samedi, 21 janvier 2012
Soldes façon Artcurial

L'exercice consiste à vendre des vieilleries le plus cher possible à des amateurs qui renchérissent encore en levant un doigt en direction d'un chef de rayon qui ne porte ni blouse grise Kiabi, ni pointe-Bic à l'oreille mais a un costume griffé et le verbe fleuri : Maître Hervé Poulain.
Les bouchons de radiateur, que les amateurs appellent mascottes parce qu'ils étaient censés porter chance ou simplement les représenter, ne se trouvent plus sur le capot des autos, d'où ils ont été bannis en 1958 pour raison de sécurité, mais plutôt dans les bacs des brocanteurs ou sous le marteau du commissaire-priseur.
Ce sont des pièces de collection qu'on divise en trois catégories : la mascotte de marque, la mascotte publicitaire et la mascotte 'accessoire. Le pire y cotoie le meilleur, comme l'est ce "Réveil Citroën", non signé, marqué A.E.L. Un bronze argenté de 12,5 cm de hauteur. Estimation 1 200 - 1 800 €.


Grand passionné d'auto, René Lalique (1860-1945) mit son talent de maître verrier au service des calandres des véhicules de l’époque, dessinant une trentaine de mascottes, dont une pour le lancement de la 5CV Citröen. "Cinq Chevaux", en relief dans la masse, et France à la pointe, verre blanc moulé-pressé. Modèle créé le 26 Aout 1925, non repris après 1947. Montée sur bague d'origine. 15 cm. Estimation 15 000 - 20 000 €.
À droite, mascotte "Emblème de l'Automobile Club d'Auvergne". Bronze nickelé avec cartouche du club émaillé. Montée sur bouchon avec enjoliveur ailes en bronze chromé. H : 11 cm. Estimation 300 - 500 €.

Artcurial vend encore des tête-de-nègre alors que l'article a été retiré des pâtisseries car il devenait de plus en plus inconfortable de dire à haute voix, "je veux une tête-de-nègre". La marque Oléo - huile, bougies -, ne se posait pas la question au début du siècle dernier. Imaginons une telle mascotte aujourd'hui... Mascotte "Tête de nègre". Publicité des Huiles et bougies "Oléo". La vapeur sort par les narines et par les yeux. Bronze. H : 10 cm. Estimation 900 - 1 200 €

Marguerite Montaut, épouse d'Ernest Montaut (1879-1909), signait ses oeuvres du nom de Gamy (anagramme de Magy, son diminutif). Son coup de crayon est manifestement inspiré de celui de son époux, qui le premier eut l'idée de déformer le paysage pour suggérer la sensation de vitesse. La thématique de ce "Circuit marocain" est dans l'air du temps des années d'avant la Première Guerre mondiale, qui ne regardait les colonies et leurs indigènes qu'en tant d'objets de jouissance. "Circuit Marocain", D.F.P. Lithographie rehaussée. Signée en bas à droite. Copyright Mabileau & Co, Paris 1914. Très fraîche en couleur. 44 x 89 cm. Estimation 350 - 650 €

