lundi, 16 août 2010

Hellé Nice (1900-1984)

 

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Plutôt que de refaire ce qui existe et qui est bien, nous empruntons les lignes qui suivent au site des habitants de la commune de Sainte-Mesme (Yvelines) [1], où une cérémonie officialisera le 4 septembre la présence des cendres de Feu Hellé Nice. Qu'il en soit remercié.




Hellé Nice (Mariette Hélène Delangle) est née le 15 décembre 1900 à Aunay-sous-Auneau, Eure-et-Loir, et est décédée le 1er octobre 1984 à Nice. Elle a été modèle, danseuse, et pilote de course en Grand Prix. Elle était la fille d'Alexandrine Bouillie et de son mari Léon Delangle. Son père a travaillé comme facteur dans leur petit village, 47 kilomètres au sud-ouest de Paris, qu'il quitta à l'âge de 16 ans. Une fois à Paris, elle trouva du travail dans des music-halls et en quelques années devint une danseuse à succès sous le nom de scène Hélène Nice, qui finit par devenir Hellé Nice. Elle a bâti une solide réputation en solo, mais en 1926, elle décida de s'associer avec Robert Lisset pour jouer dans les cabarets à travers l'Europe. Ses revenus de danseuse et de modèle devinrent tels qu'ils lui permirent de s'acheter une maison et son propre yacht.


Sa carrière de pilote automobile


À l'époque, la région parisienne était l'un des principaux pôles de l'industrie automobile française et il y avait de nombreuses compétitions pour les amateurs d'automobiles. Hellé Nice aimait la sensation que procure le pilotage de voitures rapides, elle sauta sur l'occasion de participer à une course organisée par la jet-set parisienne de l'époque. Femme athlétique, elle a également été une passionnée de ski alpin, mais un accident sur les pistes endommagea gravement son genou et mit fin à sa carrière de danseuse. Peut-être inspirée par Charlotte Versigny qui avait participé sur une Talbot au Grand Prix de La Baule en 1927, Hellé Nice décida de tenter sa chance en tant que pilote professionnelle.


En 1929, au volant d'une Omega-Six, elle remporta une Grand Prix féminin sur l'Autodrome de Montlhéry en établissant un nouveau record du monde de vitesse féminin.

Profitant de sa notoriété, l'année suivante, elle fit une tournée aux États-Unis, participant à de nombreuse courses sur une Miller, de fabrication américaine.


hellenice2.jpgPeu de temps après son retour d'Amérique, dans un café sur les Champs-Élysées, Philippe de Rothschild se présenta à elle. Pendant quelque temps, ils partagèrent un lit et l'amour de la course automobile. Rothschild qui courait sur Bugatti présenta alors Hellé à Ettore Bugatti, qui ne fut pas long à l’ajouter à la liste de pilotes masculins de son écurie. Après avoir ouvertement annoncé son désir de rivaliser avec les hommes, elle atteignit son objectif en 1931 et pilota une Bugatti T35C dans cinq grandes courses de Grand Prix en France ainsi que dans le Grand Prix d'Italie à Monza.


Hellé Nice était facilement reconnaissable dans sa voiture de course bleu clair, se décrivant elle-même comme une concurrente ne craignant pas de piloter contre les hommes.

Elle séduisait les foules partout où elle courait tout en augmentant ses revenus avec une variété de produits dérivés. Bien que n'ayant pas remporté un seul Grand Prix, elle a été une concurrente légitime, et a souvent terminé devant quelques-uns des meilleurs pilotes masculins.


Au cours des années suivantes, comme seule femme sur les Grand Prix, elle a continué de piloter des Bugatti et des Alfa Romeo contre les plus grands pilotes du moment comme Tazio Nuvolari, Robert Benoist, Rudolf Caracciola, Louis Chiron, Bernd Rosemeyer, Luigi Fagioli, et Jean-Pierre Wimille, entre autres. Comme la plupart des pilotes, Hellé Nice courut non seulement en Grand Prix, mais également en courses de côte et sur route, partout en Europe.


Le 10 Septembre 1933, elle participa à l'une des courses les plus tragiques de l'histoire. Au cours du Grand Prix d'Italie à Monza, Giuseppe Campari, Baconin Borzacchini et le comte polonais Stanislas Czaikowski, se tuèrent.

hellenice3.jpgEn 1936, elle se rendit au Brésil. Au cours du Grand Prix de São Paulo, alors qu'elle était en deuxième position derrière le champion brésilien Manuel de Teffé, un terrible accident failli la tuer [2]. Les cause de l'accident restent floues, mais une botte de paille se retrouva sur la piste, qu’elle percuta à plus de 160 km/h. Son Alfa Romeo fut projetée dans les airs et s'écrasa dans les tribunes, tuant quatre spectateurs et en blessant plus de trente autres. Hellé Nice, éjectée de sa voiture, percuta un militaire de plein fouet, ce qui lui sauva la vie mais pas celle du soldat. trois jours plus tard elle sortait du coma, et deux mois plus tard, de l'hôpital.


