mercredi, 02 décembre 2009
Le dilemme de Peter Collins
Je m’intéresse beaucoup aux coureurs automobiles des années 50-60. On connaît bien les voix de Fangio, Moss, Trintignant, Hawthorn, Brooks. Grâce au documentaire de Philippe Alfonsi, on connaît celle de Portago. Mais rien sur Jean Behra, Harry Schell, Luigi Musso, et quelques autres (du moins à ma connaissance). Et jusqu’à ces derniers jours, rien sur Peter Collins.
Et puis, en me promenant sur YouTube, je découvre un reportage sonore en deux parties sur le Grand Prix d’Angleterre à Silverstone en juillet 1958, avec, au tout début, une courte interview de Peter Collins (vous allez sur YouTube et vous faites "British Grand Prix at Silverstone 1958" sur le moteur de recherche). J’aime bien la voix de Peter Collins. L’anglais est d’une grande pureté, et on sent une certaine distinction qui trahit le jeune homme de bonne famille, issu de cette « middle class » qui constitue encore la colonne vertébrale de la société britannique des années 50-60. Je me permets de vous communiquer la transcription ci-dessous. Nous sommes à quelques minutes du départ.
Question du journaliste - Would you tell us something about the car you are driving today, Peter ?
Peter Collins - It is the 2.5 liter Grand Prix Ferrari. They call it the Dino 246. The name derives from the son. The son who died three years ago in Modena. We have got modified carburation here, slightly different suspension, and a bigger radiator.
Q - Can I ask you a question I should not ask you: what are your chances ?
PC - Well, I hope Ferrari wins it, obviously. I don’t know personally what my own chances are with concentrating more on trying to help Mike win. I think it’s the principal object.
Q – And you can keep going , you think ?
PC - Oh, I am certain.
Q - I wish you the best of luck, Peter.
PC - Thank you very much, indeed.
L’interview peut paraître banale, mais révèle néanmoins quelque chose d’intéressant. Peter Collins est dans un dilemme ; ce qui explique peut
être la curieuse façon dont le journaliste formule la question («… a question I should not ask you»). Collins (3ème à Monaco et 5ème à Reims) a moyennement débuté le championnat, alors que Mike Hawthorn (troisième en Argentine, second à Spa, vainqueur à Reims) est à la lutte pour le titre avec Stirling Moss (vainqueur en Argentine et à Zandvoort, second à Reims). Il sait que sa voiture peut lui permettre de gagner, mais c’est Mike Hawthorn qui est en course pour le titre de champion du monde. En plus, Mike est son ami (un vrai ami, qui a pris fait et cause pour lui contre Tavoni, lors du psychodrame de Reims, il y a 15 jours [1]. La priorité, avoue t-il, est bien d’aider Mike (« it’s the principal object »). Pourtant, il peut gagner, il le sait. Et surtout, il le veut ardemment. Il lui faut absolument reconstruire une crédibilité au sein de l’équipe Ferrari où sa position est devenue fragile.
La dernière question du journaliste (« And you can keep going, you think ? ») est difficile à traduire littéralement, car tout est dans la nuance, avec cette utilisation du verbe « to keep », qui signifie que Collins court deux lièvres à la fois. On peut traduire par : « et vous pensez (malgré cela) pouvoir saisir votre chance ? ». « J’en suis sûr », lui répond Collins. La situation est donc compliquée : comment courir pour « la gagne » et en même temps aider Hawthorn dans le championnat ? Comme toujours, les circonstances décideront.
On sait ce qu’il advint. Peter Collins, jaillissant de la seconde ligne, prit immédiatement la roue de Stirling Moss. A la fin de la ligne droite qui suit Copse, dans la courbe rapide de Maggots, il prit l’intérieur et dépassa la Vanwall avec une déconcertante facilité. Dès la fin du premier tour il était en tête, et on ne le reverrait plus. Il remporta la course. Je n’ai pas connaissance qu’il eut jamais la moindre intention de laisser passer Hawthorn qui termina second. Après tout, le calcul – s’il y en eut un - n’était pas si mauvais. Moss avait abandonné, et Hawthorn était passé en tête du championnat (30 points contre 23 à Moss). Quant à Collins, il s’était un peu « refait la cerise » (14 points), et pas seulement au strict plan comptable. Une « win-win situation », comme on dit de nos jours.
Mais deux semaines plus tard, au Nurburgring, face aux Vanwall, moins rapides dans les lignes droites mais plus agiles dans les courbes, ce serait une autre affaire.
René Fiévet
Washington DC
[1] On se reportera au récit très complet de cette affaire que fait Laurent Rivière sur le site Les amis du circuit de Gueux, dans la rubrique "Carnet du paddock". Les trois articles du Professeur Reimsparing sur Reims 1958 n’abordent pas ce sujet (Reims 1958, acte I Reims 1958, acte II Reims 1958, épilogue)
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samedi, 03 octobre 2009
Jim Clark au pays du Soleil Levant

Je me permets de vous soumettre la contribution suivante, qui correspond bien, il me semble, à l'esprit de votre blog dont je suis un lecteur assidu.
Ceci s’adresse à tous les admirateurs de Jim Clark – qui portent en eux, et porteront à jamais, la cicatrice du 7 avril. Une surprise vous attend sur le site YouTube. Vous tapez "Jim Clark, 1966" dans le moteur de recherche, et vous tombez sur un reportage d’environ 20 minutes (en 3 parties [1]) sur Jim Clark en voyage au Japon du 26 au 29 mars 1966. Celui qui transmet ces images s’appelle "Peacelovers", un nom peu original et assez mièvre, mais qui convient parfaitement à ce véritable bienfaiteur.
De quoi s’agit-il ? Le titre est explicite : l’inauguration de l’ouverture du circuit du Mont Fuji. Imaginez la visite d’un chef d’État, et vous avez à peu près une idée du film qui nous est présenté : arrivée du DC8 de la Japan Airlines, sortie de Jim Clark seul sur la passerelle (de toute évidence on a prié les passagers de patienter dans la carlingue), cohorte de journalistes dans le salon VIP de l’aérodrome, avec bien sûr un interprète, un grand barbu, attaché à sa personne durant tout son séjour. Déplacements dans une Rolls Royce (évidemment !). Et tout le reste à l’avenant, accompagné d’un fond de musique classique obligatoire à cette époque pour tout personnage important en visite dans un pays. A mon avis, il ne manque que les motards pour escorter la Rolls. Mais bon, vous voulez voir Jim Clark sous tous les angles, ou presque ? Vous en aurez plein les mirettes.
