lundi, 16 novembre 2009
Trouvé dans un vieux Nikon 01/02

Le noir et blanc, c'est la vraie couleur de la photo affirme Jean-Jacques Renaux en commentaire d'un de ses fameux albums qu'il publie sur Facebook, titrés "Memories found in 2 old Nikon F". Entre deux papiers, le reporter shootait çà et là. Voici quelques merveilles qui, hasard heureux, montrent des personnages ou des situations familiers de notre blog, ainsi ce JPB à Rouen en 71.

Thruxton, spring 75, 1ère victoire de Jacques Laffite en F2 (à gauche) félicité par Patrick Tambay (Laffite sera champion avec 7 victoires)


GP of Great Britain 73, Silverstone, Ronnie Peterson (2nd) boit, Denny Hulme ( 3rd) rumine

Jacky Ickx, unhappy with the Ferrari, has a test with McLaren (he will finish 3th). Speaking to Pete Lyons (the best F1 writer of the time, to my knowledge), the Belgian champion can't conceal his qualms about this very difficult season.


German GP 1972 (Nürburg, Nördschleife)
Du départ jusqu'à l'arrivée, tandis que Jacky Ickx (Ferrari) vole en tête, Clay Regazzoni a bouchonné Stewart dans 12 x 72 virages. Malgré des paroles philosophiques de Bernard Cahier (à gauche), Stewart fait péter son ulcère à l'estomac. II WCVR, Brands Hatch 72 (hors championnat), Beltoise arrose sa dernière victoire en F1.

Brands Hatch, Race of the Champions 1974 (hors championnat). Dans le déluge, Ickx (Lotus) vient de se faire Lauda (Ferrari) par l'extérieur dans Paddock Bend.
(Les légendes des photos sont adaptées à partir de celles de l'auteur des albums "Memories found in 2 old Nikon F")
Images © Jean-Jacques Renaux
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dimanche, 01 novembre 2009
L'hommage bruxellois à André Van Bever

MdS avait publié quelques jours après que André Van Bever eut quitté la piste, fin janvier 2008, un entretien du photographe belge avec Michel Bollée, dont la teneur m’avait ému et fait regretter de ne pas avoir connu la période du sport automobile considérée. Sur une heureuse initiative de son épouse, Nicole Englebert-Van Bever, un hommage à André Van Bever fut rendu à Bruxelles durant la deuxième quinzaine d’octobre. C’était dans les Grandes Halles construites pour l’Expo de 1880 qui abritent le musée automobile bruxellois Autoworld. Une mise en scène sobre et sans prétention, "à la belge".

Une présentation d’une centaine de photos à forte connotation belge furent sélectionnées par Madame Van Bever parmi les 50 000 images qui composent les archives de feu son époux. Une vitrine renferme quelques souvenirs du photographe, notamment ses boitiers, des coupes glanées plutôt en dehors du sport auto et une carte autographe de son concurrent Bernard Cahier qui prouve que leur rivalité sur les circuits ne les empêchait d’être amis.

Certains clichés mettent en valeur le coté bon enfant des années 60 comme celui où le Roi Beaudoin en blouson, au GP de Bruxelles 1960, sourit gentiment en compagnie de Paul Frère et Olivier Gendebien.

Et celle bien connue de Trintignant au GP de Belgique 1961 à Spa, ramenant aux stands Innes Ireland debout sur les triangles de suspension.

Cadré au cordeau, le virage de la Gare à Monaco, quand il y avait une gare…

Figés sur la pelloche, des moinillons à casquettes échappés sur le Liège Rome Liège regardent les autos passer. On note la Dauphine de service aux couleurs Les Sports de Van Bever garée a l’extérieur de l’épingle, porte conducteur grande ouverte, ce qui laisse pressentir l’état d’urgence dans lequel était le photographe à ce moment-là.

