lundi, 05 mai 2008

Classic Days... Ok mais ailleurs

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On ne va pas écouter du blues à Pleyel ou Björk au Grand Ole Opry, je crois que certains lieux sont adaptés à des événements, d’autres moins. Il en va de même de l’automobile. Présenté par Max Mamers Management comme devant être « le grand rendez-vous de la voiture ancienne », Classic Days a dû assumer le mariage difficile entre un circuit artificiel dédié à la F1 moderne et un rassemblement de voitures anciennes. Pas simple.


54283890.JPGLa réussite des Journées de l’Excellence automobile à Reims pouvait donner des idées à un honnête organisateur d’événements comme Mamers. Gueux attira l’an passé de nombreux spectateurs grâce à la qualité d’un plateau conçu à partir d’un circuit chargé d’histoire, et la présence de nombreux acteurs ayant ferraillé sur ce site emblématique du début du siècle dernier.
Obtenir ce succès à Magny-Cours sera une autre paire de manche. Classic Days n’attira qu’une population, certes très sympathique, mais essentiellement locale ; de plus, à part Alain Ferté, aucun nom d’une certaine importance n’a été vu dans la Nièvre [1], y compris et c’est regrettable les parrains de cet événement mentionnés en long, en large et en travers sur leur site Internet. Très peu de journalistes sinon le confrère allemand ci-contre.

A la décharge de Max Mamers, nous plaiderons l’impossibilité de faire vivre cet endroit sans âme qu’est devenu Magny-Cours depuis que ce circuit est normalisé F1. Nous devons porter à son crédit d’avoir autorisé le public à s'approcher au plus près des autos et les pilotes et ceci jusque sur les stands. La possibilité de vivre l’ambiance des garages, des stands et de la pit lane, très librement, en famille, sans cerbères agressifs est un privilège rare, en particulier sur un circuit homologué F1. Ceci peut être considéré comme la plus grande réussite de ce week-end.

Le plateau était composé d’un cocktail d’autos aussi diverses qu’hétéroclites. Nous ne les citerons pas toutes, elles étaient environ une centaine à tourner ; parmi les plus représentatives, des Ferrari modernes, diverses et silencieuses, deux Lambo, une Gallardo et une Countach, des Alfa GTV pilotées par des cadors, un paquet de Morgan qui poussaient bien, des Triumph TR4 et un peu pépère, une rigolote Simca 1000 loin d’être ridicule, en particulier de la façon dont elle était menée, sans oublier des ribambelles de 911 et une 914 qui allait bien.
Et puis, plus adaptées au circuit, quelques F1 pas de première fraîcheur ni très prestigieuses mais des F1 quand même. Une Hesketh ex Galica, une Tyrrell ex Salo, une autre très belle ex Brundle et pour le plus grand bonheur des spectateurs présents, une Benetton ex Schumi, ce qui permettait à chacun de se raccrocher à un nom connu et prestigieux.

Curiosité parmi ces monoplaces, une des 5 Arrows biplaces construites au début des années 2000. Le jeune pilote Julien Menard fit profiter du siège passager quelques amateurs de sensations fortes et brutales. Certaines autos, comme une belle Ferrari P4 et deux GT40, toutes trois replicas, se contentèrent de la position statique. L’une des GT40, peinte aux couleurs Gulf, était proposée à la vente pour la somme de 65 000 € .

532324224.jpgLa plus ancienne à tourner était certainement la Bugatti 37 A de Christophe Guillaumin (ci-contre), très heureux d’être là et de prendre 4 200 tours en bout de ligne droite, moins heureux d’avoir cassé la fixation de la fourchette de sa butée d’embrayage. Cette pièce à trois balles eut l’heureuse idée de casser au virage du lycée, ce qui permit un retour au stand en prise et sans autres difficultés. Ne pouvant réparer, il hésita entre le retour chez lui à Vichy ou prendre sa 1093 pour finir le week-end. Une 1093 de couleur Blanc-Valois, c’est J.-F. Riou qui aurait été content.

Etaient également présents à cette manifestation et pour compléter l’offre, des marchands et des artistes. Nous évoquerons rapidement François Bruère qui n’est plus à présenter ici mais nous nous attarderons un peu plus sur un de ses poulains, Patrice Fitamant, qui fait du Bruère en photo [2]. Son histoire est cocasse. Commercial pour les amortisseurs Monroe à l’origine, il décida d’élever le niveau artistique de ses clients garagistes et grossistes en pièces détachées en pratiquant l’incentive non pas avec des caisses de vin ou des places de football comme ses collègues, mais en offrant à ses meilleurs revendeurs des tableaux de François Bruère. Joli geste n’est-ce pas ?

Ses œuvres sont des montages photo d’une auto détourée sur un fonds correspondant à l’esprit et l’époque du véhicule. Il n’en vit pas encore mais le succès rencontré depuis quelques temps lui donne beaucoup d’espoir. Il a décidé de s’attaquer aux petits constructeurs français en croquant les DB Monomill, les Mep et autres CD Panhard. Bonne chance. C’est un homme de goût puisqu’il avoue lire MdS tout les jours.

