de la liberté de vitesse !
Immatriculée 3 UE 75, la Mercedes pourrait convenir à un fonctionnaire de l’Union européenne en poste à Paris. Ce qui lui ferait des vacances.
Estimation 25 000 – 35 000 €


Mercedes-Benz 300 SEL 6.3 saloon 1968

Châssis N° 10901812000488

medium_mercedes_6.3_1968.jpg

Autre favorite des pilotes de course, la Mercedes 300 SEL 6.3, était, elle, carrément un monstre. Son créateur, Rudi Uhlenhaut, n’avait rien trouvé de mieux que de coller l’énorme V8 6.3 litre de la limousine 600 dans une caisse de berline 300, histoire de voir ce que ça faisait ! Ca le faisait, comme on dit maintenant, à tel point que les pneus partaient en fumée à chaque démarrage un peu vif et qu’ils résistaient à ce traitement moins longtemps qu’il est nécessaire pour écrire cette notule.
Vous partiez de Paris en gommes neuves qui étaient rendues comme pâte à modeler quand vous entriez au garage de l’hôtel de Paris à Monte Carlo cinq heures plus tard. Un épisode vécu par Jean-Pierre Beltoise auquel Henri Pescarolo prit, paraît-il, au volant d’une 6.3 identique, une part que pudiquement nous passerons sous silence.
Dame, la chair est faible quand elle peut dominer quelque chose qui passe de 0 à 100 km/h en 6 secondes et croise tranquillement ensuite à 225 à l’heure – le tout rapporté aux normes 1968.

Le catalogue avance un kilométrage de 101 705, et dans un style feutré visant à dégraisser cette auto d’un passé relevant de nous ne savons quelle cour de justice routière, indique que le réservoir et l’injection ont été refaits et termine en précisant qu’elle est dans son état d’origine. Ce que son estimation illustre.
Estimation 5 000 – 7 000 €


Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005


Images
© www.bonhams.com

mercredi, 09 mars 2005

La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #05/07

Diffusé entre 1955 et 1961 à deux milliers d’exemplaires seulement alors que le modèle berline le fut à un million deux cent mille, de 1955 à 1967, le cabriolet 403 Peugeot était désirable bien avant que l’inspecteur Columbo le propulsât au rang de mythe. Le fait que Jean-Pierre Beltoise en posséda un n’a en rien modifié sa cote dans un sens ou dans l’autre, contrairement à ce qu’aimerait nous voir écrire quelque lecteur persuadé que notre intérêt envers le pilote est disproportionné à sa carrière.

JPB est un fervent de la marque au Lion depuis, on l’a dit récemment, qu’il eut fait ses dents sur le break 403 de son père. De passage à Rennes en 1989, il déniche une 403, qui plus est cabriolet, le fin du fin. Il l’achète illico et la confie à Bernard Meunier, un ami restaurateur d’anciennes, pour rénovation. L’auto est affichée à 72 441 km.
Estimation 12 000 – 15 000 €

Peugeot 403 cabriolet 1958
Châssis N° 2255817

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Citroën Traction 11BL cabriolet 1937
Châssis N° 421595

Cette Traction est entrée dans le garage de Beltoise un jour de 1970 après qu’il eut longtemps fantasmé sur l’idée d’en posséder une depuis que, jadis, il accompagnait son oncle, médecin de campagne, dans ses tournées au volant d’un tel engin. C’est, pour JPB, « une voiture à la tenue de route irréprochable, aux performances franches et à la ligne parfaite. »
Livrée pour restauration au début des années 80 à un ancien élève des ateliers Pichon-Parat, à Sens, la Traction ressort lie-de-vin, teinte choisie par son propriétaire. Est-ce cette couleur évoquant d’autres plaisirs que la vitesse qui l’a amené à user de cette machine en hédoniste ?
Ainsi l’équipage a-t-il été vu en 2002 au Rallye des vignerons, près de Saumur. Le catalogue ne précise pas s’il marchait droit, non plus qu’il explique pourquoi le compteur ne dépasse pas 69 990 km.
Estimation 45 000 - 55 000 €


Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005


Images © www.bonhams.com

mardi, 08 mars 2005

La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #04/07

Simca 8 Sport cabriolet 1951
Châssis N° 902139

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Chaque matin, au tout début des années 50, une auto était garée à l’angle du café de la Paix, place de l’Opéra. Une Simca Sport cabriolet, presque pareille à la version coupé qu’Amédée Gordini engageait en course en catégorie 1100, si désirable dans sa robe signée Pinin Farina, qu’un môme, chaque matin, traversait le trottoir exprès pour s’extasier devant elle, d’autant que son intérieur découvert permettait aux petits yeux curieux de fureter dans les moindres recoins de la sellerie, du tableau de bord.
Arrivé au lycée Condorcet, le jeune Beltoise rêvait devant ses cahiers ; un jour, il en aurait une pour lui, aussi. C’était à l’époque l’un des trois rêves automobiles du gamin, avec la MG TF et la Triumph TR 2.

Il lui aura fallu patienter trente-cinq ans avant que le hasard mette une Simca 8 Sport cabriolet sur sa route. Celle-ci, il l’acheta séance tenante. On imagine son désarroi lorsque le marteau du commissaire-priseur s’abattra sur la dernière enchère pour cette auto, le 16 mai prochain.
Elle est dans son jus, d’origine, n’a jamais subi de restauration.
Estimation 10 000 – 12 000 €

Citroën BX 4TC 1985
Châssis N° XL3024
medium_file0010.jpgConstruite sur la base de la BX cinq portes et homologuée pour la saison 1986, la BX 4TC est une voiture de course qui marque l’unique incursion de Citroën en championnat du monde des rallyes groupe B. Elle était mue par un 2.2 L turbo emprunté à la Talbot Tagora, développant 300 chevaux.
Une 6e place au rallye de Suède montre qu’elle pouvait être compétitive, mais le règlement qui bannît le groupe B à la fin de l’année 1986 condamna cette machine à la casse. Cette rarissime 4TC, l’une à y avoir échappé parmi les 200 exemplaires construits, a été livrée à Beltoise par Citroën Compétition en 1985.
L’auto est quasi neuve, n’affichant que 180 km, mais son propriétaire l’a régulièrement fait tourner.
Estimation 15 000 – 20 000 €


Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005


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lundi, 07 mars 2005

La Collection Jean-Pierre Beltoise à Bonhams #03/07

MG Midget TF 1500 roadster 1954
Châssis N° XPEG 2330
medium_mg_1954.jpgLa première version de cette MG que posséda Jean-Pierre Beltoise fut une Dinky Toys, que son statut de pilote de Grand prix, et l’aisance financière qui l’accompagne, lui offrit en 1991 de transformer en une vraie voiture fumante, pétaradante. Il concrétisa ce rêve de gosse auprès de Sylvain Garant, pilote de GT des années 60 et 70.
« Elle représente la tradition anglaise, l’harmonie des lignes combinant la douceur avec ses ailes encore séparées de la carrosserie, et la sportivité avec son petit moteur nerveux et robuste. Et en plus elle a le mérite d’être très homogène dans sa conduite », écrit dans le catalogue Bonhams un Beltoise romantique.
Estimation 15 000 – 20 000 €

Bentley 3,5 litre Drophead coupé 1934
Châssis N° B190FB
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Carrossée par Park Ward, la « Bentley de sport silencieuse », comme cette superbe machine était surnommée, combinait le luxe des Rolls-Royce au caractère vif, voire sportif, des Bentley. On comprend le coup de foudre qui commanda à Beltoise, le lendemain de sa victoire à la Victory Race de Brands Hatch, en octobre 1972, d’acheter ce modèle au pilote anglais David Piper, avec sa prime d’arrivée !
Il la confie au début des années 80 à son ami Marcel Bonhoure, restaurateur de voitures anciennes, entre les mains de qui la Bentley se refait une telle jeunesse qu’elle sera ensuite exposée au Centre international de l’automobile de Pantin, en tant que référence des années 30.

Sa robe vert amande est le choix de Jean-Pierre Beltoise. Elle affiche l’une des deux cotes les plus hautes, hormis celles des deux Matra de course que nous présenterons à l’issue de cette série de billets.
Estimation 45 000 – 55 000 €


Source : Catalogue Bonhams, Les grandes marques à Monaco, to include the Jean-Pierre Beltoise Collection. Monte Carlo, Monday 16 may 2005


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