lundi, 16 janvier 2006

Prémonition au Mans ?

ICA (Infos-Course Association) est une association de bénévoles dont le but est d'apporter aide et savoir aux journalistes sportifs couvrant les grands événements des sports mécaniques. Son action est principalement centrée sur les grandes courses d'endurances : 24 Heures du Mans, 24 Heures Motos, Bol d'Or.
L’animateur du site Internet de l’association, www.infoscourse.org, Laurent Chauveau, nous a adressé un courrier dans lequel, à la lumière du récent débat sur l’irrationnel, il raconte un événement qui lui est arrivé aux 24 H du Mans 1991. Plutôt qu'une prémonition, il semble qu'il s'agisse ici d'une synchronicité, événement avec lequel un observateur entre en phase, sorte de coïncidence signifiante.

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Je ne suis pas du tout un fan de voyance, j'ajouterai même que je n'y crois pas du tout, et pourtant, je vous livre une anecdote qui m'est arrivée sur le circuit manceau lors de mes chères 24 Heures.

C'était en 1991, et des flèches d'argent engagées par un suisse bien propre se baladaient en tête loin devant mes Jaguar chéries. Déprimant, mais... Au cours de la nuit, deux de ces Sauber Mercedes avaient déjà connu des désagréments les ayant repoussées hors de la bataille pour la victoire. Mais il restait cette satanée n°1 dont l'un des pilotes étaient de ceux qui s'étaient réjouis du tronçonnage des Hunaudières.

medium_sauber_mercedes_c11.jpgJ'étais à Mulsanne tandis que l'as tournait encore et toujours en tête du peloton, 4 tours devant la concurrence. Il restait moins de 3 heures, lorsque, subitement, je décidai de ressortir le chrono (planqué au fond du sac à dos depuis des heures et des heures vu le manque de suspense) afin de voir si, par chance (pour le fan très légèrement partial que j'étais alors...), cette auto ne connaissait pas un coup de "moins bien"...

Elle passe, je déclenche, et j'attends. Le tour est long au Mans, mais 3'30" plus tard, je commence à guetter son retour. 3'40", rien. 3'50", toujours rien. Bon, elle s'est sûrement arrêtée aux stands et le speaker n'a pas encore tilté... 4'00" rien ! Bon, il l'annonce cet arrêt le speaker ? 4'05", la grise à parements rouge fluo paraît enfin au sommet de la bosse de Mulsanne ! Elle ne s'est donc pas arrêtée ?!?!
Jean-Louis Schlesser repasse enfin devant moi après 4'15", loin, très loin de ses meilleurs chronos. On sent qu'il ne tire pas sur la mécanique, bien au contraire, il la ménage. C'est grave docteur ? Le speaker semble alors le confirmer. Dois-je vous avouer ce qui est passé dans ma tête à ce moment précis ? Chouette, la Mazda a encore ses chances ! Chouette, les Jag peuvent déborder la Mercos...

Je préférais mille fois une victoire Mazda, marque si fidèle au Mans, qu'une victoire Mercedes, firme si fidèle à la FIA... Les techniciens allemands tenteront bien de redonner un peu de vie au V8 turbo, amoché lors de la rupture du support d'alternateur, car celui-ci entraînait également la pompe à eau. Le malheureux Jean-Louis repartira même pour un unique et dernier tour, mais le thermomètre avait battu des records.
Le V8 a la fièvre. Par plaisir (sadique, j'en conviens), c'est maintenant l'appareil photo que j'ai ressorti afin de fixer ce dernier passage sur la pellicule. La Mazda est déjà en tête, et les Jaguar ont pris pied sur le podium. J'ai rangé définitivement le chrono, mais pas le Reflex. L'hommage des drapeaux à la belle verte et orange fluo fera de belles images.

Prémonition ? Non, je n'y crois absolument pas. Pur hasard, oui. Mais il n'empêche que ce moment m'a marqué. Et que je ne suis pas prêt de l'oublier. Jean-Louis Schlesser non plus d'ailleurs, la victoire au Mans venait de lui échapper... Mais il faut que je retrouve ce chrono. On ne sait jamais, il pourrait encore me servir...

Signé Laurent Chauveau

www.infoscourse.org 

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Sauber Mercedes C11 © Laurent Chauveau

lundi, 09 janvier 2006

Retour sur "Mike Beuttler "vu" par Katia Vanaka"

Revenons brièvement sur l’expérience de voyance tentée par Katia, sanctionnée par 54 commentaires qui font de cette note la plus remarquée à ce jour après la bio de François Cevert (44) et celle annonçant la mort de Gérard Crombac (35).