Certains aspects de la personnalité de Jim Clark transparaissent assez bien dans ce film. C’est un grand timide (cela se voit à ce regard craintif qu’il a toujours dès qu’il est dans une assemblée de plus de trois personnes), et son élocution est un peu hésitante. Mais il ne manque pas d’aisance, et il a une vraie distinction naturelle. Il donne l’impression d’un homme charmant et agréable. D’ailleurs, on peut penser qu’il apprécie beaucoup le moment qu’il passe avec ses hôtes japonais. On sait, par ses biographes, qu’à cette époque (il venait d’avoir 30 ans) il avait cessé d’être indifférent aux douces caresses de la célébrité.
Revenons au grand barbu qui lui tient lieu d’interprète. Ce n’est pas tout à fait un inconnu : il s’agit de Don Nichols, qui se fera connaitre quelques années plus tard comme le créateur et le dirigeant de l’écurie de formule 1 Shadows. En 1966, il est représentant de Goodyear au Japon depuis plusieurs années. C’est d’ailleurs au grand spécialiste de l’Asie, où il a sévi dans les années 50 comme agent de la CIA. Pierre Ménard, dans sa monumentale Grande encyclopédie de la Formule 1, nous dit que Don Nichols avait participé à la construction du circuit du Mont Fuji. De toute évidence, c’est Don Nichols qui a organisé cette visite de Jim Clark.

Visite du circuit, tours de pistes de Jim Clark sur une Lotus de Formule 2, puis sur une Jaguar E décapotable dans laquelle il emmène Don Nichols. Pour la première fois vous verrez Jim Clark piloter une voiture avec un casque blanc, qu’on lui a obligeamment prêté (en fait non, j’exagère, il y a d’autres images de Jim Clark avec un casque blanc : en 1963, à Indianapolis, à l’occasion des premiers tours de roues de la Lotus 29).
Conférence de presse. Quelles sont ses impressions du circuit ? Dommage, la voix est couverte par la traduction, mais j’entends toutefois : « …also, the circuit (the surface ?) is generally very good ». Cela peut paraître assez peu enthousiaste, mais on est dans l’understatement, une véritable manie chez les Britanniques. En fait, c’est sûr, Jim Clark veut tout simplement leur dire que le circuit est formidable. Et puis, c’est à Don Nichols, l'interprète, de trouver les mots qui feront plaisir aux hôtes japonais. Chacun son boulot.
Le film se termine par la cérémonie finale, à l’occasion d’un banquet, où une jeune femme apprend à Jim Clark à se servir de baguettes. A la vérité, il s’en sort très bien pour un débutant. Enfin, on lui remet en cadeau un magnifique collier de perles du Japon. J’aime à penser que ce collier, à son retour en Europe, ira directement autour du cou de Sally Stokes. Peut-être en cadeau d’adieu, car, dit-on, le couple est en train de se défaire.

René Fiévet
Washington DC
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mercredi, 25 février 2009
François Cevert et la télévision, une histoire d'amour

En ce soixante-cinquième anniversaire de sa naissance, laissons les archives de l'INA donner un nouveau jour à François Cevert. Voici classées chronologiquement les quatorze émissions de télévision qu'il illumina de sa présence entre 1970 et 1983.
Titre propre : L'automobile et les vingt-quatres heures du Mans
Titre collection : L'invité du dimanche
Générique et auteurs : Réalisateurs, Guy Seligmann, Rémy Grumbach ; Producteurs, Daniel Costelle, Pierre-André Boutang ; Présentateur, Pierre Bouteiller ; Participants, Olivier Gendebien, Pierre West, François Cevert, Philippe Chassagny (directeur écurie Matra), René Thomas (coureur automobile), Johnny Servoz Gavin (coureur automobile), Gabriel Voisin (constructeur automobile), Jacques Baumel, Michel Roche (spécialiste de la psychologie du conducteur)Date de diffusion : 07/06/1970
Durée : 02 H 20
Titre propre : Automobile : Grand Prix de France de formule 1
Titre collection : Sports Dimanche
Générique et auteurs : Journaliste Jacques Segui ; Participant, François CevertRésumé : Plateau Marseille - Stephane Collaro parle de la Formule I - tribune comble - démarrage des voitures - le virage - groupe de spectateurs - vainqueur sur le podium avec couronne autour du cou - interview de François Cevert du haut du podium : "Je croix que ce n'est pas la peine de te demander si c'est le plus beau jour de ta vie ?" - Jackie Stewart avec sa coupe dans les bras - "no problem today ?" .
Date de diffusion : 04/07/71
Canal : 1eme chaîne
Titre propre : Michel Lancelot et sa tribu
Titre collection : Bienvenue
Générique et auteurs : Réalisateur Guy Job ; Producteur, Guy Béart ; Présentateur, Guy Béart ; Interprètes, Triangle, Anne Vanderlove, Carlos, Michel Corringe, Julien Clerc, Marie-José Neuville, Johnny Hallyday, Roger Damin, Charly Oleg, José Souc, Didi Duprat, Alphonse Masselier, Jean François ; Participants, Michel Lancelot, François Cevert, Robert Sabatier, Jean Pons, Jim LarriagaRésumé : Jeunes dansant le jerk - Michel Lancelot interviewé par Guy Béart - d'où vient son nom d'Irlande - Anne vanderlove chante "Le long des côtes d'Irlande" - Carlos et Michel Lancelot (ils ont fondé le club des "obsédés sexuels") - Carlos chante "Ouvre ta maison" - Michel Corringe chante "La route" - Guy Béart chante "Je rôde" - François Cevert, coureur automobile - Julien Clerc chante "4 H du matin" - Carlos fredonne la chanson qu'il chantait en anglais il y a quelques années, "Good night" - "La Reine du shopping" - Guy Béart chante "Le grand chambardement" - Marie-José Neuville chante "Comédie" - Robert Sabatier, écrivain, raconte sa rencontre avec Michel Lancelot qui joue de la guitare et chante "Je vous salue Marie" - Johnny Hallyday raconte comment il a commencé à chanter
Date de diffusion : 10/08/71
Durée : 01 H 31
Titre collection : JT 13 h
Générique et auteurs : Journaliste Jacques Segui ; Participant François Cevert.Résumé : Rencontre avec François Cevert qui vient de remporter le Grand Prix des Etats-Unis. Le pilote français nous fait partager sa passion pour la course automobile et les coulisses d'une course de Formule 2 en Suède.
1er août 1971. Nurburgring - passages de véhicules dans la ligne droite et en virages - François Cevert à bord de sa moto casque sur tête avec son nom inscrit, devant chez lui se faisant filmer . "Avez-vous le sentiment qu'il se passe quelque chose pour vous en ce moment ?" -interview au milieu de ses nombreuses coupes - Il rapporte l'origine des coupes exposées - rappelle les circonstances de ses débuts - En avion en vol vers Stockholm pour course de Formule 2 - sur le bord de la piste les pilotes se restaurent - François Cevert ajustant ses boules dans les oreilles - mettant sa cagoule puis son casque - très gros plan de ses yeux.