Une photo étrange et magnifique, celle de l’Alpine de Mauro Bianchi et Philippe Vidal qui semble au milieu de nulle part alors qu’elle est sur le circuit de Reims en 1965.
Enfin la terrible année 1955 au Mans et ce cliché classique de la Jaguar d’Hawthorn repartant des stands avec parmi les photographes captant l’instant la silhouette de Bernard Cahier qui dans son objectif avait en arrière-plan celle de Van Bever.
Ceci est une sélection subjective de la sélection à la fois rigoureuse et de cœur effectuée par celle qui l’accompagnait souvent sur les courses et rallyee. Un gentil co-organisateur de l’expo a souhaité voir la signature de MdS sur le livre d’or, ce fut fait et ce fut un honneur d'être voisin de la dédicace de Pierre-Alain Thibaut, le patron du circuit de Spa-Francorchamps.
Exposition-hommage à André Van Bever . Autoworld (Bruxelles) . 15 au 30 octobre 2009
www.autoworld.be
Voir le dossier de presse
Jean-Paul Orjebin
Reproductions des photographies © Jean-Paul Orjebin
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jeudi, 01 octobre 2009
Archives François Libert
On a beaucoup lu François Libert sur MdS, et les plus chanceux l'ont même entendu raconter ses exploits en Formule France en 1968 ou en Formule 3 en 1969 ; on peut le voir maintenant en photos car il nous livre ses archives. Attention c'est du vrac. Aux lecteurs de commenter s'ils le désirent. Chaque image est dotée d'un espace à cet effet.
Archives Francois Libert
François Libert, constructeur de la Guépard

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mercredi, 29 juillet 2009
DPPI recto verso

Au moment où sont célébrées les funérailles de Jean-Pierre Thibault, penchons-nous sur l'agence qu'il a créée et sut faire fructifier au long de près d'un demi-siècle, DPPI.
DPPI, c'est au recto "Diffusion Presse Photo Internationale", une agence photo lancée par un petit groupe de photographes basés à Levallois-Perret dans les Hauts de Seine, parmi lersquels Jean-Pierre Thibault et Daniel Paris. Elle a connu une forte croissance au cours des décennies suivantes, avec la particularité de mener de front une activité d’agence de presse photographique, et celle de société de services. Ainsi un laboratoire professionnel a-t-il été créé pour effectuer les développements et les travaux photos des principaux photographes et groupes de presse parisiens. Des débuts héroïques du développement manuel des tirages noir et blanc à l’ère du tout numérique d'aujourd’hui, DPPI n’a cessé de renforcer son expertise dans tous les domaines de l’image. Quatre départements composent actuellement l’activité de DPPI. Le service Motorsport gère 10 millions d'images accumulées depuis 44 ans et fait travailler douze photographes couvrant l’ensemble des événements majeurs des sports mécaniques allant de la Formule 1 au Dakar, en passant par les 24 heures du Mans, les rallyes, les Grands Prix moto, les courses américaines, les compétitions nationales, mais aussi les principaux salons automobiles. Durant les vingt dernières années, trois autres départements sont venus enrichir l’offre de l’agence avec la création des services Omnisports, Mer et Football/Rugby dédiés eux aussi à la couverture des grandes compétitions de chacune de leurs disciplines.
La distribution des images d’actualité sportive, mais aussi d’archives et d’illustration s’effectue par l’exploitation d’une base de données Internet, permettant aux clients du monde entier, ainsi qu’au réseau d’agents répartis dans trente pays, d’avoir un accès immédiat à la production quotidienne d’images, celle-ci étant disponibles sur le site deux heures après chaque événement. A l'heure où ces lignes paraissent, elles sont au nombre de 929 533, couvrant 20 955 événements.
Source DDPI
Mais, DPPI, c'est aussi la face arrière du cliché, la légende au verso qui dit à propos de l'image ci-dessous :ID: 428208
NAME: 1968_BELTOISE_SERVOZ_DUCARO.jpg
AUTHOR: DPPI [more pictures]
DATE: 01/01/70
SIZES: 2539 x 2362 PIXELS
MOTORSPORT - 1000 KM DE PARIS 1968 - PHOTO : DPPI JEAN PIERRE BELTOISE (FRA) - JOHNNY SERVOZ GAVIN (FRA) - GERARD DUCAROUGE (FRA) / MATRA - AMBIANCE - PORTRAIT
LM GT PROTO AUTO SPORT 1000KM KILOMETERS KILOMETRES

