vendredi, 03 juillet 2009

"Fonds François Cevert"

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C’est avec émotion que j’apporte ma modeste pierre au Fonds François Cevert, je vous laisse néanmoins le soin de juger de l’opportunité ou non de la publier.

 



À celui qui m’aurait dit il y a peu encore que je consulterais votre site voire que j’y participerais, j’aurais crié au fou. Jusqu’à il y a peu encore je vivais au rythme des Grands Prix, courses d’endurance et divers rallyes en me projetant toujours sur la course suivante. Mais depuis la fin 2006 et le départ en retraite de Michael je me sens un peu vide, et aiguillé par un collègue (Patrick tu te reconnaîtras) fondu de course automobile d’antan j’ai goûté à MdS, un peu sceptique au départ…

 

Alors quel rapport avec François Cevert me diriez-vous ?

 

Il est simple, ce fonds que vous avez créé au travers de tous ces articles et commentaires a fait remonter en moi des souvenirs et des émotions enfouies et que je pensais benoîtement être le seul ou avoir été le seul à ressentir. Et pourtant quels souvenirs puis-je avoir d’un pilote décédé alors que je n’avais que 7 ans, à une époque ou la course automobile était peu diffusée ?


Trois événements vécus (merci à mes parents de m’avoir fait partager dès mon plus jeune âge leur passion pour ce sport) me reviennent en mémoire, les deux premiers sont des émotions de course vécues (pardon aux puristes je ne me rappelle plus de l’ordre chronologique des deux événements) :

- Monza 1973 et une Matra qui caracolait en tête qui s’immobilise sous les vivas des tifosi et fait remonter ma première déception ou frustration de course, et oui la mécanique peut commander (surtout à l’époque) et ce n’est pas forcément le plus rapide, François ce jour-là, qui gagne,

- Le Mans 1973 en fin d’après-midi le samedi et une Matra qui repart des stands avec François à son volant dans la grande bagarre avec les Ferrari, un grand frisson rétrospectif,

- 1973, après la mort de François, mes parents discutent de la mort de François.

 

Tout cela aurait dû être enfoui dans ma mémoire, mais par la grâce du livre de J.-C Halle, dont je me suis nourri à l’âge ou je rêvais encore d’être pilote de course et qui aujourd’hui a une place en vue dans ma bibliothèque d’adulte, ces souvenirs sont toujours vivaces et l’émotion toujours la même à chaque relecture (au moins une fois tous les deux ans) et maintenant à chaque fois que je vais consulter ce fonds.

 

Voici deux photos de François en course, que par bonheur m’a léguées mon oncle qui partageait à l’époque sa passion de la course avec mes parents.

Merci à vos experts de me corriger si je me trompe, je les ai datées de 1971, une Tyrrell sans aucun doute, le Paul-Ricard vraisemblablement, il faudra que je pose la question à mon oncle.

 

Bravo à tous et merci à ceux qui le peuvent de nous faire partager leurs souvenirs.



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Thierry Morandeau

  

 

 

 

 Images © archives privées

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samedi, 23 mai 2009

Monsieur Lafilé (encore une fois)

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Voir aussi Monsieur Lafilé


Original Message

Sent: Thursday, March 05, 2009 7:58 PM
Subject: FW: François Cevert

Cher Monsieur Patrice VATAN,

Je permets de porter à votre connaissance une lettre que j'ai reçu d'un certain M. Daniel CATTARI, demeurant en Haute-Normandie. Cette personne suite à la lecture de l'article concernant ma passion CEVERT, a eu l'extreme gentillesse de  m'offrir 2 photos en noir et blanc de CEVERT prise sur le circuit de Montlery en 1968, lors des coupes du salon.
Je vous fais donc parvenir ces documents et vous laisse en faire l'usage que vous souhaiterez.

Cordialement.
Patrice Lafilé.

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vendredi, 10 avril 2009

Monsieur Lafilé

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Si un concours devait désigner le plus grand fan qu'un pilote ait connu, Monsieur Patrice Lafilé grimperait sur le podium. Lecteur de la première heure de MdS, il a bien voulu nous faire vivre sa passion de l'intérieur, une passion Cevert qu'il décortique sans fard dans un texte qu'il a agrémenté de coupures de presse qu'il collectionne sans faiblir.
 