La tragédie fit d'elle un héros national pour la population brésilienne. De nombreuses familles donnèrent à leurs enfants le prénom Helenice ou Elenice. Aujourd'hui un grand nombre de femmes portent ce prénom au Brésil. Bien qu’elle n’en parla jamais publiquement, cet accident eut un profond impact sur elle, la hanta toute sa vie.


Comeback


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En 1937, elle tenta un retour en course, dans l'espoir de participer aux Mille Miglia en Italie et au Grand Prix de Tripoli. Touefois, elle ne put obtenir le soutien nécessaire et se résigna à participer aux essais d'endurance "Yacco" réservé aux femmes à l'autodrome de Montlhéry. En alternance avec quatre autres femmes, Hellé Nice conduisit pendant dix jours et dix nuits de suite, battant dix records qu'elle détient encore à ce jour. Les deux années suivantes, elle participa à des rallyes en espérant rejoindre l'équipe Bugatti. En août 1939, son ami Jean Bugatti se tuait lors de l'essai d'un véhicule de la société et un mois plus tard, c’était le début de la Seconde Guerre mondiale.


Accusations


On retrouve la championne en 1949 à Monaco où elle est censée participer au premier rallye de Monte Carlo d’après guerre. Lors d'une grande fête organisée pour célébrer le retour à la course, Louis Chiron traverse la salle et l’accuse d’avoir été un agent de la Gestapo durant la guerre. À l'époque, une telle accusation pouvait déjà être un sérieux revers pour la carrière de quelqu'un, surtout lancée par un homme aussi puissant que Louis Chiron, même s'il ne fournit aucune preuve. Ce fut la fin carrière de pilote de Hellé Nice. Lâchée par ses sponsors elle n'a jamais recouru et à cause de l'accusation, son nom et son palmarès ont été virtuellement effacés des annales de l'histoire des courses.

Délaissée par ses amis, ses connaissances et par son amant, ruinée, elle dut accepter la charité d'un organisme parisien qui a été mis en place pour venir en aide aux anciens artistes en difficulté.


Ses dernières années


Une des illustres pionniers du 20e siècle, qui a participé avec succès à plus de soixante-dix épreuves de haut niveau, a vécu ses dernières années dans un sordide appartement infesté de rats dans les ruelles de la ville de Nice, vivant sous un pseudonyme pour cacher sa honte. Éloignée de sa famille pendant des années, elle est morte en 1984 sans le sou, sans amis, complètement oubliée. Sa crémation fut payée par “La Roue tourne”, qui l'avait aidée, et les cendres ont été envoyés à sa soeur dans le village de Sainte-Mesme près de son lieu de naissance et où ses parents étaient enterrés. Néanmoins, Hellé Nice n'est pas mentionnée sur le mémorial de sa famille au cimetière.

Aucun des faits de l'accusation de Louis Chiron n'a jamais été éclairci et des recherches récentes faites par Miranda Seymour, auteur de la biographie de Hellé Nice publiée en 2004, n'ont jamais prouvé sa culpabilité. Biographe respectée, Seymour a  consulté les archives berlinoises sans jamais rien trouver à charge contre la malheureuse.




Mariette Hélène Delangle

France
Née à Aunay-sous-Auneau, Eure-et-Loir, France, le 15 décembre 1900
Décédée à Nice, Alpes-Maritimes, France, le 1er octobre 1984
http://hellenicefoundation.blogspot.com



Thomas Blasi (d'après Wikipedia)



[1]
www.ste-mesme.fr

[2] http://bandeiraquadriculada.com.br

 




Bibliographie

DECHELETTE (Emmanuelle).- La femme la plus rapide du monde, Hellé Nice. Automobile historique, nov-déc 2005, n°51, p. 53-56.
SEYMOUR (Miranda) .- The Bugatti Queen, Ed. Simon & Schuster, Londres, 2004, 320 p., 15,99 £


Internet

Autodiva forum : Hellé Nice, "cocotte" ou pilote ?
Autosport forum : Melle Hellé Nice
The Bugatti Builders forum : Hellé Nice's Bugatti



Hellé Nice, entre glamour et cambouis
© Jean-Pierre Poiter
Félicitée par Jean Bugatti au GP Bugatti du Mans en 1930, photo DR
L'accident de Sao Paulo en 1936, photo DR
Records sur la Matford Yacco en 1937 © Jean-Marie Guivarc'h

Commentaires

Merci pour cet article réhabilitant cette grande pilote (décidément, c'est la période sur MDS!)