On écrit en capitales à DPPI, sans doute y fut-on influencé par le comportement bigger than life de ses acteurs qui empoignaient la vie comme leurs télés de 1200 mm. Ils faisaient partie d'une confrérie très fermée, les photographes de DPPI, qu'on respectait comme s'ils eussent été des académiciens français. Nous les croisions, les Zurini, Bovy, des Champions en mars jusqu'aux GP nord-américains en automne, souvent flanqués d'un homme plus âgé qu'eux mais le même genre baroudeur qu'eux, que nous n'avions jamais réussi à identifier jusqu'à ce que Henri Thibault, le restaurateur de la Matra F3 de JPB, ne nous révèle à Rétromobile qu'il s'agissait de son père, Jean-Pierre Thibault, le fondateur de DPPI.
Jean-Pierre, vous qui nous faisiez l'honneur de lire MdS tous les jours, d'après votre fils, sachez que nous rendrons la politesse à votre Diffusion Photographique Particulièment Intéressante tous les jours.
DPPI
Agence de presse
89 rue carnot
92300 Levallois-Perret
www.dppi.net
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samedi, 25 juillet 2009
Jean-Pierre Thibault n'est plus
Emporté par un cancer le 24 juillet, Jean-Pierre Thibault était de ces hommes pour qui les années soixante furent un laboratoire d'idées neuves. Il créa en 1965 l'agence photographique DPPI avec un petit groupe de photographes basés à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine.
Dans le désert qui servait de paysage audiovisuel en ce temps-là, DPPI sut rapidement croître et s'imposer à l'égal des grandes agences anglo-saxonnes comme LAT. C'est Jean-Pierre Thibault qui, séduit par la vista, la débrouille et la gouaille d'Emmanuel Zurini, l'embaucha en mai 66 sur les conseils de Daniel Paris, alors gâchette chez DPPI. Le boss lui dit : Tu vas à Zolder pour le GP du Limbourg, si c'est bon je te prends !
Manou s'en fut à Zolder, muni de deux Pentax que Jean-Pierre Beltoise lui avaient prêtés. Pourtant Zolder, pas le meilleur terrain pour débuter - trop de grillages, trop de chiens avec des hommes en noir au bout. il s'en revint. En stop car pas de train pour ramener les photos à temps. La démerde. Jean-Pierre Thibault, ça lui plut. Il le prit.
"Jean-Pierre Thibault, c'était un homme extraordinaire de gentillesse, un coeur gros comme ça, qui aimait la vie, d'une grande intégrité, et surtout un mari et un père exemplaire", selon une amie qui l'a bien connu.
Nous l'avions vu en février 2009 à Rétromobile où il présentait la Matra MS1 victorieuse à Reims en 1965 avec JPB, dont il avait lancé le projet de restauration avec son fils Henri.
Mémoire des Stands s'associe à la douleur de sa famille.

Jean-Pierre Thibault aux 24 heures du Mans 1971 © DPPI
Jean-Pierre Thibault à Rétromobile 2009 (à gauche, une main posée sur l'auto) © MdS
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samedi, 24 janvier 2009
Atelier d'artiste #02/02

Voir aussi Atelier d'artiste #01/02
Amateur éclairé, Paul Linster est entre autres le propriétaire de cette Lagonda Tourer. Il en a demandé une toile à l'ami Guivarc'h, dont nous avons demandé le making-of au susdit ami qui ne refuse rien à personne.
Avant de décrire le détail des opérations, je dois remercier Paul, le propriétaire, qui m’a fait entièrement confiance pour le traitement de sa Lagonda. Il n’avait aucune idée du rendu possible et moi-même j’ai accepté sans trop savoir à quoi j’allais m’attaquer. Merci pour cette liberté.
Pour réaliser cette commande, l’idée m’est apparue progressivement de préparer un cocktail crayon et aquarelle ; le crayon pour réaliser un fond et l’aquarelle pour une vue en premier plan. Après avoir découpé mon papier à peu près au format voulu, j’ai esquissé trois vues de l’auto. Jusque-là ç'a été car j’adore ces autos. Ensuite, afin de pas salir la feuille (et soi-même), j'ai commencé par travailler la vue avant située en haut de la feuille en utilisant un crayon de papier sec et un autre gras afin de bien souligner les détails et les reflets. Puis j’ai attaqué l’aquarelle que j’ai réhaussée à la gouache noir et rouge afin de faire péter un peu les couleurs. Je n’ai pas trop poussé les détails afin de ne pas faire de la photo et essayer de composer avec la lumière.
Enfin j’ai donc terminé par le crayon de la dernière vue. Petite anecdote, quand j’ai envoyé les premières photos de mon travail à Paul, que j’avais dessiné au volant de sa voiture, il m'a repondu qu'il estimait ne pas devoir apparaître sur l’œuvre ; j’ai donc repris mon ouvrage et seulement esquissé une forme au volant. Modestie de l’homme par rapport à sa machine.