Date de diffusion : 04/10/71
Canal : 1ère chaîne
Titre collection : Grand Amphi
Générique et auteurs : Réalisateur André Flédérick ; Présentateur Jacques Chancel ; Interprètes Kenny Clarke, Frères Jacques,Jean-Pierre Cassel, Sacha Distel, Claudia Cardinale, Francis Lai, Marie Laforêt, Michel Legrand, Alain Barrière, Jacqueline Huet, Pierre Perret, Participants, Pierre Tchernia, René Goscinny, Albert Uderzo, Catherine Deneuve, Xavier de Sade, Geneviève Dormann, Raymond Kopa, François Cevert, Pierre Albaladejo, Jean-Pierre Beltoise, Jean Sas, Claude Chebel, Françoise Sagan, Alain Giletti, Pierre Dudan, Denise Glaser, Francine Racette, Edwige Feuillere, Maurice Trintignant, Dany Kaye, Dany, Claudine AugerDate de diffusion : 14/11/71
Durée : 01 H 53
Canal : 2ème chaîne
Titre propre : Un nouveau grand pilote
Titre collection : Les coulisses de l'exploit
Générique et auteurs : Journalistes, Alain Boisnard, Christian de Cortanze ; Commentateur, Stéphane Collaro ; Participant, François CevertRésumé : Champion de France de Formule 3 en 1968, François Cevert débute en Formule 1 en 1970 dans l'écurie Tyrrell-Ford. Pour sa deuxième année en Formule 1, il réussit à se hisser à la 3e place du Championnat du monde derrière Jackie Stewart et Ronnie Peterson en remportant notamment le Grand Prix des USA à Watkins Glen. Interviewé par Stéphane Collaro, il revient sur les dates importantes de sa carrière en alternance avec des images de Grand Prix. - François cevert jouant du piano, pilotant un avion, pilotant une moto dans la forêt. - Interview de François évoquant sa première année de pilote automobile, son titre de champion de Formule 3 en 1968, sa victoire au Grand Prix de Reims - Extraits du Grand Prix de Reims. Divers plans sur le podium avec un collier de fleurs - Suite interview de François Cevert qui évoque ses débuts avec Ken Tyrrell lors du Grand Prix de Hollande 1970 - Divers plans des stands - Départ d'un Grand Prix. Extrait de course. Voiture accidentée de François Cevert qui évoque ses déboires - Extrait du Grand Prix de Monza. Discussion entre François Cevert et Jackie Stewart - Réparation de la voiture dans les stands - Extrait du Grand Prix de France - Interview de Clay Regazzoni à propos des résultats de Cevert - Grand Prix des USA. 1ère victoire de Cevert. Gros plans sur le podium buvant du champagne - Photos. Inserts articles de presse.
Date de diffusion : 20/01/72
Durée : 00 H 15
Canal : 1ère chaîne
Titre collection : Samedi Soir
Générique et auteurs : Réalisateur Georges Folgoas ; Producteur, Georges Folgoas ; Présentateur, Philippe Bouvard ; Interprètes, Gilbert Bécaud, Nana Mouskouri ; Participants, Jean Amadou, Henri Pescarolo, François Cevert, Francis BlancheRésumé : Présence de Jean Amadou. Interview de Olga Georges Picot, de Henri Pescarolo et François Cevert. Philippe Bouvard interviewe Francis Blanche qui lit un de ses poèmes.
Date de diffusion : 24/06/72
Durée : 00 H 55
Canal : 2ème chaîne
Titre propre : L'Arche de Samsong
Titre collection : L'Arche de Samsong
Générique et auteurs : Réalisateur Jacques Samyn ; Producteurs Bob Du Pac, Jean-Pierre Pineau ; Auteurs oeuvre originale écrite pour la télé, Bob Du Pac, Jean-Pierre Pineau ; Compositeur musique originale oeuvre télé, Billy Nenciol ; Interprètes, Billy Nencioli, Gérard Lenorman, Suzanne Cansino, Jack Beaber, Hector Nunoz, Jean-Marc Dinet, Participant, François CevertRésumé : Cela fait trois fois que nous visitons l'Arche de Sam Song et nous y retrouvons, de plus en plus nombreux, des enfants, des fleurs et des animaux - Les marcassins voisinent avec les colombes, les biches, les chèvres, les moutons , la poule Suzy, l'ours Paco et l'âne Edouard ont invité un de leurs amis : le boeuf Antonio... Maître Minard présente les enfants de l'association sportive de l'ORTF qui font une démonstration de judo.
François Cevert, coureur automobile, répond aux questions des enfants sur son métier.
Sur le plateau, une crèche, des colombes, un ourson, un ânon, une biche.
Date de diffusion : 26/12/72
Durée : 00 H 54
Canal : 1ère chaîne
Titre collection : Sports en Fête
Générique et auteurs : Réalisateur Guy Seligmann ; Producteurs Michel Drucker, Rémy Grumbach, Guy Mardel, Présentateur Jean-Louis Trintignant ; Interprète Jean-Roger Caussimon, Papoozes, Nicoletta, Jean-Luc Pradier, Michel Legrand, Caterina Valente, Maxime Le Forestier, Claude Nougaro ; Participants, Jean-Claude Andruet, Maurice Trintignant, François Cevert, Jacques Deray, Sacha Distel, Stéphane CollaroDate de diffusion : 14/01/73
Durée : 02 H 46
Canal : 1ère chaîne
Titre collection : Vivre au présent
Générique et auteurs : Journaliste, Jean-Pierre Delgado Résumé : Interview - départ de voitures - l'avis de François Cevert - suite interview - film : survol du circuit - une voiture de 1907 - la 4 chevaux Renault de rallye (le phare) - une Alpine - une autre voiture de compétition - un enfant de 8 ans sur la voiture de 1907 - survol du circuit avec voiture en course - parcours du circuit, vue d'une voiture qui roule à 200 Km/heure - la ligne droite des Hunaudières - suite interview Cevert entrecoupée de vues de voitures dans le virage (dérapage) - interview d'un autre pilote (groupe 2) Jean Vinatier, puis d'un organisateur, Pierre Alanet et à nouveau Cevert. Pierre Alanet tire les conclusions.
Date de diffusion : 07/06/73
Canal : 1ère chaîne
Titre propre : Sports en Fête
Titre collection : Sports en Fête
Générique et auteurs : Réalisateur Guy Seligmann ; Producteurs Michel Drucker, Rémy Grumbach ; Présentateurs, Georges Dominique, Claude Meydieu ; Interprètes, François Cevert, Jean-Roger Caussimon, Michel Jonasz, Massimo Ranieri, Robert Leydet, Bony, David Christie, Isabelle Aubret, Il était une fois ; Participants, Robert Leydet, Jacques PaniRésumé : Invité d'honneur : Robert Leydet. Invite sportif : Jacques Pani. Francois Cevert joue du piano, pilote un avion, une moto de cross.