Classic Days aura-t-il lieu l’année prochaine ? Il faut bien sûr le souhaiter. Faire connaître l’automobile autrement que par des taxes et des taux de Co2 est une façon de la faire aimer. Mais Bon Dieu, qu'il est déprimant ce circuit billard ! Et ces tribunes à damiers vides de spectateurs et de sens...

Allez Max Mamers, en 2009, remettez le couvert... mais ailleurs.

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Classic Days . Circuit de Nevers-Magny-Cours . 2 au 4 mai 2008
www.classic-days.fr


Jean-Paul Orjebin



[1]
Considération valable le samedi
[2] www.photo-motors.com


Images classiques du jour © Jean-Paul Orjebin

jeudi, 24 avril 2008

Road movie au galop

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Tour Auto Lissac 2008
Voir aussi Réflexions sous la verrière


Etienne Raynaud, qui signe régulièrement sous le pseudo de "era" des commentaires toujours justes, a participé au Tour Auto comme le navigateur de la Ferrari 250 GT Lusso n° 43. Détail qui fit rêver le teneur de ce blog, dont le seul talent est qu'il l'exploite volontiers chez autrui. C'est ainsi qu'il a demandé - et obtenu du très agréable Etienne - qu'il donne à MdS sa vision de l'épreuve avant de livrer le compte rendu qu'il destine au Blenheim Gang [1], auquel il appartient. Qu'il en soit doublement remercié.


***


Mardi 15 avril 

Ecuries du Roi

Fontainebleau, ancien pavillon de chasse et centre sportif d’équitation militaire accueille le départ officiel du Tour Auto en grande pompe. La cité du cheval va abriter une matinée durant des centaines de pur-sang venus du monde entier. Aux Mustang, beaucoup semblent préférer les 16 Ferrari 275 GTB ou les multiples déclinaisons de la 250, qu’elles s’appellent Europa, Paso Corto, Lusso ou encore GTO.

Richard, arrivé de Hong Kong la veille, vient de retrouver sa Lusso. Il aime les Ferrari et les importe en Chine depuis 1993, année où une seule auto avait été vendue, une 348 livrée devant la Cité interdite… Depuis Maserati et Alfa Romeo ont rejoint le Cheval cabré pour des ventes en progression constante. Le soleil brille, la foule est présente… le V12 se libère et part vite à la chasse de deux 275 puis de la 250 GTO bleue marine pilotée par Brandon Wang à vive allure avec d’autres amis venus de Hong Kong qui ont préféré une 275 ou une Lancia Stratos orange. Autant en profiter, ils quitteront le Tour après la pause déjeuner pour aller diner chez Bernard Loiseau puis passer deux jours en Aubrac avant de rejoindre le Tour à Avignon.

Pur sang, taureaux et poneys

Le plateau 1 du Tour Auto rassemble un peu plus de 60 autos très hétérogènes depuis les frêles mais quelquefois fort véloces Osca en passant par les 4 CV, GS, sans oublier différentes déclinaisons de Jaguar XK ou de Ferrari. A chaque numéro correspond la moyenne retenue par son conducteur en spéciale. Grosso modo, les 30 premiers ont opté pour la moyenne lente, les 30 suivants pour la moyenne intermédiaire et l’essentiel du plateau 2 pour la moyenne rapide.

Sur circuit, chacun choisit son rythme… A Dijon, il sera marqué par la course poursuite infernale à très vive allure entre la Ferrari 250 châssis court ‘parisienne’ et la Miura « SOS 7 », ainsi que des sonorités évocatrices de la Ford GT40 dont le rythme est encore plus impressionnant.

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Mercredi 16 avril


Au pas

Du givre sur les fenêtres, sur le bord des routes et un froid hivernal marquent le départ de Beaune. La traversée des vignobles de Pommard se fait à allure réduite pour retrouver un peu de visibilité. Le road book comporte une portion un peu difficile à interpréter et une quinzaine d’autos feront 10 kms de trop. Demi tour et au galop pour rejoindre la première spéciale ! Puis attente derrière Aston Martin et Ferrari GTO…

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Au trot

Traversée à bonne allure des paysages somptueux du Morvan puis de la Nièvre ensoleillée pour rejoindre Magny Cours.


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Au galop

Magny Cours. La Miura a disparu pour rejoindre la bande de la GTO en Aubrac. Seule la GT40 maintient son rythme d’enfer sur le circuit où nous naviguons entre GS et A6CGS… roulant toutes deux à un rythme de trotteur. Le galop se fera naturellement afin de « pourchasser » l’autre GTO, la rouge, vers Vichy, à vive allure sur de belles départementales. Dieu que c’est beau un Cheval cabré au galop et à plein régime !

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Jeudi 17 avril


Chats en rade

Départ matinal depuis Vichy vers Charade. La Jaguar XK120 grise coupé se traîne… Elle a perdu sa troisième vitesse ce qui se révélera naturellement fort gênant sur un circuit comme Charade… En repartant du circuit à faible allure, elle croisera furtivement la XK150 de J.-F. Bouzanquet, à peine remise de ses émotions fortes de Dijon où une plaque d’huile l’a entrainée au tapis. Elle en a perdu un œil mais pas sa vivacité. Elle ne croisera pas en revanche la Type E de J.-F. Bentz dont le joint de culasse a déclaré forfait la veille.