Jean-Marie Guivarc'h
http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com
La réaction de Paul Linster :
"Bel article, sauf pour un point avec lequel je ne suis pas entièrement d'accord. Tu me dis satisfait du résultat, ce qui n'est pas le bon terme. Nos amis de Rosbifland, comme aimait à dire notre vieil ami Jacques Potherat, ont cette phrase : "very happy with the result".
J'aime vraiment beaucoup ce que tu as fait de la Lagonda, le réalisme sans l'effet photo, la majesté combiné au dynamisme, l'évidence de ton style, les coloris vifs mais discrets.
J'apprécie vraiment beaucoup.
Merci."
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vendredi, 12 décembre 2008
Atelier d'artiste #01/02

Intrigué et énervé par les gens qui ont le don, que ce soit celui de la conduite, du dessin, de la note juste ou de l'immeuble dessiné sur un plan et qui tient debout, autant de cadeaux du ciel dont il est dépourvu, votre serviteur a demandé à Jean-Marie Guivarc'h d'où il sortait le don qui s'exprime à l'image ci-dessus. JMG est donc dans MdS et il aime ça. Mesdames, enfin un homme à poil (de martre).
Je dessine depuis gamin mais je ne peux pas dire que l’entourage familial ait soutenu mon goût pour les arts plastiques, comme on dit dans l’enseignement. Bien au contraire mes parents n’ont jamais compris ce penchant, ce don même. Ils devaient me prendre pour un doux rêveur quand, à la table familiale, au moment des repas, je saisissais une fourchette ou un couteau afin d’esquisser une forme sur la nappe. Et un doux rêveur, ça fait pas sérieux, ce qui m’a valu de nombreuses remarques acides.
Outre les fameux dessins que tout le monde a réalisés en classes primaires, ma "formation" s’est limitée à l’heure de dessin de la classe de 6e à la 3e assurée par le prof de maths. Hélas, dès qu’il y avait du retard dans le programme, la logique mathématique refaisait surface au détriment du dessin ; du reste ce prof jugeait nos dessins non pas sur leur qualité mais en fonction des centimètres-carrés de Canson occupés et du temps passé ; eh oui la productivité avait déjà gagné les salles de classe dans les années 70. Bref je dessinais déjà des automobiles même si je sévissais sur d’autres sujets comme les bateaux par exemple, voire des animaux, que du classique.
La seconde est arrivée et, avec elle, une vraie prof de dessin et de peinture ; quand je dis peinture, je veux dire qu’elle installait son chevalet dans la classe et pendant nos deux heures, elle peignait ses toiles surréalistes en fumant ses gauloises brutes de décoffrage, ce qui impliquait une ouverture systématique des fenêtres de la salle de dessin. Autres temps, autres mœurs ! Suzanne Besson, elle s'appelait.
Cela ne l’empêchait nullement de passer parmi nous afin de nous aider, nous guider dans nos essais et nos recherches ; elle avait toujours l’œil. Impressionnant. J’aimais beaucoup cette prof qui nous laissait une liberté d’expression tout en canalisant notre enthousiasme, en expliquant, en faisant passer ses émotions… et en écoutant l’élève. Inutile de préciser qu’il m’était interdit de dessiner des bagnoles, comme elle disait, et si, sur le moment, je faisais la moue, après coup je savais dans mon fort intérieur qu’elle avait complètement raison. Jusqu’à la terminale j’ai conservé cette option dessin toujours avec la même prof, que j’ai retrouvée en jury de bac lorsque j’ai passé l’épreuve de dessin avec une super note à la clé. Merci madame pour votre enseignement car, si certains profs ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, nous savions pourquoi vous étiez là.
J’ai tenté ensuite le concours de l'École des beaux-arts, passant pour un extra-terrestre aux yeux du comité d’accueil qui m’avait demandé d’apporter tout ce que je réalisais de mes mains ; alors forcément je suis arrivé avec mes maquettes d’autos de course, de bateaux et les dessins du même acabit… Pas vraiment artistiquement correct. Alors j’ai laissé tomber les crayons et, par manque de courage, je n’ai pas insisté dans le dessin mais je ne regrette rien.
La vie a continué et j’ai rencontré une dame qui m’a conquis à tel point que je partage toujours avec elle mon existence ; c’est elle qui m’a redonné le goût de recommencer à dessiner. Elle est indissociable de mes dessins et son jugement m’est plus que précieux.
Je finis de vous embêter en évoquant le pourquoi de la technique à l’aquarelle ; des amis m’ont offert une petit boîte de couleurs que je ne connaissais absolument pas. Cette boîte est restée au moins six mois à prendre la poussière et à me narguer sur un coin de la table à dessin avant que je consente à essayer. Le premier dessin était pitoyable (je l’ai toujours) et pour me rassurer je terminais la petite aquarelle avec de l’encre de Chine afin que cela ressemble à quelque chose. Je n’étais pas terriblement emballé mais j’ai continué... et je ne me suis jamais arrêté.
Je ne dis pas que je ne testerai pas d’autres techniques mais pour le moment, la pratique de l’aquarelle apporte chaque jour de nouvelles découvertes. L’aquarelle est imprévisible et ne supporte pas l’erreur, ce qui rend l’exercice très stimulant.
En conclusion, je dirais que beaucoup de personnes savent dessiner mais souvent, malheureusement, elles s’arrêtent ; étant passionné par mes vieux engins j’ai continué et, aussi bizarre que cela puisse paraître, ces thèmes m’inspirent sachant que contrairement aux artistes qui expriment ou qui cherchent à exprimer leurs émotions, leurs idées, j’essaye beaucoup plus modestement d'animer mes dessins en rendant hommage aux personnages qui ont partagé la vie de ces engins, souvent dans l’anonymat. Je m’efforce de donner un éclairage à des marques peu connues ; de même le mouvement des engins roulants, volants ou navigants demeure très important pour moi.