 

Je suis né à Rouen en 1962 et porte le nom de ma mère, âgée de 21 ans lors de ma naissance. Mon père, âgé de 51 ans, était à la tête d'une entreprise paysagiste créée au lendemain de la guerre. Nous vivions de manière aisé dans un quartier cossu de Rouen.
En 1964, ma soeur Nathalie est née.

cevertmania1.jpgMon père était passionné par son travail et aussi très diversifié dans sa vie (président d'un club d'athlétisme et à la tête d'une société d'art consacrée à l'école de Rouen). Ma mère s'occupait de nous au foyer, aidé en cela par une femme de ménage.

Ma passion Cevert va commencer après un certain 3 octobre 1971. Mon père aimant le sport achetait divers journaux car la victoire de Cevert aux States ne laissa personne indifférent pour deux raisons. Tout d'abord 13 ans qu'un pilote francais n'avait gagné un GP... (Trintignant), en suite la Personnalité de Cevert fascinait entre autre mes parents, bien que mon père n'était pas un inconditionnel de ce sport). Là eut lieu pour moi "un choc", le casque bleu, blanc, rouge, le regard et un personnage, sorte de héros sortant de l'ordinaire.

cevertmania2.jpgL'année 1972 arriva et des photos de Francois commençèrent à sérieusement paraître. Lors des 24 heures du mans 1972, magnifique doublé Matra Pescarolo-Larrousse, mais une Personnalité Rayonne et ne me quitte plus c'est Cevert... Son sourire, les yeux bleus myosotis, un sourire étincelant... Je tiens Mon Heros, cela est inexplicable mais c'est comme cela... Francois Cevert dans mon regard ébloui d'enfant, incarne une sorte de beauté faisant partie de ma famille.
 
cevertmania3.jpgL'année 1973. Je commençai sérieusement à trouver des revues où Figurait Mon Champion. La Tyrrell bleu de nuit, le casque, le personnage... bref. Je regardai à la télévision les GP, je n'avais que des yeux de chimène pour mon champion. Puis une femme à la même silhouette apparut de plus en plus, copie conforme qui n'était autre que la soeur de Francois, Madame Jacqueline Beltoise. Mais ma Romance c'était Francois et sa Tyrrell.
Plus que jamais mon Champion devint un mythe, ses yeux bleux, son sourire éclairant de nombreux podiums de F1. Il devenait la STAR. Journaux, revues, émissions TV, François Cevert acquérait une notoriété dépassant le monde du sport.
 
cevertmania4.jpgEt puis arriva un certain après-midi du samedi 6 octobre 1973, j'avais 11 ans et  regardais en compagnie de ma soeur Nathalie une émission s'intitulant "Samedi est à vous" présentée par un certain Bernard Golay, et Sophie Darel.
Soudain aux environs de 17 heures un flash spécial,un présentateur le visage grave annonça la mort de Francois au Glen. Je ne compris pas.  À 18 heures ma mère mit Europe n°1 sur le transistor, un certain Francois Janin relatait la carrière de Francois CEVERT. Je me suis assis près de ma mère, elle m'enlaça, m'embrassa. A 20 heures, Jean Pierre Berthet commença son journal par l'hommage à Francois....
 
cevertmania5.jpgÀ partir de ce samedi 6 octobre 1973, va commencer pour moi l'Hommage à Mon Champion. Les journaux de la semaine suivant la disparition de francois firent l'objet de collages. Entre temps mes parents m'offrirent le livre de Renaud de Laborderie, plutôt un ouvrage photo, ainsi que La Mort dans mon contrat, où la vie de Francois est écrite.


cevertmania6.jpgEn lisant ce livre je m'aperçu que la maman de Francois s'appelait Huguette, comme ma mére, et qu'il y était évoqué une vie aisée comme dans ma famille, qui plus est le papa de Francois était plus âgé que sa mère. Comme Francois Cevert, mon pere me prenait sur ses genoux pour rentrer la voiture au garage et quelquefois je rentrais la voiture, mon père étant assis à mes côtés. Le caractère du papa de Francois faisait penser à mon père dans son autorité de décider. Dès lors une "collision" se produisit dans mon cerveau d'enfant candide. Je me pris à rêver que je pouvais devenir Francois Cevert...
 