Un commentaire : il me semblait avoir lu que son pseudonyme de scène avait été donné suite à une représentation dans un cabaret où un américain avait dit d'elle "elle est "nice""... D'où l'accent sur le e de Hellé

Bruno E.

Écrit par : Bruno Estibals | lundi, 16 août 2010

Je ne vois pas en quoi une accusation de meurtre sur la personne d'un agent de la gestapo était infamant en 1949, il faudra m'expliquer!
Ne serait ce pas plutôt un acte de bravoure?

Écrit par : jean pierre moalic | lundi, 16 août 2010

Quelle magnifique ascencion dans le monde du sport automobile pour Hellé, milieu très masculin, quelle femme pour l'époque !
Mais quelle triste descente aux enfers, ensuite, suite aux accusations (fondées ou infondées) de Louis Chiron.
Bravo, Hellé, pour vos exploits sportifs de l'époque.
Merci beaucoup à l'auteur de ce très bel article, j'ai découvert une femme exceptionnelle.

Amitiés,
Alain

Écrit par : Alain Degli | lundi, 16 août 2010

Tiens ! Rappel sur une note du mercredi, 10 octobre 2007 intitulée "Un dimanche à l'autodrome 03/04, fantômes du Routier" dans laquelle vous pouvez toujours y lire les commentaires.

Cet "enf...." mondain de L. Chiron s'y faisait tailler des costumes. Sans reprendre ce qui a été déjà écrit ci-dessus et dans les ouvrages cités ainsi que les "posts" des forum dont les liens vous sont servis, après avoir visionné de nombreuses photos et de m'être intéressé à ce gars là, vous ne m'enlèverez pas de l'idée qu'il s'est sans doute vengé de ne pas l'avoir "possédé".
La vengeance n'était-elle pas un plat que se mange froid ?

A son égard j'ai même lu le qualificatif de "maquereau", une ancienne publication certainement; mais le "Taxi Boy" de l'hôtel de Paris n'a pas fini dans la misère, lui; peut-être "Baby" Hoffman l'avait-elle aidé un peu, .... elle aussi !

Écrit par : jlm | lundi, 16 août 2010

Bien écrit, solidement documenté, voici un article qui contribue à l'autorité et à la grandeur de "Mémoire des Stands".
Pour le reste, je partage volontiers l'hypothèse de jlm : la frustration amoureuse (ou plus tristement sexuelle) est d'assez loin de ce qui explique le mieux le comportement de Chiron.

Écrit par : Bernard Salvat | lundi, 16 août 2010

Toujours la même question lancinante sur cette histoire :
Soit l'accusation est fondée et les faits qui lui sont reprochés doivent être très graves puisque, à de rares exceptions, tous les artistes compromis - sans parler des "politiciens" - y compris ceux décorés de la francisque - s'en sont sortis. Hors il n'y a pas eu de procès, donc de preuve à son encontre. Et elle a été définitivement radiée de la vie publique.
Soit l'accusation n'est pas fondée et on se demande pourquoi PERSONNE n'est venu à son secours, dans le monde artistique, sportif ou politique. Personne y compris elle même qui aurait pu attaquer en diffamation. Ce qui ne semble pas avoir été le cas.
Cette ambiguité contribue à créer le doute.

Écrit par : Olivier Rogar | mardi, 17 août 2010

A celles et ceux qui cherchent à comprendre, je ne peux qu'extraire un petit passage du livre de Miranda Seymour "Bugatti Queen" pages 256 et 257 du 14e chapitre intitulé "The accusation", sous titre: "Vôtre place n'est pas ici, vous."

Extrait:

"One would like to know what conversations took place as the Renault drove out of Monte Carlo that morning. The night before, in the shocked presence of Anne Itier, Hélène had undergone the most humiliating experience of her life. Dressed for a splendid night out, she had attended the reception that was being given for the pick of the rally drivers, in their honor. She had been deep in conversation with Itier and their friends Yvonne Simon and Germaine Rouault when a tall figure had detached himself from a male group on the far side of the room and made his way toward them. Jabbing a finger at Hélène and raising his voice so that nobody could fail to hear his words, he denounced her as a Gestapo agent. It was, he boomed, a disgrace to Monaco and to the rally that this woman had been allowed to participate. Why was she here ?

Silence fell as the drivers turned to stare at Hélène, white faced, mute with shock. Politely, they waited for her to defend herself. "I was," she said afterward, "so staggered to hear myself being called an agent that I simply didn't know what to say. I didn't even react.