La multitude des réactions, et leur violence, nous a surpris d’autant plus que, d’une part, l’appel d’offre aux internautes pour qu’ils proposent une image personnelle n’avait recueilli que deux plaisanteries, et que d’autre part les textes proposés dans la catégorie « Irrationnel » ne font l’objet que d’une indifférence polie. Cette section déroute, détone dans le sommaire d’un média consacré au sport automobile, et même d’un blog, support où pourtant est censée s’exprimer une parole libre, délivrée du poids de l’argent, du convenu, du prêt-à-mâcher, bref de ce qui remplit à longueur d’années les magazines sportifs que nous avalons.

medium_sim_wrld_copie.jpgL’irrationnel fait partie de la vie. Il forme l’essence même de ce monde que nous ne percevons qu’à travers nos pauvres sens parmi lesquels celui de l’humour manque, semble-t-il, à quelques-uns de nos intervenants.
Prémonitions, précognitions, rêves éveillés, perceptions extra-sensorielles et autres apparitions ectoplasmiques, autant de voies qui s’ajoutent à nos moyens d’accès à la connaissance.
Qui n’a pas vécu une coïncidence signifiante, eut accès à un rêve prémonitoire ? Pourquoi le sport automobile échapperait-il aux lois physiques qui règlent l’univers ? En est-il excepté, ce sport matérialiste par excellence, par la certitude derrière laquelle s'abritent les entomologistes des numéros de châssis, les statisticiens, les gardiens d’un temple qu’il est défendu d’ébranler ?

Doug Nye racontait récemment que Jim Clark voyait, gamin dans la ferme de ses parents, une dame en gris au pied de son lit, la nuit. C’est Doug Nye qui raconte ça, pas nous. On se rappelle de ce qu’écrivait Alfred Neubauer dans son recueil de mémoires, Mon royaume, la vitesse, au sujet du mage personnel d’Hitler qui était venu l’informer à l’Avus de la mort dans la course du lendemain de deux pilotes et dont, pour prouver la justesse de sa prédiction, il avait couché les noms sur un papier enfermé à la banque. Alfred Neubauer écrivait ça, pas nous.

Un de nos amis, Jean-Pierre Aga, a rêvé la mort de Jochen Rindt la veille du 5 septembre 1970. Nous-même avons eu la perception qu’il était arrivé quelque chose de grave à Ayrton Senna dans l’après-midi du 1er mai 1994 alors que nous nous promenions dans un parc paysager, loin de toute télévision. Sans doute une onde propagée dans un quelconque plan vibratoire nous en avait-elle informé.

Notre voyante Katia a vu l’essentiel de ce qui anima la personne de Mike Beuttler. Point barre. Une simple expérience lancée presque à la rigolade par Michel Mathieu et votre serviteur, prolongement électronique de celle qui fut exécutée cet été à partir de photos sur papier. Notre tort fut de n’avoir pas mieux assis l’exercice, et d’avoir choisi la photo d’un pilote dont on avait récemment parlé.

N’en déplaise à ceux qui estiment que cette expérience doit rester une "exception pour ce jeune blog", faute de quoi il perdrait ses meilleurs clients, à ceux pour qui "le ver est dans le fruit", MdS poursuivra sa balade en automobile ancienne aussi bien sur les autoroutes de l’Histoire officielle que par les chemins de traverse où il adore s’égarer.
Il y aura de la fiction, de l’irrationnel, de nouvelles voyances - et de la légende car si elle est plus belle que la réalité, on imprimera la légende.
John Ford disait ça, pas nous.



Paranormal experience © http://iangoddard.net

mercredi, 04 janvier 2006

Mike Beuttler "vu" par Katia Vanaka

medium_monsieur_x.jpg

Nous avions proposé à Katia la photo ci-dessus, réalisée par un particulier.
Nous lui avions demandé d'exprimer ce qu'elle pouvait deviner de cet homme.
Sa personnalité, son genre d'activité, ses interrogations, bref ce genre de choses.

Katia ignore tout de notre sport. Elle a travaillé sur cette photo à distance en ignorant jusqu'au nom du sujet.
(Voir la première voyance de Katia : Katia, place d'Erlon)

Voici le cheminement de sa pensée visionnaire selon ses propres termes, transmis par mail.

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medium_katia.jpg"J'ai mis un peu de temps à répondre car j'ai beaucoup travaillé ces derniers jours et de plus le démarrage de cette voyance sur cet homme ne fut pas du tout facile car je n’avais pas de photos à palper (le toucher facilite la "connexion" avec l'autre monde)...

En fait pour nous les médiums, on dit que l'on se "déconnecte"... Bref … La déconnexion avec le monde réel s'est enfin faite à un moment où je ne m'y attendais pas, et dans un lieu où il y avait beaucoup de bruits et le comble de tout ça, beaucoup de bulles de champagne dans ma tête... Sourire.

Mon premier flash concernant cet homme fut la maladie… On me le montrait avec des plaques rouges sur son corps et son visage… Mais au premier abord je l'ai perçu comme s’il appartenait encore à ce monde… (je précise que ce premier flash est venu à moi dès mon premier regard posé sur lui). Ensuite j'ai sentit une grande solitude sur lui, l'isolement, puis une grande tragédie dans sa vie… La suite des flashs et de ce que l'on me communiquait par voie auditive se passa lorsque je me trouvais dans un lieu public, un café-restaurant branché de Paris… J'en étais déjà à ma deuxième coupe de champagne…

Puis je ne sais pourquoi, je me mis à penser à cet homme, à le visualiser… Et là c'était parti… (les messages de mes guides et de cet homme). En vrac c'est vrai… mais je n'avais que lui devant mes yeux (mon troisième œil). Par flashs on m'envoyait des brides de sa vie à tel point que je me demande même si ce n'est pas lui qui communiquait directement avec moi… Cela peut vous faire sourire, chers lecteurs, mais chez moi quand je suis en état de transe c'est chose normale que des défunts communiquent avec moi pour des personnes qui viennent me consulter et qu’ils transmettent des messages pour mes consultants en me donnant un ou des détails précis sur le passé, souvent l'enfance du consultant, que je ne peux connaître…

