vendredi, 06 novembre 2009
Vérité sainte, vérité officielle #03/14

Voir aussi :
01 - Préambule
02 - France
Dans lequel notre limier Jean-Paul Lajarrige s'acharne à conquérir l'Europe de la généalogie à coups de timbres postaux et où l'on verra que ça l'énerve. Vos commentaires le rasséréneront.
03 - Europe libérale
L'Espagne et le Portugal, l'Italie, les pays du Bénélux et, mais je ne suis absolument affirmatif, car le Yalta de la recherche a laissé à Christer ces pays, la Suède et la Finlande.
A l'occasion des recherches j'ai été amené à trouver et utiliser les références légales pour faire tomber la plupart des barrières. Je n'ai pas en tête ces références pour chacun de ces pays, mais elles sont accessibles. Les moteurs de recherche ne sont pas inutiles...
Beaucoup de ces pays sont signataires de la "Convention de Vienne du 8 septembre 1976" qui réglemente les échanges d'informations sur l'état-civil. Cette mention suffit souvent à lever les problèmes...
A la différence de la France, ces opérations ne sont pas toujours gratuites, même si ça reste assez peu coûteux. Parfois les sommes prêtent à sourire, mais comment passer outre. Avec le temps, on s'aperçoit que les administrations comprennent le ridicule de réclamer des petites sommes. Deux solutions : abandonner les frais, augmenter les sommes requises...
Italie : le problème majeur a été de bien localiser les lieux de naissance. Beaucoup de pilotes italiens sont milanais. Mais il en est des Milanais comme des Parisiens. Enormément sont originaires des communes environnantes. Turin et Rome s'ingéniaient à me réclamer des frais de timbres ridicules... Si les frais de port étaient de 0,60 €, ils voulaient 0,40 € pour s'acquitter de la délivrance... Ça donnait à peu près ça : je leur fait une demande = 0,60 €. On me retourne un courrier affranchi à 0,60 € pour me réclamer 0,40 €. Je leur adressais leur requête, affranchie à 0,60 €. Ils me retournaient mon document en affranchissant à 0,60 € Les gros bénéficiaires de l'affaire étaient quand même les services postaux... Et pour éviter les frais de mandat, de virement ou autres (impossible de faire un chèque en international sans frais de conversion de banque, même avec l'euro, c'est incroyable) j'avais dû faire, auprès d'amis italiens, une provision de timbres postaux que j'utilisais comme mode de paiement... Il semble que les administrations en soient un peu revenues...
Enfin, c'était vrai il y a encore quelques semaines !!! Des choix politiques amènent certaines municipalités à faire flèche de tout bois pour récupérer localement ce qu'elles perdent nationalement... Ainsi, Turin vient de me notifier que je devrai, à l'avenir payer 25 € (oui, 25 euros) par acte... L' abolition de l'impôt foncier n'est pas sans conséquence pour les ressources des communes... Mmmmh...
J'imagine que, comme en France, il existe un endroit où sont rassemblés tous les gens nés hors du territoire national et dans les anciennes colonies, mais je ne me suis jamais posé la question.
Aucun problème avec l'Italie sinon que plus on va vers le sud et plus le temps de latence est long. Ce phénomène traverse les frontières...