It might have been better if she had; yet what, in such circumstances, could she possibly say, and who would believe her, when the man who had accused her was Louis Chiron, the adored king of motor sports in Monte Carlo ? Monegasque by birth, Chiron had put the principality firmly on the tourist map when he had founded its own grand prix in 1929; he had been one of the most spectacular winners of the national grand prix in 1931; a superb driver, he had the charisma of a film star-and the vanity.

Immaculately dressed in his light blue overalls and with a polka-dot scarf knotted at his neck, Chiron was a man who enjoyed the company of beautiful women and relished the flattery of the press. Photographs of him show a man who loved the camera and responded to it like a showman. It is conceivable that he resented a woman who excelled at diverting press attention to herself; it seems incredible that he would have sought to defame her for such a petty reason. It may be that Hélène had rejected his advances, or that she had angered him by gossiping about his long relationship with Alice Hoffman, the wife of his first influential sponsor. Yet none of these reasons could justify such a vicious and calculated act of revenge.

Chiron had chosen the place and time at which to make the denunciation with cruel skill. Hélène was French; if she chose ta challenge Chiron, she would have ta make her claim in a Monaco court, outside French jurisdiction. Antony Noghes, with whom Chiron had founded the Monaco Grand Prix, was president of the Automobile Club of Monaco. He also headed the committee in charge of the Monte Carlo Rally. Noghes was the man to whom any complaint would have to be addressed. He was one of Chiron's closest friends.

Ce passage n'est malheusement pas accessible par "Google Book".

Écrit par : jlm | mardi, 17 août 2010

Très bel hommage à la mémoire d'Hélène Delangle, pilote incomparable.

Cher jlm, je ne partage pas tout à fait votre point de vue.

Ou plutôt votre explication.

Dans les princes du Tumulte, Chiron est dépeint sous les traits d'un individu , surnommé "la grand mère" en des termes peu flatteurs ou du moins montrant qu'il n'était pas apprécié. Redouté pour ses relations mais pas apprécié.

A-t'il eu besoin par cet acte bas, cette accusation publique, en terre monégasque où il ne redoutait rien des autorités locales de faire éliminer une concurrente rapide? Ou a-t'il confondu avec son équipière Anne Rose Itier dont un de ses sauveurs et ex-co pilote au Mans, (et un peu dans la vie avant guerre et jusqu'à quand?) était officier allemand...

Ce qui aurait pu expliquer la stupéfaction puis le silence d'Hellé Nice? Et son absence de soutien par sa proche équipière?

Chiron avait-il besoin de faire oublier qu'il avait participé activement à la propagande du Reich en courant pour Mercedes en 1936, même si ses résultats cette année là ne furent pas les meilleurs ?

A ce sujet Marvano, dans le premier opus "Grand Prix" donne une information qui ne m'était pas connue jusqu'ici... (m'intéressant plus aux autos de courses, et aux pilotes, qu'aux arcanes des services spéciaux allemands pavant et pendant la seconde guerre mondiale)... N'ayant qu'une source d'information, et non trois, je serai curieux de savoir si d'autres personnes plus érudites que moi sur le sujet savait ou on entendu parler que...

"Mais peu à peu le régime commença à se mêler de tout et à donner des ordres. Hitler donnait le grade de SS-Hauptsturmführer (capitaine) à tous les coureurs, une tentative évidente de leur inculquer quelque discipline militaire. Cette décision n’enthousiasmait pas également tous les coureurs. Bernd Rosemeyer par exemple, l’Aryen idéal avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus, refusera toujours de porter l’uniforme, même quand Goebbels, le ministre de la propagande, le lui demandera en personne.
Les courses furent soumises à un strict code d’habillement. Il était inacceptable que de fiers Aryens déambulent autour des stands en salopette, comme der Schnurrbiber, l’expert en pneus de Continental, le faisait les jours de canicule.
L’alcool et la musique de jazz furent interdits dans les stands, ainsi que les siestes, car tout cela était dégénéré et indiscipliné.

Et les éternels flirts avec les filles voluptueuses n’étaient pas non plus un bon exemple pour la saine jeunesse aryenne. Dorénavant, plus de femmes dans les stands ! Même les épouses étaient frappées d’interdit.

Tout cela mena les coureurs à la franche révolte, bien qu’elle se traduisît par ce que l’on appellerait de nos jours « des actions ludiques »." Extrait du dossier Marvano dont le lien suit

http://dossiers.dargaud.com/grand-prix/chapitre4.html

Et donc la question: Chiron a t'il aussi été fait "SS-Hauptsturmführer" par Hitler?

Écrit par : Xavier | mardi, 17 août 2010

Très cher Xavier, je respecte tout à fait votre opinion.