Jean-Marie Guivarc'h
http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com
JMG au pesage des 24 H du Mans 2008 © Nicolas Moreau
Vue de l'atelier d'artiste © Jean-Marie Guivarc'h
Un adorable petit cyclecar Salmson de livraison (carte de voeux 2009, format demi A4, papier 160 grammes satiné, 10 euros pour 10 cartes, à commander auprès de l'auteur) © Jean-Marie Guivarc'h
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dimanche, 23 novembre 2008
On recherche les photos de l'homme à côté de Fangio !

Il est mort en laissant quelque part 700 000 images accumulées sur un demi-siècle sur tous les circuits du monde ; son nom est Henri Vachon, photographe automobile - entre autre car il a aussi saisi sur gélatine les grands de ce monde comme Joséphine Baker, Pablo Picasso, Jean Renoir, Orson Wells, Bourvil, Yul Brunner, Fernandel, Christian Jacques, etc. Et les principaux bonshommes de l'automobile, Raymond Loewy, Henry Ford II, Amédée Gordini, Alfred Neubauer...
... et aussi la petite Sirmac de Formule junior construite et pilotée par Bernard Boyer en 1960.
Henri Vachon aurait réalisé une série de photos de cette auto que Jean-Paul Humbert recherche. Le patron de l'EPAF de Romorantin [1], qui reconstruit des autos marquantes du patrimoine français, aimerait que cette Sirmac revît le jour [2]. Il s'adresse à nous pour savoir si l'un d'entre vous aurait une piste qui remonterait au fonds photographique Vachon qui semble totalement évaporé dans la nature.
La veuve de Henri Vachon, Maria Vachon-Turini, exploita le fonds photo afin de créer une fondation destinée à aider l'enfance défavorisée. Cette dame est morte en 2008 et avec elle toutes les traces qui auraient permis de relier son époux au patrimoine photographique automobile. Aucune trace sur le Net, hormis une page sur Wikipedia consacrée à Henri Vachon [3] et un site d'où les deux illustrations présentes sont tirées [4]. Rien dans les annuaires répertoriant les collections photogaphiques comme Photodoc, rien au ministère de la Culture, rien à la BnF, rien nulle part.
Merci pour Jean-Paul Humbert, dont la requête nous a été relayée par Henri Thibault.
[1] www.epaf.fr
[2] Voir Autodiva (Sirmac)
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Vachon
[4] www.o3w.net/henrivachon
Juan-Manuel Fangio et Henri Vachon © Maria Vachon-Turini
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samedi, 09 août 2008
Comme dans les films avec Maurice Ronet