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Les roadsters 120, 140 ou 150 affronteront eux, aux côtés des barquettes Osca ou Maserati, les routes enneigées et superbes du Mont Dore.

Sarran fou les lads

Les lads, ce sont les assistances, prêts à tout pour sauver les pur sang. La spéciale de Sarran, détrempée, sinueuse et plongée par endroits dans le brouillard enverra au tapis quelques belles. Pour les autres, travaux de carrosserie ou mécaniques seront de rigueur à l’arrivée à Brive jusqu’à des horaires fort tardifs. Pour nous, l’arrivée fort appréciée des amis d’Angoulême, dont le fameux J.-L. Mathieu, sera providentielle pour remettre en route la belle Lusso !

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Vendredi 18 avril


Course de haies

Rapide coup d’œil à Télé Matin avant le départ. La dépression qui traverse la France semble avoir lu le road book du Tour Auto… Démenti de la serveuse du Mercure qui en regardant le ciel de Brive nous fait partager son optimisme. Elle avait sans doute raison jusqu’à Laguiole. Passé le déjeuner, nous affrontons les paysages désolés de l’Aubrac bordés de neige sous une pluie battante… S’en suivront les Causses. Une Osca git au milieu de nulle part sous des torrents de flotte, la pompe à essence a rendu l’âme.

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Steeple Chase

Passé les Causses, un peu de répit pensons nous… mais le canyon de Sainte Emignie signalé comme spectaculaire sur le road book semble annoncer une course d’obstacles de plus grande ampleur. Le V12 a soif, il n’est pas le seul et la caravane du Tour a déjà absorbé les cuves de SP98 du seul pompiste à X kilomètres à la ronde. Va pour le 95 ! Montée vers un col, l’auto semble à la peine et l’essence semble mal « brûler »… On éteint les phares car on suspecte d’éventuels problèmes de batterie, d’ailleurs les Ferrari roulent pour beaucoup phares éteints… Nous sommes maintenant parmi les derniers, en haut sous la flotte et dans le froid à resserrer une batterie en pensant à des faux contacts… Peur de rester en rade là haut… mais on repart… on arrivera à Avignon après plus de 6 heures de route sous la pluie. Tout le monde n’en dira pas autant…

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Cross country

Paul et Pieter sont hollandais. Ils aiment le Tour Auto, l’ont déjà fait en Ferrari Tour de France ou Lusso. Cette année, ils sont en Fiat 2300… une des autos les moins chères du plateau mais très bien conçue selon eux… ce qui ne les a pas empêché de tomber en panne d’essence à Magny Cours. Au même endroit que nous mais bien après, ils tomberont en panne. Deux heures à regarder l’allumage, la batterie, les contacteurs sous un vrai déluge et un froid sibérien… Mais rien à faire, l’auto ne redémarre pas. Pas une âme qui vive, la nuit approche et les portables ne passent pas.
Et cette pluie qui ne s’arrête jamais. A en pleurer me diront-ils… Passe un tracteur qui s’arrête… le paysan leur indique connaitre un voisin qui adore les Fiat. Il va chercher une corde et revient au bout d’une heure. Une demi heure plus tard, nos deux hollandais passent une heure dans le garage d’un mordu de Fiat qui tant bien que mal arrive à faire repartir l’auto. Il fait nuit, c’est reparti direction Avignon. Au bout d’une demi-heure, re-belotte, l’auto n’avance plus… Roues libres jusqu’à un village. Il est quasiment minuit et ô miracle un bar est encore ouvert. Ils vont dormir dans une chambre d’hôte épuisés en comptant sur un garagiste local dont on leur vante les mérites et qui devrait pouvoir les aider le lendemain…

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Samedi 19 avril


La morsure du cobra

Départ d’Avignon où règne un temps estival… de bon augure sauf que l’on apprend que le Ventoux est annulé pour cause de verglas et de neige. C’est donc sur le Paul Ricard que s’affronteront les prétendants à la victoire. Ludovic Caron luttera jusqu’au bout pour imposer sa Cobra face à de redoutables adversaires en Cobra prêts à tout ! Il vient alors de gagner le Tour Auto, la Cobra rouge en panne restera au Castellet…

Final à l’hippodrome Borely


Départ de Fontainebleau et ses écuries, arrivée au terme de plus de 3 000 km au Parc Borely de Marseille et son hippodrome… Nous remercions le Cheval cabré qui nous a fait traverser la France de façon si majestueuse et véloce. Ses sonorités et autres envolées lyriques nous manqueront, c’est certain. Alors, nous lui offrons un peu de champagne !
A l’heure où tout le monde plie bagage, nous voyons arriver nos deux amis hollandais en Fiat... Le garagiste a passé la matinée sur l’auto avant de découvrir que leur réservoir est divisé en trois parties et que l’essence circule par des ouvertures situées en bas de chacune des séparations entre ces trois parties. Celles-ci étaient partiellement bouchées et donc l’essence restait bloquée en n’alimentant l’auto que très partiellement dans les virages prononcés ! Une fois ce souci levé, nos deux amis ont rejoint directement Marseille pour eux aussi avoir droit au champagne.
Les pur sang au repos… leur jockeys, lads, entraineurs ont droit au diner de gala au Pharo à Marseille ! avec du rêve plein les yeux et les oreilles !

