mercredi, 07 mai 2008
Cassel, l'envers du Nord

Notre nouveau collaborateur Etienne Raynaud donne l'impression de traverser la vie, une coupe de champagne à la main, s'interrogeant sur le manoir qui l'accueillera pour la nuit. C'est évidemment aussi faux que de croire talentueux le teneur de ce blog. Mais pourquoi ne pas accréditer l'une ou l'autre de ces légendes ? Sa note sur l'improbable Montée de Cassel, à l'heure du gaz au prix de l'or et de la baguette à celui d'une petite clé USB, tendrait à démontrer que le talent a finalement choisi son camp.
Résumer la montée de Cassel en quelques lignes est un exercice délicat.
Il n’est en effet jamais aisé de retranscrire l’ambiance d’une belle réunion de famille, festive et réussie… Celle où les cousins lointains sont venus rejoindre en toute simplicité les « locaux » de l’étape. À ce titre, la Montée de Cassel n’est pas un événement automobile comme les autres.
La côte n’est en fait qu’un prétexte bien trouvé pour souhaiter la bienvenue au pays chti aux amoureux de la belle automobile. Certes la matinée du 1er mai verra bien tous types d’autos extra-ordinaires grimper la fameuse côte, ce qui est en soit presque une anomalie dans un pays réputé comme plat… A l’arrivée, ni classement, ni chrono, mais juste le plaisir de piloter une belle auto dans un esprit fait de courtoisie.

Certes, quelques mordus en redemanderont et iront à nouveau faire cirer les pneus de leur Lotus Elise ou achever l’embrayage de leur Type E sur ces quelques km de routes du Nord… mais tous les autres ne manqueront pas de filer illico chez Christophe Pund qui a en toute simplicité planté quelques drapeaux sur les vertes pelouses de sa propriété.
À la différence d’une réunion de famille où un mot de travers peut provoquer un schisme, c’est ici assez simple, « T’es en Jaguar, ne suis pas la Ferrari qui s’arrêtera au drapeau jaune, toi, tu vas tout droit et tu te gares au pied du drapeau vert, celui des anglaises ».
Simplissime, non ? Sauf que chez les Pund, ça se complique ! car les Porsche Abarth ou Jaguar Ghia ont comme le cul entre deux chaises, aussi trouvera t’on ces apatrides éparpillées aux quatre coins de la propriété, ce qui ajoutera une dose de désordre assez sympathique.

Sous certains angles, l’endroit pourrait faire penser à Pebble Beach : l’herbe y est verte et bien tondue comme sur un green, certaines autos de très haut niveau…
Sont ainsi réunies pêle-mêle des « punderies » en général d’improbables barquettes, qu’il s’agisse des Osca tout juste remises du Tour Auto, de Siata, Tojeiro, Cooper, Arnolt Bristol… mais aussi les Porsche à l’honneur cette année avec une belle brochette de 550, 904 sans oublier la dernière Carrera GT, des Ferrari avec deux belles 275 ou une superbe 250 Europa, des Bugatti, 30, 38, 35, 37, 51, 57 et j’en oublie… d’une belle et fort rare Triumph Dolomite ou encore des Alfa 6C et 8C d’époque...
Difficile en fait de répertorier avec minutie toutes les autos présentes car cette belle réunion de famille n’a pas oublié les plaisirs terrestres… Mais loin d’un brunch version Pebble Beach, on rend ici hommage à la région chti qui n’a jamais été autant à la mode…
Alors, sous le soleil de plomb qui ferait pâlir le concours d’élégance américain souvent drapé dans son « fog », on parcourt dans une ambiance bon enfant où se mêlent langues anglaise, flamande, française et peut être chti, les stands ou camionnettes d’époque… offrant chacun quelques spécialités locales.
Bien sûr, une fois ce banquet achevé, on n’hésitera pas à soulever quelques capots et partir à la découverte de la région d’autant que des milliers de 2CV ont convergé vers Dunkerque pour y célébrer les 60 ans de l’auto… Et puis, au fil des discussions, il y a ceux qui pensent déjà à se retrouver, qui au Vigeant où l’on annonce un beau parterre d’autos historiques et notamment le club Bugatti au grand complet, qui à Donington ou au Mans Classic….
Mais ce qui semble faire saliver nombre d’amoureux des avant-guerre, ce sont les courses ou démonstrations en ville… untel hésite à aller à Marseille le 21 juin avec sa Gordini, un autre se demande comment il va annoncer à ses partenaires allemands qu’il lui est indispensable de gagner Angoulême en septembre avec sa Bugatti, un autre encore se désole que Monaco ne puisse accepter son auto, et enfin les autres rêvent déjà d’aller courir à Beaune où un projet de circuit en ville semble faire son chemin…
Nul doute que cette grande famille se retrouvera ainsi aux quatre coins de la France en repensant avec délice aux plaisirs du Nord.
Quant à nous, à l’heure de l’apéritif, nous décidâmes de repartir à deux autos pour gagner par les chemins détournés le sud du boulonnais au sein d’une région qui nous aura prouvé en toute simplicité que son légendaire sens de l’accueil n’est guère usurpé.Et de nous dire que Christophe Pund, il a encore cassel la baraque ce week-end !
Montée de Cassel . Galerie des damiers . 1er mai 2008
www.galeriedesdamiers.com
Etienne Raynaud (era)
Images © Sir William et Etienne Raynaud
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mercredi, 16 avril 2008
Son dernier menu

