vendredi, 05 juin 2009

Tony Maggs n'est plus

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Décédé du cancer le 2 juin dernier, Tony Maggs fut le premier Sud-Africain à participer au Championnat du monde de F1 et l'un des trois, avec Jody Scheckter et Neville Lederle, à y marquer des points. Le contingent d'anciens pilotes originaires d'Afrique australe se décime après les décès de John Love en 2005, Luki Botha et Doug Serrurier (2006), William Ferguson (2007), Sam Tingle (2008), et Jackie Pretorius en 2009.
 



tonymaggs.jpgFils d'un héros de guerre, le jeune Tony était logiquement destiné à travailler dans la ferme paternelle sise dans le district de Zoutpansberg, dans le nord du Transvaal, près de la frontière mozambicaine, mais la découverte d'un sport pratiqué avec de petites machines à roulettes en décida autrement. Plutôt qu"un tracteur, il acquiert une ancienne Riley  qu'il engage dans des épreuves locales, en dépit de l'opposition de son père. Il ne tarde pas à "monter" en Angleterre, en 1959, véritable eldorado pour le petit paysan du Transvall. Fort de bons résultats avec la Gemini Formule junior du Chequered Flad en 1960, il attire l'attention de Ken Tyrrell qui lui donne en 61 le volant d'une Copper-BMC, avec comme coéquipier le Rhodésien John Love. Il se débrouille pour partager le titre européen de la spécialité avec Jo Siffert.
 
Il débute en F1 en juillet de la même année, conduisant la Lotus 18 du team Louise Bryden-Brown aux GP d'Angleterre et d'Allemagne où il marche bien. En 1962 et 1963, il enchaîne deux saisons sur la Cooper T66 officielle, réalisant trois podiums dont deux deuxièmes places, notamment une à Reims, ce dont témoigne le cliché ci-dessus pris par un Pr Reimsparing qui était déjà à son poste en 63. Il est pourtant remercié à la fin de l'année (Maggs, pas Reimsparing) pour permettre à Phil Hill de rejoindre les rangs de Cooper et décroche un contrat avec la Scuderia Centro Sud qui aligne des BRM P57. Il aura Giancarlo Baghetti comme partenaire. Il marquera des points au Nurburgring et à Zeltweg.
 
Tony Maggs a été vu en Sport, notamment à l'International Trophy de Silverstone où il fit débuter la Lola GT. Les fiches de notre ami Haine Kane indiquent trois participations aux 24 heures du Mans en 61, 63 et 64, sur respectivement une Aston Martin DBR1, une Porsche 718 et une Ferrari 250 GTO, vecteur de son meilleur résultat sarthois (6e en compagnie de Innes Ireland). Maggs termine 3e des 12 heures de Sebring puis remporte les les 9 heures du Rand en Afrique du Sud, en 1965.
 
Mais 65 s'avèrera une mauvaise annnée qu'il entame au volant d'une Lotus 25 du Reg Parnell Racing au GP d'Afrique du Sud, son unique prestation en F1. En fin de saison, il est à l'origine de la mort d'un enfant qui s'était introduit dans une zone interdite du Roy Hesketh Circuit de Pietermaritzburg où Maggs courait sur une Brabham BT10 de F2 avec laquelle il sortit. Profondément marqué par ce drame, il raccroche pour enfin se consacrer à l'affaire familiale d'élevage. Plus tard il fondera une réserve naturelle. Un accident d'avion, en 1967, lui fournit une manière de rédemption. Il sera gravement brûlé en tentant d'extraire les passagers de la carcasse. Curieux destin que celui de Tony Maggs.
 


Anthony Francis O'Connell Maggs

Afrique du Sud
Né à Pretoria (Afrique du Sud) le 9 février 1937
décédé le 2 juin 2009

Voir la nécrologie sur Motorsport.co.za
 
 

Tony Maggs, Cooper T66, GP de l'ACF 1963 © Pr Reimsparing
Portrait, photo DR

Commentaires

Avec Tony Maggs disparait l'un des derniers pilotes de cette époque fabuleuse, celle des F1 1500 cc ; fins cigares pour les uns, baignoires où le pilote s'allongeait pour les autres ... Tony Maggs nous rappelle bien sûr ces pilotes Sud Africains ou Rhodésiens qui avaient à coeur de se frotter à l'élite du volant mais il est aussi à évocateur de circuits aux noms exotiques pour la plupart disparus, emportés par la dérive incontinente de ces terres : East London, Durban, Kyalami ...