Bref reprenons. Je donne à peu près l'ordre des flashs et messages auditifs tel que l'on me les a communiqués au fur et a mesure de cette soirée. Cette personne avait en effet un rapport avec la F1, mais je ne savais pas trop quoi car étant persuadée qu’on allait sans doute me mettre un champion de courses, cela n'était pas du tout en accord avec ce que l'on m'envoyait en flash. Dès que je me disais… Bien, cet homme n'a jamais fait de F1, aussitôt après on me le montrait dans une course F1 au volant d'une voiture… Puis à nouveau on m’a fait ressentir quelqu'un de pas heureux, seul, fermé, triste… Et là, j'entends qu'on me dit "défrayé la chronique". Donc je traduis : cet homme a "défrayé la chronique". Je cherche a comprendre pourquoi ??? Je me remets en connexion avec l'au-delà… Et encore un message auditif : "Il a une sexualité particulière"…
Ok… J'essaie d'en savoir un peu plus. Sur le moment j'avoue avoir eu peur de découvrir en lui un pédophile à cause de ces deux messages "défrayé la chronique" et "sexualité particulière"… Mais non, on me coupe net là-dessus !!! … C'est pas ça !!! Pour me faire comprendre, on me montre le visage d'un autre homme… Plus âgé que lui, bel homme je trouve… avec une chevelure épaisse et blanche.
Peut être que cet homme là, comme je le décris, n'existe pas ? En tout cas le message que l'on me fait passer est que cet homme de la photo est homosexuel. Et qu’à un moment de sa vie un homme a joué un rôle très important dans sa vie "sentimentale"… Un homme socialement important, il me semble… Du coup je comprends mieux les plaques sur son corps et visage…

Il est vrai que c'est un flash que j'ai eu il y a environ 15 jours sur une personne qui m'avait consulté et s'interrogeant sur son ami. Cela signifiait "maladie de sang" et dans ce cas SIDA…
Donc j'en déduis que cet homme fut malheureusement atteint du sida d'où finalement il "défraya la chronique", plus par cette maladie que par ses performances de F1 !!! Enfin c'est comme cela que je le ressens et le traduis.
Et je me demande aussi si ce n'est pas comme cela que l'on découvrit sa préférence pour les hommes… J'ai beaucoup d'émotions en moi a cet instant-là… Car toujours cette solitude que je ressens et sa propre tristesse…

Et c'est à ce moment précis que j'ai l'impression qu'il est à mes coté… Son visage à nouveau face à moi avec en arrière-plan une très grande demeure. C'est comme s’il voulait me donner d'autres détails de sa vie… Mais là j'avoue que je m'affaiblis, mais j'essaie de rester en connexion avec lui pour bien percevoir les images qu'il me transmet… Il m'embête un peu, j'avoue, avec cette maison qu'il n'arrête pas de m'envoyer en fond derrière lui (cette maison en fait ressemble plutôt à un manoir ou un mini château).
Bon, que veut-il me dire ???.... Qu'il vient d'une famille riche ? Bourgeoise ?… Je pense que c'est l'une des suppositions, voire les deux… J'aimerais bien situer le lieu de cet habitat. C'est pas le Sud… Cela j'en suis certaine… Je ressens l'humidité… le froid… Pas le Pôle Nord non plus… (sourire)… En fait j'aime pas cet endroit… je dirais même ce pays… Car là pour la première fois on me parle de l'étranger sur lui… Bon là je me sens réellement perdue car je suis aussi nulle en géo qu’en F1… J'hésite : Angleterre ? Ecosse ? Irlande ? Vous allez rire chers lecteurs, même la Normandie me parle… Bon c'est vrai ma grand-mère est normande…

Mais enfin là haut on se décide à me donner un détail. Ce détail me laisse croire que cet homme a un lien avec l'Angleterre… Je vous explique : donc j'ai cet homme face de moi (que je vois avec mon troisième œil) qui me montre cette maison, manoir ou mini château ??? Peu importe, et sûrement ayant de la peine pour moi, il m'envoie l'image d'une pièce, enfin disons plutôt d'une monnaie qui représente un personnage de la Principauté… Bon je sais pas se qu'ils ont en Irlande… alors j'opte pour l'Angleterre et j'avoue que le personnage sur cette monnaie ressemble à la Reine d'Angleterre…

Ensuite un des derniers flashs fut le chiffre 70… On me parle des années 70 et on me remontre cet homme à nouveau au volant d'une voiture de F1… On me dit aussi que sa carrière fut très furtive. Donc a-t-elle commencé dans les années 70 ou fini dans les années 70, ou les deux en même temps ??? J’avoue que c'est assez trouble pour moi... Mais je ne suis pas certaine que c'est de sa disparition dont on me parle… Enfin qu'il ait quitté ce monde dans ces années-là...