Quant à un Louis Chiron élevé au grade "Hauptsturmführer", pour avoir piloté un W25 lors du GP de Monaco 1936, un GP où, hormis des essais plutôt réussis pour lui puisqu'il réussi "la pole", il n'a certainement pas conservé un souvenir impérissable car, si je me souviens bien, il a fait un "tout droit" à la sortie du tunnel dans le 2e tour. Au fond du fond à Tripoli, 6e à l'Eifelrennen, casse son moteur en Hongrie et un gros crash sur le Nürburgring qui le laisse sur un lit pendant un moment.

Ach ! Himmel, zatané danzeur montain !

Un grade, même dans la SS, cela se mérite et chez ces gens là, on aime pas entendre gémir. Qui plus est, v'la "Baby" Hoffmann qui le plante là au pieds des montagnes suisses pour rejoindre son "der Caratsch". On a beau être "Monsieur Louis", ancien groom de l'hôtel de Paris, il y a de quoi broyer du noir.

Quant au magnifique travail de Marvano, mon frère et moi connaissons très bien, nous avons travaillé sur des épreuves pour y corriger d'éventuelles erreurs ! Toutefois ne pas oublier ceci : "Une histoire vraie qui n'a jamais eu lieu".

Bien à vous, Xavier.

Écrit par : jlm | mardi, 17 août 2010

Je suis heureux que cette cérémonie de mémoire fasse encore parler de notre pauvre Hellé Nice! (regret de ne pas pouvoir aller Ste Mesme, suis trop loin...) .
Haro sur Chiron effectivement. Bien vu messieurs jlm et xavier. Rien à ajouter !
Bonne fin d'été à tous!

JFB (auteur/lecteur)......

Écrit par : Bouzanquet | mercredi, 18 août 2010

Quelqu’un sait-il ce qu’est devenue l’Omega Six n°9 de la première photo.
Il me semble qu’elle était au musée du Gerier de S. Pozzoli.
Bref, il y a quelque temps déjà.
Même si c’est un peu juste pour l’événement du 4 septembre sa présence serait un bel hommage non ?

Écrit par : AG | mercredi, 18 août 2010

Bonsoir. C'est vrai elle ne s'est pas defendu et personne ne la fait pour elle. Alors que dire de cette triste affaire.

Écrit par : d robin | mercredi, 18 août 2010

MARVANO
Grand Prix -1. RENAISSANCE
"Une histoire vraie qui n'a jamais eu lieu"

Gian Paolo en est témoin, vendredi 17 dernier, nous "soupions" avec Mark "Marvano". Nous, parce que nous étions cinq autour de lui.
Bien évidemment et malgré la phrase de l'histoire vraie qui n'a pas eu lieu, nous entamons une discussion très précise à propos du dernier dessin de la page 27, Louis Chiron dans l'Alfa Romeo Tipo B dite P 3 n°12 nez bleu, négociant un "droite 90°" vers un lieu-dit "Pourvile" comme indiqué sur le panneau émaillé Citroën.
GP de d'ACF, 1er juillet 1934, le 12.500 km de Montlhéry sera emprunté 40 fois soit 500km sur le grand circuit qui emprunte "Les Biscornes".
Question: où se trouve cette "bretelle" non goudronnée ou non "silicatée" ? Interrogé Dominique Pascal ne connait absolument pas de "Pourville" dans ou autour du "Plateau de Saint Eutrope; toutefois il lui vint l'idée pas si saugrenue après qu'il nous ait posé la question: "Où et comment Marvano a trouvé cette vue ?"
C'est ainsi qu'il lui vint une piste, puisqu'il (Marvano) a dessiné ce passage d'après une photo d'époque, les n° des 2 voitures correpondant, déduction simple, ce ne peut être que Montlhéry 1934 et la victoire de Chiron, triplé Alfa Romeo.

Vous avez entre les mains la BD, qu'en pensez-vous ? La piste que propose Dominique Pascal, il arrivait que les "archivistes photos" dès l'ors qu'il y avait telle voiture, munie de telle n°, alentour d'une période, ils la classaient dans la case: Circuit de ...., telle épreuve, pilotes untel et untel.

Marvano rejoint "notre hypothèse" quant à l'attitude de Chiron vis à vis de Hellé Nice en 49 avant le départ du Rallye Monte Carlo, je ferme la parenthèse.

Le troisième volet de "Grand Prix" s'arrêtera le 3 septembre 1939 après le GP de Yougoslavie remporté par Tazio Nuvolari dans la Auto-Union précédant la Mercedes de Manfred von Brauchitsch dont le "tonton", deux jours avant, venait d'envahir la Pologne !

