jeudi, 31 mai 2007

Pau historique 2007, assez parlé !

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Nombreux furent ceux qui prirent la magnifique Alfa Romeo Tipo B de Matt Grist pour une vieille Ferrari, mais vraiment une très vieille. Il a fallu l'obligeance d'un membre du service de santé compétent pour qu'ils repartent chez eux plus savants. Première ici en 1935, troisième en 2007, une auto qui vieillit bien. 

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Un des membres du distingué Blenheim Gang s'illustra sur l'une de ces deux voitures, l'amenant à la deuxième place de son plateau. On serait tenté de lui attribuer la Cobra au vu de son identité sur Blenheim, Blondin, le non moins distingué "Bon" du film de Sergio Leone, mais vu qu'il est selon l'Etat civil Monsieur Ludovic Caron, une 203 ferait aussi bien l'affaire.

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Comblons une lacune en évoquant le joyeux groupe de la F3 Classic dont un des éminents animateurs figure en pré-grille, Laurent Vallery-Masson qui conduit l'ex-Martini MK 21 d'Alain Prost, une auto de 1978 préparée par notre ami Houlman, Hervé Delaunay pour l'administration. En voilà un qui aura moins de boulot que les mécanos de la Cooper de gauche. On a bien saisi qu'il ne faut pas être à gauche si l'on veut percer en course auto.

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David Wenman est songeur en faisant chauffer sa 250F. Le camion à ses côtés, immatriculé 5000 MAN, lui donnerait-il des envies de gros V8 américains ?

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Avec le gros V8 de la Shelby GT 350 de Barry Wood au cul, Vil Coyote fut l'animal le plus vite de la réunion. Il n'apparaît pourtant pas dans les classements.

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Trois petits Suisses sur leur lit d'herbe.

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Trois petites bleues de la côte Ouest. Belle manchette, n'est-ce pas ? Camion atelier old fashion et R16 d'assistance raccord années 70. Quel look l'équipe du père Comas !

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La toujours jeune Mary Grant-Jonkers enfilant sa cagoule. Il n'en faut pas plus à son capot pour lui rendre un hommage que notre objectif trop court aura coupé trop tôt.

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L'hommage que rendit Patrice Faurie par le biais de sa Ralt à André Labarrère - très regretté ici car on sent bien qu'il sera irremplaçable - est plus mesuré, question appendice, mais pas du point de vue sportif. Deux manches, deux victoires.

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Vendredi soir autour de 17 h à la terrasse de L'Aragon. Le kit du bonheur est déployé devant un pseudo journaliste. Un programme, une enveloppe à son nom, une grande bière qui, même sans Picon, est recevable, et un groupe de trois Anglais, hors-cadre, commandant haut et fort trois bouteilles de rosé.

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Jean-Pierre Grave, Michel Artero et votre serviteur avaient à Pau au moins un point commun, cette déclaration d'amour. Pour le reste... Les deux premiers en avaient immatriculé leur Ferrari 250 GT SWB alors que le dernier s'en retourna à la gare prendre le TGV.



Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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mardi, 29 mai 2007

Pau historique 2007, en vrac

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Là en haut, en short, avec des lunettes, penché sur sa caisse, c'est Geoff Williams, un des cent quatre-vingt Anglais de service à Pau ce week-end. Notez que tous ne sont pas en short avec des lunettes, comme on le croyait jusqu'à ces jours derniers, car les pros du circuit de l'Historique - plus nombreux qu'on le penserait - sont des équivalents mûrs et bedonnants d'Alonso et consorts. L'Historique est un business comme un autre.

18ed3351e0e9e75161bfb16ba5247dcf.jpgDonc Geoff Williams, il est descendu de sa Perfide Albion au volant de son gros motorhome, avec un gros chien qui a monté une garde nonchalante sur la Cooper T43 de 1957. Et comme il a flotté les deux jours la bâche fut tendue en permanence. Geoff Williams est cool. Pas du genre à passer Beaumont en travers, ou alors un travers pas fait exprès ; total il a fait 19e dans une manche et 13e dans la seconde. Oui mais comme ça il a gardé la bagnole intacte, pas comme son compatriote John Clark qui a tapé méchamment sa Cooper T51 dans le premier tour de la course des GP d'avant 66, ouvrant sa suspension arrière gauche, ou encore cette Lotus 11 qui glissant sur une flaque d'huile invisible dans la montée du pont Oscar s'est retrouvée en perdition devant la meute qui se jetait sur elle et a cogné lourdement de rail en rail. Ca fait peur.