Espagne : toutes les communes concernées ont toujours joué le jeu à la perfection. Du moins jusqu'aujourd'hui. Avec une belle exception : Sabadell. Un grosse ville dans la grande banlieue de Barcelone. Je n'ai jamais pu avoir confirmation des informations concernant Marc Gene. Lettre simple, lettre en recommandé. Rien. J'ai réussi à impliquer deux amis de Barcelone. Rien. La seule réponse fut donné aux amis catalans. Une loi de la Généralité ne permettrait pas la divulgation de ces informations... Soit. Mais alors pourquoi Tarragone, Sitges et surtout, surtout Barcelone, la Capitale de Catalogne et une des plus importantes villes de l'Etat Espagnol ne m'auraient jamais refusé des informations et pourtant, j'ai parfois été pénible !). C'est une bonne question pour Sabadell ? Même le tribunal d'instance local semble s'être rangé à leur avis...Je ne suis pas un spécialiste du droit international, et en aucun cas je n'ai les moyens de me lancer dans des démarches dispendieuses mais quand même, pour autant que je sache la Loi d'un état fédéral - dans ce cas l'état espagnol - est toujours supérieure aux lois des états fédérés, sauf, si bien évidemment, l'état fédéral n'a pas légiféré sur le sujet. Et dans ce cas la Loi de l'Etat espagnol est claire : la communication des extraits d'acte est autorisée. Loi du registre civil du 8 Juin 1957, article 6, pour autant que je comprenne le castillan... Oh, qu'ils m'énervent...
Pour les curieux voir http://esede.mjusticia.es/cs/Satellite/es/1200666550200/T...
au paragraphe : quien pue solicitarlo...
Portugal : les actes ne sont pas gratuits... Mais ça marche bien. Avec de la patience... Et la structure complète des patronymes portugais est encore bien plus fascinante que celles des noms espagnols...
Pays-Bas : ça marche bien. Il a un peu fallu forcer la main de Montfort... Merci à l'officier d'état civil de Haren qui a bien voulu me donner les clefs. Trois jours après ma demande circonstanciée, l'extrait d'acte de naissance de Verstappen était dans ma boîte... La référence est, il me semble : "article 23b, section 5 BW and article 6 un de r7, and article 7 under 1 of the " Algemene wet bestuursrecht"...
Belgique : à première vue facile. Mais les actes ne sont pas totalement gratuits. Difficulté de régler une somme modique à l'inter... Seconde difficulté : quand vous écrivez en Flandres, et en français parce que le néerlandais... les autorités locales tordent le nez et vous répondent en flamand que ce n'est pas possible. Merci à la dame de l'état civil La Calamine qui m'a indiqué comment régler élégamment le problème (Chapitre,IX. A Art. 121 du code l'état civil)... Comme pour Montfort, la réponse de Bree (Bas Leinders) arriva in petto... Que de temps perdu...
Luxembourg : je n'ai pas eu le plaisir d'essayer. Le seul pilote né au Luxembourg est aussi français (ou binational ou tri ? ou seulement français ?) et est donc enregistré à Nantes... Mais je suppose que le Grand Duché ne dépareillerait pas face aux royaumes de Belgique et des Pays-bas...
Suède et Finlande : comme dit précédemment, je ne connais pas les arcanes précises, mais jamais ne nous fut refusé les informations demandées...
Je ne voudrais pas oublier mes ex-collègues, amies, fidèles et dévouées traductrices qui ont eu à me supporter (et me supportent encore) : Anna-Maria Marano pour l'italien et Maria Faure García pour l'espagnol castillan.
La prochaine fois, un bref coup d'œil sur les états européens plus libéraux (plus indiscrets ?) que la France...
A suivre…
04 - Europe "diserte"
05 - Europe "secrète"
06 - Europe de l'Est
07 – Afrique
08 - Amérique du Nord
09 - Amérique latine
10 - Asie
11 – Océanie
12 - Autres sources
13 – Conclusion
14 - Bilan et perspectives
Jaime Alguersuari © Wikipedia
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mardi, 20 octobre 2009
Vérité sainte, vérité officielle #02/14