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 Tour Auto Lissac 2008 . 14 au 19 avril
www.tour-auto.com


Etienne Raynaud (era)


[1] Tour Auto 2008 vu par le Blenheim Gang


Toutes images © Etienne Raynaud
(excepté la dernière © Napoléon Solo)

mardi, 15 avril 2008

Tour Auto 2008, réflexions sous la verrière

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Un entrelacs de poutrelles suspend  la verrière à soixante mètres du sol. Plus bas, machines et humains réfléchissent.


- Tiens, ils ont rangé les autos par marques, fait un quidam, c'est pour rappeler l'ordonnance des Salons de l'auto qui se sont tenus ici jusque dans les années soixante. Bien vu.

Un professeur d'histoire automobile, une coupe de Lanson à la main :
- Je ne suis venu ici que pour Moss. Je lui ai fait signer son Scrapbook. Je l'ai vu courir à Reims en 59 mais je ne lui ai pas dit. Et puis m'aurait-il remarqué en passant à 250 devant les tribunes ?
- (nous) Mais Moss, on le voit tout le temps...
- Oui mais un jour on ne le verra plus.

Un type en jean avec un sac Darty à bout de bras, en arrêt devant l'unique GT 40 :
- Tiens, le type qui a cette GT 40 est milliardaire, c'est sûrement la voiture la plus puissante du lot. S'adressant à un pote : c'est lui qui possède la Gordini de Françoise Sagan qui d'ailleurs devait courir ici. On m'a dit qu'il avait fait fortune en gérant des Leclerc. Il en a monté plein en Uruguay.
- En Uruguay ? fait le pote qui semble trouver que ça fait loin pour consommer moins cher.

GT Dreams, un teneur de site Internet qui s'appelle Gérard mais qui trouve que GT Dreams c'est plus sport :
- j'ai été à Essen fin mars, et j'ai dû faire un choix car il y avait Avignon en même temps, Essen c'est énorme, 12 000 metres carrés, 12 halls et j'ai pas tout fait.
- T'as fait combien de photos ? (un interlocuteur)
- Entre 800 et 1000
- Ah ? en petite forme alors !

Jean-Michel Sacaze, ancien cinéaste, auteur d'un film intitulé 4 ou 6 (faut-il qu'une Tyrrell ait 4 ou 6 roues ?) :
- Tu vas à l'enterrement de Georges Houel demain ?
- (Nous) Oui
- Je sais pas si y aura du monde...
- Y aura Moity en tout cas. Y fait tous les enterrements.
- C'était pas le plus vieux pilote. Dans Auto Rétro ou je ne sais quel canard, il y a un article comme quoi il y aurait un pilote de 95 ou 96 ans...

Nous devant les Osca :
- Ces Osca, y en a pas deux pareilles...
GT Dream :
- Si les deux au fond, les deux MT4
- Non les plaques sont pas pareilles
Plus tard devant les Osca, Françoise Corre, documentaliste sur l'Afrique qui ne connait rien aux bagnoles mais trouve ça beau :
- Comment est-ce que l'on fait courir ensemble ces voitures si dissemblables. Entre la 4CV et les grosse Ferrari... Il y a système d'équivalence ? Puis un peu après, toujours devant les Osca : dans ces voitures ouvertes, qu'est-ce qu'ils doivent prendre dans la figure quand il pleut... (deux excellentes réflexions)

Jean-Louis Mathieu, revenu de déjeuner à l'extérieur car la buvette du Grand Palais, c'est un peu juste :
- On a pas mal de nouveauté pour les Remparts 2008. On a des contatcs avec un grand pilote dont je ne peux pas dire le nom, et puis un organisateur en vue nous a promis deux très belles autos dont je ne peux rien dévoiler... Enfin l'affiche sera bientôt rendue publique mais je ne peux rien en dire pour l'instant. Jean-Louis, plus prudent dans la vie que sur le net.

Nous avisons Etienne Raynaud (era) traficotant dans le coffre d'une Ferrari 250 GT Lusso dont il est le navigateur heureux. Pendant que le propriétaire, un certain Mr Lee, colle les derniers stickers, il nous raconte sa joie de rouler une semaine dans cette magnifique machine de 1964, plaisir toutefois tempéré par le souci de savoir comment ceci sera pris par son entourage. Les gens sont tellement jaloux. S'approche une de ses connaissances à qui il nous présente.
- Ah oui, fait ce monsieur, et comment vont vos Dauphines ?
(C'est curieux, chaque fois qu'on nous croise on nous colle ces Dauphine sur le dos.)

Le type en jean au sac Darty vu plus haut repasse ; il se demande par quel canal Ferdinand de Lesseps a obtenu une aussi belle Porsche 911 RSR.
-  Suez, peut-être ? fait son pote.

Grand Jacques, croisé comme par hasard au carré Ferrari :
- Toutes ces Ferrari ça me mets dans un état ! Je suis en train de reconstituer l'historique des monoplaces des années 50, tu sais les 375, tout ça,mais c'est un tel boulot... je fais venir des bouquins par Internet du bout du monde.
- (Nous) Qu'est-ce que tu fais de ça, tu remplis des cahiers ?
- Non, j'essaie de faire un tableau Excel mais l'informatique et moi... Souvent quand ça plante j'ai envie de tout envoyer par la fenêtre !
- (Nous, pour lui changer les idées) T'as vu la 212 noire, on dirait une 403. C'est l'idéal pour tromper le fisc.
- ?!