cevertmania7.jpgAu fil du temps cela restera un rêve. Chaque année aux alentours du 6 octobre je recherche des  documents, voire des témoignages sur mon Champion Regretté. En 1993 je ferai parvenir au Vaudelnay un bouquet de fleurs pour honorer les 20 ans de la disparition de mon Francois Cevert.
Plus les années passeront, plus des sanglots m'étreindront aux abords du 6 octobre. De nombreuses revues retrouvées chaque année (Rétromobile, Automedon, etc), enrichissent ma collection.



cevertmania8.jpgLe "sommet" de ma passion Cevert culminera au Vaudelnay, en 2003, pour les 30 ans de sa disparition. 30 roses rouges seront déposées sur sa tombe. J'ai eu l'opportunité de rencontrer des gens de ce village qui m'ont fait part de l'extrême émotion qui régna aux obsèques de Francois Cevert. Lors de ma venue au Vaudelnay, je fus également attiré par l'intensité de la collégiale de Notre-Dame-du-Puy. Cette merveilleuse collégiale de ce charmant village surplombe les vignes du Vaudelnay.



cevertmania10.jpgEnfin ma rencontre avec le Frère de Francois, Elie Cevert, auquel j'achetai une bague pour mon amie de l'époque, Catherine. Bien évidemment la conversation lors de l'achat de cette bague m'amena à évoquer son frère. Elie Cevert apparaissait très surpris que Francois trente ans après laissât un tel souvenir. Elie Cevert porta à ma connaissance que l'une des rares fois où il se rendit sur un circuit, ce fut au Nurburgring, il ne se rappelait pas de l'année mais très bien du public grimpé jusque dans les arbres.


 

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Patrice Lafilé




Patrice Lafilé posant chez Auto Sg Miniatures à Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Maritime)
©  Jean-Luc Surget

lundi, 06 octobre 2008

Who is he, grandma ?

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Suite de Dead end


Lorsque Nancy Pelham fut ainsi interpellée par sa petite-fille, Sue, face au stand C 44 du salon Rétromobile, en février 2008, elle reçut le second choc de sa vie. Elle avait pourtant tout fait pour l'éviter en bouleversant sa vie jusqu'à n'en plus rien laisser qui eût un lien avec le premier choc, l'explosion de la flèche bleue sur le circuit de Watkins Glen le 6 octobre 1973.


Le hasard avait voulu qu'elle fût la seule à assister au drame qui depuis alimente les conversations, suscite les rumeurs les plus folles. Elle a tu ce qu'elle avait vu alors qu'elle faisait le tour du circuit le samedi matin pendant la séance d'essais (finalement elle n'avait eu son pass) : un gamin qui jouait au volant de la voiture de son père, une Camaro équipée d'une rangée impressionnante de longues-portées qui s'était allumées au moment précis où Il inscrivait la Tyrrell dans les esses. On sait que les parkings sont dans ce secteur très proches de la piste. Ce qui s'ensuivit grilla instantanément la partie de son cerveau qui l'avait enregistré, la rendant muette pendant trois ans, gommant ses souvenirs. Elle oublia tout, excepté le regard fou que le môme lui avait lancé après que la flèche bleue se fût transformée en une épave mortelle qu'une dépanneuse emmènerait très vite. Elle sait que ce gamin, comme elle, n'a jamais rien dit.

Ensuite ce fut une errance de 35 ans. Laissant derrière elle Buffalo et sa petite chambre allumée tard dans la nuit, décorée de posters Le représentant, privée de l'usage de la parole, elle avait acheté un billet Greyhound pour Seattle, la destination la plus lointaine, après c'est l'océan. Elle trouva un petit job chez Boeing qui ne nécessitait pas l'usage de la parole, monteuse de gilets de sauvetage dans les carlingues. Puis elle reparla. Simplement sa chronologie personnelle était mitée par un trou de trois ans qu'aucun amant de passage ou une copine ne semblait remarquer quand elle la leur racontait. De toute façon les gens se foutent pas mal de ce que vous leur dites, tant que ça ne les concerne pas.

En 79, elle épousa un brave gars qui bossait dans une compagnie ferroviaire, la Santa Fe Southern Railway, pas futfute mais gentil, qui lui donna une fille, laquelle, 22 ans plus tard lui donnerait une petite Sue de qui elle se sentira toujours étonnamment proche. La vie n'a rien à voir avec la vision qu'en donne Hollywood. Deux après la naissance de Sue, un camion fauchait sa fille et son époux, les parents de Sue, à l'intersection de Cherry avenue et d'Ocean boulevard, à Long Beach où la famille s'était installée. Définitivement infirme du coté du coeur, pour une raison qu'elle ne parvenait pas à comprendre (le psy lui avait parlé d'un trauma qu'elle avait dû subir, correspondant au trou de trois ans dans sa mémoire), elle ne ressentit guère plus de douleur que lorsqu'elle avait perdu Bog, le berger allemand que Nick lui avait offert.