À la nef du Grand Palais qui vit lundi le départ du Tour Auto a succédé hier celle de l'église St-Christophe-de-Javel, où Georges Houel a délivré son dernier menu. Le père Gilles de Raucourt a donné le ton d'un office sobre et émouvant mais aussi hors norme, à l'image du personnage, en citant un extrait de la nécrologie de L'Equipe - une vie ayant fait rimer passion avec compétition.
Lorsque Monsieur Houel fils, au cours d'un hommage à son père, fit remarquer que le hasard voulut que la cérémonie fût célébrée en un lieu consacré au saint patron des conducteurs, l'esprit facétieux de Georges frôla les épaules de ses amis. Ils le retrouvèrent au Volant, peu après, où se glissant parmi eux, il les régala sans façon d'une charcuterie du Sud-Ouest arrosée d'un petit vin rouge.
Ses amis ? Entre autres, Jean Vinatier, René Ligonnet, Jean-Pierre Beltoise, Annie Soisbault, Bernard Consten, Jean-Loup Chrétien, Albéric Haas, Martine Rénier, Georges Monneret junior, François Libert, Etienne Moity, Gérard Flocon, Jean-Paul Renvoizé, Bernard Lagier, Gilles Gaignault, Pat Béhar, Michel Maurier, Eric Hélaine, Jean-Pierre Aujoulet...

Obsèques de Georges Houel . Eglise Saint-Christophe-de-Javel (Paris) . 15 avril 2008
Voir aussi
Georges Houel n'est plus
Passage de témoin
Dernière minute :
Son statut d’artiste permet à Jean-Marie Guivarc’h de se libérer des contraintes matérielles, comme la pesanteur terrestre ou l’obligation de revêtir un corps pour voyager. Ainsi a-t-il croisé peu après ses funérailles l’ami Georges sur la route du Paradis.

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dimanche, 06 avril 2008
Le Grand Prix de Monte-Carla