Nous avons fait de Geoff Williams la figure symbolique de cette édition 2007. Un événement pépère, relâché pour de multiples raisons allant de la météo au calendrier de l'ACBB en passant par l'abandon de l'organisateur historique qui officiait depuis la création du GP et qu'on a ressenti dans un déficit d'animation et une pauvreté flagrante des plateaux.

La météo d'abord, évacuons-là, quoique celle-ci eut plutôt tendance à faire de même avec les êtres humains qui n'étaient qu'une poignée autour du circuit, marqués de place en place par un parapluie muticolore ; c'est à cela qu'on les distinguait des lampadaires. Certes, l'ACBB ne commande pas au ciel, tâche qui ne semble pas insurmontable puisqu'à Pau il n'y a que deux positions possibles du baromètre, comme on l'avait déjà évoqué, froid et pluie ou soleil implacable.

Mais l'ACBB commande au calendrier, or il fallait sortir de vingt ans de tôle pour ignorer que la ville accueillait la semaine suivante une manche du WTCC, seul championnat mondial avec le WRC et la F1. Il n'y en avait que pour ça, aussi le public palois, déjà pas très chaud pour les choses du circuit qu'il tend à considérer comme une nuisance de plus, au même titre que les travaux de la place Clémenceau, n'a pas suivi pour l'Historique. Pas vraiment, d'autant que cette année, il lui fallait payer. Une première ! Gageons qu'il sera plus fourni pour voir tourner ces grosses autos de tourisme, poussé par la pub qui fleurit en ville.

Pour finir, ne soyons pas négatif. Nous verrons dans la prochaine note que des réjouissances se cachent partout ; il suffit de les couvrir d'un appareil-photo.

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Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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vendredi, 25 mai 2007

Pau historique 2007 J-1, de Pau à San Francisco

a4f6e38217d1a2492e109af17ea9bf3b.jpgEn projetant Bullitt ce soir à 20 h 30 dans le cadre des festivités autour du Grand Prix historique, le cinéma "Le Méliès" jette un pont entre Pau et San Francisco, relie en une dynamique commune  course légale en ville et poursuite automobile sauvage, exercice que Peter Yates, le réalisateur, avait commençé de populariser avant que les années 70 n'engouffrent dans la brèche des films comme L'Or se barre, Point limite zéro, Duel, Macadam à deux voies, Le Convoi, etc.

Aujourd'hui, des oeuvres telles que le remake de Hitcher et le Death Proof de Quentin Tarentino, en faisant de l'auto un instrument de violence, un ersatz d'arme, en renvoient une image négative qui se superpose à l'autophobie générale. Mais Bullitt est loin de cela.

Culte, Bullitt l'est, définitivement, totalement. C'est d'abord et surtout Steve McQueen, gueule de granit avec trois expressions disponibles, ce  qui ne n'empêchait nullement sa formidable présence de s'installer à côté du spectateur et de lui demander d'attacher sa ceinture (pas obligatoire à l'époque), car ça allait chauffer entre sa voiture, une Ford Mustang Fastback et la Dodge Charger des tueurs.

Le choix du Méliès s'avère, à la réflexion, judicieux. Bullitt est moins hors-sujet qu'une simpe lecture du synopsis le laisserait croire car, et d'une, McQueen n'est pas un vulgaire casse-voiture (deuxième aux 12 h de Sebring 70, une jambe dans le plâtre), et d'autre part la poursuite recèle une éthique certaine ; on n'est pas là pour foutre le maximum de bagnoles en l'air - comme dans Blues Brothers, par exemple - mais pour conduire le plus vite et le plus proprement deux grosses autos survitaminées dans les rues de San Francisco. Nuance.

En somme ce que vont faire dimanche les pilotes engagés en Grand Tourisme et Sports Cars. Pont Oscar et Golden Gate, même combat !