Le type en jean au sac Darty, à son pote :
- Pictet, tu sais ce que c'est ?
- ?
- Une banque privée Suisse. Ils font partie des deux confréries les plus exclusives qui soient : les "Hénokiens", qui n'admettent que les boîtes de plus de 200 ans et les "Eponymes", dont le nom du dirigeant est celui de la boîte. Classe non ?
- (le pote qui est à la Banque directe) Y faut un revenu plancher pour avoir un compte chez eux ?

Autour de sa Miura immatriculée SOS 7 s'affaire un Hubert Fabri aussi classe que son auto. Le jeu consiste à faire rentrer une petite douzaine de sacs dans le "coffre", et ce sous le regard de badauds. Il y parvient, lançant à la cantonnade que finalement il y a plein de petits espaces. Un gars lui lance J'espère que vous n'avez pas de chocolats !



Tour Auto Lissac . Exposition Grand Palais . 14 avril 2008
www.tourauto.com 


Réflexion © MdS

dimanche, 14 octobre 2007

La R8 Gordini, 43 ans après

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Fin 2006 était créée à l'initiative de Renault Histoire et Collection, la mémoire du Losange, une coupe Gordini new look, l'International Gordini Revival, qui a consisté en 2007 en un ensemble de quatre réunions courues dans le cadre des World Series de Renault, dont la finale fut disputée à Lohéac les 6 et 7 octobre derniers, lors de l'Autobrocante Festival. Gianpaolo a demandé à Michel Maurier, un ami qui y a participé, de bien vouloir nous en donner ses impressions.

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Largement survireuse, le R8 Gordini requérait de la part de son pilote un fin doigté pour la maîtriser. Mais quelles sensations ! Si j’avais su ! Si j’avais su que 40 ans après, une R8 G, celle que j’avais la chance de posséder et qui valait tout juste 10 à 13 000 francs (2 000 €) vaudrait aujourd’hui la bagatelle de 30 000 €. Et encore faudrait-il en trouver une en bon état.

d2400f1c00d41a49e26bfa197f9d23b5.jpgAprès que mon ami Pierre Lees m’a mis dans la tête l’idée un peu folle de participer à l’édition 2008 de l’International Gordini Revival, j’ai voulu me rendre compte de ce à quoi cela pouvait ressembler. Je suis parti très tôt un samedi matin avec mon ami Daniel, celui-là même qui m’accompagnait déjà 40 ans avant dans mes aventures automobiles. Il aura donc fallu presque 40 ans pour que je me replonge dans cette ambiance, mais que d’émotions et de souvenirs. De voir et d’entendre ces autos m’a rappelé ces années d’insouciance au cours desquelles nous pouvions nous faire plaisir sans contraintes. Elles accusent a peine le poids des années, mais leurs propriétaires afin de les menager les font voyager sur remorques, faute de quoi elles ne passeraient pas toutes la Porte de Saint-Cloud à 18 h. Mais elles sont toujours là, fringantes.

La "course"

Je mets des guillemets car ce n’est pas vraiment une course. Les pilotes ont le droit de se dépasser, de se tirer un peu  la bourre, mais encore une fois elles sont fragiles et une sortie de piste ou à un accrochage causerait des dégats lourds de conséquences.

Les pilotes

Je ne mets plus de guillemets, car certains étaient déjà là en 1970, tant en rallye qu’en coupe Gordini. A cette époque ils étaient moins timorés et rentraient vraiment dedans. Il n’est que de voir les photos de ces années pour comprendre. Certaines font plus penser à du stock-car qu’à une course auto, mais quel spectacle. Je me souviens d’une course sur le circuit de Rouen, à la fin de laquelle plusieurs d’entre elles revinrent au parc fermé, tractées par des remorqueuses, en piteux état, cabossées de partout, le Nouveau Monde avait encore frappé. Mais le dimanche suivant, retapées, elles étaient à nouveau au départ sur un autre circuit.

Ragnotti

Cette tête brûlée a droit à une tête de chapitre. Egal à lui-même, au volant d’une Maxi Turbo, celle-là même avec laquelle il participa au championnat de France des rallyes, son fidèle navigateur Thimonier à ses côtés. Il tournait ce week-end en exhibition à Lohéac avec trois autres autos. Une berlinette jaune avec Alain Serpaggi au volant, une Clio 16 S et une Clio de 10 ou 15 ans d’age, ancienne voiture d’Alain Oreille qui était pilotée par une légende du Rallye, Jean Vinatier, qui doit être le premier vainqueur d’un rallye au volant d’une R8G.