Voir aussi :
01 - Préambule
Dans lequel notre limier Jean-Paul Lajarrige explore les arcanes de l'administration française afin d'y débusquer ses chers états civils. Où l'on verra un pilote rajeuni de dix ans qu'il ne nomme pas mais que rien n'empêche de tenter d'identifier...
02 - France
La France, pour la communication des actes d'état civil, me semble, après plus de 20 ans d'expérience, assez bien équilibrée. En résumé notre vie civile est rythmée par trois (plus ou moins) actes fondamentaux : naissance, mariage, décès, NMD comme disent les spécialistes en généalogie, par opposition aux BMS (baptême, mariage, sépulture) de l'ancien régime.
A suivre…
03 - Europe "libérale"
04 - Europe "diserte"
05 - Europe "secrète"
06 - Europe de l'Est
07 – Afrique
08 - Amérique du Nord
09 - Amérique latine
10 - Asie
11 – Océanie
12 - Autres sources
13 – Conclusion
14 - Bilan et perspectives
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jeudi, 08 octobre 2009
Vérité sainte, vérité officielle #01/14

Il y a presque une dizaine d'années une recherche d'état civil concernant Jean Lucienbonnet nous avait mis sur la voie de Jean-Paul Lajarrige, une de ces personnalités oeuvrant à la marge du sport automobile, entre histoire et généalogie. Plus sûrement rencontré devant un fichier de bibliothèque qu'à l'extérieur d'une courbe rapide, Monsieur Lajarrige poursuit une quête du Graal - connaître l'âge du capitaine, plutôt du pilote - qui nous fascine à Mémoire des Stands. Nous l'avons distrait de sa chapelle peu fréquentée des amateurs lambda pour qu'il nous livre les secrets de son art.
01 - Préambule
La recherche a démarré assez inopinément quand, en 1987, j'ai contacté un jeune suédois qui travaillait dans son coin autour des Formula 1 Registers du Dr. Paul Sheldon [1]. Celui-ci m'avait écrit que je trouverai certainement ce que je recherchais à l'époque auprès de Christer Svensson. Christer avait en effet ce que je souhaitais, et en échange de ces informations me demandait si je voulais bien l'aider à confirmer les informations biographiques des pilotes français de formule 1.Une autre ? Spatiale ? Je suis né 15, rue Lafayette à Grenoble. Tout vieux grenoblois vous dira que ce devait être chez Madame Rousset, sage-femme. Si fait. Vérité sainte. Mais en lisant mon acte de naissance on peut noter : 11 rue des Clercs (à 200m). J'ai posé la question à ma mère. L'explication est simple : pour des raisons liées à la couverture sociale, j'ai été déclaré né au domicile de mes parents. Vérité officielle.
Donc, même les actes d'état civil doivent être manipulés avec précaution (sans compter les inévitables erreurs de transcription), mais ils sont infiniment plus sûrs que les meilleures sources imprimées spécialisées...
La prochaine fois je parlerai un peu sur ce qu'il est possible d'obtenir, dans le respect de la Loi, en France et dépendances...
A suivre…
02 – France
03 - Europe "libérale"
04 - Europe "diserte"
05 - Europe "secrète"
06 - Europe de l'Est
07 – Afrique
08 - Amérique du Nord
09 - Amérique latine
10 - Asie
11 – Océanie
12 - Autres sources
13 – Conclusion
14 - Bilan et perspectives
[1] Duncan Rabagliati, Paul Sheldon, John Thompson, Richard Page, Robert Barker. A Record of Grand Prix and Voiturette Racing. Vol 1 à 13. Ed. Formula One Register. Londonwww.formulaoneregister.com
Images © Jean-Paul Lajarrige et DR
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dimanche, 16 août 2009
Du côté de chez Guy (Fréquelin)

C'est cette fois-ci en Haute-Savoie que se situe le côté de chez Guy (Fréquelin), en butte à une décision de justice qui vise à démolir le chalet qu'il y possède depuis 13 ans. Une nouvelle affaire "gentils écolos contre méchants bâtisseurs, pollueurs ou vrombissants" qui symbolise le fossé qui sépare deux approches de la vie en société. Explications.
Guy Fréquelin découvre le site du désert de Platé, au-dessus de Passy, en 1996 par l'intermédiaire de Pierre Pagani, ancien journaliste à Echappement, reconverti rédacteur en chef à Parapente Magazine. Le site est inscrit sur la liste des sites pittoresques et deviendra classé par la suite. Guy Fréquelin se met au parapente. Son ami James Mogeny, un des pionniers du site, le met en contact pour acquérir un pied-à-terre là-haut.
Il acquiert une ruine de 65 m2 dans le hameau de Platé qui compte une dizaine de chalets à 2000 m d'altitude. Ruine pour laquelle le vendeur lui fait transférer une autorisation écrite du maire de l'époque, obtenue pour reconstruire ce chalet. Suite à l'acceptation par la commission d'urbanisme, il entame les travaux.
En 1999, un des propriétaires voisins à Platé, Emile Mogeny, frère de James Mogeny avec lequel il est en différend familial, porte plainte contre Fréquelin, l'ami de son frère. Outre la querelle familiale, le conflit est exacerbé par des avis divergents sur la gestion du site et l'utilisation d'une benne ravitaillant Platé. La plainte vise la construction sans permis de Fréquelin. Le milieu environnemental est sensibilisé. La Fédération Rhône-Alpes de la protection de la nature (FRAPNA) se porte partie civile.
Le tribunal de Bonneville demande en octobre 1999 la démolition du chalet. Le maire de Passy, Gilbert Perrin, est condamné à 15 000 francs d'amende pour complicité de construction sans permis. La défense de Guy Fréquelin fait valoir que 40 autorisations identiques ont été délivrées dans la région et qu'il y a une seule poursuite, pour celui qui vient de la Haute-Marne ». Le 27 juin 2001, la cour d'appel de Chambéry confirme le jugement et le 15 octobre 2002, la cour de cassation rejette le pourvoi de Guy Fréquelin. Huit mois après, le pilote est soumis à une astreinte de 3 000 francs par mois pour non exécution de peine.
Après avoir épuisé tous les recours, Guy Fréquelin se retourne contre la commune de Passy au tribunal administratif et au civil contre le notaire qui avait procédé à l'acte de vente, lui reprochant de ne pas l'avoir informé de la nécessité d'un permis de construire. En avril 2009, la préfecture engage la procédure de démolition. Le 20 juillet, la Direction départementale de l'équipement et de l'agriculture demande l'autorisation d'occuper le domaine communal aux alentours du chalet pour la durée du chantier de démolition.
(Source Le Dauphiné Libéré)

