mercredi, 12 novembre 2008

L'air de Lyon #2, la fondation Marius Berliet

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Voir aussi L'air de Lyon #1, Epoqu'Auto


Après la foule épaisse d'Epoqu'Auto, nous voici dans l'atmosphère bien cirée de la Villa Berliet qui abrite la fondation du même nom.



De la grosse centaine de marques automobiles qui a vu le jour dans la région lyonnaise en même temps que naissait l’automobile, on ne se rappelle pas forcément Cottin-Desgouttes, Luc-Court, La Buire, Rochet-Schneider, Sovel, Pilain, Jean-Gras, Stimula et d’autres comme Mieusset (ancêtre de Robert ?) ou Audibert et Lavirotte, mais le nom de Berliet parle encore à chacun. En 2008, en raison de la concentration vécue au siècle dernier, à quoi s’est greffée une mondialisation qui globalise l’industrie en d’énormes conglomérats, ne subsiste plus de ce patrimoine mécanique que Renault Trucks, encore basé pour l’essentiel dans le Rhône, anciennement Renault Véhicules industriels, entité formée en 1978 à partir de la fusion Berliet-Saviem.

Mais l’héritier de Marius Berliet, Paul, n’allait pas rester bras ballants devant ce qu’il pressentait comme la perte du capital historique et culturel de l’empire paternel. Il lui donna en 1982 la forme juridique d’une fondation, sise dans la villa « Art nouveau » de son père, décorée par Louis Majorelle et Jacques Grüber de l'Ecole de Nancy, protégée au titre des Monuments historiques en 1989.

La fondation Marius Berliet poursuit deux objectifs :
- La sauvegarde et la valorisation du passé de l'automobile de la grande région lyonnaise.
- La sauvegarde et la valorisation de l'histoire du camion, car et bus de l'ensemble des marques françaises.

Son patrimoine s’articule autour de deux pôles :
- Les véhicules qui sont au nombre de 240, de 1886 à nos jours, dont trois sont classés au titre des monuments historiques :
le camion Berliet type M de 1910, l'Avant-train Latil de 1899, la locomotive à vapeur Patay "Colibri" de 1886.
- Le centre d’archives et de documentation. C’est ce dernier que nous visitâmes au lendemain de Epoqu’Auto.

berliet2.jpgSise dans un quartier résidentiel, la villa Berliet, protégée de hauts murs et défendue par un interphone sur lequel le candidat à la visite appuie timidement, la villa Berliet donc, ne se laisse pas prendre facilement. Il est clair qu’on n’est pas dans la salle d’actualité du centre Pompidou à Beaubourg. Vous glissez votre nom, patientez qu’on le trouve sur le carnet de rendez-vous, puis la grille s’entrouvre sur un domaine dont l’austère grandeur eût fournit son décor à un Dracula de la grande époque. Là s’arrête la comparaison puisque vous êtes accueilli au pied d’un escalier monumental par deux charmantes personnes qui n’en veulent pas à votre sang, Monique Chapelle et Nathalie Maubert.

Avant d’être confié à l’expertise de la seconde qui assistera vos recherches, vous passez entre les mains de la première nommée qui discrètement mais fermement soupèse votre légitimité, estime l’intérêt de votre travail, vous jauge en un mot. Au mot « compétition » qui nous sert de viatique, Monique Chapelle hausse un sourcil puis précise que Marius Berliet n’a jamais engagé de voitures en son nom mais n’a pas empêché des clients de le faire. Elle ajoute toutefois que sous licence Alco, des autos de la marque ont disputé la coupe Vanderbilt, au début du siècle dernier. On le voit, Monique Chapelle, qui fut le bras droit de Paul Berliet - l’est toujours du reste - est surtout la mémoire de la Fondation, et sa vice-présidente. Elle a écrit un livre sobrement intitulé Berliet [1]. Une fois rassurée sur vos intentions, elle vous abandonne à Nathalie Maubert, l’une des trois documentalistes archivistes, lesquelles sont assistées par une trentaine de bénévoles, d’anciens cadres de l’industrie automobile.

berliet3.jpgMadame Maubert nous a consacré deux heures passionnantes. Elle a décrit par le menu l’architecture et le fonctionnement du centre. Celui-ci gère des fonds d’archives concernant 370 marques françaises de camions, et de voitures lyonnaises, sur quelque 800 mètres linéaires. A quoi s’ajoute un fonds de documentation de 1 000 mètres linéaires constitué de 9 500 cartes et plans, 1 500 titres de périodiques, 1 100 affiches, 80 000 photographies, 800 films et 5 000 ouvrages.