Pour en revenir à Ragnotti, il n’a pas usurpé son surnom de "Kamikaze de Carpentras". Il passait sans lever dans la courbe à droite devant laquelle je me trouvais, et même Serpaggi s’est enrhumé a son passage. Personne, pas même le diecteur de course ne pouvait calmer les ardeurs de Jeannot et sa Maxi Turbo. Juste avant l’entrée aux stands, en pleine ligne droite et à vitesse maxi, il nous crédita d’un superbe tête-à-queue qui fit sursauter les spectateurs, tous persuadés que cette manœuvre était involontaire et due à une gêne de l’auto plus lente le précédant. Pas du tout, c’était tout à fait volontaire et la manoeuvre a été répétée à plusieurs reprises, à chaque fin de série où il embarquait avec lui une personne de l’organisation qui ressortait systematiquement le tein verdatre.
L’une d’elle nous relata qu’elle n’avait rien vu car elle avait fermé les yeux de terreur. Le responsable de Renault Histoire et Collection a fait semblant d’avoir peur pour ses autos, pour le principe, mais ne fait pas semblant de compter avec précision le nombre de trains de pneus qu’il est obligé d’approvisionner a chaque exhib' de ce funanbule de Ragnotti.

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Signé Michel Maurier



15e Autobrocante Festival . Finale de l'International Gordini Revival . Manoir de l'automobile de Lohéac . 6 et 7 octobre 2007



R8 G
© Michel Maurier

vendredi, 28 septembre 2007

Michel Loreille a du coeur

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Michel Loreille a chargé sa Talbot bleue dans son bus vert le week-end dernier et s'en est allé en Auvergne courir contre le cancer. L'automobile sportive s'est achetée une conduite, ces derniers temps, pour éloigner le spectre de sa mise au ban de l'opinion en s'engageant dans des opérations caritatives. Après le Mécénat chirurgie cardiaque et 300 Ferrari contre le cancer au Vigeant, se tenaient les 22 et 23 septembre, Les Heures internationales de Charade - 4e  Action cancer.
Le programme, édité par l'Ecurie Auvergne, qui organisait cet événement, donne des précisions. "Il s'agit d'un rassemblement de véhicules anciens, populaires, de prestige et à titre très exceptionnel de course et de Bugatti. Cette manifestation a pour seul objectif de collecter des fonds en vue d’un don le plus important possible à un organisme officiel de recherche ou de lutte contre le cancer."

Michel Loreille raconte l'essentiel dans un message.

Je viens de rentrer de Charade.
Grand moment d'émotion, rencontre avec Jean-Louis Rosier qui gagna les 24 Heures du Mans avec son père en 1950, il ne fit que deux tours. Son père Louis, décédé en 1956, à Montlhéry fit le reste. Bien que né en 1924, Jean-Louis a bon pied bon oeil. Rencontre émouvante avec les anciens mécaniciens de Rosier et malgré la pluie un grand plaisir de conduire la Talbot sur ce circuit de Charade ou la marque reste un symbole trés fort
Incroyable, le garage de Louis Rosier va être détruit dans deux mois, alors qu'on avait espéré qu'il deviendrait le Conservatoire Michelin.

Que Michel soit remercié de son témoignage qui, s'il ne bouscule pas les lois du reportage, témoigne d'un attachement
envers l'environnement et l'histoire de ce sport qu'on ne trouve pas chez tous ceux qui le pratiquent. Précisons que quelque part dans la presse, Jean-Louis Rosier avait déclaré comme une légende l'affaire des deux seuls tours qu'il aurait accomplis au Mans, car, selon lui, les commentateurs s'emmêlant dans les prénoms, Louis et Jean-Louis, n'auraient parlé que de Louis, ce qui aurait  fait croire que le père Rosier s'était cogné toute la course, et que le fiston n'aurait tourné que pour le symbole.
Beaucoup de conditionnels dans tout ça, n'est-ce pas ?

En ce qui concerne le garage de Louis Rosier, c'est un scandale dont Gianpaolo avait témoigné cet été.

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Heures Internationales de Charade . Circuit de Charade . 22 et 23 septembre 2007
http://monsite.wanadoo.fr/ecurieauvergne



Jean-Louis Rosier et Michel Loreille © Michel Loreille
La Talbot à Charade © Michel Loreille

vendredi, 13 juillet 2007

LM Story 2007 #3, Corse Clienti

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Corse Clienti ! Deux mots qui suffisent à allumer les regards et remplir les paddocks [1]. Cette structure "clients" est la partie émergée du grand cirque rouge, le Shell Ferrari Historic Challenge, qui cinq fois dans l'année plante ses tréteaux sur des arènes européennes ; il existe également une série de cinq courses en Amérique du Nord [2].
La tenue d'une de ces manifestations confère au meeting qui l'héberge un éclat particulier qui en principe en assure le succès.

4267fbce5cd9e06c2d25031421f30405.jpgCe fut le cas au Mans où nombre de spectateurs furent attirés comme mouches sur du miel. Lançé simultanément en Europe et en Amérique du Nord en 1996 par Ferrari pour permettre à ses clients de courir dans de bonnes conditions, le Challenge est ouvert aux Ferrari, et depuis 1999, aux Maserati, d'avant 1982 ayant apporté la preuve de leur authenticité par un document d'accréditation technique délivré par l'usine.

Les autos sont réparties en trois groupes en fonction de leur architecture technique et leur ancienneté. Il fut bien difficile d'extraire parmi les centaines de fichiers .jpg que nous avons consacrés à ces machines les quelques images qui suivent, forcément subjectives, partiales, et qui ne reflètent nullement l'option qu'aurait prise l'Abominable Christian, au bord de la piste et de l'apoplexie le week-end entier, et qui eût consisté en la publication d'une note gargantuesque de 1300 photos.