Ah oui je vois aussi l'écriture sur lui et l'aviation et une petite fille pour qui il avait beaucoup d'attachement. Peut-être une nièce ?... mais pas plus de détails que ça… Il faut tout de même vous dire que cette voyance m'a beaucoup épuisée et m'est venue à un moment ou je n'étais pas prête…

Alors le résumé : cet homme est décédé suite a une maladie qui est probablement le sida, en tout cas qui touche le sang… Il fut plus connu par la découverte de son attirance pour les hommes et sa maladie, que pour sa courte carrière de coureur de F1, qui je le suppose doit se situer dans les années 70… et je ne pense pas qu'il n'ait jamais tenu le titre de champion… Il doit être d'origine anglaise et de famille bourgeoise…

Mais c'est curieux, je reste tout de même persuadée que la Normandie est un endroit où il a dû aller très souvent … ou bien l’homme dont il était amoureux y avait une résidence… Bref quelque chose de loin ou de près le lie à la Normandie. Etait-il journaliste ??? Je vois l'écriture sur lui, et l'aviation, mais comme l'armée (les avions), et ce qui est encore plus curieux c'est que les avions que je vois sont d’une époque antérieure aux années 70… Bref là c'est confus. Pour moi c'était un homme profondément sensible, généreux dans le cœur, discret, fermé, caché, isolé (sûrement à cause de sa maladie).

Il a quitté ce monde seul, mais j'ai une chose a préciser. J’ai comme cette désagréable impression qu'il a anticipé son départ, à moins que je confonde avec le fait qu'il se soit laisser mourir, sans plus combattre. Mais je doute.... Je sais que la plupart des informations viennent de lui directement.

Je vais aller plus loin… L’autre soir j'ai fait du réseau (voyance audio) et j'étais dans le noir avec une bougie allumée… Et bien je vous promets que j'ai senti de très très prés, près de moi, une présence… et cette présence, je sais que c'est lui… Comme s’il avait des choses à me faire savoir… mais là j'avoue que j’étais au bord de l'épuisement. Je me mettrai à un autre moment en connexion pour comprendre ce qu'il veut… "

Par Katia Vanaka
katia-medium.com

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Certains lecteurs ont identifié Mike Beuttler sur la photo fournie par Philippe Vogel, alors que Katia, rappelons-le, ne connaît absolument pas le sport automobile. Elle se doutait simplement que le personnage en question aurait un lien avec cette activité.
Il nous avait paru intéressant de choisir un personnage au parcours sportif et à la vie atypiques, peu connu, et dont rien ne transpire sur cette image prise au cours du GP de Belgique 1973.

Rappelons que Mike Beuttler était de nationalité anglaise. Son père était colonel dans l'armée anglaise stationnée en Egypte durant la seconde guerre mondiale. Il fut pair du royaume. Une vieille famille aristocratique. Aidé par des hommes d’affaires de la City londonienne, notamment Ralph Clarke, vraisemblablement le bel homme dont il fut amoureux que Katia a vu, il accède à la F1 dans les années 70. Homosexuel, il décèdera du sida après avoir écourté prématurément sa carrière.
Les allusions à la Normandie d’une part et à l’écriture d’autre part que Katia a faites au cours de son travail sont intéressantes dans la mesure où on peut les rapprocher de la présence de Philippe Vogel dans l’univers spirituel gravitant autour de feu Mike Beuttler. MdS a brossé le portrait de Vogel qui est un dingue de ce pilote. Il vit à Rouen et axe une large part de son existence à écrire un livre sur celui que notre voyante a vu d’une façon hallucinante de précision.
Il sera intéressant de connaître les réactions de l’ami Philippe Vogel.

jeudi, 18 août 2005

Un mort au programme de Spa

Lorsque le ciel est si bas qu’un canal s’est perdu, l’histoire se passe en Belgique ; ajoutez-y trois gouttes pour la situer à Spa, et si des gardes-chiourmes cherchent à vous en évacuer, n’en bougez pas : vous êtes dans le paddock.

C’est notre cas ce samedi 4 mai 1973. La perspective du duel Matra-Ferrari qui a marqué toute l’année le championnat du monde des marques, nous a tiré du lit avant l’aube de façon à rallier ce coin pourri des Ardennes belges en milieu de matinée pour assister aux 1000 km de Spa, cinquième manche d’un affrontement fabuleux, mené par Maranello avec treize points d’avance sur Vélizy.

medium_progspa.jpgUn vent gris nous amène les senteurs de frites grasses mêlées aux effluves de gueuze qui sont la signature olfactive d’un circuit automobile belge. Claquements métalliques des pistolets à écrous, crachotements des haut-parleurs trilingues, contrôles permanents des laissez-passer, rondes des vendeurs de programmes : " Monsieur, s’il vous plaît ! Un programme !"

Ce maigre document à couverture rouge confirme ce que la presse avait annoncé : Jean-Pierre Beltoise et François Cevert, forfaits à Spa, sont remplacés chez Matra par Chris Amon et Graham Hill. Nous tombons un peu plus loin sur un nom qui n’aurait pas dû y figurer car c’est celui d’un homme mort.
Nous nous en ouvrons à notre complice Guy Royer, le prenant à témoin de l’erreur morbide qui a conduit l’auteur du programme à inscrire le nommé Chris Tuerlinckx, engagé sur une Chevrolet Corvette en compagnie d’un certain Etienne Stalpaert, alors que nous avons encore dans l’œil l’encadré annonçant sa mort. Quelle grosse bourde !