Amical rappel à l'ordre de notre correspondant Pascal Bisson qui sillonne la capitale, photophone à l'oeil : nous aurions oublié d'inclure à notre Printemps sur MdS ce Grand Prix de Monte-Carla dont les colonnes Morris se sont un écho aussi peu discret que possible. Voilà qui est réparé mais qu'est-ce donc que cela ? Le calendrier de la FIA ayant négligé l'annonce de cet événement, quoi que la dite organisation a d'autres chats à fouetter ces jours-ci, nous en sommes réduit aux conjectures...
Un rapide examen de l'affiche permet d'affirmer que ce GP ne se déroulera pas à Paris bien que sa communication soit axée sur un public francilien. On croit reconnaître la Riviera italienne. Cette Principauté de Monte-Carla jouxterait-elle depuis la semaine dernière son grand frère Monte-Carlo ? Quoi qu'il en soit, on est en présence d'une épreuve historique, une de plus, ce que confirme l'Alfa Romeo P3 que pilote ce couple d'opérette. Lui pourrait être Guy Moll, qui a remporté un GP de Monte-Carlo, en 1934. Quoi que son air décidé, baroudeur, laisse imaginer un type plus dur. Vous avez vu, il a un faux air de Jean Alesi.
Elle, nous rappelle quelqu'un... Ah oui, ne serait-elle pas la soeur ou la cousine de Gianmaria Bruni, l'éphémère pilote Minardi, Vous savez... cette fille dont le nom est sur toutes les langues de France ?
Ce Grand Prix de Monte-Carla, qui se déroule sur deux mois - 4 mars au 4 mai, il faut amortir les glissières anti inflation - est organisé par un nouveau venu sur le circuit de l'historique, le théâtre des 2 Anes, qui paraît bénéficier de solides appuis à haute vitesse. Sur leur plaquette on lit les noms de Pierre Douglas, Jacques Mailhot, Bernard Mabille, sans oublier Jean Amadou, de mèche avec eux ; bref, des organisateurs bien peu sérieux à côté desquels les Michel Boeri, Patrick Quiniou ou Jean-René Tillard font figure d'académiciens français. D'ailleurs, regardez, ils ignorent même que cette brave Monoposto est une monoplace ; ils la bourrent avec leurs deux pilotes de concert, deux pilotes sans casque, en plus !
Si quelques lecteurs plus hardis que les autres se rendent dans cette nouvelle Principauté, qu'ils veuillent bien nous informer du classement de ce premier GP de Monte-Carla qui ne sera pas couvert par L'Equipe ou Auto-Hebdo. Notre petit doigt nous souffle une curieuse logique, toutefois : un pilote se doit d'être premier au Monte-Carlo mais dernier à monter Carla.
Théâtre des 2 Anes . Le Grand Prix de Monte-Carla . 4 mai au 4 juin 2008
Réserver une tribune
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mercredi, 02 avril 2008
Le printemps sur MdS
4 au 6 avril
Quoi ?
Salon du cabriolet, du coupé et du SUV (Evénement pas branché mais fun)
Qui ?
Commissaire général : Eric Staes
68 bis, Bd Pereire
75017 Paris
Tel : 08 77 82 24 58
www.saloncoupecabriolet.com
Où ?
Paris Expo
Porte de Versailles
75015 Paris
Pourquoi ?
Belles d'antan de 1905 à 1940, centenaire de la Ford T, CabrioShow (défilé de mode en cabriolets), présentation des nouveaux cabriolets, coupés et SUV
Bonus ?
L'auto fait son cinéma : une collection consacrée à l’automobile dans le cinéma et riche de plusieurs dizaines de milliers de documents originaux, qui représente vingt années de recherches en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, assemblée par Gilles Bonnafous, journaliste et historien automobile
14 avril de 11 à 18 h 30
Quoi ?
Départ du Tour Auto Lissac 2008 (Fête branchée)
Qui ?
Peter Auto
103 rue Lamarck
75018 Paris
Tel : 01 42 59 73 40
www.tourauto.com
Où ?
Nef du Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
Pourquoi ?
39 Ferrari, 45 Porsche, 22 Alfa Romeo, 17 Alpine, 18 Jaguar, 12 Lotus, 8 OSCA, 7 AC Cobra... Mais aussi Aston Martin DB4 GT et DB2, Ford GT40, Lamborghini Miura S, et… la Gordini de Françoise Sagan.
Bonus ?
Parvenir à se faire offrir l'un des 100 exemplaires de la Royal Oak Offshore Tour Auto 2008, montre exécutée par Audemars Piguet à l'occasion du Tour Auto, puis serrer la louche à François Fillon lors du raout de la soirée, obtenir un sourire de Patrick Peter.