Bullitt
(Bullitt), 1968, de Peter Yates, avec Steve McQueen, Robert Vaughn, Jacqueline Bisset, Robert Duvall



Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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jeudi, 24 mai 2007

Pau historique 2007 J-2, faire sa dinde sur le boulevard

medium_pau_pyrenees.jpgPour guetter l'arrivée des premiers compétiteurs qui se répartiront entre le stade Tissié (les stars genre F1) et le paddock de la gare pour le reste, le boulevard des Pyrénées offre le meilleur balcon. Créée à la fin du XIXe siècle par un nommé Alphand, qui n'était pas skieur mais architecte, émule du baron Haussmann, cette longue promenade qui s'étire sur 1800 mètres entre le parc Beaumont et le chateau est à Pau ce que sont les Champs-Elysées à Paris, la Promenade des Anglais à Nice ou la place de l'Hôtel de ville à Angoulême. Elle sert également deux week-ends par an de tribune naturelle aux Grands Prix, d'autant plus appriéciée qu'à l'inverse de Monaco, où le moindre trou de souris dans une palissade trouve un bouchon estampillé ACM, y est gratuit le spectacle des autos  accélérant en sortie de l'épingle de la gare pour attaquer la longue montée conduisant au pont Oscar. Nombre de présumés journalistes non badgés lui doivent aussi une fière chandelle.

Pourtant la place disponible pour admirer les voitures en bas s'étrécit d'année en année comme peau de chagrin ; la faute à ce satané climat palois dont le curseur n'est actif que sur deux positions : gris/pluvieux ou chaud/torride ; extrêmes moins éloignés qu'on pourrait le croire car on passe facilement de l'un à l'autre le temps d'un déjeuner.

Bref, ça pousse. Les figuiers de Barbarie plantés sur le surplomb dominant la sortie du virage de la gare ont tellement grossi au fil des années qu'il bouchent carrément la vue qu'on avait depuis le bd des Pyrénées. Si l'on veut englober l'entière ligne droite (on en a un aperçu sur l'image ci-contre), il faut se positionner entre les numéros 10 et 14 du boulevard - un espace encore épargné par une végétation tropicale qu'il faudrait éradiquer avant qu'elle nous bouffe.

Le reste de l'année, la promenade sert de théâtre aux Palois. On s'y montre, on y mate. Au début du siècle dernier, de jeunes gourgandines, au bras des vieux Anglais qui avaient envahi la ville, "faisaient la dinde sur le boulevard", selon une expression locale. Envers le chaland qui y déambule en mai 2007, nous serons moins indulgent ; ainsi quatre ou cinq beurs faisaient l'autre soir "les cons sur le boulevard", selon une expression universelle, lamentables Robert De Niro des quartiers poursuivant une volée de jeunes Anglaises avec des fuck you, I want to fuck you qui eussent malgré tout donné quelque espoir à leur prof d'anglais.

D'après Edouard Balladur, le serveur-vedette de L'Aragon, il est possible d'apercevoir les Pyrénées depuis la rembarde du boulevard - d'où son nom. Qu'il nous permette d'être sceptique. Trente ans de villégiature paloise, certes entrecoupée de longs tunnels d'absence, ne nous ont jamais permis de voir autre chose que les monticules s'élevant à l'aplomb du gave, genre collines de Saint-Cloud, que le citadin que nous sommes avait toujours pris pour les Pyrénées.

Bah ! L'essentiel est que dimanche nous ne prenions pas Erik Benson au volant de sa Delahaye 135 MS pour un Anglais à lunettes et en short venu faire le "dindon sur le boulevard".  



Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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Boulevard des Pyrénées © MdS

mercredi, 23 mai 2007

Pau historique 2007 J-3, rondeurs Beaumont

9577c5afdae6219ab1aca06a3d06ab7e.jpgSi la comtesse Anna de Noailles avait connu l'une des activités qui animeraient le parc de douze hectares qu'elle céda à la ville en 1876 - le parc Beaumont -, nul doute qu'elle en eût demandé plus que les 800 000 francs qui conclurent l'affaire ; si un siècle plus tard, négociant l'immense courbe qui s'enroule au nord du parc, en travers des quatre roues, comme c'était la règle dans ce genre de truc, avant de frôler le pied de la statue Foch puis plonger à l'aveugle dans l'étroit goulet menant au virage du Buisson, René Arnoux avait su qu'une cathédrale de verre et d'acier se dresserait trente ans plus tard à la gauche du rail - un hôtel de grand luxe, le "Parc Beaumont" -, nul doute qu'il eût regretté d'être venu au monde trop tôt. Il aurait alors garé sa caravane sur la pelouse de l'hôtel, la partageant avec la famille de canards qui y gîte.