Voulant nous rassurer sur notre intégrité mentale, nous arpentons le parc fermé à la recherche de celui que nous avons tué en pensée. Et nous voyons bel et bien Chris Tuerlinckx, affairé sur sa Corvette ! Bizarre. Guy commence à nous regarder curieusement.
A quel jeu stupide notre inconscient joue-t-il, à tuer des pilotes avant l’heure ? Comme si le toboggan de la mort appelé Spa-Francorchamps ne s’en chargeait pas lui-même, plus souvent qu’à son tour?

Un frisson venu du fond des âges ne nous quittera pas du week-end, qu’endormira à peine l’agréable dîner au "Pitchoun", un resto ambiance course de la ville de Spa où nous avons Franco Lini comme voisin de table. Ca parle toutes les langues de l’Europe en causant boulons. Dehors c’est la nuit, il pleut. Dedans, une matrone sortie d’une toile de Brueghel l’Ancien distribue moules et frites, faufilant non sans grâce un postérieur taille patron entre les rudes tablées. Le monde peut s’écrouler, ce soir on s’en fout. D’ailleurs il le fera cinq mois plus tard, mettant fin aux Trente glorieuses dont nous sont offertes ce soir d’ultimes caresses.

Matra ne gagnera pas. A cause des pneus qui n’arrêteront pas de déchapper. Mais Pesca s’octroiera un grand record du tour du grand Spa qu’il fixera à jamais : 3' 13, 4 soit 262, 461 km/h de moyenne. Il sera follement acclamé. Ferrari laissera aussi échapper une victoire qui ira à Mike Hailwood et Derek Bell sur une des Mirage de John Wyer.
Et notre ami Tuerlinckx conduira sa Corvette comme un charme.

Lundi 6 mai 1973, au matin. Nous déplions L’Equipe par la dernière page, les pieds sur notre petit bureau en bois, prélude obligatoire à une nouvelle journée de boulot.
Il y a cet encadré, en marge du papier de Johnny Rives sur les 1000 km de Spa : « Le pilote amateur belge Chris Tuerlinckx se tue sur la route en rentrant chez lui après avoir disputé les 1000 km de Spa. Concessionnaire General Motors, Chris Tuerlinckx était un spécialiste des grosses cylindrées, Chevrolet Corvette, Camaro, ou Ford Mustang. Il était très populaire auprès du public belge. »

vendredi, 29 juillet 2005

Que s'est-il passé le 29 juillet 1951 aux Etats-Unis ?

Communément appelée "Black Sunday" par les observateurs américains, cette journée a vu trois pilotes se tuer dans trois accidents sans rapports entre eux, et sur deux circuits.

Walt Brown venait de prendre la piste du Williams Grove Speedway, en Pennsylvanie, sur la Jack Robbins Special, une auto vieille de dix ans et victorieuse des 500 miles d'Indianapolis 1941 avec Floyd Davis et Mauri Rose, quand il sortit violemment au second virage. Il décéda peu après avoir été transporté au Carlisle Hospital.

Pendant ce temps, sur le Winchester Speedway d'Indiana, soit à 780 km de là, Cecil Green partait pour ses tours de qualification sur la "98jr" de J. C. Agajanian. Il en perdit le contrôle et monta sur l'accotement entre le premier et le second virage. L'ambulance amena un cadavre à l'hôpital.

Stoppées durant l'absence de l'ambulance, les qualifications reprirent avec le prochain pilote sur la liste, Bill Mackey, qui conduisait une Joe Langley Special. Le malheureux se plantait aussitôt à l'endroit même où était sorti Green, se tuant sur le coup.

Mackey, dont le vrai nom était Williams C. Gretsinger, songeait à prendre sa retraite bien que sa carrière fût alors florissante ; il venait de participer aux 500 miles d'Indy pour la première fois en mai dernier.
On imagine sans mal d'état d'esprit de Duane Carter, le prochain pilote à devoir s'élancer sur cette piste de la mort...
Pourtant le gars boucla ses trois tours à fond, tous sous le record de la piste, gagna sa manche et remporta la course.

Trois pilotes morts le 29 juillet (images extraites de Forix)

mercredi, 06 juillet 2005

Katia, place d'Erlon

Courage_Stewart.jpg

Katia
est nulle en sport automobile. En automobile tout court, même, à tel point qu’à Reims, aux 12 h de Gueux, il fallait que le Pr Reimsparing, qu’elle accompagnait, la tire par la manche pour qu’elle ne s’extasie pas sur la Clio des gendarmes alors qu’une GT 40 attirait tous les regards à dix mètres.
Elle n’avait jamais assisté à une course, ni aperçu l’ombre d’une voiture de compétition, avant de subir son baptême du feu sur ce circuit, sur cette ligne droite étroite comme un chemin vicinal que les voitures jadis enfilaient à un petit 300, passant au ras des fesses des mécanos qui bossaient dans des stands que rien ne protégeait de la piste.
Lors des 12 heures de Gueux, c’était plus calme. Quelques anciennes, rangées en épi, mendiaient les regards. Un caméraman de France 3 Champagne-Ardenne filmait tout ça en père peinard ; spectacle qui suffisait à procurer à Katia ses premiers émois mécaniques.