Guy Fréquelin a lancé une pétition [1] au travers d'un site Internet [2] et d'une page sur Facebook [3] que nous nous faisons un devoir de relayer. Merci d'avance pour lui.
[1] Signer la pétition
[2] www.chaletplate.fr
[3] Voir la page sur Facebook
Guy Fréquelin aux Classic Days 2009 © MdS
Le chalet de Platé © Le Dauphiné Libéré
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vendredi, 17 juillet 2009
Vous ne viendrez plus chez nous et ce n’est pas par hasard…

Fieffé maître-queux, Christian Magnanou sait comme personne accommoder les restes. Un garage périmé, un zeste de Rosinski, et hop servez chaud !
Une belle station-service située dans un quartier résidentiel entre la Défense et Bagatelle… En vingt cinq années se nouent des liens et s’affirment des habitudes. La complicité autour de la cérémonie de gonflage des pneus ou du lavage du samedi matin, les diverses considérations échangées sur les mérites respectifs des mécaniques, la gentillesse de la gérante, le véritable savoir faire mécanique et la disponibilité de son mari, tout ici contribue à l’animation d’un fidèle microcosme.


Vendredi 5 juin, "Big Brother" a fermé la station ; plus de pompes urbaines a-t-il été signifié au gérant dépité !

Le champagne offert lors d’un dernier pot amical a paru bien amer aux habitués. Maintenant il faudra se rendre dans une zone commerciale emplir simultanément son coffre de victuailles conditionnées en barquettes et son réservoir de carburant anonyme…

Chronique d’une mort annoncée, vous ne viendrez plus chez nous et ce n’est pas par hasard.
Christian Magnanou
Images © Christian Magnanou
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vendredi, 29 mai 2009
La fin des ravitos