2-4 mai
Quoi ?
Classic Days (Evénement berrichon)
Qui ?
Max Mamers Management (M3)
ZAC de Bridal - BP 11
19130 Objat
Tel : 05 55 25 27 26
www.classic-days.fr
Où ?
Circuit Nevers Magny-Cours
Technopôle
58470 Magny-Cours
Pourquoi ?
Organisateur d'événements spécialisés dans l'automobile (Trophée Andros, Fun Cup, etc.), M3, Max Mamers Management a investi la date historique de Magny-Cours, le 1er mai, pour présenter un nouvel événement consacré à l'automobile ancienne. De la 4 CV à la Jordan F1 de 2003, tous véhicules avant 1978, Formule 1 toutes époques, GT d’exception à diffusion restreinte et super cars. Plus roulage sur la piste F1, exposition et marché d'anciennes, parking historique, baptèmes de piste, etc.
Bonus ?
Evoquer avec Tico Martini Magny-Cours au temps des caravanes stationnées au bord de la piste où logeaient les pilotes ; se loger plus facilement qu'à certaines périodes ; faire signer son carnet d'autographes par Ligier et Laffite ; réviser la carrière de Max Mamers en sa compagnie ; lire la belle biographie de Jabouille sur leur site :o)
10-11 mai
Quoi ?
Grand Prix de Monaco historique (Evénement pas pépère)
Qui ?
Automobile Club de Monaco
23 Boulevard Albert 1er
98000 Monaco
Tel : (+377) 93 15 26 00
www.acm.mc
Où ?
Circuit de Monaco
Pourquoi ?
Pour ça
Bonus ?
Choper la nouvelle Chopard Monaco éditée spécialement, qu'on ajoutera à l'Audemars-Piguet récoltée en avril, répartir savamment ses déjeuners entre le Quai des artistes et le Stars'N'Bars, se faire inviter au diner de Gala de remise des prix (tenue de soirée obligatoire, donc blogueurs exclus).
6 au 8 juin
Quoi ?
Grand Prix de Tours (commémoration pépère)
Qui ?
Commémoration historique du Grand Prix de Tours
37, rue du Grand Moulin
37510 Saint-Genouph
Tel : 02 47 45 57 94
www.grandprixdetours.com
Où
- Rallye touristique : 150 km en Touraine de châteaux en châteaux en passant par les bords de Loire et du Cher
- Démonstration : tracé en centre-ville de Tours, place Jean-Jaurès entre le Palais de justice, l'Hôtel de ville et l'avenue de Grammont
Pourquoi ?
Le Grand Prix de Tours est la seule épreuve au monde qui confie sa sécurité à des barrières comme celles qui délimitent les queues devant les cinémas ; c'est en cela, entre autres, qu'il suscite la sympathie, surtout quand on est du bon côté de ces barrières. L'analogie avec le cinéma ne s'arrête d'ailleurs pas là : comme sur un plateau, on y attend beaucoup, on tourne peu.
Bonus ?
La gouaille de Michel Loreille (Y'a une culture de l'automobile, hein, en Angleterre, qui est complètement différente de la nôtre, c'est que.... les Anglais, y roulent.), l'abattage de Jean-Louis Mathieu (10 heures au micro sans boire, plusieurs centaines de numéros de châssis rendus publics), le pot du maire offert à tout le public.
28-29 juin
Quoi ?
Grand Prix de l'Age d'Or (Evénement rural)
Qui ?
GPAO
8 avenue de Condé
77500 Chelles
Tel : 06 08 31 13 23
www.gpao.fr
Où ?
Circuit Dijon-Prenois
21370 Prenois
Pourquoi ?
Tourisme, GT, sport cars, saloon cars, Formule junior, Formule 5000, Formule 1, parade Bugatti, espace clubs, parking d'anciennes, etc.
Bonus ?
Assister aux ébats des bad boys de la nouvelle Yankee series qui débarque en terre bourguignonne, créée sous l’impulsion d’un Anglais fan de voitures américaines des années soixante. Ouverte aux américaines dont la limite d’âge supérieure est fixée à 1966, la Yankee series est divisée en 2 groupes, les Tourisme et les GT. Sont éligibles dans la catégorie Tourisme les Ford Mustang, Galaxy, Corsair et Falcon, les Buick Skylark auxquelles se rajouteront probablement des Chevrolet et autres Plymouth. La catégorie GT sera certainement le terrain de chasse des Shelby et Chevrolet Corvette. Étrangement, cette série ne recevra pas de Cobra, considérées par le créateur de la série comme une voiture… anglaise !
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lundi, 21 janvier 2008
Passion Alpine, hommage à Jean Rédélé (bar ôté)