Pourtant Katia a "quelque chose" de plus que nous. Elle voit. Elle sait.
En sport automobile ou en accélération des particules ; en agriculture biologique ou en géopolitique ; en calcul de résistance des métaux ou dans les énergies de substitution. Bref, comme le proclame un avocat célèbre, rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Elle vit avec un don de voyance depuis l’age de six ans.

Place d’Erlon à Reims, dimanche 3 juillet 2005. La chaleur retombe, les gens s’attablent aux terrasses. Trois coupes jouent de leurs bulles devant nous.
Feuilletant machinalement le paquet de photos que Michel a posé sur la table (des images prises sur le circuit de Reims dans les années soixante), nous extrayons celle que vous voyez en haut et qui montre Jackie Stewart et Piers Courage (à gauche) lors des Trophées de France de Reims en 1968.
Non sans perfidie, nous tendons l’image à Katia et lui demandons à brûle-pourpoint : « Lequel des deux est mort ? »
Elle est surprise, gênée un peu, hésite, prend la photo dans ses mains, la caresse du doigt à l’emplacement de la tête des pilotes.
- Comment s‘appellent-ils ?
Nous répétons à plusieurs reprises les deux noms que manifestement elle entend pour la première fois. Elle continue de toucher, fermant les yeux. Un blanc.
- "C’est lui, je crois". Elle nous désigne Courage. Bon, elle avait une chance sur deux de se tromper. Pas concluant pour l’instant. Nous lui demandons de nous en dire davantage. Elle se concentre de nouveau, procède comme précédemment en effleurant la photo, et la tête de Piers Courage particulièrement, les yeux clos.
Un certain laps de temps s’écoule, que nous, les deux hommes, meublons en trinquant.
Katia bosse. On devine que l’image de ce qui s’est passé à Zandvoort en 1970 ne se matérialise pas automatiquement dans sa tête. C’est le fruit d’un travail.
- "Je sens de la fumée. Il est mort brûlé non ?" Nous reposons nos coupes. Un ange passe, chargé de 35 ans de souvenirs. C’est comme si Katia avait fait renaître pour nous, pour nous seuls, par-delà le mur du temps et de l’espace, Piers Courage, mort brûlé dans sa De Tomaso au Grand Prix de Hollande 1970 et devenu une icône.

Reimsparing veut une autre question mais Katia refuse. Elle n’est pas un monstre de foire. Nous insistons, lui proposons la première des deux photos ci-dessous où l’on voit Graham Hill au volant de sa Lotus 48 de F2 aux mêmes Trophées de France de 68 à Reims. Nous lui demandons de nous dire ce qu’elle ressent à son propos, sans lui révéler qu’il est mort.
Nous répétons plusieurs fois le nom de Graham Hill que Katia peine à se fixer à l’esprit ; nom qu’elle découvre. On l’a dit, elle est NULLE en sport automobile.
Un blanc, que nous occupons à picoler.
- "Non, je ne sens rien. C’est le casque, ça fait barrage. Et là-haut, « on » ne me dit rien."
- "La-haut ? Qui la-haut ?"
- "Mes guides, ceux qui me parlent, me guident dans la médiumnité", fait Katia à deux incrédules masquant de leur coupe de champagne une gêne qu’ils sentent monter.

Katia nous rend la photo. Ca ne marche pas cette fois. Le professeur réitère avec la photo du bas, où Graham Hill, saisi au briefing des pilotes, est nu-tête. Il est d’ailleurs le seul parmi ses pairs à l’être.
La voyante se laisse faire et saisit la photo.
- "Comme s’appelle-t-il déjà ? " On le lui dit encore une fois ; il semble que le fait de connaître son nom soit déterminant. Elle s’anime, frotte son doigt de plus en plus fort sur le bout de visage que Graham a donné à voir, ce jour-là, à l’objectif.
- "Il est mort, c’est certain, mais sa mort est bizarre." Katia travaille, on la sent concentrée. Elle tient les yeux fermés.
- "C’était un homme très agressif, je le sens dur. Il souffrait beaucoup. Il avait été accidenté et souffrait beaucoup de maux de tête. Quelque chose comme une sorte de paralysie faciale… Il avait un problème de vision ? " Nous rétorquons qu’à notre connaissance on n’a jamais parlé de ça, mais la presse, hein ! ne sait pas tout, surtout dans ces années où elle ne rapportait que les faits sportifs.
- "Sa mort est sans rapport avec les courses. Mais c’est curieux, je ne la vois pas en couleurs. Je ne vois que du gris. C’est rare ça, que je voie les choses en noir et blanc. Et il n’était pas seul au moment de sa mort. Je vois du monde, des jeunes…"
Impressionnés, nous arrêtons Katia et lui tendons sa coupe. On change de sujet. Des filles croisent près de notre table, le nombril à l’air. L’été commence à peine.

Graham Hill s’est tué en avion un soir de novembre 1975 alors qu’un brouillard à couper au couteau enveloppait Londres. Avec toute son équipe, dont son jeune protégé Tony Brise, à l’aube d’une grande carrière. Problème de vison dans un monde sans couleurs. Graham Hill, au-delà de l'image de major Thomson qu'il livrait au public, était teigneux, dur au mal, très combatif, agressif.
Les « guides » qui parlent à Katia ont une collection complète de Sport-Auto à leur disposition.