Date de diffusion : 05/08/73
Durée : 02 H 41
Canal : 1ère chaîne
Titre collection : Sports en Fête
Générique et auteurs :Réalisateur, Rémy Grumbach, ; Producteurs, Michel Drucker, Rémy Grumbach, Guy Mardel ; Présentateur, Michel Drucker ; Interprètes, Robert Charlebois, Laurent Voulzy, Julien Clerc, Michel Berger, Rolling Stones ; Participant, François Cevert.Résumé : François Cevert interprète au piano un morceau classique, il est le rédacteur en chef de l'émission.
Date de diffusion : 16/09/73
Durée : 02 H 58
Canal : 1ère chaîne
Titre collection : Sports Dimanche
Générique et auteurs : Journaliste, Stéphane CollaroRésumé : François Cevert chez lui : "Je ne pense pas à la mort. J'ai admis que je courais des risques, que je pouvais mourir. Je fais de la course automobile parce que j'aime celà, si j'avais peur je m'arrêterais. Je suis l'homme le plus heureux. Je mène la vie que j'aime. Je m'ennuierais si je n'étais pas coureur.
Date de diffusion : 07/10/73
Canal : 1ère chaîne
Titre propre : Portrait de François Cevert
Titre collection : Champions
Générique et auteurs : Réalisateur, Brigitte LarreauRésumé : Pilote de Formule 1, François Cevert décède en course le 6 octobre 1973. Sa carrière est retracée à l'aide de documents d'archives sur ses principales victoires et d'interviews de personnalités du sport automobile l'ayant connu ou de ses proches. - La mère et la soeur de François Cevert dans le parc de leur villa. Mme Cevert mère assistant à la projection d'un film sur son fils, puis interviewée. Interview de Nanou, compagne de Cevert, puis de sa soeur. Interview (noir et blanc) de François Cevert, qui ponctuera toute la suite de l'emission.
1968 : victoire aux championnats de France de F3 (noir et blanc). 1969 : arrivee du Grand Pix de Formule 2 sur le circuit de Reims.
Interview de François Guiter sur l'engagement de Cevert dans l'écurie Tyrrell. Interview de Jackie Stewart (en anglais). Interview de Ken Tyrrell. Différents plans d'entraînement de Cevert, discussion Cevert, Stewart. 1971 : Arrivée du grand prix de France, Stewart 1er, Cevert 2eme, puis du Grand Prix d'Allemagne, Cevert 2ème derrière Stewart (noir et blanc ). Toujours en 71 :victoire de Cevert au GP des USA, vue de sa coupe dans les bras (noir et blanc). Seul puis avec Beltoise (couleur ). Interviews de Jean Luc Lagardère (Matra). Départ, course et arrivée des GP d'Argentine, d'Allemagne, d'Italie.
Accident de Cevert durant le GP du Canada. Etats Unis, 1973 : Stands et piste du GP des USA, gros plan de Cevert dans sa voiture. Jo Ramirez (mécanicien) raconte les circonstances de l'accident. Stewart effondré dans sa voiture à l'annonce du décès de Cevert. Deux autres coureurs se recueillent au bord de la piste. Les jeunes coureurs maintenant : différents plans de jeunes sur circuit d'entraînement, interview de Guy Delmas, élève d'une école de pilote, prêt a tout sacrifier à sa passion, gros plan de François Cevert avançant contre le vent puis arrêt image.
Date de diffusion : 09/10/83
Durée : 00 H 26
Canal : TF1
(Source : INA)
GP d'Autriche 1972, archives privées
Images © INA
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| Tags : françois cevert, memorial |
mardi, 03 février 2009
"Who Killed The Electric Car ?" à Marseille le 2 avril
Le film documentaire WHO KILLED THE ELECTRIC CAR ? du réalisateur Chris Paine sera gratuitement diffusé lors du Festival Science Frontières, le jeudi 2 avril à 14 h 00 au palais du Pharo de Marseille.
Le documentaire enquête sur la création puis la disparition rapide et mystérieuse de l’EV1, voiture électrique de qualité créée par General Motors en Californie dans les années 90. Qui, de l’industrie automobile, du lobby pétrolier, du gouvernement américain ou californien, des consommateurs, a enrayé l’adoption de cette technologie verte et prometteuse ? Bref « Who killed the electric car ? »…
Festival Science Frontières /Terre TV Production
8 bis, rue du Chemin-de-Fer
94110 ARCUEIL
Tél. : + 33 (0)1 45 46 93 70
www.terre.tv
Who killed the electric car ? , documentaire de Chris Paine, 2006
Site officiel : www.sonyclassics.com/whokilledtheelectriccar
Voir la fiche sur Allociné
Mémoire des Stands a évoqué ce film
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| Tags : voiture électrique, general motors, ev1, film who killed the electric care |
samedi, 27 septembre 2008
Winning (but lost today)

Samedi 27 septembre, quelque part en France.
- Tiens chérie ils passent Winning à l'Eden, on y va ?
- C'est quoi ce vieux truc, un film d'amour ? Pas l'air trop ringard encore...
- Pas vraiment c'est un film de bagnoles contrairement à ce que laisse croire l'affiche...
- Ah non pas encore les bagnoles... Toujours les bagnoles... sur les circuits, plein le grenier, ya que ça sur l'ordi... moi je veux voir Entre les murs, la palme d'or !
- un film de bagnoles ET d'amour AVEC Paul Newman.
- Avec Paul Newman ?! Que ne le disais-tu plus tôt, idiot... Tu l'as déjà vu 12 fois je suppose, c'est quoi l'histoire en gros ? quoique l'histoire je m'en fous un peu, du moment qu'on voit ses yeux et son cul...
- Son cul ? Karine, voyons, ç'a été tourné en 69, tu crois qu'à l'époque...
- En 69 tu dis...
- Karine, tu es impossible... L'histoire, en gros Paul Newman joue un nommé Frank Capua, pilo...
- Capra, comme le cinéaste ?
- Capua... donc, un pilote d'Indy qui tombe amoureux d'une meuf, Joanne Woodward (sa femme dans la vie), qu'il épouse mais qu'il délaisse car l'appel de la course est le plus fort. Il se heurte tout au long du film à un rival sur la piste qui se trouve être aussi son rival dans la vie car il l'a surpris au lit avec sa femme. Voilà en gros. Le titre français est Virages.
- Audacieux comme scénar, y a pas de doute... bon allez on y va !
- Voilà messieurs-dames, salle 2. Vous savez que Paul Newman vient de mourir, ils viennent de l'annoncer à la radio.