Écrit par : jlm | dimanche, 19 septembre 2010

Cette affaire Héllé Nice est bien embarrassante et on aimerait tant croire que les allégations de Louis Chiron furent fausses. J’essaie de m’en convaincre en pensant à tous ceux qui choisirent le bon camp en le payant parfois cruellement de leur vie, Benoist, William Grover-Williams ou à ceux qui eurent un comportement exemplaire : Jean Pierre Wimille. La principauté monégasque quant à elle, ne fut pas un modèle de résistance à l’ennemi loin s’en faut puisqu’elle participera allègrement à l’effort de guerre nazi par l’intermédiaire de son système bancaire. Ses dirigeants n’y virent guère d’objection. De Gaulle s’interrogera d’ailleurs sur les sanctions à prendre à l’encontre de la principauté.

Je ne sais pas quelles furent les activités de Chiron durant cette période trouble. L’immédiate après guerre a vu cependant bon nombre de collaborateurs retourner leur triste situation à leur avantage. Concernant Héllé Nice, je pense que les services de renseignements français et britanniques étaient terriblement renseignés sur les activistes. Peut être, serait-il intéressant de faire une excursion aux archives militaires du Château de Vincennes ! A moins que l’on préfère que le doute persiste.

Écrit par : Daniel DUPASQUIER | lundi, 20 septembre 2010

Je vous propos une traduction des pages 256 à 262 de la 6e partie intitulée "Disgrace" du livre de Miranda Seymour, "Bugatti Queen", 14e chapitre, titre "The Accusation", surtitre, "Vôtre place n'est pas ici, vous."

"... On aimerait bien connaître quelle était la teneur des conversations alors que la Renault n’était plus à Monte Carlo le matin.
La veille, en présence d’une Anne Itier choquée, Hélène avait subi l'expérience la plus humiliante de sa vie. Vêtue d'une splendide tenue de soirée, elle avait assisté à la réception organisée vis à vis des pilotes et en leur honneur en vue de la reprise du rallye. Alors qu’elle était en grande conversation avec Anne Itier et ses amies Yvonne Simon et Germaine Rouault, une grande figure s'est détaché d'un groupe d’hommes, de l'autre côté de la pièce, qui se dirigea vers elle. Pointant du doigt Hélène en élevant la voix afin que personne ne puisse manquer d'entendre ses paroles, il la dénonça comme « un agent de la Gestapo » Ainsi la honte rejaillirait sur Monaco et la manifestation ; pourquoi cette femme serait-elle admise ? Que faisait-elle ici ?
Un lourd silence s’abattit dans la salle, tous les pilotes se tournèrent vers Hélène encore sous le choc, blême et sans réaction. Poliment, tous attendaient qu’elle se défendre. «J'étais perdue, dit-elle après coup, de m’entendre appelée un agent, je ne savais pas quoi dire. Je n'ai même pas réagi."

Cela aurait été mieux si elle avait pu, encore que, dans de telles circonstances, que pouvait-elle répondre, et qui croire, quand l'homme qui l'avait accusé était Louis Chiron, le roi du sport automobile de Monte-Carlo ? Monégasque de naissance, Chiron, qui avait fondé le Grand Prix en 1929, qui avait fortement imprimé la principauté sur une carte touristique. En 1931 pour le Grand Prix, il s’est imposé en tant que magnifique et spectaculaire pilote, il avait le charisme et la vanité d’une star de cinéma.
Impeccablement vêtu dans son pardessus bleu ciel, avec un foulard à pois noué autour du cou, Chiron était un homme qui aimait la compagnie de belles femmes, il adorait les flatteries de la presse. Les photos le montre en homme qui aimait les flashs de l’actualité quitte à se montrer « showman ». Il est peut être concevable qu’il détestait qu’une femme puisse détourner l’attention de la presse plutôt que celle-ci le mette en avant ; il semble incroyable qu'il aurait cherché à diffamer pour un motif aussi futile. Il se peut qu’Hélène ait rejeté ses avances ou qu'elle l’ait mis en colère par des commérages à propos de sa relation avec Alice Hoffman, l'épouse de son premier mentor. Pourtant, aucune de ces raisons aurait pu justifier un telle manœuvre vicieuse en guise de vengeance.

Chiron avait choisi le lieu et la date à laquelle l’accusation serait lancée avec une cruelle habileté. Hélène était française, si elle avait choisi d’ester contre Chiron, elle devra faire sa demande devant un tribunal de Monaco, en dehors de la juridiction française. Antony Noghes, avec lequel Chiron avait fondé le Grand Prix de Monaco, était président de l'Automobile Club de Monaco. Il a également dirigé le comité en charge du rallye de Monte Carlo. Noghes était l'homme vers qui toute réclamation devait être adressée. Il fut l'un des amis les plus proches de Chiron.

