mercredi, 22 novembre 2006

Sans parler de Mass...

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Outre ses qualités naturelles, Martine en avait une particulièrement précieuse à nos yeux : elle parlait allemand. Quand on va au Ring ou à Hockenheim trois ou quatre fois dans l’année, la chose prend tout son sens. Aussi était-elle la bienvenue dans la Chrysler 180 de Christian qui sillonnait l’Europe dans les années soixante-dix et était dressée à immobiliser son capot devant les grilles des grands circuits.

En hiver, Martine s'emmer... bref, lisait Sport Auto, hantait le Salon de la voiture de course. Pas de courses, pas de Jochen Mass à espérer voir torse nu, voire mieux. En hiver, Martine voyageait pour évacuer le vide du calendrier sportif de la FIA. Par exemple au hasard, en janvier, février, on la voyait du côté de Buenos Aires ou de Rio ; en mars, il aurait été possible de la croiser à un arrêt de bus de Johannesburg si l'apartheid ne la dissuadait du voyage, etc.

En ce mois de janvier 1976, elle avait pris un Boeing et avait atterri à Congonhas, l’aéroport de Sao Paulo. Nous avons exhumé la carte postale dont le verso témoigne qu'elle n'a pas été au foot, contrairement à ce que suggère le recto .

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mercredi, 27 septembre 2006

La Carte-de-Michel-Letue

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Entre autres qualités, notre ami Michel Letue est fidèle. Fidèle en amitié d'abord, ce dont témoigne l'exercice obligé mais apprécié de la Carte-de-Michel-Letue qui atterrit dans notre boîte aux lettres chaque fin de mois d'août que Dieu fait depuis 1979, c'est-à dire peu de temps après que nous eussions fait sa connaissance sur un circuit dont le nom s'est envolé avec les neurones qui s'échappent chaque jour un peu plus de notre cerveau.
Sans doute Brands Hatch ou Silverstone car Michel Letue a vu tous les GP d'Angleterre depuis 1972. Par vu, entendre "été à".

Egalement fidèle aux traditions, notre ami. Ayant une peur bleue des ordinateurs, sa Carte-de-Michel-Letue ne saurait être virtuelle. Non, elle est écrite à la main, dûment timbrée, calligraphiée, déposée dans une boîte aux lettres où il n'est pas marqué Yahoo dessus ; bref c'est du roots.

Un coup du sort le prive du voyage d'outre-manche depuis quelques années. Le GP d'Angleterre, Michel Letue le suit maintenant dans Auto Hebdo.
Cet été il a trainé son spleen du côté de Bayeux. Par beau temps, sans doute a-t-il aperçu les côtes anglaises.
La version 2006 de sa Carte-de-Michel-Letue porte à croire qu'il commence d'halluciner.

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(Le 14 août 2006
Il va falloir revoir les manuels de sport automobile. La première édition des 24 h du Mans a lieu en 1066 et non en 1923 (comme l'atteste ce fragment de la tapisserie de la reine Mathilde). Le Tom Kristensen de l'époque s'appelait Guilaume Le Conquérant.
Bon baisers de Bayeux
Michel)

samedi, 14 janvier 2006

35° à l'ombre et 200 % d'inflation

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En compagnie de Didier Braillon qui débute à Autohebdo, nous nous envolons en janvier 1980 en Argentine. Lui commence sa carrière, nous stoppons la "nôtre", lassé de dix ans de crapahutages, tenté par d'autres mirages.

L'aéroport d'Ezeiza, à Buenos Aires, fourmille d'hommes en armes, l'air mauvais. On n'y tourne pas un film, c'est l'Argentine du général Videla qui accueille les visiteurs dont 80% de personnels FOCA qui giclent aux comptoirs de location de voitures, indifférents à tout ce qui n'est pas coloré de vif et n'a pas quatre roues.
Un orage de fin du monde nous bloque dans le hall. Il faudrait être fou, ou avoir trois tonnes de matos à faire dédouaner, pour braver une tempête d'été par 40° de latitude Sud. En janvier c'est l'été, là-bas.

L'hôtel où est situé le bureau de presse tient davantage d'un quartier général sensible que du Sheraton Buenos Aires comme indiqué sur sa façade. A l'issue d'un interrogatoire serré - et encore plus serré pour nous qui ne faisons qu'accompagner Braillon, c'est-à-dire rien, il nous est remis un carton orange marqué "Prensa grafica".
Alain Prost débute en F1. Il a une McLaren et encore l'allure d'un petit teigneux. Braillon l'interviewe en salle de presse ; les deux sont aussi peu à l'aise l'un que l'autre.

Buenos Aires est un chaudron dont jamais personne relève le couvercle. Des "Folles" défilent sur la place de Mai demandant la libération d'un parent, d'un frère, d'un mari. Un million de taxis jaune et noir sillonnent les rues à 200 à l'heure, conduits par 500 000 Reutemann, 499 999 Fangio et un Pepe Migliore, fameux chauffeur immortalisé par Jean-Pierre Beltoise. 
Pour payer l'hôtel, avant de s'enfoncer dans la pampa vers Mar del Plata, il fallu recouvrir le comptoir de biftons. Dix ou vingt millions de pesos pour trois nuits.