L’origine de ces fonds est diverse. Il s’agit de dons de la famille Berliet, de personnels de Renault VI puis Renault Trucks, de journalistes, d’amateurs de tous poils tel ce monsieur qui vient de léguer à la Fondation deux boites à chaussures remplies de clichés de camions que lors de notre venue notre hôtesse s’acharnait à identifier, classer, indexer. Un travail de romain qui est le lot commun de ces archivistes.

L’informatisation n'étant pas achevée - 29 000 références sont déjà saisies sur la base Cindoc - le public (300 personnes par an en moyenne, admises sur rendez-vous) n’a pas accès à l'ensemble des instruments de recherche ; il doit connaître exactement l’objet de son étude. A la suite d’un entretien, on lui apporte dans la salle de consultation les références demandées. Le centre travaille également par correspondance, ainsi Madame Maubert traitait-elle la demande d’un correspondant espagnol relative à un certain type de Stradair.

berliet4.jpgLa nature du public et les questions posées sont extrêmement hétéroclites, cela va du restaurateur en quête de la couleur exacte qu’avait son Saviem (et de nous montrer un nuancier historique), jusqu’au maquettiste qui pose une colle sur tel bahut de telle série de telle année, en passant par l’auteur d’un récent ouvrage sur le Paris-Bordeaux-Paris de 1895 qui déniche à la Fondation le carnet de bord original d’un contrôleur de cette course - carnet si précieux qu’on ne le montre jamais.

La fondation Marius Berliet est une belle entreprise reconnue d’utilité publique, éclairée par un patriarche qui à 90 ans vient tous les jours à son bureau de l’étage, Monsieur Paul Berliet, de la race des Louis Renault, André Citroën, ou autre Ettore Bugatti. Nous aurions aimé le rencontrer car nous le savions présent, mais pour ce faire il eût fallu que notre connaissance du poids-lourd fût plus consistante qu'elle n'est. Ce sera pour l'année prochaine. C’est égal, que des entités comme celle-ci existent encore rend un peu moins pessimiste sur la nature de l’homme.




Fondation de l’automobile Marius Berliet

39 avenue Esquirol
69003 Lyon
www.fondationberliet.org



[1]
Berliet, Ed. Le Télégramme, Brest, 2005, 118 p., 31 €



Villa Berliet
© MdS
L'escalier monumental © MdS
Doc en sous-sol © MdS
Décor du bureau des archivistes © MdS

jeudi, 17 janvier 2008

Les Archives départementales de l'Essonne

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Que vous soyiez pilote en quête d'un passé à reconstituer, historien sur la trace d'un pilote au passé à éclaircir ou blogueur soucieux de ces sortes de choses, il vous est nécessaire de recourir aux documents primaires pour faire parler l'Histoire.

Celle de l'autodrome de Linas-Montlhéry est éclatée sur de multiples supports : ouvrages, revues et magazines d'époque d'avant-guerre consultables à la Bibliothèque nationale de France (certains titre en ligne) [1], presse d'après-guerre, spécialisée ou non, thèses architecturales référencées sur la base ArchiRès [2], documents liés à l'aspect patrimonial du circuit archivés au Centre des archives du monde du travail [3], etc.

d5c5ebe9cd776d5511b459938832ab2a.jpgNous nous sommes intéressé récemment aux Archives départementales de l'Essonne dont nous avions consulté des brochures lors de la journée Rosalie de Montlhéry en octobre dernier.
Notre visite eut lieu le 20 décembre dernier. Installées depuis 1999 dans le Domaine départemental de Chamarande (Essonne), les Archives départementales de l’Essonne conservent 13 km d’archives du XIIe au XXIe siècle, gèrent une bibliothèque de plus de 16 000 ouvrages et une photothèque de plusieurs milliers d’images.