Ces quelques lignes reçues d'une connaissance qui assista à la soirée inaugurale du 17 janvier rejoignent notre état d'esprit. "Maintenant que les vapeurs du champagne se sont dissipées, je conserve surtout de la soirée Alpine le souvenir de gens agglutinés se racontant leurs petites histoires sans la moindre considération pour les voitures assemblées là (ni pour leur créateur), lesquelles semblaient plutôt les gêner qu’autre chose, en restreignant un espace déjà mesuré."
Mais, nous direz-vous, chers lecteurs, vous n'aviez qu'à refuser l'invitation, et vous auriez raison. Et nous de rétorquer que ce pas le moindre de nos paradoxes d'agir en sens contraire de notre "éthique". Confronté dans le passé à une soupe du même genre dans laquelle nous avions craché, nous en payons régulièrement le prix.Un paradoxe qui pourtant nous aura permis de voir beaucoup de monde, et pour cela il est nécessaire de se plier au jeu social, une coupe à la main, sans qu'il soit possible d'accorder un regard aux vitrines qui accueillaient des objets fort intéressants, à des autos magnifiquement mises en scène, décrites par le biais de panneaux réalisés avec soin ; toutes choses que le quidam du dimanche après-midi détaillera à loisir.
Nous fûmes hier après-midi ce quidam. L'Atelier Renault vibrait d'une foule recueillie, oui osons un terme un peu fort dans un contexte de bagnoles, "recueillie". Il ne nous a pas semblé que le touriste ukrainien ou bahreïni, auquel nous pensions précédemment, ait jugé indispensable de changer de trottoir pour passer du mauvais côté des Champs-Elysées. De fait, nous étions entre nous : amateurs sportifs, connaisseurs de la marque, ça discutait ferme et juste.
Réparons l'erreur commise dans notre dernier papier : il n'y a pas deux 4 CV mais une 4 CV, celle que François Landon et André Briat menèrent à la victoire en classe 501-750 CC aux 24 H du Mans 1951, tandis que l'autre auto est un coach A106 gréé Tour de France. Ah les vapeurs de champagne ! On les aperçoit en vitrine (photo ci-dessus).
Nous n'avions pas remarqué non plus que Monsieur Jean est un brin provoc sur la photo malicieusement choisie par les responsables de l'exposition. Le voilà bien placé pour rejoindre à la porte du paradis - car on n'y fume pas à l'intérieur - son pote Amédée Gordini, ou Patrick Depailler, ou Jochen Rindt, bref les héros dont il est question ici.
Enfin laissons le dernier mot à un pilote et journaliste toujours fin dans ses jugements, et à qui pareil éloge peut être retourné.
Une très belle exposition, pensée avec compétence et goût, avec un petit air canaille.