Paul Newman (1925-2008)
Acteur de cinéma, pilote de course, directeur d'écurie
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| Tags : paul newman, film winning, memorial |
samedi, 06 septembre 2008
Une semaine à Deauville ou la décadence à l’oeuvre

Fréquentant le Festival du cinéma américain de Deauville depuis 1982, votre serviteur ne faillira pas plus cette année que les précédentes à ce rendez-vous, même si, cher lecteur, vous avez le droit d’estimer que ce n’est pas entre l’hôtel Normandy et les Planches que votre blog favori vous nourrira des belles et bonnes autos qui constituent votre ordinaire.
5 septembre : Miocque fait la pluie (surtout) et le beau temps
Au Festival de Deauville il importe moins de voir (des films qu’on a vus de toute manière en projo ou à L.A. cet été) que d’être vu ; pour cela un terrain de jeu idéal : la terrasse de "Chez Miocque", brasserie super branchée de la rue Eugène-Colas, l’artère centrale. Ancien loup de mer reconverti dans la soupe, Miocque a réussi à faire de l'établissement le Sénéquier de la côte normande en quelques années et sans le secours du soleil. Petit exploit dû à la formidable abnégation du bonhomme qui n’hésitait à aller au charbon (il a vendu depuis), donnant du cher ami à Nicolas Sarkozy qui y fume de temps autre des barreaux de chaise sur la terrasse, embrassant Nicole Kidman sur le deux joues, tapant dans le dos de Johnny, etc. Pourtant en cette fin d’après-midi, l’ambiance n’est pas là. On a bien mis des chaises sur le trottoir pour empêcher que se garent les BX des bidochons de la vallée d’Auge ; il y a bien Jacques Chancel qui parle assez fort pour qu’un dur de la feuille s’arrête en disant à sa grosse que cette voix-là il l’a déjà entendue à la télé ; mais bref ça démarre pas.
6 septembre : Fort Normandy
Magnifique maison née à la Belle époque, aimée d’André Citroën qui y donnait des dîners à la hauteur de son ego, fréquentée par Claude Lelouch quand il tourna Un homme et une femme, sans doute visitée par Jean-Pierre Wimille et Christine de la Fressange en 1936, lors du Grand Prix, l’hôtel Normandy se change en un Guantanamo de luxe la semaine du Festival. Des gorilles dépourvus de la bonhomie de leurs congénères des montagnes en barrent l’entrée à qui n’a pas un badge presse ou professionnel, voire une clé de chambre. Votre serviteur qui jadis trompait leur vigilance en lançant un bonjour autoritaire comme s’il émanait de quelque producteur, leur a brandi ce matin au visage le badge presse qu’il a obtenu en faisant état auprès de l’organisateur du Festival de son « intention d’étudier la place de l’automobile dans la production cinématographique américaine, si toutefois elle y tenait encore une place ». La réponse est non. Nous y reviendrons.
En tout cas, il faut visiter l’hôtel Normandy. S’arrêter devant l’immense fresque dont notre vignette donne un aperçu, riche de centaines de personnages du XXe siècle dont beaucoup ont séjourné ici et qu’il est assez difficile de tous identifier, surtout si on a les gorilles au cul.
7 septembre : 38° en Californie du Sud
En pénétrant au "Morny" où on programme pour la presse ce matin à 9 h (sic), Lakeview Terrace, un drame sur le racisme avec en toile de fond les incendies qui ravagent la Californie, me revient en mémoire un mail de ma collègue Françoise C., me rappelant aux tristes réalités du monde : "Je vois que tu te la pètes avec ton badge de presse. Jouissif, Mgr Afrique ! Et pendant ce temps, l'Angola vote." Comment pourrais-je oublier qu'on vote en Angola puisque c'est mon job de le savoir, en dehors des heures de travail MdS. En Angola où jadis, quand les blancs tenaient le pays, on courait en automobile. On y court après l'eau aujourd'hui. Il ne fait pas plus chaud en Angola qu'en grande banlieue de Los Angeles où Samuel L. Jackson entrouvre ses persiennes pour mater ses nouveaux voisins se baignant à poil dans leur piscine. Lui est un wasp bon teint, elle, une black. Jouissif de voir le grand Jackson jouer les petits racistes qui va péter les plombs durant deux heures, le temps pour moi de laisser l'Afrique s'amuser avec mon imaginaire. Au Nigeria les conducteurs de camions trompent l'ennui en écrasant les bestioles qui courent sur les bas-côtés. Problème, ce sont de temps en temps des mecs qui chient sur les bas-côtés. La séance terminée, les happy-fews s'égaillent vers le CID ou le Normandy, les portables muselés durant deux heures se déchaînent, personne ne chie dans les caniveaux.
8 septembre : Un Carlos pas rigolo
Un opuscule édité par le Festival recense les journalistes et personnalités présents à Deauville. On y trouve aussi les noms des représentants des firmes partenaires de l'événement (comme Orange, 20 Minutes, Ouest-France ou encore Radio France), en général des sous-fifres. Sauf Renault, transporteur officiel du Festival, qui a délégué... Carlos Ghosn. Le grand patron séjournait le week-end dernier au Normandy et y reviendra le week-end prochain, plutôt que d'aller au GP de Belgique et au GP d'Italie. Monsieur Ghosn brûle moins les Planches que son homonyme vêtu de chemises bariolées qui les arpentait, résident rigolo de la cité du Duc de Morny. Sans doute est-il à Deauville pour s'assurer que les Laguna GT chargées de véhiculer sur 150 mètres les stars entre l'hôtel Royal, l'hôtel Normandy et le CID où se déroulent les projections ne faillissent pas à leur tâche. Lui importerait-il moins que les R28 chargées de véhiculer deux autres stars les mêmes dimanches faillissent, elles, à leur tâche ?
9 septembre : Courir sur les Planches ?