Hill_Lotus_48.jpg
Hill_tete_nue.jpg

Images de mort et de Reims © Pr Reimsparing

mardi, 19 avril 2005

Coïncidences électroniques

Si le diable est dans les détails, Dieu ou un de ses copains se cache dans Google.
Il aime faire des farces, versions modernes du seau d’eau en équilibre au-dessus d’une porte ou du portefeuille laissé sur un trottoir, qu’un môme tire au moment ou vous vous en saisissez.

Nous faisions ce matin pour le compte d’un tiers une recherche Internet sur l’Utac, l’organisme industriel propriétaire du circuit de Montlhéry. Ce fut un échec car cette personne désirait connaître des informations plutôt confidentielles concernant le conseil d’administration de cette boîte. Après avoir passé une bonne partie d’une matinée qui aurait normalement due être utilisée à gagner notre vie, nous abandonnâmes.

Dans la soirée, cherchant à connaître quelques détails de la vie de Juan Manuel Fangio, nous allons sur le superbe site que des tuercas argentins lui ont consacré : Un Tributo al Chueco. Les gars se sont constitués en un UTaC Team, initiales du site.


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dimanche, 03 avril 2005

Le 13 n'est pas (souvent) au départ

L'humanité ayant des problèmes avec le chiffre 13 depuis qu'elle l'a installé, pourquoi le sport automobile y échapperait-il ?medium_thirteen.jpg

Cette affaire pourrait avoir commencé le jour où Jésus réunit ses disciples pour un dernier repas. 13 à table et le lendemain l'un d'eux meurt... C'était mal parti pour ce chiffre que l'on retrouve toujours dans les bons coups au fur et à mesure que l'Histoire s'écrit. Dès que l'automobile est inventée et dispute des courses, apparaissent des 13, sans d'ailleurs que l'on puisse établir s'ils jouent ou non un rôle dans les performances des pilotes qu'ils numérotent.

Le premier que nous ayons trouvé avec un 13 sur les flancs est un certain Pinson, qui finit deuxième du Paris-Toulouse-Paris de 1900 sur une Panhard. En 1901, le 13 du Paris-Bordeaux, Carl Voight se classe troisième. Il semble que l'on ait la tête sur les épaules en ce temps-là, car la liste des 13 au départ est longue et il y a même une victoire dedans : Jules Goux gagne la Coupe de Normandie sur une Lion-Peugeot en 1910.

La nature est constamment à la recherche d'équilibre, aussi à cette énumération en correspond une autre, celle des morts. Paul Torchy plante sa Delage au Grand Prix de San Sebastien 1925, une course de 13 partants. La Delage du comte Giulio Masetti, numérotée 13 et non pas 17 - qui porte malheur en Italie - sort de la route pendant la Targa Florio de 1926, et tue son pilote.

medium_13.gifReste, figure emblématique des amateurs de fantastique automobile, le cas Richard Seaman. L'homme était très circonspect à l'égard du 13, lequel lui rendait la pareille comme on va le voir assez vite. Une première aventure de type 13 lui arrive un vendredi 13 lors de la 13ème Coppa Acerbo de Pescara, où il crashe sa Mercedes au 13e kilomètre.
Rendu méfiant, il arrive tendu au GP de Belgique 1939 qui ne compte que 13 partants et dont il est le dernier inscrit. Il a 26 ans, est en tête sur la voiture n° 26 qui sort de la piste au 13e km, alors que son ravitaillement avait duré 26 secondes et qu'il restait 13 tours à couvrir. Conduit à l'hôpital de Spa, il décède dans la chambre 39 le 26 juin 1939.

Autre pièces à charge contre le 13 et ses multiples, les Ascari père et fils, même si dans leurs cas il n'est pas numéro de voiture mais simple témoin. Antonio se tue à Montlhéry le 26 juillet 1925 à 36 ans et son fils Alberto trouve la mort de façon inexpliquée à Monza (quatre jours après son plongeon monégasque) le 26 mai 1955 à 36 ans, l'âge exact de son père à trois jours près.

L'Automobile-club de France a interdit l'usage du 13 dans les années 30 et de nombreuses autres instances l'ont banni, alors que les Italiens cultivent pareille méfiance envers le 17 et que les Japonais ne sauraient voir un 4 sur leurs autos.
Satoru Nakajima et Ukyo Katayama ont ainsi couru chez Tyrrell sous le numéro 3 tandis que le premier nommé refusait de s'aligner sur la Ralt n° 4 de F3000 en 1986, laissant ce fameux 4 - qui se prononce comme "mort" en japonais - à John Nielsen et lui empruntant son 5.

medium_solanas.jpgDeux audacieux nippons ont pourtant porté le 4 : Takeshi Tsuchiya en l'an 2000 sur la G-Force du Team Kondo, et Katsutomo Kaneishi en 2001, toujours sous les couleurs de Masahiko Kondo. Le chiffre 9 est également banni au Japon car il se prononce comme "douleur" ou "torture" ; raison pour laquelle le Team Nova qui aligne des F3000 numérotées 9 et 10 dans le championnat nippon fait toujours conduire sa voiture N°9 par un Gaijin (un non-Japonais).

Pourquoi le numéro 13 n'est-il pas attribué en formule 1 ? Eh bien si, deux braves l'ont porté, Moises Solana au GP du Mexique 1963 sur sa BRM P57 (image ci-dessus) et Divina Galica au GP d'Angleterre 1976 sur sa Surtees TS16 (à droite).