Itier et Hellé Nice ont terminé le rallye sans se faire remarquer. Peu de temps après leur retour, Hélène écrit une longue et dramatique supplique à Antony Noghes, dont le nom, il est bon de le noter, était si nouveau pour elle, qu'elle l'avait mal orthographié en tant que Noguès. La lettre, dont elle conserve une copie, a décrit la nature de l'accusation, l'horreur et la honte que Chiron lui avait causée et les dommages sur sa réputation. «Je peux vous promettre que ce qu'il a dit était assez terrible pour influencer beaucoup de monde, je les ai entendu et c’est ce qui s’est produit, dit-elle à Noghes, en nommant ses amies comme ses principaux témoins. Elle a protesté de son innocence, soulignant que c'était la première fois qu'une telle accusation a été proférée. Elle a demandé Noghes de prendre note que les ragots étaient déjà propagés.

A Reims, une décision avait été hâtivement prise pour leur interdire de poursuivre la course, elle ne l’a appris qu’à son retour.
Avec indignation, elle fit front aux menaces. En premier lieu, elle le dit à Noghes, elle s'attendait à des excuses complètes de Chiron. Si cela n'a pas été fait, elle mettrait l'affaire devant le tribunal de Monaco, où son nom serait lavé et Louis Chiron calomnié comme un diseur de vérités. Contrevérité chevaleresque, a-t-elle ajouté pour faire bonne mesure.
Le 25 Février, Noghes dicte une courte réponse, soigneusement évasive: Louis Chiron était malheureusement en voyage en Angleterre pour une période indéterminée, la lettre lui serait montrée à son retour. Aucune assurance n’a été offerte, la nature de l'accusation n'était même pas mentionnée.

Et alors ? Des recherches aux archives de la ville de Nice et de Monaco n'ont rien donné au sujet d'un procès. L'Automobile Club de Monaco, qui a mis en place un buste magnifique de Louis Chiron pour accueillir les visiteurs, est dépourvu de toute preuve de litige. La Cour d'appel de Monaco, un bâtiment magnifiquement ecclésiastique, n'a pas de fichier sur un procès intenté à Louis Chiron dans la période comprise entre 1949 et 1955. Hélène était la seule à détenir la copie de sa lettre, ainsi que la réponse de Noghes. Il est difficile de croire qu'elle n'aurait pas conservé une excuse de Chiron ou la preuve qu'elle avait porté plainte contre lui, avec un résultat positif. Mais il n'y a rien.
Est-il possible que Chiron avait des raisons d’une terrible attaque vis-à-vis d’une de ses collègues coureurs ? Un article qui a été publié au sujet d’Hélène en 1997, suggérait que les soupçons avaient été éveillés par son amitié avec Huschke von Hanstein ; pourquoi, alors, Chiron épargne-t-il Itier, alors qu’il connaissait le pilote allemand, avec lequel elle avait eu une brève liaison, et qui se tenait debout à côté d’Hélène quand il a fait son accusation ?
Même si Hélène a eu une brève liaison en 1938 avec l'homme connu plus tard comme «The racing Baron», pourquoi l’aurait-il encouragé à devenir un agent de la Gestapo ? L'idée est franchement absurde: Hanstein a lui-même été arrêté par la Gestapo en 1943 et condamné à six mois de prison pour un crime pitoyable d’être aller à une fête organisée par l’ambassade du Brésil à Budapest.
Envoyé sur le front russe, Hanstein a finalement réussi à faire son chemin dès son retour et a fait un profil bas pour le reste de la guerre. Personne qui n’ait jamais rencontré Huschke von Hanstein l’ait considéré comme autre chose qu’un pilote de course et de rallye plutôt exubérant qui devint plus tard un brillant directeur des relations publiques pour Porsche

Il y a une autre possibilité. Une des photographies soigneusement conservées par Hélène montre un bel aviateur dans son avion, tandis qu'une autre montre le même homme dans son uniforme d'officier allemand. C’était le général der Flieger Freiherr Friedrich Leopold von Richthofen, qui avait écrit pour lui souhaiter un prompt rétablissement après le crash de Sao Paulo. Il se peut que ces photographies détiennent un secret et que ce fût un ami qui aurait attiré Hélène pour travailler avec l'ennemi.

Même si tel était le cas, il semble peu probable qu'elle aurait été assez négligente pour garder une photo de lui en uniforme pendant son amitié avec un officier allemand ; si tel a été le cas, ceci était-il suffisant pour que soit lancé une accusation de collaboration.

Les archives françaises de la guerre ne montrent rien en relation avec Hélène Delangle, et il n'y a pas de détail existant d'une affaire judiciaire, bien que Mick Walsh en 1997, dans un article pour un magazine des voitures anciennes a suggéré qu'elle avait pris des mesures pour effacer son nom après la dénonciation de Chiron. Il n'existe pas non plus de détail qui ait été obtenu en France, par des espions français qui étaient employés par la Gestapo, la question est, en effet, aussi délicate que la réponse est extrêmement difficile à obtenir.