Passion Alpine, hommage à Jean Rédélé . Atelier Renault . 18 janvier au 16 mars 2008
www.atelier-renault.com
images © MdS
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samedi, 19 janvier 2008
Passion Alpine, hommage à Jean Rédélé

En inscrivant haut et fort au fronton de son établissement-vedette, l'Atelier Renault, Passion Alpine, hommage à Jean Rédélé - des mots qui sonnent comme une déclaration de guerre sur des Champs-Elysées illuminés d'ampoules basse tension - Renault concilie non sans habileté devoir de mémoire et marketing bien pensé, cinq mois seulement après la disparition de Jean Rédélé le 10 août 2007.
Ce n'est pas un secret de révéler que la firme planche sur un retour de la marque fondée par Monsieur Jean - pari gonflé en ces temps d'autophobie démagogique, et Carlos Ghosn tient à ce que le touriste ukrainien ou bahreïni, qui forme le gros du chaland des Champs-Elysées en 2008, le sache.
Pourtant ce jeudi 17 janvier aux alentours de 19 heures, c'était le devoir de mémoire qui liait entre eux les happy fews, chacun confrontant, une coupe de champagne à la main, Monsieur Jean à ses propres souvenirs ou à ce que la légende fait circuler.
Découvrir cette présentation, que d'entrée on perçoit comme réussie, à travers un pince-fesse n'est pas aisé car même si l'essentiel de la foule se concentre devant le bar il se trouve toujours une fesse ou deux à pincer pour que la vue soit libre sur l'expo : huit autos assorties de vitrines contenant des pièces d'automobilia et cernées par des panneaux d'ambiance très bien faits. Alors se pose un problème au rédacteur mondain : faut-il un "s" au bout de la fesse s'il dut en écarter plus d'une ? La réponse n'est certes pas donnée par le panneau d'ambiance ci-dessus, aussi bien fait soit-il. Allons, Pilotes de course(s), voitures de course(s) ou pince-fesse(s), même combat.

Jean-Pierre Jaussaud et Jean-Charles Rédélé (le fils de Jean) figuraient parmi d'innombrables invités dont certains, les plus prestigieux, étaient appelés à émarger sur un panneau mural. Une température de la notoriété que votre teneur de blog n'a pu prendre, signe qu'il a devant lui une certaine marge de progression pipole.
Citons, par catégories socio-professionnelles, les pilotes d'abord, avec Mauro Bianchi, Jean Vinatier, Michel Leclère, Alain Serpaggi, Jean-Pierre Nicolas, Gérard Larrousse, Marie-Odile Desvignes, Bernard Consten, Bob Neyret et ceux qu'on oublie ; les frères de pilotes disparus, avec Charles Cevert, et ceux qu'on oublie (?), les ingénieurs, avec Pierre Dupasquier, Bernard Dudot, et ceux qu'on oublie ; les directeurs de services course, avec Christian Contzen, Jacques Cheinisse, et ceux qu'on oublie ; les hommes de presse, avec Christian Courtel, Jean-Paul Renvoizé, le "Fin José" et ceux qu'on oublie ; les auteurs de livres, avec Claude Furiet (Fufu), Dominique Pascal, et ceux qu'on oublie ; les patrons, avec Bernard Hanon (PDG de Renault entre 1981 et 1985), François Guiter, et ceux qu'on oublie ; les organisateurs, avec Patrick Peter, Pierre Rageys, Serge Cordey, et ceux qu'on oublie ; les éditeurs avec Claudine Latouille (ETAI), et ceux qu'on oublie ; les commissaires-priseurs, avec Hervé Poulain, et ceux qu'on oublie ; les directeurs du service "Renault, histoire et collection", avec Christian Schmaltz, et ceux qu'on oublie (?) et last but not least, les professeurs d'histoire rémoise, spadoise et ringienne, avec le Pr Reimsparing, qui ferme la marche dans un créneau assez étroit mais porteur.

La scénographie de Renault a choisi de montrer huit voitures : deux monoplaces, une FR A366 de 1972, ex-Tambay et la F2 A270 de 1964, ex-Mauro Bianchi ; deux berlinettes, une A110 et une A310 ; deux protos, une A210 et l'A442 victorieuse au mans en 1978 ; enfin deux 4 CV. Nous avons choisi d'isoler la très belle Alpine A270 de F2, rarement vue, à nos yeux la plus belle machine de cette exposition. Plus belle qu'efficace hélas car mue par un quatre cylindres dérivé du bloc de la R8 developpant la puissance riquiqui de 100 CV, ce qui mettait l'auto à la peine, confrontée en 64, lorsqu'elle sortit, aux Lotus, Brabham et Lola de l'époque, animées de Ford et de Cosworth autrement dynamiques.
Mais la monoplace portait haut les couleurs de la France. Sport-Auto ne titrait-il pas son numéro d'avril 64 d'un tonitruant "La première voiture de course française depuis dix ans" - sous-entendu après l'arrêt de Gordini en 1956. La meilleure prestation de cette Alpine est à porter au crédit de José Rosinski, 4e à Pau lors de sa course inaugurale. Elle fut conduite en 64 et 65 par Mauro Bianchi, Jacques Maglia, Jean Vinatier, José Rosinski, et très brièvement par Graham Hill - Pau 64.