En 2010, les Formule 1 n’auront plus le droit de refaire le plein deux ou trois fois par Grand Prix. La fin d’une ineptie ? Malheureusement non, puisqu’elles devront repasser par les stands pour le changement obligatoire de semelles.
On a pu penser un instant que la raison l’avait enfin emporté : interpellée par la vilaine crise venant perturber son petit manège doré, la FIA a décidé de suspendre les ravitaillements en carburant pour pousser les motoristes à concevoir des blocs propulseurs moins gourmands. Fini donc les stratégies des génies de la calculette et les dépassements dans les stands, place à nouveau au célèbre "le premier qui freine est un lâche" ? Que nenni ! La FIA n’oublie pas le "show" de ces braves mécanos changeant les quatre roues en moins de temps qu’il n’en faut pour chercher son portefeuille dans sa veste à la station service et qui plait beaucoup aux sponsors qui se voient ainsi à la télé. La case "Stands" a donc encore de beaux jours devant elle ! Et pourtant il faut le répéter : dans une course de vitesse en 2009, les ravitaillements n’ont aucune utilité. Pire ! Ils sont la négation complète de la célérité pour atteindre le premier le drapeau à damiers.
Répondant à la vague d’indignation qui accueillit en 1993 sa remise au goût du jour des ravitaillements à compter de 1994, l’ineffable Bernard Ecclestone répondit avec son célèbre aplomb qui lui sert à expliquer qu’un A et un B sont identiques, qu’ "à l’orée du championnat on s’arrêtait pour remettre de l’essence et changer de pneus". Ce qu’il se garda bien d’ajouter, c’était qu’à cette époque, les voitures étaient purement et simplement incapables techniquement parlant de boucler les 500 km de comptait un Grand Prix sans s’arrêter.
Hérités des années d’avant-guerre, les moteurs de compétition fonctionnaient alors grâce à un mélange d’essence, d’alcool et de méthanol seul apte à donner un taux de compression digne de ce nom et faisaient preuve de consommations à faire piquer une attaque cardiaque à un écologiste, de l’ordre de 140/150 litres aux 100 km. A moins d’embarquer une citerne en remorque derrière l’Alfetta ou la 375, point de salut hors de la pompe ! Les pneus étaient pour leur part taillés en charpie au bout d’une heure et quelque, et un réassortiment de gommes neuves s’imposait donc également en cours d’épreuve. Puis, les carburants et les pneumatiques progressèrent en qualité, les moteurs devinrent moins gourmands et la distance des Grands Prix fut diminuée d’un bon tiers. A compter de la fin des années cinquante, on ne s’arrêta plus qu’en cas de nécessité absolue. Jusqu’à ce début des années 80 où Gordon Murray observa avec intérêt Alain Prost être obligé de perdre un tour au stand à Kyalami pour un pneu crevé et repartir le couteau dans les dents pour finalement gagner la course une trentaine de tours plus tard.

Repensant en parallèle à la démonstration historique de Fangio au Nürburgring en 1957, l’ingénieur de chez Brabham réinventa la tactique du "partir léger, prendre de l’avance, ravitailler et gagner en souplesse". Dès lors, il devint évident pour tous les concurrents que la victoire passait par l’allée des stands. Mais que vaut un avantage dès lors que tout le monde l’utilise ? En 1983, le ravitaillement en carburant appliqué par toutes les écuries ne rapportait plus rien, une fausse manœuvre pouvait a contrario tout ruiner, la notion de consommation n’était, comme au début des années cinquante, plus prise en compte et la dangerosité de l’opération restait omniprésente. Avec sagesse, la FISA décida de l’interdire à compter de 1984. Jusqu’à ce que Mister E ne les réimpose en 1994 pour des raisons purement mercantiles.
Restent les pneus. Peut-on imaginer un Grand Prix disputé avec le même train du départ à l’arrivée ? Si la FIA le décide, les manufacturiers concevront des gommes qui tiendront la distance. On peut se rappeler qu’on changeait de pneumatiques dans les années quatre vingt, mais qu’on pouvait aussi parfois tenter la course non-stop. Rien n’était figé dans le marbre : tactique libre et part belle aux pilotes fins sachant préserver leurs semelles. Mais en ces temps actuels de standardisation forcenée, on peut toujours rêver, on ne sera hélas guère écouté…

www.pierre-menard.com
GP de Grande-Bretagne 1950, ravitaillement Fangio © DR
GP d’Europe 1983, ravitaillement Patrese © DR
GP d’Europe 1994, ravitaillement Verstappen © DR
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mercredi, 15 avril 2009
OUT ACF BRM DFV FIA JPB ETC