"L'Epave", d'Ernest Montaut, est le second volet d'un diptyque décrivant comment un chauffeur tente - en vain - de négocier une courbe, sous l'oeil d'autochtones. (Voir la première gravure : http://bit.ly/wDfZ6T). Dans celle qui nous occupe, les paysans semblent venger les indigènes écrasés par Gamy dans la toile précédente. "L'Epave". Lithographie. Signée et datée 1904 en bas à droite. Légendée au milieu en haut. 44 x 88 cm. Estimation 500 - 700 €.
Géo Ham (1900-1972) se servait de son expérience de pilote pour restituer en deux dimensions des avions ou des bolides fonçant sur le spectateur ou s'enfonçant dans le champ.
Il participa ainsi à la Coupe Dunlop en 1930, à l'Aérospatiale en 1931, et fit le navigateur dans des rallyes jusque dans les années cinquante. Cette aquarelle marquée par une utilisation dynamique du décor trahit l'inspiration d'Ernest Montaut.
"A Arnage, la nuit, 1933". Aquarelle, crayon et gouache représentant l'Alfa-Romeo de Lewis et Richards poursuivant la Bugatti du Comte Czaikowski dans la forêt d'Arnage la nuit des 24 Heures du Mans 1933. Signée en bas à droite. 34 x 28 cm. Estimation 7 000 - 13 000 €.
Françoise de Gail, artiste contemporaine, produit deux espèces de toiles. En gros, on considère que les unes se rattachent à l'art naïf (telle celle-ci : http://bit.ly/AxAi0E), quand d'autres ont à voir avec l'hyperréalisme. Cette Voisin semble attendre les frères Martel devant leur atelier du 10 rue Mallet-Stevens à Paris. Les jumeaux Jean et Joël Martel (1896-1966 tous les deux) étaient sculpteurs et décorateurs d'inspiration Art déco ou cubiste. Au sein de leurs oeuvres se trouve une "voiture de course" qu'on aimerait voir.
"Art Déco". Acrylique sur toile. Représente une Voisin 12 cylindres devant l'atelier des frères Martel dessiné par Mallet-Stevens. 80 x 65 cm. Estimation 1 000 - 1 500 €.

La version Dunlop du "Déjeuner sur l'herbe" d'Edouard Manet ne saurait provoquer l'émoi que l'original du maître impressionniste engendra, où on voyait une femme nue entouée de deux hommes vêtus. Sur le gazon anglais, tout juste note-t-on un champagne qui gicle. Affiche "Le déjeuner sur l'herbe - Dunlop" Distribuée par E. Frock, Paris. Imprimerie J. Robillon, Paris. Entoilée. Non signée. 158 x 120 cm. Estimation: 3 800 - 5 000 €.


Goutte d'Huile Esso. Grand personnage en plastique représentant la goutte d'huile anthropomorphe symbole du pétrolier Esso dont elle porte l'emblème sur la base. Circa 1960. H : 120 cm. Estimation 1 500 - 2 000 €.
Heuer Monaco 1970. Montre bracelet en acier. Boîtier carré, poussoirs ronds. Couronne de remontoir à gauche. Cadran gris avec un compteur. Totalisateur 30 minutes à 3 heures, dateur à 6 heures et petite trotteuse décentrée à 10 heures. Aiguilles luminescentes. Mouvement automatique calibre 15. Bracelet en acier avec fermoir en acier signé Heuer. Cadran, boîtier et mouvement signés. Dimensions : 40 x 40 mm. Vendue avec son écrin d'origine. Estimation 8 000 - 12 000 €.
En dépit de leur nom, les motos Dollar sont bien de marque française, laquelle s'est d'abord lancée dans la fabrication de cycles, sous la marque Omnium, puis Dollar, avant de s'ouvrir en 1923 au monde de la moto. La S4 Sport a été achetée par l'actuel propriétaire à une importante collection varoise de motos des années 1930. Elle présente les caractéristiques d'une bonne machine de cette époque, avec son moteur 500 Chaise culbuté, sa fourche à parallélogramme, son cadre rigide, sa commande de boîte de vitesses par levier, son échappement relevé caractéristique des Dollar Sport et Grand Sport. En bon état de présentation, elle démarre sur un bon coup de kick et offre les sensations dépaysantes que procure la conduite d'une machine de cette époque. Notez que l'Amicale Dollar, particulièrement dynamique, propose de précieuses informations et pièces pour les utilisateurs de Dollar. (Source Artcurial). Dollar S4S moteur 500 Chaise, 1934. Estimation 10 000 - 15 000 €