Divorcée en 99, elle bazarda tout, et avec Sue dont les aléas de l'existence lui avait donné la garde, elle prit un avion pour Paris le 20 janvier 2001, le jour de la prestation de serment de George W. Bush, ce en quoi elle vit un signe positif. Paris lui sourirait.
L'histoire est muette sur les conditions de sa subsistance dans la capitale, tout juste sait-on qu'elle habite Neuilly, avenue du Roule. Elle s'est liée d'amitié avec une dame du quartier qui aime aussi les chiens - elle promène une chienne du nom de Callas. Cette personne, très digne, qui semble celer quelque douleur secrète, parle à Nancy d'une façon troublante. Entendez qu'elle lui parle par le coeur, tout en non dit.

Sur ses conseils elle s'en fut à Rétromobile, l'hiver dernier (Vous verrez toutes ces vieilles voitures, c'est attendrissant, comme d'anciennes histoires d'amour qui cherchent des regards pour renaître). Elle allait partir quand Sue la tira par la manche, attirée comme un aimant par un grand poster affiché par Washington photo, une agence photographique basée au Mans.




Who is he, Grandma ? © MdS

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dimanche, 05 octobre 2008

Dead end

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Les rares passants qui ressortent sur Springfield Road après l'orage ont autre chose à faire qu'à compter le nombre de fenêtres éclairées en cette soirée automnale. Pourtant facile : il n'y en a qu'une, celle de Nancy Pelham, 22 ans, qui écoute les nouvelles sur un transistor personnalisé d'un sticker Elf Team Tyrrell.
 
 

"As the chairman of the Senate Watergate Committee told yesterday that Président Nixon should'nt..." clic. WVIB "Sound of Buffalo" laisse la place au silence. Enfin le silence, c'est vite dit indique le gros radiateur de fonte qui vibre au passage d'un convoi de la New York Western Freight, plein de tonnes d'acier qu'il achemine vers Detroit. De toute façon, n'importe quoi plutôt qu'entendre le nom de l'escroc de Washington. 19 h 30 à la pendule. Nancy prépare son sac pour demain.

Va-t-il pleuvoir, faire froid ? Elle jette un oeil par sa fenêtre. La rue est toute inondée, Buffalo vient d'essuyer un gros orage. Curieuse ambiance ce soir ; ce coucher de soleil pris en otage par les cumulus qui se sont formés au-dessus du lac Erie. La météo prévoit pourtant qu'un anticyclone va se positionner dans le coin des Finger Lakes. Elle empile deux jeans et fourre une paire de bottines dans un sac Walmart, dès fois que Nick garerait l'Impala non loin du Bog. C'est son truc, le Bog, à Nick. Il faudra qu'elle veille à ce qu'il boive moins que la fois où lui et Mark avaient poussé dans le Bog une Vette presque neuve.

Qu'elle n'oublie pas son Agfamatic surtout, pas comme il y a deux ans quand IL avait gagné et qu'elle avait été infoutue d'en ramener un souvenir. Surtout qu'Il va faire un podium encore une fois. Ier en 71, 2è l'an dernier, 3e dimanche, logique non ? Elle a failli oublier Sa deuxième place en Can Am également l'année dernière ! Tu vieillis ma vieille ! Le Glen lui réussit, pas de doute. D'ailleurs c'est toute l'Amérique qui lui va comme un gant. Jolie, cette image. Y repenser. Elkhart Lake, ça vous dit quelque chose ? Elle avait tellement tanné Nick qu'il s'était laissé faire ; une journée de bagnole à travers cinq Etats pour arriver une heure avant la course. Il avait été deuxième sur une grosse McLaren Chevy toute bleue et, cerise sur le gateau, l'avait reconnue quand elle Lui avait fait signer son tee-shirt dont l'armement était braqué sur Lui. A cause de ça, dites-vous ? Mauvaises langues... (Encore vous, vous êtes une vraie fidèle alors, lui avait-Il lancé de Sa voix si chaude qu'elle faisait naître en vous des frissons innommables. Et en français en plus. So charming !