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Seul l'habillement du public - à base de chemises flottantes et de jeans fripés - permet de dater cette scène comme contemporaine et non enregistrée en 1972 dans un quelconque paddock où stationnerait cette 312 PB, la reine de l'année qui, aux mains de Jacky Ickx (appairé à Mario Andretti, Brian Redman et Clay Regazzoni) remporta six épreuves du Championnat du monde des marques. Il s'agit de Irvine Laidlaw qui sème la terreur dans son groupe C.

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Nous n'ajouterons rien au commentaire qu'aurait eu Gianpaolo au vu de cette image d'un gars tripatouillant le V12 de sa 275 GTB (pardon, d'un client) : Ça ne mange pas de pain !

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Le public se pressait grave à chaque apparition de la Ferrari 330 P3 de Peter Hardman ; dame, c'est pas sur le parking de Lidl qu'on risque de voir cette auto née en 1966 de la version P2 mais dotée de l'injection Lucas qui lui donnait 20 CV de plus que l'ancienne. Battue au Mans par les Ford, elle compensa en enlevant les 1000 km de Monza et de Spa.   

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Dominique Pascal écrivait en édito d'un numéro pas très ancien d'Auto passion que l'important est que les autos nous racontent une histoire, celle d'un propriétaire, d'un ingénieur, d'un designer, d'un pilote. Quelle histoire est cachée dans le sublissime coupé 250 GT Ellena de 1957 que sa propriétaire allemande, Lisa Lechler, hélas casquée, conduisait à sa main sur le Bugatti, comme un dimanche après-midi sur le Kurfürstendamm. Ne voyez pas malice de notre part mais une totale admiration envers cette jeune femme à la manière aristocratique, et sa 250 GT qu'on a surtout pas envie de bousculer avec son tableau de bord en bois exotique. Toutes deux paraissent échappées d'un film de Visconti.

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Bien qu'elle tente d'échapper aux regards, on la reconnaît à ses hanches galbées, la 250 LM de Nick Adams. Dernière Ferrari victorieuse aux 24 heures du Mans, en 1965, aux mains de Masten Gregory et de Jochen Rindt, c'était une auto née en 1963, conçue comme une GT, ce que la CSI n'accepta pas au grand dam d'Enzo Ferrari ont la colère à ce sujet est restée célèbre. L'auto ferrailla en Sport avec des fortunes diverses, elle gagna néanmoins les 12 heures de Reims 1964 avec Hill et Bonnier, les 9 heures de Kyalami la même année conduite par David Piper et Tony Maggs, les 500 km de Spa en 65 avec Willy Mairesse et les 1000 km de Paris 66, menée par Mike Parkes et David Piper. À noter que sur les 32 autos construites, seule la première devrait être répertoriée comme 250 car l'unique équipée de l'ancien V12 de 3 L, les suivantes l'étant du moteur 275 de 3,3 L, seraient des 275 LM. Qu'en pensent nos spécialistes ?

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Parmi les six berlinettes 250 GT passo corto vues au Mans, celle-ci n'était pas la plus spectaculaire ni la plus voyante ni la plus rapide mais bien l'auto la plus désirable dont le dernier Rétromobile nous avait laissé le souvenir, que le riche marchand suisse Lukas Hüni avait exposée sur son stand, et qu'il pilotait ici.
Installé à Zurich où son père avait ouvert un négoce de voitures de luxe en 1950, Lukas Hüni a repris l'affaire en la spécialisant dans les autos de collection et de sport. L'un des négociants les plus exigeants et réputés de la planète, Monsieur Hüni est de ceux à qui on prend d'autant plus de plaisir à parler qu'une Ferrari ou une Bugatti sera la plupart du temps l'objet de la discussion. Aussi quelle ne fut pas notre surprise lorsque cette réplique parfaite d'un officier du IIIe Reich s'avança vers nous à Pau en 2005... Avait-il une 250 GTO à roder ? Une place au Cavallino Classic ? Que nenni, il nous demanda la météo pour le lendemain. Sans doute notre mise approximative l'avait-il induit en erreur, nous faisant passer à ses yeux pour quelque paysan béarnais descendu de ses montagnes, juste capable de lire dans le ciel.




LM Story . Circuit Bugatti du Mans . 6 au 8 juillet 2007
www.lemans.org/lmstory/2007/pages/accueil.html



[1] www.ferraricorseclienti.com
[2] Shell Ferrari Historic Challenge



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mercredi, 11 juillet 2007

LM Story 2007 #2, le mur d'images

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Disputé les années impaires depuis 2003, LM Story fait figure de petit frère du Le Mans Classic avec lequel il partage en alternance une date au calendrier. Moins d'autos, moins de paillettes car peu connu des médias, donc du public, pas de pilotes de renom hormis cette année, débusqués entre deux stands, Jean-Pierre Jaussaud, Jean-Claude Andruet ou les frères Fillon.