La voiture ci-dessus est une quasi-première main, achetée neuve par l'arrière-grand-père de l'actuel propriétaire, qui était alors fondé de pouvoir des Fonderies Debard, fonderies d'aluminium connues dans l'industrie automobile. Il s'agit d'une Salmson S4-61L, dernière version de la série, équipée de freins à commande hydraulique et dotée d'un coffre arrière complètement intégré à la ligne de caisse. Les portes de cette berline s'ouvrent en vis-à-vis, dégageant complètement l'accès à l'habitacle. Elle est équipée d'une boîte de vitesses manuelle et de pneus à flancs blancs. L'intérieur, en simili rouge d'origine, comporte des boiseries de portière en bon état et le compteur de vitesses, sur planche de bord en tôle peinte, affiche 57 032 km. La mécanique double arbre nécessite une remise en route et la carrosserie très bien conservée ne présente que quelques traces de rouille sur les marchepieds, les bas d'ailes et les portes arrière. (Source Artcurial)
Estimation 12 000 - 16 000 €
1951 Salmson S4 61 L berline, châssis n° 63423

Aussi luxueuse qu'une Bentley et aussi rapide qu'une Jaguar, cette Facel Vega Excellence Série 2 est la dernière des huit voitures produites. Achetée par Jean Bauchet, directeur du Moulin Rouge après la mort de sa précédente propriétaire américaine, cette auto apparaît en 1966 en arrière-plan d'un publi-reportage pour Ford, publié dans Look Magazine et où Jean Bauchet est présenté comme un "connaisseur of fine motorcars", ce document a été retrouvé par l'Amicale Facel Vega. En novembre 1982, l'Excellence est confiée par les établissements Duchêne, dernier concessionnaire Facel Vega, à Maître Poulain. Sous son marteau, elle est alors achetée en copropriété par deux collectionneurs passionnés, qui la mettent aujourd'hui en vente, mue par un Chrysler TY8 de 6,7 litres de 400 CV à poussoirs mécaniques, coiffé d'une pipe d'admission Edelbrock - option hors catalogue généralement réservée aux Chrysler spéciales police ou de compétition, ce qui augure de performances d'autant plus surprenantes que la boîte automatique est accolée à un pont court. Le compteur kilométrique indique aujourd'hui 55 000 km, chiffre qui correspond à son kilométrage d'origine, sachant qu'elle en affichait 33 000 lors de son achat en 1982. (Source Artcurial)
Estimation 120 000 - 160 000 €
1964 Facel Vega Excellence Série 2 Export berline, châssis n° C105

Sortie d'usine le 11 avril 1959, il s'agit de la 22e Ferrari California produite, prototype inclus qui a reçu sa première immatriculation, MO 51012, le 15 avril 1959 au nom de Franco Mattioli, domicilié à Sassuolo, commune voisine de Maranello, dont on pense qu'il fut le prête-nom de Roger Plemiannikow, alias Roger Vadim. Avec l'actrice danoise Annette Stroyberg, sa seconde épouse, ils roulent à peu près six ans, jusqu'en 1965, avec cette Ferrari sans changer les plaques italiennes. La California est revendue en 1965 par le garage Montchoisy de Genève à Georges Lang, un transporteur d'Annecy. La voiture est alors immatriculée dans le département de Haute-Savoie, 10 FY 74 et devient rouge Bordeaux. En 1967, Lang acquiert une Lamborghini Miura chez Atomic Garage, à Lyon et y laisse la California en reprise. Elle est retrouvée en 1993 et vendue à un marchand américain qui la fait transporter à Amsterdam pour l'exporter mais Jean Guikas la rachète alors qu'elle se trouve encore en douane et la ramène à Marseille où il la garde jusqu'en 1997. Lorsque le collectionneur Jean-Claude Bajol se rend compte qu'il s'agit de la voiture de Vadim dont il rêvait depuis tant d'années, il fait immédiatement un chèque au négociant et entreprend alors une restauration complète à Modènei. Bajol avait connu Roger Vadim lorsqu'il l'apercevait dans les rues de Paris au volant de cette voiture. (Source Artcurial)
Estimation sur demande
1959 Ferrari 250 GT California Spyder avec hard-top d'usine, châssis n° 1283GT