Dire que Nancy est tout excitée à l'idée d'aller au Glen est un euphémisme, il n'y a pas de mot pour décrire son état. Elle sait qu'elle ne dormira pas de la nuit, qu'elle déroulera sur son écran intime le film du lendemain. Départ à 6 heures, le siège défoncé de l'Impala, Interstate 90 en direction de Syracuse puis à la hauteur de Seneca Falls, l'US 14 qui descend tout droit sur Watkins Glen. Normalement elle devrait être en place à 10 heures quand commencera la séance du matin, et normalement, si ça se passe comme prévu, c'est depuis le stand Tyrrell qu'elle la suivra, la séance, car Nick a obtenu - en principe, hein, car on ne sait jamais avec ces mecs-là -, a obtenu deux pass de Roger Hill, le chef mécano de chez Tyrrell, vous savez c'est le grand à moustache qui ressemble comme un fils à son patron. Comment Nick le connaît ? Ca date du temps qu'on était en Angleterre, ils bossaient chez des forains ensemble.

Au fait, vous faites pas des idées, Nick c'est mon frère, hein ! Mon mec, eh ben j'en ai pas, ou plutôt si, mais IL ne le sait pas encore... Quand je repense au regard qu'IL m'a lancé après qu'IL eut posé sa coupe du vainqueur... Sûr qu'Il ne pensera qu'à une chose demain sur le coup de 11 heures 30 quand finira la séance.






Dead end © (merci) François Baranger (www.francois-baranger.com)
 

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dimanche, 22 juin 2008

Trois ch'tites photos de François Cevert

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Un homme tente de résister à Phalsbourg à l'envahisseur du Sud-Est asiatique qui voudrait vendre des bouts de bois à sa place. Cet homme vend des bouts de bois comme son père l'a fait, comme son grand-père l'a fait avant lui. Il s'appelle Arnold Jean-Claude.


arnovert2.jpgMoi je vends des bouts de bois, et vous c'est quoi ?
nous a-t-il lancé l'an dernier lorsque autour d'une bonne table rémoise, lors du WEEA, quelques lascars de MdS s'étaient réunis. Jean-Claude a le bout de bois modeste. L'industrie du meuble, dont sa famille a porté haut l'ideal dans toute la Lorraine et entour, l'a rendu riche mais le bon sens émanant de cette terre de travail l'a gardé humble. De temps en temps, une fois sa comptabilité en ordre, les ouvriers partis et la cour rendue au silence, cette carrée qui jadis résonnait de la Ferrari 312 F1 qu'on sortait quelquefois, Jean-Claude se plonge dans ses archives. Son péché mignon, sa danseuse. Des  polaroids, par centaines, qui lui glissent des doigt comme des ducas des doigts de pirates. Qualité moyenne. un Polaroïd vieux de 30, 40 ans, c'est juste. Mais plaisir maximum.

Retrouvé quelques ch'tites photos de François Cevert .
MdS s'enrichit presque chaque semaine de nouvelles personnalités. Leurs interventions, par leur qualité et leur pertinence sont un vrai bonheur pour les passionnés (on en ferait presque des complexes) . 
Bravo à tous.
Amitiés
Jean-Claude

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vendredi, 24 août 2007

Xsois

François Cevert : le 1 000e commentaire

e9e8c8da9b3b6aa8402f40b86a59f31d.jpg2 ans, 2 mois et 22 jours, soit 813 jours, se sont écoulés avant que la note consacrée à François Cevert - Xsois, comme l'écrit sa soeur -, s'enrichisse de 1 000 commentaires, soit une moyenne d'une contribution et quart par jour.

Jean-Paul Orjebin initiait le 30 mai 2005 à 21 h 25 un mouvement dont il aurait été en peine de deviner l'ampleur et que balisait du 1 000e commentaire Emmanuel Romieu, le 22 août 2007 à 23 h 25. Gianpaolo s'interrogeait sur ce qu'aurait été la vie de Xsois si le Glen l'avait épargnée : Que serait-il aujourd’hui : un vieux beau bronzant sur un pont de bateau dans le port de Portofino ou bien un directeur d’écurie sévère mais juste, découvreur de talents que lui pilleraient les majors après une demi-saison de Grands Prix en fond de grille. J’opte pour la seconde solution, je l’imagine mieux en Newman qu’en Gargia.