Nous étions traversé de ces pensées lundi, au moment où l'hôtesse au beau mont en rondeurs du café "Grand Prix", l'établissement abordable dudit hôtel, nous versait un verre de madiran. Santé Anna, à la tienne René !

C'est lundi, tout s'est arrondi dans la paix. Quelques employés municipaux achèvent de tourner les boulons qui manquent aux grillages qui se dressent face aux grandes baies vitrées du café. Tout sera prêt pour les Grands Prix, celui du pauvre, l'Historique, et le vrai dans l'esprit palois, le Grand Prix de Pau. Une double épaisseur vitrée isole les convives du bruit des moteurs. Curieux paradoxe, ces convives étant là pour jouir des courses. De riches convives qui n'hésitent pas à verser l'équivalent d'un an de nourriture d'un village du Darfour pour s'asseoir à la table du restaurant "Jeu de paume". L'une des grandes adresses paloises. On y déguste une merveilleuse caille rôtie aux feuilles de citronnier, choux chinois et jus vanillé, en n'osant espérer qu'un gros crash égaiera le dessert, par exemple cette modeste chiffonnade de pommes reinettes sur son croquant d’amandes, sorbet aux noix de cajou. Jeu de paume, jeux du cirque.

Bouffer au resto en matant au bas de sa table des pilotes se battre pour survivre, même si leur geste dans Beaumont paraît dépouillé de brutalité, tout dans l'arrondi de la courbe, nous a toujours troublé, dérangé. Mais aujourd'hui, dans la robe du madiran, rien d'autre qu'un rai de soleil naissant ne se cache. Sinon le souvenir d'autres courbes Beaumont dont ce même soleil nous avait laissé deviner les formes, un jour au Paul-Ricard, n'est-ce pas Jean-Michel ?!
C'était il y a longtemps, il y a prescription.



Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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Le restaurant "Jeu de paume" © www.hotel-parc-beaumont.com

mardi, 22 mai 2007

Pau historique 2007 J-4, l'affiche fantôme

82c8c8f2191db1437c66a3dca0788933.jpgL'affiche représente Jim Clark lors de sa première participation au GP de Pau, en 1962, au volant d'une Lotus 24. Il n'ira pas loin à cause de sa boîte de vitesses mais s'imposera ici les trois années suivantes.

Cette affiche, les Palois ne peuvent la contempler que s'ils sont internautes (elle figure depuis hier sur le site de l'Asac Basco-Béarnais) car en ville il n'y en a que pour celle - laide à souhait, on dirait une pub de banque - du Grand Prix à la sauce WTCC qui se court une semaine après l'édition historique, lequel événement est tellement discret dans les rues que pour nombre d'habitants le WTCC constitue à lui seul LE Grand Prix.

Il faut croire que l'ACBB s'est laissé surprendre par le forfait de l'organisateur historique de la manifestation, Rayon d'Action, qui faisait dessiner une affiche digne de ce nom, signée Denis Sire ou empruntée à de grands illustrateurs comme Géo Ham ; aussi a-t-on sorti en hâte une photo des cartons qu'un transparent collé dessus a hissée au rang d'affiche.

Pourtant, même invisible, même peu pensée, cette publicité est efficace. Quoi de plus beau, de plus pur, que Jim Clark faufilant sa Lotus parmi les méandres palois ? Une image qui fonctionne comme une madeleine de Proust car elle voisine avec celle que nous évoquions dans la note sur le concierge dans l'escalier, le fameux Grand Prix de Pau de 1963.

Ah ! 1963 ! Mon frère et moi faisions les andouilles un dimanche d'avril dans la petite maison de notre oncle à Orléans. Peut-être était-ce le dimanche de Pâques ? Pour tenter de nous occuper, l'oncle a mis la télé. L'image vacillante en noir et blanc s'est lentement stabilisée sur un circuit automobile que deux voitures, fines comme des cigares, arpentaient. C'est le Grand Prix de Pau a fait notre oncle, perspicace.