Séparées l'une de l'autre par un fossé de 72 ans, les Renault AK 90 CV et A442 ont un point commun : Jean Rédélé. L'huile sur toile représentant Ferenc Szisz roulant vers la victoire au GP de l'ACF 1906 fut offerte à Jean par son père, Emile Rédélé, qui fut mécanicien de course du pilote hongrois, alors que c'est Jean-Pierre Jaussaud et Didier Pironi qui enlevèrent sur l'Alpine A442B une victoire aux 24 h du mans après laquelle Monsieur Jean courait depuis toujours - exception faite des classement à l'indice de performance. Jean Rédélé sera resté fidèle au Losange sa vie entière.

Distribuée à l'entrée, une brochure signée de Michèle Rédélé, la veuve de Monsieur Jean, éclaire en quelques lignes très élégantes la personnalité de l'homme à qui appartenait le casque et la veste de peau exposés sous vitrine. Des équipements peu tapageurs, en phase avec celui qui était allergique à toute gloriole mais se glorifiait tout de même de deux événements : avoir été premier du canton au certificat d'études et avoir obtenu les victoires à l'indice énergétique au Mans. Au vu du casque de droite, qui n'est pas celui d'Henri Grandsire mais de Jean Vinatier, alors que la planchette de chrono est issue de la collection d'Alain Serpaggi, on imagine que la modestie du patron faisait tache dans ses troupes.

Passion Alpine, hommage à Jean Rédélé . Atelier Renault . Soirée inaugurale du 17 janvier 2008
Exposition du 18 janvier au 16 mars 2008
www.atelier-renault.com
images © MdS
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mardi, 01 janvier 2008
Dalida vous souhaite une bonne année 2008

L'autre jour au courrier une grande enveloppe blanche ornée d'un timbre de collection. Dedans, deux dessins, celui-ci et celui-là, agrémentés de quelques lignes qu'on aura du mal à lire à cause d'un méchant scan. Sachez que l'auteur de ce pli piégé à la chaleur humaine s'en sert pour dire des gentillesses sur le blog, qu'il lui souhaite de conserver et de développer au cours de l'année 2008 cette verve qui le rend incontournable.
Chers amis qui nous suivez - nous précédez souvent - de plus en plus nombreux et fidèles, nous vous offrons les voeux de notre ami Jean-Marie Guivarc'h, que nous ne saurions garder pour nous.
Á la Gaby que notre autre copain dessinateur Fraco nous avait prêtée le 1er janvier 2007 succède aujourd'hui la dame au volant de la Salmson - appelons-la Dalida, en vertu de cet humour léger qui nous définit - que JMG a croquée en deux traits de fusin.
Que nos pauvres mots sont bien lourds face à ces deux créatures et à ces machines si vraies qu'elles semblent prêtes à crever votre écran et à squatter votre garage pour les unes, voire plus pour les autres. Les dessinateurs sont comme la chasse aérienne, ils font mouche direct, alors qu'à l'écrivassier, il lui faut des kilomètres pour étaler ses pâtés, c'est le fantassin de la communication.
Puisse l'année 2008 être rapide, enfumée, vrombissante pour chacune et chacun d'entre vous.