Jadis on courait en automobile sur les boardwalks, promenades en planches que les belles sociétés de la côte Est de l'Amérique avaient allongées au début du XXe siècle sur les fronts de mer. Nul n'a jamais couru sur les Planches de Deauville, Trintignant mis à part lorsqu'il y stoppa sa Mustang, phares allumés, pour aller cueillir son Anouk Aimée qui n'avait trouvé rien de mieux que de s'y geler les miches un matin de janvier. Arpenter ces Planches que la municipalité refait à neuf tous les 18 mois relève d'un code subtil que l'office de tourisme n'enseigne pas. En premier lieu, on évitera les cabines de plage qui les jouxtent, bornées de droite et de gauche des noms illustres qui marquèrent Deauville, sauf à jouer les Maurice Jarre comme ce monsieur qui a dû écouter un peu trop la musique de Grand Prix. L'exemple le plus savoureux nous fut donné par Jacques Chazot, vieil habitué des Planches qui tuait le temps en tapant le carton au bar du Soleil, Chazot donc, qui arrivé au point où les Planches laissent la place à une vulgaire promenade pavée, avait murmuré à son compagnon, assez fort pour que nous l'entendions : Nous ne sommes plus sur les Planches, demi-tour.10 septembre : La vitrine parlante
Etant donné que les festivaliers de base ne prêtent attention qu'à ce qui peut leur rapporter, il est vraisemblable qu'il passent à côté de la vitrine de Jean-Claude Baudier sans la voir, sauf à y lire un jour : "Une maquette de Steve McQueen sur sa Porsche 908 de Sebring est offerte aux membres de la presse". Jean-Claude Baudier parle à ceux qui se trouvent à la confluence du cinéma et de l'automobile, c'est-à-dire, dans l'environnement du Festival du cinéma américain, à moi.L'homme est aussi talentueux que mal léché. Il est admissible qu'il le sache. Pénétrer son antre du boulevard de la République, à Deauville, pourtant aussi désirable que le paddock du Goodwood Revival, requiert du courage tant il joue à l'artisan bourru qui n'accorde son attention qu'à des personnages de dix centimètres de haut. Tant mieux pour l'acheteur, tant pis pour le visiteur. La superbe vitrine qu'il a réussi à introduire au Normandy, dont le thème est Steve McQueen, constitue la meilleure promotion dont l'ermite eût pu rêver, elle parle à sa place.
Quand ils séjournent à Deauville, les gens adoptent un comportement curieux. A la plage, par exemple, ils tournent le dos à la mer, laquelle est, c'est bien connu, plus éloignée de Deauville que l'est Paris (l'humour d'Alphonse Allais n'est pas accessible à tous les pilotes de F3 Classic, je sais). On préfère cancaner sur ses contemporains qui déambulent sur les Planches en vérifiant que les "baigneurs" les remarquent bien. Quelques rares téméraires vont à l'eau. Seuls ceux qui ont emmené Alphonse Allais jettent un oeil vers Le Havre que la géographie a situé à portée de leurs sens. S'ils voient Le Havre, c'est qu'il va pleuvoir, s'il ne voient rien à la place du Havre, c'est qu'il pleut.Au Festival du cinéma américain, les gens adoptent le même comportement curieux, ils tournent le dos à l'écran. Sur l'image ci-contre, ils assistent à l'arrivée de Madame Carole Bouquet, présidente du jury, qui honore son statut de star en ne s'asseyant point dans la zone réservée au jury mais au milieu de la salle où elle estime être sa place. J'avoue céder de temps à autre à ce syndrome du 180°, pour apercevoir Robert de Niro, Michael Cimino ou Christophe, récemment. Le niveau épouvantable de la sélection des films de cette année m'inciterait bien à demeurer le dos à l'écran, n'était le lumbago qui n'attend que ça.
Flâner dans Trouville ne vous met pas forcément sur les pas de Marguerite Duras ou Coco Chanel, on y fait aussi et surtout des trouvailles que le hasard se plaît à glisser sous vos pas, telle celle qui se niche au 31 rue Victor-Hugo, loin du Casino et du marché aux poissons qui brûle sans cesse, et qui s'appelle... "La Trouvaille". Un beau bordel en vitrine, que la réflexion de la façade d'en face ne clarifie pas. Ici on vend ce que les amateurs appellent du ou de la (?) pétroliana, des objets ayant trait de près ou de loin au domaine des pompes à essence. C'est autorisé par la loi, en dépit du caractère fétichiste marqué. Il y a d'autres déviations dans le genre, l'automobilia, qui touche aux objets automobiles ; la militaria qui comme son nom l'indique, etc. Et même la garagenalia qui s'occupe du matériel de garage.La Trouvaille est la création d'un monsieur dont le nom est raccord avec ce qu'il vend, Evariste Doublet. Il n'est pas sorti d'une nouvelle de Maupassant, il a une quarantaine d'années et si vous voulez le séduire, offez-lui une pompe SATAM à portes type ville de Cannes 1925/1930. Si ça se soigne ? Bonne question !
www.latrouvaille.fr
Face à la gare de Trouville-Deauville, un garage qu'on ne remarque pas, pressé qu'on est de se montrer sur les Planches ou chez Miocque. Un reflet de soleil sur un pare-chocs attire notre attention. Nous traversons la grand rue, tant pis pour la séance de 15 heures. Une vieille façade se dresse avec en toile de fond le port de plaisance. C'est écrit GARAGE DELLIER dessus. Personne au bureau ni dans le hangar. Un garage à l'ancienne, du type de ceux que Pascal Pannetier a recensés dans sa remarquable série sur l'histoire automobile à Deauville, parue dans Route Nostalgie. Une grosse américaine des années 50, immatriculée 14, attend sa restauration. Au fond, cachée sous une bâche, une XJ pourrie. Il y aussi la Mini Cooper rigolote aux couleurs de la boîte de nuit "Les Planches" qui est posée sur un pont. Si j'avais 6 300 euros, j'achèterais sur le champ la ravissante Morris Minor Traveller "woody" de 1963 que le garage a parquée sur le trottoir et devant laquelle branchés et festivaliers passent en lui refusant le moindre regard. Un festivalier lambda ne lève pas les yeux en dessous d'un Hummer. Le garage Dellier jouxte un rade populo où, si je me souviens bien, un jour de l'hiver 65, Claude Lelouch, à l'issue d'une nuit deauvillaise, avait demandé du papier et un crayon au patron et avait jeté les bases de ce qui deviendrait quelques mois plus tard Un homme et une femme. Patron, pour moi, un Woody !14 septembre : Une AK 47 plus haute que lui
ll est mince, famélique même, taille mannequin sans l'avoir cherché, et se tient tout gauche à côté de David Rault, l'animateur des conférences de presse monté sur scène pour présenter War Child, dont le thème tient dans le titre. Emmanuel Jal, Soudanais enrôlé de force à l'âge de 7 ans et à qui on a donné une AK 47 plus haute que lui, n'a pas envie de parler au micro. Un froid glacial qui ne doit rien à la clim descend sur la salle. Il se décide : Thank you for coming, I hope this film will help people of Sudan who still dies hungry. I really enjoy coming to Deauville, walking along the beach, eating those marvellous fishes... War Child retrace sa vie qu'aucun romancier n'aurait eu l'audace d'imaginer. Il buvait son urine et bouffait les vautours qui bouffaient les cadavres.Emmanuel Jal a eu dans son malheur plus de chance que d'autres ; il fut recueilli, au Kenya, après cinq ans sous les rangs de la rébellion à tuer autant d'Arabes qu'il le pouvait, par une jeune femme, Emma McCune, qui l'initia à la civilisation. Il fait de la musique maintenant, une sorte de rap africain assez efficace dont l'inspiration lui vient aussi naturellement que la respiration : l'horreur de ce qu'il a vécu. Il se tenait, emprunté, à la sortie de la salle pour accueillir les festivaliers bien nourris. J'ai pensé à cet instant, face au regard si intense de cet enfant-soldat qui a enduré le pire qu'un être humain puisse supporter sur Terre, à Françoise Corre, une amie qui m'a appris l'Afrique et qui eût serré Emmanuel dans ses bras.