Et, pour finir en beauté, voici deux anciennes françaises toutes neuves...
Achetée neuve en janvier 1965 par le collectionneur Bill Harrah dans le showroom de Citroën Beverly Hills, à Los Angeles, cette 2 CV n'a jamais bougé pendant 40 ans. Son propriétaire actuel en a fait l'acquisition il y a une dizaine d'années, et ne l'a guère utilisée, ce qui explique les 116 miles qu'affiche le compteur, soit environ 185 km, probablement le plus faible kilométrage couvert par une 2 CV de cette époque. Ayant été abritée dans des conditions optimales, à l'abri de l'humidité, elle est donc quasiment neuve, telle qu'au jour de sa livraison... Pour ajouter encore une touche d'originalité, s'il en était besoin, cette 2 CV est une version "California", équipée de clignotants spéciaux en forme de goutte d'eau sur les ailes avant et au bas des ailes arrière. Pour dissimuler les orifices de fixation des clignotants "normaux" sur les montants arrière de pavillon, Citroën a ajouté un double chevron horizontal, dont les deux pointes sont tournées ver l'avant, figurant deux flèches lancées à vive allure.
Estimation 30 000 - 40 000 €.
1965 Citroën 2 CV AZAM berline. châssis n° AC651691931
Avec près de 3 millions d'exemplaires produits, tous types confondus, de 1960 à 1989, la Peugeot Sortie d'usine en janvier 1976, et achetée par son unique propriétaire, le président d'une société qui en avait plusieurs dans le cadre d'une flotte d'entreprise, elle fut conservée dans le garage de sa résidence secondaire dans le Midi sans être jamais utilisée, d'où son état exceptionnel, proprement incroyable et ses 142 km au compteur. Animée par le moteur Diesel Indenor XD 88 de 1948 cm3 et 57 ch DIN, la camionnette bâchée 2/3 places est de couleur beige, bâche beige et intérieur en simili marron, elle a encore sous son capot tous les décalques de préconisations d'origine. Modeste automobile, certes, mais sans doute occasion unique car elle représente le rêve de tout collectionneur : une voiture de 35 ans d'âge neuve ! (Source Artcurial).
Estimation 12 000-18 000 €
1976 Peugeot 404 U10 (UX) Pick-up bâché Châssis n° UXD 8570461
Artcurial Motorscars à Rétromobile . Paris Expo Pavillon 4/3 . 3 févier 2012
www.artcurial.com
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Images © Artcurial
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| Tags : vente aux enchères, herve poulain, artcurial, retromobile, mascotte, ernest montaut, marguerite montaut, geo ham, françoise de gail, automobilia, heuer, salmson, facel vega, ferrari 250 gt, roger vadim, citroen 2 cv, peugeot 404 |