Les Allemands sont plus ouverts et plus complet sur cette question. Une liste détaillée a été créée au Bundesarchiv à Berlin, elle donne ce qui laisse à penser être un compte rendu exhaustif de tous les agents travaillant avec la Gestapo en France pendant l'Occupation. Une demande a été adressée au Bundesarchiv pour des recherches dans cette liste; Hellé Nice n’est pas connue par les conservateurs des archives, ni par son pseudonyme, ni de son vrai nom. Ils en ont conclu qu'elle n'était pas, comme Chiron avait allégué, un agent de la Gestapo.

Mais aurait-elle été prête pour aller devant la cour dans une principauté antipathique afin de prouver son innocence ?
Il est possible que l'écrivain qui affirmait en 1997 qu’elle se serait trouvée face à une cour, c’est en fait une mauvaise interprétation d’une preuve.
Plusieurs photographies dans les archives américaines, accessibles, trop brièvement, pour preuves montrent Hélène assise dans ce qui semble être une salle d'audience, elles ont en fait été prises lors d'une réunion officielle avant le Grand Prix de Biella en 1935.
Je suis, malgré ces preuves photographiques trompeuses, enclin à partager son avis. Si une femme, aussi connue qu’Hellé Nice, s'était avéré être un ancien agent de la Gestapo, quatre ans seulement après la guerre, les journaux auraient été prolixe avec de telles informations et elle aurait été sévèrement et publiquement puni pour cela. Son « crime » aurait été impardonable.
En l'absence de preuve conservée quelque part sur un tel fait, autre que sa lettre à Noghes, il semble prudent de conclure que Chiron aurait fait machine arrière. Qu'elle n'ait jamais fait état à cette humiliante expérience ne doit pas surprendre; tout ce qui comptait pour elle était que son nom fut lavé de tout soupçon.
Le silence aurait été prudent, même si elle avait remporté le rallye.
Supposons que l'affaire soit arrivée devant le tribunal de Monaco et que Chiron avait retiré son allégation au dernier moment. Hélène voulait se défendre, mais sa carrière publique était terminée. Elle fit un dernier effort pour revenir en 1951, s’engager dans le Grand Prix de Nice ; elle a été remplacée au dernier moment par un conducteur jeune et brillant, Jean Behra, dont la réputation a été faite l'année suivante quand il a remporté le Grand Prix de Reims. Sa décision n'est pas étonnante, elle venait d’avoir cinquante ans et elle n'avait pas affronté d'autres pilotes en Grand Prix depuis son accident du Brésil. Elle avait toujours sa Renault et la volonté de la conduire, mais les partenaires ne la soutiendraient plus après les révélations de Chiron. Personne ne voulait être vu en sa compagnie, une femme qui avait été accusée de travailler pour l'Allemagne, mais au fond d’elle-même l’accusation avait été une blessure pour une ancienne histoire écœurante"

Il est bien prouvé que Anne Itier et Hellé Nice prirent le départ du Rallye Monté carlo; lire le livre de François Rivage, "La saga sportive de la Renault 4CV" Pixel Press Studio, 2007; page 15:
".... Honneur au seul équipage féminin engagé sur Renault, Mesdames Itier et Hellé Nice sont au volant de la voiture n°156 (2544 BA 9). Toutes deux, conductrices émérites, ont déjà pratiqué la compétition avant la guerre, la seconde cachant sous ce pseudonyme une danseuse du Casino de Paris"
- informations contenues dans le livre de M. Seymour page 299, où il est précisé qu'elles ont abandonné après avoir eu un accident avec un camion - .

Un peu plus loin page 18 :
"L'équipe des femmes s'est arrêtée à Reims."
Rien à voir avec le fait qu'elles aient appris leur éviction du rallye à Reims, puisque le texte de Miranda Seymour indique qu'elles ne l'apprendront qu'à leur retour.

Lire aussi le chapitre que lui consacre Jean-François Bonzanquet (Silk Cut) "Femmes Pilotes de courses auto 1888-1970, ETAI 2007, pages 26 et suivantes.

Écrit par : jlm | mercredi, 22 septembre 2010

Merci JLM pour la mention du livre Femmes Pilote.......
J'avais bien aussi lu quelque part qu'elle avait participé a une course/promotion....de Juvaquatre pour Renault au tout début des années 50........Monture peu glorieuse pour cette étoile filante en bout de parabole.....

Écrit par : Bouzanquet | mercredi, 22 septembre 2010

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