Ca nous a calmés. Assis en tailleur devant le gros Téléfunken, je suis resté émerveillé par l'aisance de ce type que le speaker appelait Jim Clark et que son copain, Trevor Taylor, paraissait suivre comme un chien suit son maître. Du coup, l'oncle a eu la paix. Ce jour-là est née ma passion. Oh ! une passion de spectateur seulement, une passion du pauvre. Je n'ai jamais été Guy Dhotel ou Jean-Pierre Beltoise. 



Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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lundi, 21 mai 2007

Pau historique 2007 J-5, le funiculaire rigolo

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Les pilotes qui freinent à l'épingle de la gare après avoir soulagé dans la courbe après la tribune (sauf Clark qui la passait à fond) n'ont pas forcément le funiculaire à l'esprit. Et pourtant il est là depuis cent ans, ou presque, ainsi que nous le rappelait Jean-Louis Mathieu à qui rien de ce qui est mécanique n'est étranger. Après une interruption de quelques mois, il a été remis en service fin 2006.

Le funiculaire de Pau est rigolo. D'abord l'étymologie : "fun", rigolo, marrant, et "iculaire", véhicule qui sert à gravir une  pente. Nous sommes donc installés dans un "véhicule rigolo qui sert à gravir une pente". et comme il est pas sérieux, il est rempli de gens à l'avenant, jeunes qui se bécotent, Anglais à lunettes et en short - on les reconnaît à ça car à Pau personne ne s'aviserait de déambuler en short -, ou TTDCB en rupture de ban qui a tenu à l'emprunter au moins une fois.

Il est évident qu'entre le temps d'attente entre deux rotations (disons plutôt allers et retours), l'installation du conducteur, son interpellation par les passagers anglais qui lui demandent le pourcentage de la pente ou la hauteur de l'ensemble, la minute de trajet et le débarquement, on a plus vite fait de monter à pied. Oui mais c'est pas drôle de monter la rampe qui conduit au bd des Pyrénées, et ce faisant on rate le règlement interne du funiculaire qui semble être aussi vieux que ce dernier.
Par exemple un panneau indique "Funiculaire gratuit - Avis. Un cahier de réclamations est à la disposition des usagers". Sans doute à destination de ceux qui voudraient payer. Il y a aussi un article stipulant que " le transport des bagages est limité à 30 kg par personne, à l'exception des objets inflammables, dangereux, insalubres, malodorants, et d'une manière générale susceptibles de causer un gène pour les passagers." S'il s'agit du gène de la course auto, c'est pourtant tout bénéfice.

Enfin n'omettons pas le chapître relatif au "transport des petits animaux domestiques d'agrément (chiens, chats, etc.), autorisé à condition qu'ils soient en laisse et dans l'impossibilité de mordre d'autres passagers." Tant pis pour les maîtres que le règlement ne protège pas des morsures.

On l'aura compris, il serait dommage de se priver du funiculaire de Pau qui, non content d'amuser petits et grands, est une des rares choses mobiles plus vieilles que le Grand Prix, avec le président Jean-Paul Pasquet, évidemment.



Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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Le funiculaire © Ville de Pau

samedi, 19 mai 2007

Le concierge est dans l'escalier

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Ses valises sous le bras, il gravit l'escalier qui part de la gare et mène au boulevard des Pyrénées. Le concierge a fermé sa loge MdS pour passer quelque jours à Pau. La carte postale qu'il vous envoie indique qu'il n'est pas là-bas pour assister à une conférence sur le très haut débit dont Pau est leader en France, encore moins pour témoigner de l'éléphant WTCC lâché dans les ruelles de porcelaine de la cité d'Henri IV (Le GP de Pau, pour votre concierge, s'est arrêté au duel entre Trevor Taylor et Jim Clark en 1963), non, le concierge va assister au Grand Prix de Pau historique qui se tient les 26 et 27 mai. Il est parti tôt pour mieux habiter la fonction de concierge-blogueur qui y sera la sienne.