Merci à Christian Bon (l'Abominable) de nous avoir renvoyé ce soir la carte que nous lui écrivîmes il y a presque 26 ans jour pour jour. 

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samedi, 27 août 2005

Le couteau dans la plaie

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Didier Braillon était à l'aube d'une belle carrière journalistique, en 1980.
Il la doit à une plume qui agit aussi comme un couteau.

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lundi, 25 juillet 2005

La femme de plume

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En ce mois de juillet 1987, Monique est partie en vacances où personne ne va, sinon pour y travailler obligatoirement : en Allemagne, et pire, à Hockenheim, où la plage est bétonnée et bondée de 120 000 locaux équipés chacun d’un bide et d’une canette.
Le hasard qui fait bien les choses avait programmé le Grand Prix d’Allemagne au moment de son séjour, à moins qu’elle n’ait domestiqué le hasard.

Monique est fondue de sport automobile, c’est-à-dire des hommes qui font ce sport, dans l’ordre : spectateurs (bof), mécaniciens (un peu), teams managers (pas mal), ingénieurs (ah oui !) et pilotes (oh oui !!). Elle laisse les autos aux rustiques.
Monique n’avait d’yeux à Hockenheim que pour Derek, Alain et Ayrton, ses pilotes chéris cités par ordre d’accessibilité [1] . Sans doute gardait-elle également une place près du cœur pour Bernard, dans la catégorie immédiatement inférieure, et pour Frank, dans celle du dessous, et enfin, pour Jo, et vraiment s’il avait effectué le déplacement, pour Pierre, à moins qu’il ne se fût montré en short ultra court et marcel, accessoires éliminatoires.

De la furia d’Hockenheim, sa carte postale ne dit rien, ni de la tension qui prévalait au départ de ce GP d’Allemagne 1987 alors que quatre pilotes se tenaient en haut du championnat en cinq points, Ayrton, Nigel Mansell, Nelson Piquet et Alain.
A son destinataire de se reporter sur son canard favori pour connaître de cette course.

Derek explosa son moteur, Alain, qui avait course gagnée, laissa à Piquet la victoire et Ayrton, victime d’ennuis de suspension, ne put faire mieux que troisième. Le résultat est une carte postale qui aurait pu être écrite par votre collègue de bureau qui est secrétaire administratif.
Ne jamais faire confiance à une femme qui vous parle de course automobile.

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[1] Warwick, Prost et Senna

dimanche, 05 juin 2005

Une poignée de sable de Zandvoort

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Vendredi 27 juillet 1973. Autour de 20 heures, restaurant Dubrovnik, Zeestraat 41, Zandvoort (Pays-bas)


La mer du Nord a lâché tout au long de la journée ses embruns sur le circuit, aidée dans cette tentative de démoralisation par le vent du même nom ; ils ont réussi à changer Zandvoort en éponge de sable, entreprise finalement pas si ardue car même par beau temps les campeurs y bouffent le haddock craquant sous la langue. Zandvoort annonçait un Bahreïn en puissance, n’était le couple infernal désigné plus haut qui aurait interdit toute comparaison climatique.

Réfugié avec Gilbert Monceau au Dubrovnik, où le vin dalmate aide à oublier les frimas qui dehors se déchaînent et menacent de flanquer par terre la pancarte Marlboro que le patron a accrochée en façade, nous récupérons de cette journée liquide. Pas pressés de regagner la tente.

Beltoise est 6e temps provisoire ce soir. Conjonction de son aisance naturelle sous la pluie, des pneus Firestone qui accrochent au poil sur le sable mouillé, et de la souplesse du V12 BRM. Euphorique, nous décrochons une carte postale du présentoir et commençons d'écrire, d’une main raidie par le froid de l'été batave.

Le Grand Prix de Hollande 1973 allait s’avérer mouvementé. Dramatique serait plus correct. Un accident grave allait nous priver à jamais du jeune Anglais Roger Williamson, que son compatriote David Purley tenterait en vain de tirer du brasier. Crash devenu emblématique dont la colonne de fumée, visible sur tout le circuit, obscurcit encore bien des mémoires.
Jackie Stewart, qui remporterait son 26e Grand Prix et dépasserait Jim Clark au jeu du nombre de victoires, tirerait la tronche des mauvais jours sur le podium. Encore un pilote tué.

Les péripéties ont été fatales à la carte postale, oubliée dans la poche.
Nous la retrouvons, intacte, dans sa boîte à chaussures, 32 ans plus tard.
Elle trouve enfin son destinataire.

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jeudi, 02 juin 2005

Bons baisers de Monaco

Une carte postale reçue hier soir nous a renvoyé à la barbarie de notre époque, faite d'emails, de sms, de non-communication.
L'envie nous a pris de farfouiller dans la boîte à chaussures qui sert à ranger le courrier démodé que sont ces cartes postales et lettres reçues des quatre coins du monde où se trouvent les circuits, et de vous les faire toucher du doigt.

Rencontré au Grand Prix de Monaco 1973, Pierre "old fashion" Chrétien est aussi fidèle à ce rendez-vous qu'en amitié.

De haut en bas :

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