Ces sources, qu'elles soient publiques, émanant des administrations implantées dans le département, ou privées (legs, donations, etc.) sont consultables dans une salle de lecture de 32 places dont 10 postes informatiques et dont l'accès est libre et gratuit sous réserve d'une inscription annuelle. Regrettons l'impossibilité d'accéder à Internet.

Le catalogue informatisé vient toutefois au secours du lecteur non familiarisé à la consultation des traditionnels fichiers en bois dont l'utilisation requiert une solide formation de bibliothécaire. Il suffit de taper un mot-clé dans la fenêtre de recherche, nous montre le bibliothècaire qui nous assiste, très accomodant : Pour une recherche sur le circuit de Montlhéry, il faut taper "autodrome" et Linas" et "Montlhéry" puisque l'autodrome est à cheval sur les deux communes, dit-il en nous tendant une poignée de formulaires à remplir et à donner au magasinier qui va crapahuter dans les 13 km de couloir car presque rien n'est en accès libre. C'est la raison pour laquelle les levées sont à heures fixes ; les levées étant les horaires de remises des archives commandées, à raison de trois documents par levée (une dizaine par jour).

Nous tapons "autodrome" et "circuit" dans la fenêtre de recherche, sans indiquer une localisation, persuadé qu'il n'y a pas plusieurs autodromes en Essonne. Bingo : 59 références dégringolent. Il y a de tout : des ouvrages, des revues et périodiques, de la littérature grise (documentation à usage interne, non publiée), des fonds multimédia. Nous piochons au hasard, notre but étant de tester le service d'archives plutôt qu'une recherche proprement dite sur le circuit de Montlhéry.

Nous avons donc consulté les sources suivantes, dont certaines sont reproduites en vignettes agrandissables :

chama6.jpg- C'était hier, le circuit de Linas-Montlhéry, un livre édité à l'occasion des 80 ans du circuit par "Agir pour tous & avec tous », une association de Linas, en novembre 2003. Peu ou pas de texte, des images qui racontent l'histoire de l'autodrome. Notons que la municipalité est en pointe sur la défense de son patrimoine, comme en témoigne un volumineux dossier sur l'autodrome sur le site de François Pelletant [4], maire de Linas et conseiller général de l'Essonne.

chama2.jpgBulletin de la Prévention routière du 04/05/69

- Revue Le Génie Civil du 08/08/25

Journal de la Société des ingénieurs de l'automobile 10/61. 



chama3.jpg - Dossier 936W18, littérature grise composée d'échanges de courriers en 1967 entre l'organisateur des 1000 km de Paris et les instances administratives et préfectorales. On se régalera de la perle contenue dans la lettre reproduite ci-contre.

Il ressort de tout cela le maître-mot "ambition", celle d'Alexandre Lamblin qui l'avait poussé à envisager une cité de l'automobile au-delà du concept de l'autodrome. Un nom avait même était trouvé : Autopolis. L'idée de "complexe automobile" avancée au moment de la fermeture du site en 2004 n'est donc pas neuve.



chama4.jpg- Enfin nous nous sommes régalé de quelques photos. La Potinière était avec la Ferme du Faye l'un des deux restaurants sis à l'intérieur de l'enceinte, disparus depuis longtemps. Voilà qui avait une autre allure que les deux gargottes à frites et bières chaudes qui prévalèrent durant les trois dernières décennies.
Si on jugeait un circuit à l'aune de sa restauration, nul doute que Montlhéry était appelé à disparaître...


chama7.jpgL'autre photo montre la queue au guichet lors du GP de France de 1925, si toutefois le terme de queue qualifie comme il convient cet attroupement d'élégantes et de beaux messieurs. Il est à noter qu'alors on venait à l'autodrome en car à partir de la Porte d'Orléans, la voiture particulière étant encore très rare.