L'entrée en vigueur du nouveau Système d'immatriculation des véhicules (SIV), aujourd'hui 15 avril 2009, a inspiré à Olivier Favre une réflexion qu'il ne pouvait livrer qu'à MDS.
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur ces nouvelles plaques minéralogiques, je n'y reviendrai donc pas, si ce n'est pour noter que, à l'instar de nombreux automobilistes, je regrette la disparition du numéro de département. Parce que, râleur impénitent au volant, je ne pourrai plus pester contre "ces c … de ** (je vous laisse le choix du numéro mis à l'index)". Mais aussi parce qu'il faudra que je trouve autre chose que la pêche aux départements pour faire patienter, tout en l'instruisant, ma fille lorsqu'elle sera en âge du fond de la banquette arrière de me demander pour la 43e fois de ce long voyage : "c'est quand qu'on arrive ?"
Mais bon, cette polémique ne relève pas vraiment du champ d'action de Mémoire des Stands. Histoire d'être un peu moins à côté de la plaque, je déplorerai davantage ici une autre conséquence de cette réforme : la disparition des groupes de trois lettres. Car non seulement ceux-ci pouvaient donner une saveur particulière à certaines plaques, via des abréviations ou acronymes à colorations syndicale (CGT), policière (CRS), fromagère (BEL), hallucinogène (LSD), voire péjorativo-animalière (ANE), mais ils représentaient pour le féru d'automobile et de course en particulier, un immense réservoir de références, susceptibles de surgir à tout moment au détour d'une rue.
Ainsi disparaîtront définitivement les AMC, BMW, DAF, GMC, NSU, repérables par beaucoup de quidams. Mais ce sera aussi le cas, dans des registres plus ou moins pointus, des ACR, AGS, ALD, AMS, ASA, AVS, BRM, BRP, EMW, ERA, HRG, MRD, MVS, TVR, … J'en oublie évidemment mais, pour ma part, j'ai l'occasion de penser à Guy Dhotel plusieurs fois par semaine depuis que le Bas-Rhin a atteint la série BBM.
Au-delà des noms de constructeurs plus ou moins confidentiels, les assemblages de trois lettres pouvaient aussi potentiellement évoquer des modèles ayant marqué l'histoire de la course (CSL, RSK, RSR, SLR, …) ou des catégories ou séries de courses (LMP, BPR, WRC, …). Et nos amis motards y trouvaient aussi leur compte avec les AJS, BMW encore, BSA ou KTM. Enfin, le passionné averti (pléonasme) pouvait espérer trouver des références très personnelles issues de l'univers du sponsoring : mécaniques (ATS, BBS, ELF, STP, BFG, …) ou extra sportives (BAR, JPS, …).
Bref, je suis frustré ! je n'aurai pas la joie de voir, en 2013 ou 2014, le Bas-Rhin passer aux GT ! une série qui, de GTA à GTZ, aurait offert une ribambelle d'évocations, allant d'Alfa Romeo à Zagato en passant par Ferrari, Le Mans et l'IMSA ! et encore GTO était-il exclu d'office ! quant à l'hypothèse, lointaine, d'une plaque MDS 67, elle disparaît purement et simplement.
Et comment ne pas regretter les éventuelles facéties involontaires des services cartes grises des préfectures, attribuant une plaque BMW à une Mercedes ou, inversement, une AMG à une BMW ?
Certes, avec le système AA-123-AA, de vieilles associations de 2 lettres remontant aux plaques des années cinquante ou soixante seront remises à l'ordre du jour : AC, CG, DB, MG, …, mais l'éventail sera forcément plus limité.
Alors, il faudra se rabattre sur les chiffres et guetter un 917 ou un 512, un 250 ou un 289, et espérer le Graal : la plaque, rare, qui évoque intégralement un modèle précis : MB-300-SL ou AC-427-SC.

Olivier Favre
OUT BBM © Olivier Favre
OUT JAG © MdS
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vendredi, 20 mars 2009
Naso Rotto n'est plus