Commentaires
Bonjour,
L'historique de la marque de motos Dollar est hélas entaché de multiples erreurs. La marque commerciale Dollar est apparue pour la première fois au Salon d'octobre 1923 sur une moto construite par la société SAVAVA-Delachenal, qui avait été fondée un peu avant 1900 pour produire des cycles et qui succédait elle-même aux Ets Foucher & Delachenal fondés en 1850. Jusqu'en 1927, Dollar monte des moteurs Moser fabriqués à Pontarlier. Courant 1927, les Ets Delachenal s'endettent lourdement (il est question de 2 millions de francs) pour construire une belle usine à Joinville-le-Pont.
A partir de 1928, Dollar commence à proposer des motos à moteur Chaise, construits à Paris (34 et 36 rue Auguste Lançon) par les Ets Chaise & Cie, fondés et dirigés par Maurice Chaise, chef de fabrication jusqu'en 1921 chez Gnome & Rhône, département moteurs d'aviation. Dès 1929, la SAVAVA-Delachenal monte en puissance, élargit considérablement sa gamme de motos Dollar, désormais majoritairement équipée de moteurs Chaise.
Hélas cette montée en puissance coïncide avec l'arrivée en Europe de la crise économique consécutive au krach de Wall Street et les Ets Delachenal peinent de plus en plus à payer les moteurs que lui fournit l'Omnium Métallurgique & Industriel, société qui a repris Chaise & Cie en mai 1928. En avril 1931, la dette des Ets Delachenal à l'égard de l'O.M.I. est telle que le constructeur des motos Dollar est absorbé par son fournisseur de moteurs, lequel transfère aussitôt la production de motos Dollar à son adresse parisienne et vend l'usine toute neuve de Joinville. D'avril 1931 jusqu'à 1939, toutes les Dollar sont donc des productions de l'O.M.I. sortant de la rue Auguste Lançon.
Bien cordialement,
B. Salvat
Écrit par : Bernard Salvat | samedi, 21 janvier 2012
Monsieur Lange, patron de "la Flêche Savoyarde" à Annecy, 1283GT, une des toutes première Ferrari que j'ai vu, quand elle était Bordeaux, avec Monsieur Lange, qui nous laissait nous installer à son volant. Paix à son âme.
Qui plus tard est venu s'installer avec sa nouvelle entreprise juste en face de mon Atelier de Tôlerie/Chaudronnerie.
il devait sans doute savoir qui j'était.
Écrit par : Bruno | samedi, 21 janvier 2012
Dans son diptyque de 1904, Ernest Montaut mettait le doigt sur le problème majeur de la course automobile, toutes époques et toutes disciplines confondues : le sous-virage. Quel visionnaire !
François Chatriot avait dit "si Dieu existait, il n'y aurait pas de sous-virage".
Écrit par : Christian Burdet | dimanche, 22 janvier 2012
Le constructeur des Facel Vega était le frère de l’écrivain Pierre Daninos (lui-même « père » du major Thompson), certes un peu oublié, mais dont la plume a conservé son charme discrètement ironique. Dans l’un de ses ouvrages (« Vacances à tous prix »), celui-ci évoque ses pannes avec les voitures neuves, lesquelles, à l’en croire, n’étaient autres que les prototypes étudiés et réalisés par le frère en question…
Elles ne passaient pas en général inaperçues et c’est pourquoi il s’entendait dire : « Vous en avez de la chance d’avoir un frère dans l’automobile ! ». Pourtant, lorsque ce dernier lui parlait « d’une nouvelle voiture qui allait être for-mi-dable mais en était encore à la période d’essai », il savait qu’en endossant le rôle du « cobaye au-dessus de tout soupçon », le « supplice du prototype », alors, commençait.
En effet, « Tomber en panne avec une voiture normale, c’est normalement ennuyeux. Mais tomber en panne avec une voiture-mystère que tout le monde regarde et ausculte comme une soucoupe volante, c’est exceptionnellement éprouvant ».
Lorsque survient la panne, celle-ci « ne tient qu’à un fil. Seulement voilà… Dans cette voiture ultra-confidentielle, personne (sinon mon frère) ne sait où ce fil passe. Il vaudrait presque mieux avoir perdu le pont arrière : ce serait plus franc ». Le garagiste requis de formuler un diagnostic ne le lui envoie pas dire : « Vous auriez une voiture normale, explique l’homme de l’art, je vous arrangerais çà en un clin d’œil… Je vous change votre bobine, et hop ! Mais avec ça… ». Un « silence « lourd de menaces » précède « le coup fatal » : « Eh ben, avec ça, va falloir tout démonter !... ».