Ceux qui veulent se rendre compte à quoi ressemble un concierge en vacances à Pau pourront l'apercevoir le matin à "L'Aragon", la brasserie à côté de l'ASAC Basco-Béarnais où officie Edouard Balladur qui comble les goûts du concierge en matière de croissants - pourvu qu'il ne soit pas en retraite -, ou à l'heure du déjeuner sur la terrasse divine du palais Beaumont, avec le soleil jouant avec la robe de son jurançon. Sorti de sa loge MdS, le concierge n'est pas modeste.
D'ici là, il vous prie de bien vouloir lui adresser son courrier par voie de commentaires.


La liste des festivités
:

- Formule 3 Classic
- Formule Junior
- Formule Ford
- Grand Prix (moteur arrière < 1966)
- Formule 2
- Grand Prix (moteur avant < 1961)
- Formule 5000
- Racers 500
- Challenge ASAVE
- Grand Tourisme et Sports Cars

Les horaires.xls



Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 26 et 27 mai 2007
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mardi, 16 mai 2006

André Labarrère n'est plus

medium_labarrere1.jpgAndré Labarrère s'est éteint aujourd'hui, 16 mai 2006, dans la ville qui l'a vu naître le 12 janvier 1928, Pau, dont il était le sénateur-maire depuis 1971.

Agrégé d'histoire, il avait commencé en 1956 une carrière d'enseignant à Digne avant de partir deux ans plus tard au Canada où il restera neuf ans, dispensant l'histoire de l'art. De retour en France, il entame une carrière politique par un mandat de député des Pyrénées-Atlantiques en 1967 avant d'intégrer le bureau politique du Parti socialiste en 1968.

Bien qu'il restât fidèle au rose sa vie entière et qu'il fût décoré de l'enviée "Echarpe verte de l'environnement" en 1993, c'est en noir qu'il popularisera une silhouette à la Gary Cooper, surmontée d'un éternel couvre-chef sombre comme la nuit et enveloppée d'un costume du même tonneau.
André Labarrère en imposait. Il le savait et en jouait.

À Mémoire des Stands le nom d'André Labarrère sonnait comme un des symboles du circuit et du Grand Prix de Pau dont il avait contribué à assurer la permanence lorsqu'il avait été élu maire pour la première fois. Même si à l'automobile il préférait la graphologie ou les chiens, André Labarrère avait saisi l'intérêt pour sa ville de la tenue d'une épreuve internationale où depuis 1933 les plus grands pilotes ont triomphé, de Marcel Lehoux à Lewis Hamilton en passant par Jim Clark ou François Cevert.
Il tenait à marquer de sa présence chaque édition de l'épreuve, descendant de son bureau qui donnait sur la place Royale au moment où arrivaient les F1 du GP historique qui accomplissaient, comme en 2005, une démonstration en ville. Labarrère, tout de chef en noir et de sombre mis, se "mêlait" au bon peuple palois, flattant là, conseillant ici, taillant une bavette avec un des pilotes dont la Surtees avant eu l'élégance de tomber en panne à ses pieds.

N'écrivait-il pas en éditorial du programme du dernier GP de Pau :"Que serait Pau sans son Grand Prix automobile ?" Que sera Pau - et à fortiori son Grand Prix, ses Grands Prix -, sans André Labarrère, son Henri IV moderne, qui est allé rejoindre les anges dont sa ville rêve ?



André Labarrère
, sénateur-maire tricolore de Pau (1928-2006)



André Labarrère
© www.andre-labarrere.fr

samedi, 21 mai 2005

Grand Prix de Pau historique 2005, la vue #05/05

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Nous l’avons reconnu sur l’instant, malgré les vitres fumées du van où il était assis à l’arrière, malgré les quelque trente ans qu’il a pris depuis la dernière fois que nous le croisâmes. Son œil est resté vif et chaleureux ; c’est de bonne grâce qu’il s’est arrêté devant notre objectif, d’autant qu’il n’était guère sollicité car personne ou presque n’avait identifié derrière ce noble vieillard portant beau ses 80 ans, Giulio Borsari, une légende vivante de la Scuderia.
Il accompagnait à Pau le Shell Historic Challenge.