Cette photo fait partie d'un lot qu'un ancien pilote nous a envoyé. Sans un mot d'explication. Elle en eût exigé pourtant, car elle ne témoigne pas de l'époque contemporaine illustrée par des images cliniques qui ne laissent aucune place à l'interprétation, à la fantaisie, à l'à-peu-près.
Comment ne pas ressentir les liens complexes qui se tissent ici ? La Gordini ne semble être qu'un simple "MacGuffin" cher à Hitchcock , c'est-à dire le prétexte à raconter une histoire. Cherchez la femme. Celui qui lui murmure un secret à l'oreille est le Maurice Ronet qui a expédié l'image. A la nouvelle vague cinématographique, dont Maurice Ronet est le bel emblème qui nous vient à l'esprit, a correspondu une nouvelle vague automobile dont ces jeunes, là en noir et blanc, sont de purs représentants.
Qui parmi vous livrera une lecture éclairée de cette séquence ? Qui osera un jour porter à l'écran l'histoire dont ce tableau porte le germe ?
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jeudi, 10 juillet 2008
Bernard Cahier n'est plus

Nous apprenons de Gilles Gaignault, relayé par Gianpaolo (terrible combinaison), le décès à l'âge de 81 ans, en son domicile d'Evian, de Bernard Cahier, victime jeudi 10 juillet d'une rupture d'anévrisme. Fondateur de l'International Racing Press Association (IRPA), Bernard Cahier avait jeté les bases d'une profession - photographe de course automobile - qui devait par la suite connaître une évolution parallèle à celle qui mena les Grands Prix d'un rendez-vous de gentlemen drivers à un show mondial de plusieurs milliers d'exécutants.
Né en 1927 à Marseille d'un père militaire de carrière, Bernard Cahier contracte le virus du sport automobile en assistant en 1932, en voisin, au GP de Marseille. La Seconde guerre mondiale le voit rejoindre les rangs de la Résistance en Bretagne ; il est âgé de 17 ans seulement.
Se ralliant après la Libération en 1944 à la Deuxième division blindée du maréchal Leclerc, il est engagé en tant que démineur, exercice qu'il pratiquera jusqu'en 1945. Après un an passé au Cameroun, il s'exile en Californie pour étudier à l'UCLA. C'est là que ses premiers contacts avec un milieu qui fera de lui une véritable star se nouent car l'un des vendeurs de la maison d'importation automobile pour laquelle il travaille à LA - Roger Barlow's International Motor- n'est autre que Phil Hill tandis que le chef mécano s'appelle Richie Ginther. Le jeune Cahier participera à quelques épreuves sur une MG sous la houlette de Barlow's, mais sans grand succès. Il est meilleur sur le terrain de la séduction dont une Américaine, Joan Updike, fera les frais, devenant son épouse.
Le couple gagne la France en 1952, l'année de la naissance de Paul-Henri, qui prendra la suite de son père. Bernard décroche alors un job à L'Action automobile et son premier reportage traite du GP d'Italie de cette même année. Son charme, son entregent et un sens inné de la communication lui fourniront le plus efficace des tremplins pour se hisser au sommet absolu de sa profession, qu'il structurera en 1968 par la création d'une association, l'IRPA, sorte de confrérie très fermée des journalistes de Grands Prix. Le photographe, dont la célèbre casquette Goodyear symbolisait l'attachement au manufacturier d'Akron en tant que public relation, fut à l'origine de bien des inventions qui rendirent la vie des paddocks confortable. C'est ainsi qu'il introduisit le premier motorhome sous l'apparence de la banquette arrière de sa 2 CV qu'on sortait et sur laquelle Phil Hill ou jo Bonnier s'asseyaient, patientant pour le thé que Joan, sa femme, faisait passer.