www.emmanueljal.org
L'Amérique de Bush ne rêve pas plus qu'elle ne fait rêver, confrontée à ses démons guerriers, paranoïaques, ségrégationistes. La plupart des cinéastes qui ont défilé hier soir sur la scène du CID pour recevoir leur prix ont dénoncé cet état de fait ; l'ensemble de la profession vote Obama. La noirceur des thèmes développés par le cinéma indépendant a oublié l'automobile au garage. Le temps des Easy Rider, des road movies des années 70 où les gros V8 avaient remplacé les chevaux des cow-boys, est bel et bien mort. L'auto a dans le cinéma US de 2008 une fonction purement utilitaire, ou sert à situer le statut social des personnages sans craindre de cultiver le cliché. Tel professeur d'université roule en Saab ; n'importe quel Noir un tantinet marginal arpente les rues en SUV d'où s'échappe un rap survolté ; Max la menace, égaré en Russie, vole une F 430 car "En Russie tout le monde roule en Ferrari désormais." En fait, les écrans américains reflètent la situation des constructeurs. C'est la faillite.A l'année prochaine...
34e Festival du cinéma américain de Deauville . 5 au 14 septembre 2008
http://festival-deauville.congres-deauville.com
Images © MdS et DR
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mercredi, 23 avril 2008
Michel Vaillant revu par Gianpaolo #13/13
Treizième épisode Reims
Ce dernier épisode prouve une nouvelle fois l’audace du réalisateur puisqu’il s’ouvre sur un plan de "l’Ange du sourire" qui orne le portail de la cathédrale de Reims. Jacques Bretoneiche, féru de marketing, imaginait sans doute vendre son œuvre dans le monde entier en la gonflant d’une petite touche culturelle et spirituelle.
Nous sommes donc à Gueux le 3 juillet 1965 pour les fameuses 12 h de Reims. Il faut se souvenir qu’à l’époque Reims était tous les ans durant cette période de début d’été une sorte de centre du monde, dans la mesure ou le même week end et sur le même circuit se disputaient une manche de F1, de F3 et du championnat du monde des constructeurs. Le public en avait pour son pognon.
Passons à la course : Bob Bondurant alias Steve Warson que nous avons rencontré à Sebring est en terre rémoise, toujours sur AC Cobra, toujours rival de Grandsire tant en auto qu’en conquête féminine. Grandsire, lui, fait partie de la grosse équipe Alpine qui alignait cinq voitures et avait déplacé son staff puisque nous verrons Amédée Gordini, Jean Rédélé et Bernard Boyer. Jacques Cheinisse quant à lui partageait le baquet d’une M 64 avec Guy Verrier, il arrivera 4e de sa classe derrière Mauro Bianchi, 3e avec Vidal sur M 64. Puis viennent Jean Vinatier et de Lageneste, 2e, et enfin notre héros Grandsire, 1er de sa classe sur M65 1300cm3, victoire qu’il partage avec Lucien Bianchi, ce qui permet d’avoir quelques images de ce merveilleux pilote aussi éclectique que discret.
Lors de ces 12 heures nous verrons donc les Alpine très bien se classer dans leur catégorie et des images de pilotes hélas disparus. Cette année-là - ou peut être était-ce la tradition -, l’organisation avait fourni à l’ensemble des officiels de magnifiques panamas que tous ces hommes cravatés portaient avec une certaine allure, y compris Gérard Crombac que nous verrons une dernière fois, rapidement peut être, mais fixant bien la caméra, sûrement. Le Pr Reimsparing doit posséder dans son dressing acajou un de ces panamas et le garder comme un trophée, à l’instar de notre TTDCB, la casquette Goodyear de Joe Salas.
D’autres images me fascinent d’autant plus qu’on les retrouve dans chaque épisode, celles des mécaniciens, la clope au bec en permanence y compris et surtout lorsqu’ils ont la tête dans le moteur. Nous sommes loin des réglementations modernes que dénonce avec raison et à longueur de commentaires J.-L. Mathieu. Toto Roche (décidément on retrouve toujours les même) abaissera le drapeau à damiers sur les vainqueurs du classement général, Jean Guichet et Pedro Rodriguez sur Ferrari 365 P2. Ce sera la dernière victoire Ferrari sur ce circuit.
De manière à ne pas être vulgaire, je passerai sous silence la balade en petit train dans les caves de chez Mumm et me contenterai de conclure sur la voix off qui termine l’épisode et le feuilleton : Ici Tommy Franklin qui vous parle du circuit de Reims – Gueux, à vous Paris. Un petit coup de Marseillaise un plan sur le visage de Grandsire et c’est fini.
***
Conclusion :
Durant tous ces épisodes j’ai volontairement omis d’évoquer les qualités d’acteur d’Henri Grandsire. Je me dois maintenant de vous révéler qu’il joue la comédie comme un cochon, aussi faux que Christian Patey dans L’Argent de Robert Bresson sauf qu’il ne le fait pas exprès. La carrière de pilote automobile d’Henri Grandsire n’a pas connu le succès que son titre de champion de France pouvait laisser imaginer. Qu’est il devenu ? Un membre actif éminent de MdS l’aurait vu, place d’Alésia à Paris, sortant d’un magasin de lingerie fine. Ce même membre laisserait entendre que le pilote se serait reconverti dans le commerce et la gérance d’un négoce de petites culottes. Sauront-nous un jour, si dans la gamme qu’il commercialise il en est (des petites culottes), en Nomex ignifugé pour les cas graves ?
Je dois aussi vous faire part de la grande souffrance que j’ai vécue pendant les longs moments ou j’ai visionné ces épisodes. J’ai entendu cinquante fois, cent fois, peut être plus, la chanson des génériques de début et de fin. Quand je vous aurai dit que cette chanson est de Charles Dumont et interprétée par Romuald, vous comprendrez que rédiger cette chronique ne fut pas toujours une sinécure.
Fin
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Flash back
Rallye du Nord
La blanchisserie
Magny-Cours
Nurburgring
Monza
La Targa Florio
Le Mans
Monaco
Les roues
Pré-Sebring
Sebring
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
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mercredi, 26 mars 2008
Michel Vaillant revu par Gianpaolo #12/13
Douzième épisode Sebring
Cette fois nous sommes réellement en Floride pour les 12 heures de Sebring, circuit oublié mais utilisé dans les années 60 où se disputait une manche du Championnat du monde des constructeurs.