05af0472eebca064d79031e3e4936e2b.jpgC'est dommage car s'il fallait résumer d'un mot cette manifestation, on hésiterait entre "sympa", "convivial", ou "décontracté. En sus de son professionnalisme, l'ACO y fait montre d'une étonnante magnanimité en laissant le public aller partout, paddocks, bâtiments, voire stands s'il parvient à déjouer les "contrôles" pépères qui en principe en barrent l'accès. Seul risque, se perdre au sein de l'immense zone industrielle qu'est devenu Le Mans au fil des ans ; cette remarque étant essentiellement à notre intention, nous qui n'y avions pas remis les pieds depuis 31 ans. Nous y reviendrons.

Avec 350 voitures réparties en 9 plateaux qui disputèrent 17 courses sur deux jours, le menu était copieux et il fallut tout le savoir-faire accumulé par l'ACO depuis un siècle pour qu'il fût gouté sans indigestion ni hoquet. Tout s'est enchaîné comme dans un film au ralenti, pour reprendre un mot de Jackie Stewart qualifiant une course parfaite. Posté sur un balcon du bâtiment surplombant la prégrille, nous admirâmes un ballet rôdé par 100 ans d'expérience ; trois plateaux manoeuvrant de concert, ou presque. Avant que les dernières autos du plateau A fussent sorties de la piste, on y faisait entrer celles du plateau B patientant en prégrille alors que les premières du plateau C commençaient de s'y rendre ; du grand art.

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Apparue en 1952 et dérivée de la 4 CLT dans laquelle l'ingénieur Gioacchino Colombo installa un six cylindres à la place du quatre cylindres, la Maserati A6GCM souffrait d'une tenue de route rendue difficile par sa suspension arrière à essieu rigide. De plus, le levier de vitesses, placé entre les jambes du pilote à cause d'une boîte accolée au moteur en position centrale, n'était pas pour optimiser l'ergonomie. Pas grave dans la mesure où cette notion n'existait pas. Au Mans, l'auto était aux mains de Julia de Baldanza, inscrite sur l'un des deux plateaux du Ferrari Historic Challenge. Quand même, un levier de vitesses entre les jambes... Allez passons à la photo suivante.

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Il est assez rare qu'un pilote en prégrille descende de sa voiture pour venir saluer un spectateur, en général c'est l'inverse. C'est pourtant ce qu'a fait celui qui est assis dans une Ralt et qu'on aide à s'y sentir bien. Du coup, Alain-Gérard Duthé, l'un des principaux animateurs du Trophée F3 Classic, a sa photo sur MdS, ce merveilleux blog sur lequel je passe des heures, nous a-t-il confié en nous abordant. Coriace sur la piste, paraît-il, mais urbain à la ville. Prochaine étape, nous faire saluer par Fernando Alonso à une demi-heure du départ d'un prochain GP. 

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Amusant rapprochement Matra-Ferrari 34 ans après la guerre qui les opposa en Sport-protos, et notamment au Mans où la marque française l'emporta à l'issue d'un combat salué par un public sportif. En cote bleue, Jean-Paul Humbert désigne un truc à l'avant de la Matra MS 80 à l'attention d'un de ses homologues du Corse Clienti, le service clientèle de Maranello, venu incognito. Jean-Paul Humbert, il fait un boulot intéressant, il construit des vieilles Matra près de Romorantin dans un atelier qui s'appelle EPAF. Après la 650 qu'on a vue tourner ici aux mains de François Fillon, la 640 aperçue entre autres à Rétromobile, et la MS 80 présentée sur la photo (qui fut conduite notamment par Pierre Fillon), il achève la re-création d'une MS 11. 

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Les Jidé étaient de petites bagnoles de sport assemblées avec beaucoup de passion et un peu de blé dans un garage par un dénommé Jacques Durand, un fondu de plasturgie. Vers la fin des années 50, ayant aperçu une Alpine traîner chez le père de Jean Vinatier, il se dit qu'il pourrait faire pareil. Au total, une grosse centaine de ces minuscules engins sortirent jusqu'à ce que la première crise du pétrole, fin 1973, anéantisse ses efforts. Empruntant des éléments de série Renault, les Jidé, légères et collant à la route mieux qu'un malabar écrasé, procuraient des sensations de conduite extraordinaires à ceux qui pouvaient s'y installer. Au vu de sa hauteur de limande, les enfant imaginent l'engin comme un jouet, et d'ailleurs semble-t-il conçu pour cette petite fille. Grave erreur, demandez à Jannick Auxemery ou Jeannot Ragnotti !

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En Saloon cars, c'est à qui aura l'auto la plus méchante. Même les Mini Cooper s'avèrent plutôt Cooper que minis. La livrée noire de la Chevrolet Camaro de Marc Hevia n'inciterait pas à la gaudriole si son numéro ne suggérait pas le contraire.

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En Saloon cars, c'est à qui aura la plus grosse. Un concours de bites (rapides) desquelles il est de bon ton d'afficher les mensurations sur son capot, tel ce concurrent que la nature mécanique, bonne fille, a bien pourvu. En Maxi 1000, comme dame nature mécanique est moins large d'esprit, il est au contraire bien vu d'avoir la plus petite, qu'on affiche aussi. Sur sa Dauphine, un pilote a inscrit sa taille en japonais, mais un tour à Langues O' nous apprend qu'il s'agit d'un moteur de 845 cm3.



LM Story . Circuit Bugatti du Mans . 6 au 8 juillet 2007
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