Salmson et Dalida (haut) Salmson en Suisse (bas) © Jean-Marie Guivarc'h (http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com)
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vendredi, 14 décembre 2007
Trois hommes de l'Ouest
L'Homme de l'Ouest d'Anthony Mann était dans un train en 1956 lorsque celui ci fut attaqué ; 51 ans plus tard souhaitons que les trois hommes de l'Ouest que nous vous présentons ne connaissent pas un sort analogue dans la librairie où ils doivent passer l'après-midi du samedi 15 décembre.
Ce ne sont pas des pistoleros mais des artistes, quoique le dernier cité soit un drôle de pistolet. Passant, si l'art t'ennuie, et l'auto tu détestes, passe ton chemin devant la librairie Arts Diffusion Loisirs, 31 rue du Bac à Rouen où ces trois hommes s'exposeront, tu risques de récolter une bulle perdue ou une beuttlérite aiguë.
Bruno Roussel est un peintre de la région rouennaise, "occasionnel", selon ses dires. Et sa 275 P2, immortalisée ci-contre à la Targa Florio 1965, elle est d'occasion ? Un critique enthousiaste mais disposant d'une culture picturale défavorisée dirait qu'elle déchire grave, putain de ta mère. C'est aussi notre avis, ajoutant sans jouer les Maître Poulain que le souci du détail historique, la touche claire et nette de Bruno Roussel l'apparente à quelqu'un comme Pierre Englebert. Il vous en dira plus sur les oeuvres accrochées aux murs de la librairie.
Le rouennais Christophe Dépinay - ce que son nom n'indique pas - a publié fin 2006 une BD assez remarquée [1], Bruce Coventry, le pilote de l'ombre, que nous avions annoncée, où il est question, d'après son éditeur, Drivers, "... D'une jeunesse bien arrosée à l'huile de ricin, de quelques arnaques sur fond de rallyes et de courses d'endurance, d'emprunts de voitures de prestige et de services secrets qui s'occupent d'un peu près du héros".
Nous n'avons pas lu ce livre mais l'avons feuilleté suffisamment pour noter qu'il puise son inspiration dans la mare ou s'abreuve également MdS ; c'est ainsi qu'une bulle, consacrée à un pilote au casque bleu nuit conduisant une March jaune, a fait tilt chez notre troisième homme de l'Ouest, Philippe Vogel, Normand d'opérette mais vrai fondu du pilote en question, Mike Beuttler [2].
Christophe Dépinay dédicacera son ouvrage, et Philippe Vogel, le futur sien - exercice pas simple.

Bruno Roussel, Christophe Dépinay, Philippe Vogel . Librairie Arts Diffusion Loisirs, 31 rue du Bac, Rouen . Samedi 15 décembre 2007 de 14 à 18 heures
[1] DEPINAY (Christophe).- Bruce Coventry, pilote de l'ombre. Ed. Drivers, Toulouse, 2006, 109 p., 19, 00 €
[2] http://f1-mike-beuttler.monsite.wanadoo.fr
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dimanche, 21 octobre 2007
Pipole

Collectionneur, pilote, président (de droit divin, précise-t-il) de l'Ecurie Jarret Marmelade - formation plus sérieuse que son nom le suggère -, il ne manquait que l'écriture à Jean-François Bouzanquet pour qu'il laisse à la postérité l'image d'un honnête homme, au sens où au XVIIe siècle on entendait une personnalité fort bien faite.
Le mercredi 17 octobre la Galerie Vitesse prêtait ses murs à la présentation de l'ouvrage qu'il a commis sur les femmes pilotes de course, que nous avons brièvement feuilleté hier au Brussels Retro Festival en attendant de le recevoir.
Riche iconographie et mise en page aérée au service d'un sujet rarement abordé par l'édition et la presse françaises, les femmes au volant. Volant à trois branches tenu à 9 h 15, précisons-le.
Avant de passer ce livre à l'analyse, MdS en parle sous l'angle pipole.
Jean-François le bienheureux matérialise autour de soi, grâce à son stylo magique, le thème de son ouvrage, fort bien représenté de gauche à droite par son épouse, une femme de pilote ; Annie Soisbault, une femme pilote ; Claudine Latouille, une femme pilote de collection chez ETAI ; Isabelle Nicolosi, une femme de pilote également femme pilote qui fait aussi galerie, et une des filles de l'auteur, femme pilote en devenir.
Couvert de femmes grâce à son bouquin, Jean-François. On frémit pour lui s'il avait écrit sur Yacco ou Shell.

Soirée pipole, littéraire et féminine . Galerie Vitesse . 17 octobre 2007