Ce qui, le premier périple terminé, n’empêchait nullement le frère constructeur de déclarer d’un air apitoyé : « Dire qu’il n’y avait que ce fusible à remplacer ! ». « C’était pourtant bien simple. Tiens, regarde… ».
Vient toutefois le « moment où, tous les petits défauts ayant été corrigés », le prototype est devenu une voiture de série. « Bientôt les amis me disent : Quelle merveille, hein ? Je viens de faire cinq mille kilomètres, pas un seul pépin ! ». « D’ailleurs, c’est vrai : maintenant, ma voiture marche très bien ».
Pourtant, « Ce que les gens ne savent pas, c’est que je vais être obligé de la rendre pour en avoir une nouvelle ». « Tu ne vas pas, dit mon frère, garder ce vieux modèle. Viens voir ça et dis-moi ce que tu en penses ». « C’est ainsi que continue mon supplice et que s’accomplit le Progrès ».
Le prototype du splendide modèle ici représenté (quoique doté alors d’un pont long, semble-t-il) a donc peut-être été mis au point par un écrivain-essayeur-essuyeur de plâtres ayant accompli à son volant une petite partie des 55 000 kilomètres officiellement revendiqués…
Professeur Reimsparing
Écrit par : professeur Reimsparing | dimanche, 22 janvier 2012
Le même Pierre Daninos qui trouva le nom de Vega, "l’une des étoiles les plus brillantes de la constellation de la Lyre, symbole de puissance et de prestige" (Merci Wiki) Il fallait bien ça à côté de Forges et Ateliers de Construction d'Eure-et-Loir ...
Une "deuche" à 40000 Euros, si j'avais su, j'aurais gardé celle de mon Grand-Père, une 59 à embrayage centrifuge en très très bon état !
Écrit par : Marc Ostermann | dimanche, 22 janvier 2012
Mon pauvre Marc, je pense qu'on doit être nombreux à avoir fait la même bêtise. J'ai fourgué il y a presque trente ans une 1958 dont l'embrayage était mort mais tout le reste en bon état. Je m'achetais une Peugeot neuve, pensez-donc ! L'annonce est parue à 7H30 un mercredi matin, à 9H00 ma deuche était sur le plateau d'un type fou de joie qui m'avait fait un chèque de 2000 francs sans marchander une seule seconde. Quelques années plus tard lorsque j'ai pris conscience de la valeur des anciennes, j'ai aussi pris conscience de la connerie que j'avais faite.
Écrit par : Pierre Ménard | lundi, 23 janvier 2012
Il y a trente ans j'ai bien vendu mon Leica M3 pour m'acheter un autoradio Becker (quand même)... Maintenant il ne me reste plus ni l'un (bien sûr) ni l'autre (volé) et je m'en veux parfois mais pas trop longtemps !
Écrit par : Christian Magnanou | lundi, 23 janvier 2012
Pour la California, j'ose même pas demander !
Écrit par : Daniel DUPASQUIER | lundi, 23 janvier 2012
J'ai donc bien fait d'en acheter une en 2004...Tombé un peu par hasard sur une annonce, je fais connaissance avec un brave pépé qui l'a gardée un peu plus de 35 ans dans son sous- sol. L'homme me raconte qu'à l'époque il l'avait acquise dans le but de l'offrir à sa fille mais lorsque la damoiselle eut son permis quelques anneés plus tard, jamais elle ne voulut conduire cette "auto de curée"! Le bonhomme l'entretenait et la promenait donc de temps en temps...
Je l'ai "déshabillée" puis fait repeindre par un ami histoire de changer sa tenue. Elle cote bien sûr beaucoup moins que celle de l'article, sa valeur réside dans le plaisir que me procure une balade sur les petites routes par une belle journée ensoleillée. Sa suspension se joue des gendarmes couchés que nos élus font pousser à tâche...Elle énerve bien sûr de temps en temps quelques spéculateurs qui rongent leur frein derrière en X4 ou A6...
Quand je remonte dans ma Passat SW à l'ambiance feutré, j'ai le sentiment de rentrer lamentablement dans le rang des vieux (voire jeunes, le temps ne faisant rien à l'affaire)...c.
Écrit par : f.Coeuret | lundi, 23 janvier 2012
Bon ben pour les soldes, il faudra repasser !!!
Trois records mondiaux battus hier, quatre si on y ajoute la Peugeot bâchée...
En incluant les frais, la California a été vendue 4,5M€ et quitte la France, la DS23IE berline 180K€ et la 2CV 60K€...
Écrit par : era | samedi, 04 février 2012
30000€ le cheval, il y en a qui doivent bien regretter d'avoir ferraillé leur deuche!
Écrit par : GT Dreams | dimanche, 05 février 2012
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