Emmanuel, lui, retient quelques images fortes d'un film de la télévision suisse qu'un ami, Tex, avait publié sur YouTube : Le "fitting" à bord de la Matra au début (d'un coup l'on fait un bon de 35 ans en arrière et on se transforme en homme invisible autour du bolide), François fumant sa clope au bord de la piste pendant les essais, François au piano, la sortie à fond du tunnel à Monaco.

Internet aura permis de mettre en lumière un événement dont on ne soupçonnait pas l'existence, sinon peut-être ses proches, la trace que Xsois a laissée dans l'inconscient collectif français, et même mondial si l'on considére que des internautes étrangers, brésiliens, tchèques, entre autres, se sont manifestés.

Rapprochant son cas de ceux des pilotes français décédés dont la biographie est en ligne sur MdS (nombre de commentaires entre parenthèses), Elie Bayol (33), Marcel Balsa (11), Jean Behra (17), Eugène Chaboud (7), Denis Dayan (38), Patrick Depailler (37), José Dolhem (41), Pierre Levegh (7), Jean Lucienbonnet (4), et enfin Maurice Trintignant (29), on constate que la somme des réactions les concernant, 224, est atteinte par Xsois en 179 jours, soit un peu moins de six mois. Pour info, Ayrton Senna totalise 56 commentaires.

Tout ceci nous permet d'avancer qu'un phénomène Cevert existe, vit, se nourrit de lui-même, comparable aux cultes suscités par des personnalités comme Gérard Philippe, Daniel Balavoine, Mike Brant ou Dalida, voire au niveau international, James Dean, Jim Morrison ou Lady D. Un événement d'autant plus surprenant que la carrière de Xsois fut brève, moins de quatre saisons en F1, à une époque où l'exposition médiatique balbutiait et qu'elle ne fut pas marquée d'un nombre élevé de succès. C'est donc autant à la personne François Cevert qu'on s'attache qu'au sportif, ce que reflète la majorité des commentaires ; on loue ici sa beauté, là ses talents de pianiste, certains sont envoûtés par sa voix, d'autres auraient appréciés que la nature les dotât de ce charisme qui tombait les filles mais aussi (et ceci est remarquable) séduisait les hommes, lesquels forment une très large part du bataillon des cevertistes sur MdS. Plutôt qu'un rival, les mecs voient en Xsois un frère, un modèle.
Gilbert écrivait ceci le 1er février 2006 : L'année suivante, en 1973, j'assistais aux 24 heures via une opération Sport-Auto qui nous proposait des toiles de tente à 2 places mais aussi une rencontre avant la course avec les pilotes de la "dream-team", la fabuleuse équipe Matra-endurance de 1973. Cette dernière promesse allait se révéler quelque peu bidonnée, on le comprend un peu, à 1 h ou 2 du départ de la course, de sorte que nous ne vîmes finalement qu'un seul pilote... et devinez lequel ? Visiblement aucun d'eux n'était vraiment au courant de cette visite de quelques lecteurs de Sport-Auto, mais seul François était sorti d'une petite caravane du paddock pour nous saluer, sans s'attarder mais avec une réelle courtoisie. Ce qui m'avait le plus marqué sans doute était sa grande taille, sa sveltesse, et ce fameux charisme spontané qui émanait de lui. Il portait un ensemble en jean vert-clair, avec la chemise par-dessus le pantalon - ce qui à l'époque n'allait pas de soi...

On rêve de lui, comme l'on fait Fred Debord et Marie-France Dureau, d'autres tel Carlo Teoldi ou Emmanuel avouent des expériences extra-sensorielles par rapport à lui. Tout se passe comme si Xsois existait dans un univers parallèle, égrégore alimenté par les formes-pensées des milliers de ses admirateurs dans le monde.



Après la victoire aux 24 heures du Mans 1972, archives privées
(Image transmise pour publication sur MdS par Jean-Jacques Ardouin, via une personne privée)


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mercredi, 25 juillet 2007

Le Vaudelnay. Août 1977. 8 heure 30

medium_tombecevert.jpgJe ne pensais pas un jour connaître ce petit coin de terre angevine. Tout est calme dans le village à cette heure matinale. Nous roulons lentement à l’affût d’un panneau qui indiquerait le lieu que nous cherchons.