Gilles Villeneuve a disputé six épreuves du championnat canadien de formule Atlantique 1974 (Challenge's Player) sous le numéro 13, pilotant une March 74B de couleur jaune pour l'écurie Canada, avec un bilan comme suit :

1- Westwood, Colombie Britannique : 3e
2- Edmonton, Alberta : 22e
3- Gimli, Manitoba : abandon sur ennuis mécaniques
4- Mosport, Ontario : accident (double fracture de la jambe gauche)
5- Halifax, Nouvelle-Écosse : abandon mais classé 7e
6- Trois-Rivières, Québec : qualifié 13e, accident au premier tour...

D'autres s'y sont essayés, avec des fortunes diverses et dans des disciplines variées; Yves Courage au Mans, Gabriele Tarquini en F3000 en 1985, Philippe Favre en F3000 en 1990, Jean Graton dans Le 13 est au départ et, last but not least, Donald Duck qui conduit sa petite caisse pétaradante avec un 313 sur la plaque d'immatriculation, sans autre dommage qu'une cassure de film de temps à autre. medium_313_1st.jpg

dimanche, 27 mars 2005

Florida Road Kill

medium_wollek.jpgRien ne justifie à priori l’évocation en commun de Bob Wollek et de Ernest de Vos ; ils sont nés dans des pays différents, n’ont pas couru ensemble, ne se sont sûrement jamais rencontrés. Pourtant …

Né à La Haye, aux Pays-Bas, le 1er juillet 1941, Ernest de Vos était un môme de deux ans que ses parents juifs tentaient de préserver de l’ambiance nazie qui prévalait alors lorsque naissait à Strasbourg le 4 novembre 1943, Robert Wollek. Une enfance à l’abri du besoin – le père est concessionnaire Mercedes – conduit celui-ci à pratiquer le ski où il excellera. Il est champion du monde universitaire à 22 ans, champion du monde militaire deux ans plus tard. C’est décidé : il fera carrière dans cette discipline.

Les parents de Vos s’expatrient après la guerre au Canada avec 100 dollars en poche ; Ernest a neuf ans. Le père survit grâce à de petits boulots. Envoyé à Paris pour qu’il étudie à la Sorbonne, en 1959, Ernest en profite pour gagner l’Angleterre où il étudie avec davantage d’attention les circuits automobiles, car l’envie de courir le travaille. Une rencontre avec Jack Brabham en 1961 oriente son avenir : il représentera Brabham sur le marché américain et à cette fin l’Australien lui confie des formule junior. De Vos est à trois reprises entre 1961 et 1964 champion du Canada et des Etats-Unis de formule junior.
Il se marie en 1968, l’année ou se blesse Bob Wollek lors d’un entraînement à ski en préparation des jeux olympiques. Pour ce dernier, c’est la fin d’une carrière de skieur.

Le couple De Vos s’installe au Quebec où Ernest ouvre un garage en 1972. C’est à cette époque qu’il découvre la bicyclette dont il sera bientôt mordu.

Inscrit sans son avis au volant Shell du Bugatti, Wollek parvient à la deuxième place du concours derrière François Migault. Il dispute sa première course aux 24 H du Mans en 1968. Il participe ensuite surtout à des rallies, tâte de la monoplace sans grande réussite, frôle la mort à Rouen en 1970 lors du meeting où Jean-Luc Salomon et Denis Dayan se tuent, remporte une victoire en 1972 à Imola en F2.
Bob Wollek entame alors la période "endurance" de sa carrière, qu’il mène parallèlement à l’exploitation de la concession strasbourgeoise qu’il a reprise.

medium_i-110_sb_exit_001b_03.jpgA ces deux casquettes s’ajoute sa passion pour le vélo qu’il pratique tant pour le plaisir que pour parfaire une condition physique obligée pour qui conduit les gros protos du Mans ou de Daytona.
Bob gagnera quatre fois cette course américaine mais échouera aux portes de la victoire mancelle malgré trente participations. L’Histoire prétend qu’il n’hésitait pas à rallier Le Mans depuis Strasbourg à vélo.

Alors qu’il avait raccroché, Ernie de Vos reprend goût au sport auto à l’occasion du trentième anniversaire du circuit du Mont-Tremblant en 1994, à une époque où Wollek engrangeait trois succès en GT sur Porsche. De Vos courra une saison sur une BMW de tourisme avant de se ranger des autos définitivement pour se consacrer à la bicyclette.

Pilote metteur au point de Porsche, Bob Wollek avait orienté sa carrière aux Etats-Unis vers la fin des années 90. Il avait enlevé le challenge ALMS en l’an 2000 et s’apprêtait à disputer les 12 H de Sebring en 2001 lorsque, le 16 mars, roulant à vélo dans les environs de Sebring, en Floride, il fut heurté et tué par un camion.
Ernie de Vos avait acheté en 2004 une propriété en Floride. L’ancien pilote circulait à vélo non loin de son domicile lorsqu’il fut heurté et tué par un camion le 5 mars dernier.
Les deux accidents eurent lieu à une petite centaine de kilomètres de distance.

Bob Wollek © http://www.sportscarmedia.com/