Ecrit par : Christian Magnanou | vendredi, 05 juin 2009

Puisque, apparemment, je n'ai pas (encore) été remercié, et bien que je ne sois pas habituellement un passionné compulsif des palmarès, je me permets d’observer – avec l’aide inestimable de l’ouvrage « Reims, Vitesse, Champagne et Passion » - que sur le circuit de Reims-Gueux qu’il a fréquenté à quatre reprises au début des années soixante, Tony Maggs a connu une réussite pour le moins contrastée.

Tout avait superbement commencé en 1961, lors de la première venue de notre Sud-africain, peut-être galvanisé par le soleil et la température ambiante. Disputant la Coupe de vitesse des (formules) juniors sur une piste qu’il découvrait, donc, contrairement à un Trevor Taylor, par exemple, vainqueur d’une manche l’année précédente dans cette même catégorie, Maggs, au volant de sa Cooper Austin, s’octroyait le deuxième temps des essais, derrière ledit TT, la deuxième place des deux premières manches derrière le même TT, pour, finalement, devancer celui-ci à l’issue de la troisième manche (on en avait pour son argent, en ce temps-là !) ; platoniquement toutefois, puisque le pilote tout de jaune vêtu, casqué, ganté et janté, s’imposait au général à l’addition des temps. N’empêche, deuxième d’emblée derrière le cador de la catégorie et devant le gratin d’icelle, sur ce circuit d’aspiration ultra-rapide, cela en disait long sur l’ambition et le courage du garçon.

Las ! Le meeting de 1962, disputé sous la grisaille, n’allait guère sourire au grand blond, nonobstant sa double participation à la Coupe internationale des (formules) juniors et au GP de Reims F1 (hors championnat). Dans le cadre de la première citée, après un médiocre 16ème temps aux essais, toujours sur sa Cooper Austin, il ne peut faire mieux que 5ème, d’abord de sa manche, derrière les deux inaccessibles Lotus officielles de Rees et Anderson, la Cooper Cosworth d’Attwood et la Lola de Hine, puis de la finale, devancé par la Lotus de Spence, les Cooper Cosworth d’Attwood et du « fin José » et la Cooper Morris de Denis Hulme.

Paradoxe de l’époque, Maggs était pourtant pilote officiel Cooper en F1. Mais sa prestation lors du GP ne mérite guère d’être exhumée de l’oubli. Alors que son coéquipier Bruce Mac Laren l’emportait au volant de la dernière née de Surbiton, qu’il avait déjà menée à la victoire à Monaco (dans des conditions, il est vrai, assez similaires dans les deux cas, c’est-à-dire en bénéficiant des abandons de pilotes plus rapides), Maggs, sur une voiture de l’année précédente équipée d’un moteur 2,5 litres, s’élançait de l’avant-dernière ligne, pour ne boucler qu’une vingtaine de tours, lâché par…ledit moteur.

La revanche ne fut sans doute que plus délectable en 63, avec cette deuxième place derrière l’inaccessible Jim Clark, un peu chanceuse, certes, mais pas imméritée, et qui, cette année là, valait presque une victoire

C’est sur un ton mi-figue mi-raisin, parfaite synthèse des années précédentes, que s’achève, en 1964 la romance entre Maggs et le triangle magique. Chassé de l'écurie Cooper dans les conditions relatées dans la note, notre homme participera, pour son ultime prestation champenoise, tant aux 12 heures renaissantes qu’au GP de France F2.

Associé à David Piper sur la verte Ferrari GTO de ce dernier, il aura la satisfaction d’accéder à une très honorable 4ème place, derrière une voiture identique mais à caractère plus officiel ainsi qu’en témoigne le fait qu’elle était menée par MM. Parkes et Scarfiotti.

Malheureusement, il s’alignera un peu plus tard au départ de la course F2 au volant d’une Lola reléguée en avant-dernière ligne, à l’emplacement exact qu’il occupait en 62 sur sa Cooper F1 de triste mémoire, tout juste un dixième devant... la René Bonnet du méritant Pierre Monneret, qu’il précèdera toujours au final, mais à la 15ème place et à 4 tours du « petit Alan Rees » dont ce devait être l’éphémère jour de gloire.

Brève et chaotique, cette carrière méritait bien la une de MdS et une pensée un rien nostalgique pour une étoile filante que l’on n’a pas oubliée.

Professeur Reimsparing

Ecrit par : Professeur Reimsparing | vendredi, 05 juin 2009

Il est décédé le même jour (2 juin) que son ancien coéquipier Bruce Mc Laren qui était né la même année que lui.

Ecrit par : Christian Briand | samedi, 06 juin 2009

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