Au coin d’une rue, une grande croix de bois. Sans doute celle du cimetière. Effectivement, il est bien là au bout du chemin. La grille est ouverte. Première allée à droite, puis à gauche et au fond une dalle noire.

Je suis submergée par l’émotion. Je glisse la petite rose du jardin sous la croix. Un grand vide vient compléter mon chagrin. Je suis là, face à l’inéluctable.

Puis le temps passe, inexorablement. 

Je t’entends d’ici, François
Avec ta voix de basse
Je t’entends, tu rigoles encore
Tu as raison, François
Il n’y a pas de héros morts.


Signé Marie-France Dureau


Une dalle noire © Marie-France Dureau

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dimanche, 25 février 2007

François Cevert a 29 ans aujourd'hui

medium_cevert07.jpgLe 25 février 1944 naissait un petit garçon qui serait aujourd’hui un senior - selon la terminologie douce actuellement employée pour ne pas dire "vieux" – si un certain enchaînement de courbes n’en avait pas décidé autrement, le 6 octobre 1973.

François Cevert aurait eu aujourd’hui 63 ans. François Cevert a aujourd’hui 29 ans, et pour l’éternité. Qui mieux que lui incarne le mythe de l’éternelle jeunesse, que Oscar Wilde a popularisé dans son Portrait de Dorian Gray ? En France, personne, ou peut-être Gérard Philippe. Les Américains ont James Dean ou John Fitzgerald Kennedy, les Brésiliens, Ayrton Senna.

Pour se voir épargner les outrages du temps, Dorian Gray, un jeune homme d’une beauté rare dont un ami a peint le portrait, passe un pacte avec le Diable : c’est le tableau qui vieillira à la place du modèle. On sait, ou on le devine si on n’a pas lu le bouquin, que tout ça finira mal en vertu du vieux fonds de moralité qui guide la plume des écrivains vers la fin de leurs bouquins.

François Cevert n’avait pas signé de pacte avec le Diable, seulement un contrat avec Tyrrell, un diable d’homme certes mais sans plus. Sa trajectoire croise singulièrement celle de Gray, à ceci près qu’elle continue de croître, année après année, de monter vers un Olympe dont on distingue mal le sommet alors que Dorian Gray a clôt la sienne face à son tableau, mort et vieilli d’un coup.

François Cevert, ainsi qu’annoncé par des voies extra-sensorielles, a été ôté aux siens, aux autres, et à nous, dans le triomphe de son insolente jeunesse et de sa fulgurante beauté. Il incarnait "l’image du pilote de course", comme l’écrit le Pr Reimsparing dans un papier à paraître dans lequel il livrera un parallèle entre ces deux symboles absolus qu’étaient Luigi Musso et François Cevert, ôté à la vie, une vie pourrissante, nécessairement décadente, pour nous être restitué dans une dimension éternelle. 

François Cevert a 29 ans aujourd'hui. Son portrait aussi. L’un et l’autre sont figés dans le mythe de l’éternelle jeunesse.



Une éternelle jeunesse
, archives privées
(Image transmise pour publication sur MdS par Jean-Jacques Ardouin, via une personne privée)

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mardi, 12 décembre 2006

Un mécano de luxe

medium_serflex.jpgSerflex, firme qui fabriquait des colliers de serrage depuis 1948 à Champigny, a été rachetée en 2003 par un gros équipementier suédois, Aba, après qu'elle eut des démêlés socio-économiques qui visaient à délocaliser sa production en Pologne.
Sous administration suédoise, Serflex, qui continue son activité sous son nom propre - un nom générique, comme Frigidaire ou Mobylette -, est installée... à Anderstorp. Délocalisation amusante, si l'on peut dire.
Quant à François Cevert, Cévert, comme il était d'usage d'écrire ce nom en 1968 lorsqu'il bidouillait sa Tecno, qui s'orthographie bien ainsi, il est délocalisé sur notre blog, sous administration MdS, pour le grand plaisir d'Armelle, de Sylvie, de Brigitte, sans doute de Jacqueline...
Merci à Didier Baumgarten d'avoir eu la gentillesse de faire profiter les fans les plus fidèles de la dizaine de ces cartes publicitaires retrouvées au fond d'un tiroir, et merci à Francis Rainaut d'avoir eu le même geste envers MdS.

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