Archives départementales de l'Essonne

Domaine départemental de Chamarande
Rue du Commandant Arnoux
91730 Chamarande

Horaires : 
Lundi de 10 heures à 18 heures 
Mardi au vendredi de 9 heures à 18 heures.
Un samedi par mois de 9h à 17h
Fermeture annuelle entre Noël et le Jour de l'An.
Téléphone : 01 69 27 14 14
Télécopie : 01 60 82 32 12
email : archi91@cg91.fr
Site web : www.archives.essonne.fr


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[1]
www.bnf.fr
[2] http://archires.documentation.equipement.gouv.fr
[3] www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt
[4] http://pelletant.fr


On se réfèrera enfin avec bonheur à deux sites incontournables :
http://autodrome.over-blog.com de Pascal Pannetier, où nous avons pêché des infos pour ce dossier.
http://linas.patrimoine.free.fr de Michel Petit. Voir sa très belle collection de cartes postales.


Images © MdS

jeudi, 24 août 2006

La médiathèque Louis Aragon du Mans

medium_mediatheque.2.jpgConsidéré le prix du livre, et trop souvent le faible intérêt de ce qui est avant tout un produit de marketing plutôt qu'une réponse à l'attente de l'amateur, on serait bien inspiré de faire un tour dans une bibliothèque. On aurait tort de négliger ces endroits, autrefois distillateurs d’ennui, aujourd’hui forums ouverts sur le monde et largement acquis à la culture numérique.
Qui sait par exemple que la Bibliothèque nationale de France conserve un bon millier d’ouvrages sur la course automobile, alors que pourtant son champ de compétence s’étend à l’échelle du savoir humain ?

Cette nouvelle catégorie se propose de vous faire découvrir quelques unes de ces bibliothèques, spécialisées ou non, réelles ou virtuelles, ainsi que des centres de documentation et de belles librairies.

La médiathèque Louis Aragon du Mans, inaugurée en 1988, dispose d’un fonds spécialisé dans l’automobile, riche de 10 000 références couvrant la totalité du XXe siècle. Ce "Fonds auto-moto" fut constitué au début des années 1970 par l’apport du Dépôt légal, appuyé ensuite par une politique d’acquisition. Elle met en ligne son catalogue [1] qui travaille par trois modes d’interrogation : rapide, multicritères, par début. En tapant "jean-pierre beltoise" dans la zone de recherche rapide, 14 références tombent. En cliquant sur l’une d’elles, au hasard, Jean-Pierre Beltoise, le triomphe de la volonté (Article de periodique), la notice bibliographique correspondante s’affiche sur la droite de l’écran.

Titre Jean-Pierre Beltoise, le triomphe de la volonté (Article de periodique)
Extrait de Automobile historique : des voitures et des hommes. ; No 19, oct. 2002
Auteurs Vassal, Jacques (19..-), historien de l'automobile
Edition 2002
Description P. 42-55
Sujets Coureurs automobiles - Biographies
          Beltoise, Jean-Pierre (1937-)
Langue Français
Dewey 796.72

medium_mediatheque1.jpgIl s’agit d’une référence d’article de périodique, en l’occurrence un extrait du n° 19 de Automobile historique, signé de Jacques Vassal. A partir de la notice, on rebondit de thème en thème en cliquant sur les liens activés sur les champs Extraits de, AuteursSujets. Une sorte de navigation hypertexte qui nous balade à travers les 10 000 références de la médiathèque. 
En cliquant sur "Coureurs automobiles – Biographies", 133 notices descendent. Ainsi rencontrons-nous un rare Raymond Sommer : 1906-1950 : un grand champion de course automobile, peu vu dans le commerce car édité localement.

La médiathèque Louis Aragon publie également diverses brochures thématiques, selon l’actualité. Ainsi en 2004 L'épopée Renault au Mans. 77 p. 21 cm. 5 €, un historique de l'usine Renault du Mans et une bibliographie de la documentation sur Renault .
Actuellement est proposée une magnifique expo [2]  sur le centenaire du premier GP de l’ACF, assurément le plus beau site sur le sujet que nous ayons vu.


Médiathèque Louis Aragon
54 rue du Port
72015 Le Mans Cedex
Téléphone : 02 43 47 48 84
Télécopie : 02 43 47 49 61
Horaires Mardi, mercredi, vendredi : 10h00 - 18h30
Jeudi : 13h30 - 18h30
Samedi : 10h00 - 17h00
www.mediatheque.ville-lemans.fr 

Voir le descriptif sur le Catalogue collectif de France


[1] Consulter le catalogue 
[2] Voir l'expo