En 1965 deux berlinettes Alpine y furent alignées, l’une inscrite par l’usine et pilotée par deux américains, Manley et Sellers, l’autre engagée par un local et pilotée par Fred Baker et Bill Kirtley. C’est cette dernière qui sera utilisée par Grandsire pour les images du feuilleton. La lecture des listes de concurrents nous apprend que le pilote français n’a pas couru ici. Les téléspectateurs de l’époque ont été trompés par la réalisation. Il faut reconnaître à celle-ci qu’elle n’a jamais fait passer ce feuilleton pour un reportage exhaustif et historique sur le sport auto de l’époque.
Les premières images ne manquent pas de saveur mélancolique, nous assistons à une sorte de garden party des plus chics dans un jardin parisien proche du Trocadéro, animée par un juvénile Gerard Crombac portant un toast en l’honneur des voitures Vaillante envoyées à Sebring pour gagner la course et accessoirement des parts de marché. En gros plan, la dentition approximative du patron de Sport-Auto et en arrière-plan, timide et probablement présent par hasard à cette sauterie, le futur champion du monde 1970, Jochen Rindt, en costard cravate.
A ce court épisode parisien succède la chaleur humide de ce début de printemps 65 en Floride. Le mélange étonnant des autos donne son sel à l’épisode ; les Chaparral et autres Cobra tournent autour des Triumph TR4 ou pire Spitfire sous motorisées, mais nous verrons plus tard que la puissance ne fait pas tout en sport auto.
L’un des héros du jour est Jo Schlesser qui court avec Bob Bondurand sur la Cobra de Carroll Shelby. Nombreux plan de ces deux pilotes, Bondurant faisant totalement partie du scénario puisqu’il est Steve Warson, l’ami des Vaillant et fiancé de la mignonne et blonde Agnès qui, elle, en pince pour Michel Vaillant-Grandsire.
Le réalisateur a eu la chance que les conditions atmosphérique soient à ce point difficiles, qui lui ont permis de nourrir son scénario qui, à sec sans le terrible orage qui s’est abattu ce jour-là, aurait ressemblé à un sablé Lu. Sur ce circuit plat comme une assiette l’eau peine à s’évacuer et dans une ambiance apocalyptique, on peut voir les petites cylindrées remonter au classement et des grosses, lourdes et peu agiles, se noyer dans le lac qui s’est substitué au circuit. L’Alpine d’usine finira 40e sur 43 échappés de la noyade.
La course sera remportée par la Chaparral de Jim Hall, la deuxième sera la GT40 de Miles et MacLaren. C’est toujours un plaisir de rappeler que David Piper était déjà là et qu’il arriva 3e dans sa 250 LM privée avec son pote Tony Maggs.
Quant à notre national Schlesser, il finit juste derrière avec le télégénique Bob Bondurand sur une Cobra. Ce même Bondurand-Warson, à qui le réalisateur fait gagner la course pour les besoins du scénar, aura droit à la chute de cet épisode mouillé, toujours aussi pompier et cul-cul, I won the race but I lost the girl.
A suivre
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La blanchisserie
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La Targa Florio
Le Mans
Monaco
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Pré-Sebring
Signé Jean-Paul Orjebin
Les Aventures de Michel Vaillant. 1967 (sortie DVD 2003), réal. Charles Bretoneiche, Nicole Riche ; avec Henri Grandsire, Claudine Coster, Yves Brainville, Alain Leguellec, Bernard Dhéran, Mony Dalmès, etc.
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mercredi, 12 mars 2008
Michel Vaillant revu par Gianpaolo #11/13

Onzième épisode Pré-Sebring
Cet épisode de remplissage qui relate les préparatifs de la course des 12 heures de Sebring réclame par sa nullité un traitement particulier. Nous vous le présentons donc sous la forme d’un inventaire à la Prévert :
- Un père Vaillant souhaitant implanter sa production aux USA.
- Un constructeur américain souhaitant l’en empêcher par tous les moyens.
- Un saboteur de Vaillante en TR4 et trench-coat.
- Un Henri Grandsire dans les rue de New York levant les yeux au ciel en permanence (comme tout le monde à New York, la première fois).
- Un Steve Warson sous les traits de Bob Bondurant.
- Un Carroll Shelby se plaignant de ne plus avoir un poil de sec.
- Un commissaire technique Yankee subjugué de voir qu’un moteur pouvait fonctionner avec seulement 4 cylindres et 1100 cm3.
- Une interview de Jo Schlesser dans un anglais piqué à son pote Ligier.
- Une blondinette en jeans nommée Agnès et fille de l’organisateur.
- Une bagarre dans le paddock à cause de la blondinette et… du paddock.
- Une bagarre entre Michel Vaillant et le saboteur où l’on se rend compte que le premier nommé n’est pas doublé par Jackie Chan.
- Des plans de coupes à la con.
Vivement la course !

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Signé Jean-Paul Orjebin
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mercredi, 27 février 2008
Michel Vaillant revu par Gianpaolo #10/13

Dixième épisode : Les roues
Le titre de cet épisode laisse envisager le pire, en effet il n’y a pas tromperie sur la marchandise.
Le réalisateur, afin d’amortir le voyage en Sicile (épisode n°7), nous redonne quelques images de la Targa où nous retrouvons un José Rosinski bougon parce qu’il a ruiné sa course en perdant une roue sur le circuit. Une polémique naît avec le Team Vaillant, le fin José affirmant que cette roue s’est détachée brutalement de son moyeu car elle était montée avec les nouveaux pneus Dunlop Racing dont l’adhérence est telle que l’effort sur la roue est trop important et en provoque la rupture.
De leur côté les Vaillant ne croient pas à cette possibilité et pensent que le pilote a dû effectuer une touchette.
De retour rue Forest, le père Vaillant se fait confirmer la robustesse de ses roues par son fournisseur et propose à ses fils d’effectuer le Rallye de l’AGACI avec ces fameux Dunlop Racing ; Rosinski, lui, gardera les anciennes montes en Kléber. Cette proposition arrange tout le monde.
Le Rallye de l’AGACI part du circuit de Montlhéry et sillonne les routes de l’Essonne autour d’Etampes. Au petit matin nos héros rassurés par la tenue de leurs roues accélèrent la cadence afin de les tester à la limite. Dans un gauche appuyé, l’effort à la roue est tel qu’elle casse. Résultat des courses, la berlinette s’échoue lamentablement dans une mare aux canards.
Cela permet à Rosinski, à une minute derrière les deux frères Vaillant, de ralentir en passant à côté d’eux et de leur lancer, rigolard, une réplique digne d’Audiard dans 100 000 dollars au soleil, "Alors les baigneuses, vous voulez ma roue de secours ?!"»
Voila, c’est peu, c’est pauvre, c’est mauvais, mais il faudra vous contenter de cela pour cet épisode.

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Signé Jean-Paul Orjebin
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