Borsari est très haut dans notre panthéon personnel, quelque part entre Graham Hill, Jean-Pierre Beltoise ou Gérard Crombac, alors que sa contribution au sport automobile est moins flamboyante que celles que les personnages susnommés ont pu donner ; après tout il n’était un modeste mécanicien de course chez Ferrari, dans l’ombre du théâtral Mauro Forghieri.
Oui mais quelle compétence, alliée à une gentillesse et une simplicité rares !

Né en 1925 à Montale, près de Modène, il entre après la guerre chez Maserati pour y demeurer jusqu’à la fin des activités sportives en 1957. Après un court stage à Naples chez Paganelli, il intègre l’écurie Centro-Sud de Mimmo Dei. Lorsque l’équipe cesse de courir, en 1962, Borsari est embauché chez Ferrari comme simple mécano, puis devient deux ans plus tard chef-mécano, ce qu’il est resté jusqu’à son départ en retraite.
Il a fondé en 1988 le « Club Meccanici Anziani Formula Uno », un club d’anciens mécaniciens de F1 et a co-écrit avec Cesare de Agostini en 1980 un bouquin de souvenirs, La Ferrari in tuta. [1]

medium_dsc01909.2.jpgNous l’avons connu comme chef de l’équipe consacrée à la voiture de Clay Regazzoni entre 1974 et 1976. Planté devant le stand Ferrari, nous adorions le regarder travailler. Quelque chose dans son regard nous séduisait, un air facétieux, un je ne sais quoi difficile à définir.
Et puis, un truc amusant, il mangeait toujours des pommes.

Un souvenir nous vient en écrivant cette note. Au Grand Prix de Suède 1975, alors qu’il montait en température le flat douze de Regazzoni, une clé dans la main droite et une pomme dans l’autre, nos regards se sont croisés. Il a capté notre interrogation, a saisi le dilemme qui nous faisait hésiter entre les entrailles du moteur que la clé ouvrait grandes et la pomme, objet surréaliste et incongru dans ce tableau. Nous nous étions approché au-dessus du 12 cylindres que Giulio manipulait tranquillement en croquant le fruit. Le fruit défendu était bien sûr l’intimité de métal que notre œil avait choisie.

Nous sommes certain qu’il a fait durer le plaisir un poil plus longtemps que nécessaire ; pour nous. Son œil le disait.
Le clou du Grand Prix historique de Pau consistait indubitablement en le Shell Historic Challenge, [2] série créée en 1996 par Ferrari, réservée aux autos de la marque antérieures à 1982 et à laquelle se sont ralliées des Maserati depuis le rachat de la firme par Maranello en l’an 2000.

medium_ferrari_a_voir.jpgLes voitures, toutes authentifiées, s’affrontent dans le cadre d’un championnat couru sur une dizaine d’épreuves aux USA et en Europe. N’allez pas croire que ce petit monde se balade peinard entre Las Vegas, Mont-Tremblant et Spa, fumant des havanes, la carte AmEx à la main, flanqué de top models ; non, non, ils se battent comme des voyous, comme Jean Guikas qui planta sa Maserati Bora au virage du lycée ou Paul Knapfield qui envoya au tapis sa 275 GTB dans un duel au couteau avec la Daytona menée par Olivier Cazalières.

Certes, certains, à défaut de cigares, fument la pipe mais nous ne citerons pas leurs noms, ou quand il pleut d’autres remballent le matériel, tel Lukas Huni, qui a enfilé sa Maserati A6GCS dans la ligne des stands dès que trois gouttes furent tombées.

La mise en pré-grille du Shell Historic Challenge relève du grand spectacle. C’est simple, on court d’une auto à l’autre sans parvenir à en choisir une. Heureusement que le bon génie des courses historiques qui offre quelquefois à un chanceux une voiture de son choix ne l’a pas fait à Pau, nous n’aurions su que répondre et aurions perdu notre tour.

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Grand Prix de Pau historique . Circuit de Pau . 14 et 15 mai 2005
Site officiel : www.grandprixhistorique.com


[1]
BORSARI (Giulio), AGOSTINI (Cesare de). – La Ferrari in tuta. Préf. de Clay Regazzoni. Ed. Autosprint, 1980, 261 p.
[2] www.maseraticorse.it

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