Expliquons ce titre qui n'est compréhensible que par un seul homme, Jean-Paul Orjebin, qui surnommait ainsi cette gueule cassée, Antonio Bellentani, mécanicien puis chef mécanicien chez Ferrari, décédé le 1e mars dernier.
Antonio Bellentani (1931-2009) était le fils de Riccardo Bellentani, ingénieur, qui avait fondé en 1955 la Bellentani Riccardo Modena (BRM...), une entreprise de moteurs deux temps. "Naso Rotto" avait de qui tenir car son oncle, Vittorio Bellentani, également ingénieur, avait rejoint, lui, Enzo Ferrari en 1940, chez qui il travailla sur l'Auto Avio Costruzioni 815, avant de rallier Maserati en 1950 pour assurer le développement des A6 (A6GCM, A6SSG) et 250F.
Antonio Bellentani, après avoir oeuvré dans la BRM familiale, rejoignit Ferrari en 1962 où il accomplit l'intégralité de sa carrière, principalement en Sport. On le vit s'occuper notamment des autos d'Ignazio Giunti, Arturo Merzario, Chris Amon, Clay Regazzoni, Jody Scheckter. Il consacra les dernières années de sa vie au Club dei Meccanici Anziani della F1 que son collègue Giulio Borsari avait fondé en 1988.
"Nez cassé" rejoint au paddock céleste son collègue "Scintilla" Tramonti, le légendaire technicien Magnetti Marelli attaché à Ferrari, décédé début 2006.
Naso Rotto © Jean-Paul Orjebin
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mercredi, 18 février 2009
Maroc en sépia #03

Voir aussi
Maroc en sépia #01
Maroc en sépia #02
En 1957, mon père avait une Volkswagen noire, on ne disait pas Coccinelle à l’époque. Sans doute s’imaginait-il au volant d’une 356 Porsche et les déplacements étaient toujours sportifs…
Il en avait possédé une autre auparavant, blanche avec la lunette arrière séparée en deux (comme la Corvette Sting Ray plus tard…) mais je n’en ai pas un grand souvenir. Je préférais la Chevrolet Bel Air décapotable (capote électrique !) de mon grand-père ; un véritable vaisseau amiral qui glissait silencieusement dans les rues de Casablanca écartant voitures à bras et vendeurs à la sauvette au son majestueux d’un avertisseur à air comprimé.
Cette belle américaine a fini sa carrière dans la montée d’El Hajeb, sur la route d’Ifrane où nous devions passer quelques jours au ski. Mon père, sans doute trompé par l’inertie de l’engin et le manque de réactivité de sa boite automatique sous la pluie, l’a plantée pour le compte au milieu d’un champ où l’on me retrouva, indemne parmi les choux (récit certifié et maintes fois entendu tout au long de mon enfance). Mon grand-père ne lui en tint pas rigueur (son petit-fils étant sauf !) et mon père s’en retourna à sa Volkswagen avant d’acheter une Borgward Isabella (allemande bourgeoise) et d’entamer ensuite une longue liaison avec les belles Alfa Roméo de ces années.
Il y avait à l’arrière de la Coccinelle, un espace entre le dossier de la banquette et la cloison du moteur, suffisant pour y glisser verticalement une valise et c’était bien sûr mon coin préféré dans la voiture. Le « quatre-à-plat » rugissait très près et l’on pouvait en sentir les vibrations… De là je pouvais tout observer sans être vu, ou presque. Mon jeu favori étant de reconnaître les marques des voitures croisées et leur immatriculation (Casablanca, Rabat, Marrakech… selon le code spécifique des plaques de ces années).
Ce jour là, mon père m’emmenait à Aïn Diab, en bord de mer, à la sortie de la ville vers la route de Mazagan. Là devait se dérouler le premier Grand Prix du Maroc (hors championnat du monde toutefois) et j’étais impatient de voir le fameux Jean Behra et sa Maserati 250 F (mon père l’avait vu courir à Pau quelques années auparavant sur Gordini et m’en parlait sans cesse !). De la rue de Commercy où nous habitions, au circuit, j’entamais mon habituel recensement des voitures et des plaques. A la hauteur de l’hôtel d’Anfa, avant de redescendre sur Aïn Diab, la circulation se faisait plus dense et rares étaient les voitures croisées.
938 MA 21, Ford Taunus dis-je alors que mon père tentait de piquer au freinage ledit véhicule pour se faufiler en premier dans la voie en sens unique qui nous emmènerait au circuit. La manœuvre magistralement réussie, je me suis alors retourné de mon « baquet » et j’ai regardé fièrement les deux garçons sensiblement de mon âge assis à l’arrière de la Taunus noire, le Grand Prix avait commencé pour moi !
Christian Magnanou
La VW de mon père, archives Christian Magnanou
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mercredi, 24 décembre 2008
Noyeux Joël à tous et spécialement à Xavier

Noyeux Joël 2008 © Jean-Marie Guivarc'h (http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com)
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