Bernard Cahier fut à la photographie ce que Gérard Crombac fut au reportage écrit. Avec lui s'eteint le dernier des dinosaures qui inventèrent la communication d'un sport qui se décline au troisième millénaire en podcast, en jpeg, en wi-fi. L'homme à la casquette Goodyear accompagna la jeunesse de l'équipe fondatrice de MdS, Guy Royer, Jean-Paul Orjebin, Freddy Hedin, Christian Bon, Pascal Bisson, Dominique Wypart et votre serviteur. Il nous était une sorte de maître, un exemple à suivre, le gouverneur d'un club très sélect, l'IRPA, dont l'accession eût représenté un graal absolu. Arborer le brassard rouge de l'IRPA permettait de pénétrer partout sur les circuits.
Nous avions contourné l'obstacle en faisant réaliser par un maroquinier peu regardant question éthique un brassard en cuir rouge, l'ERPA, plus vrai que le vrai et qui fut correctement rentabilisé vers la fin des années 70.
Le durcissement des conditions d'admission des journalistes au début des années 80 entraîna la fin de l'IRPA, et dans la foulée celle de l'ERPA. Bernard Cahier passa le relais à Paul-Henri son fils [2] que nous saluons ce soir et à qui nous présentons, ainsi qu'à Joan sa maman, nos plus vives condoléances.
(Source grandprix.com)
Bernard Cahier (1927-2008)
Croix de guerre 1939-1945
American Presidential Citation 1939-1945
***
Bibliographie de Bernard Cahier
- Auteur
L'auto pas chère. Ed. MCB, Strasbourg, 1983, 27 p.
Agences PA-PA : la location sans stock. Ed. MCB, Strasbourg, 1984, 28 p.
Pilotes légendaires de la Formule 1 (Texte de Xavier Chimits). Ed. Tana, Paris, 2006, 221 p., 45 €
Mes meilleurs souvenirs (Propos recueillis par Xavier Chimits). Ed. Drivers, Toulouse, 2006, 203 p., 59 €
- Préfacier
BENTLEY (John) . - Carroll Shelby : des Cobra aux Ford du Mans. Ed. Marabout, Verviers (Belgique), 1966, 269 p., 2, 45 F
ANDRETTI (Mario) . - Des Bolides et des hommes. Ed. Solar, Paris, 1972, 317 p.
- Illustrateur
HUNT (James) YOUNG (Eoin) HODGES (David) . - Pari gagné ! James Hunt. Ed. Solar, Paris, 1977, 109 p.
FERNANDES (Jean-Sébastien) . - Fangio. Ed. Calmann-Lévy, Paris, 1995, 139 p.
FERNANDES (Jean-Sébastien) QUELEN (bruno) . - Seigneurs et forçats de la Formule 1. Ed. Calmann-Lévy, Paris, 1998, 155 p.
MENARD (Pierre) . - La grande encyclopédie de la Formule 1 : 1950-1999 : 50 ans de Formule 1. Ed. Chronosport, St-Sulpice (Suisse), 1999, 863 p.
***
Voir aussi sur Bernard Cahier :
"Mes 578 Grands Prix", les bonnes feuilles 04/04
Mes meilleurs souvenirs, les bonnes feuilles
Cahiers de vacance
[1] CAHIER (Bernard), CHIMITS (Xavier). - Mes meilleurs souvenirs. "Coll. Arts et Locomotion", Ed. Drivers, Toulouse, 288 p., 59,00 €
[2] www.f1-photo.com
Bernard Cahier immortalisé à Rétromobile 2008 © Thierry Lesparre
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