lundi, 04 mai 2009

Classic Days… Ok mais nulle part ailleurs

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Les années se suivent mais ne se ressemblent pas à Magny-Cours qui perd son GP de France mais gagne un Classic Days que nous voulions voir ailleurs l’an dernier mais devenu tout à fait à sa place aujourd’hui. Revue de détail.



cla3.jpgUne intense campagne de presse entamée dès la fin de l’édition 2008 avait tout au long de l’année fait monter la pression et suscité l’inscription de 656 véhicules répartis en 91 marques. Les parkings se remplissent le vendredi 1er mai sous un léger soleil printanier dont l’éclat fait chanter les Ferrari, grossit la Rovin, vulgarise les Lamborghini, attire le chaland sur l’unique Facel-Vega et le questionne sur une coque vide de Matra 630 arrivée on ne sait comment parmi ses consoeurs Djet, etc.

Les marchands du temple installant leurs objets du culte dans la zone à l’arrière des stands, nous en avons profité pour nous perdre à l’intérieur du circuit, à la recherche des fantômes qui jadis passaient le portail de l’ancien circuit Jean-Behra. Un calme relatif règne dans cette région herbeuse désertée par le public qui pour le prix d’une place de cinéma se voit offrir l’intégralité du site, ligne de stand comprise.


cla2.jpgUne vague tour de contrôle se dresse après le retour du Château d’eau, abandonnée, des carreaux cassés, vestiges de l’ancien bâtiment de l’école Winfield, unique subsistance d’un passé qui a été rasé, comme s’il faisait honte. Pas moyen d’y pénétrer, l’escalier extérieur est manquant aux deux tiers.

Une stèle sombre, mal cachée par de mauvais arbustes nous attire : un hommage à Pierre Bérégovoy. Une épitaphe maculée de la merde d’un renard - dirait-on - rappelle à qui s’égare dans le coin ce que feu le Premier ministre a fait pour Magny-Cours. C’est aujourd’hui l’anniversaire de sa mort qu’on ne dissocie pas de celle de Ayrton Senna qu’un de nos fidèles, Jean-Michel Cravy, évoquait le matin même dans un courrier : "J’étais sur la Nationale 6, quelque part du côté de Beaune, au volant d’une BX break diesel, quand j’ai entendu l’impensable à la radio." Mais qui dit Break BX brise le rêve et c’est l’implacable retour à la réalité.

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Nous voilà rematérialisé dans Classic Days 2009 dont le lecteur pressé qui ne veut pas lire jusqu’au bout doit savoir tout le bien que nous en pensons. Fournissant un appui logistique aux seize Tractions venues fêter leurs 75 ans, cette 2 CV militarisée inspirait le respect au paddock. Un ensemble humanisé par le fraîchement retraité de la marque au double chevron, Guy Fréquelin, qui dédicaçait son livre Pilote de ma vie dans la guitoune d’à côté.

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Alors qu’en arrière-plan trône la Martini MK 16 ex-Laffite, ci-devant pose la Martini MW3 F3 que le même Jacques avait reçue comme prix de sa seconde place au Volant Shell 68. Il l’amena deux fois troisième à Magny-Cours l’année suivante. MW pour Martini Winfield. Ce sera la dernière de la lignée avant que les autos badgées MK (Martini Knight) prennent le relais en 1970. En blouson vert, le "Rupert Murdoch de l’automobile historique", Gérard Gamand, patron d’Autodiva. Un Rupert Murdoch passionné, nuance-t-il.

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Si les avis divergeaient sur le look de l’Arrows biplace A20 de 1999, un consensus s’était établi sur le caractère hasardeux de la place du mort, ce dernier déjà délesté de 400 euros (bien lire quatre cents) pour deux tours avant d’avoir le droit de descendre dans le baquet. Il était véhiculé par un pilote lambda dont on ne savait rien. Notons à tout prendre qu’il valait mieux ignorer son identité plutôt que de savoir tel ou tel au volant. On se prend à "rêver" d’être le passager d’une BRM P160 biplace conduite par Pedro Rodriguez en lever de rideau du GP de Belgique 1970.

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Les deux grandes parades du vendredi et du lendemain ont réuni en un joyeux capharnaüm plus de 400 véhicules qui se mêlèrent sans souci d’étiquette et à la bonne franquette. Ici une Auburn, plus haut une monoplace radicalement verte, préfiguration de la F1 2020, que n’aurait pas désavouée Nicolas Hulot, là une deux pattes à châssis souple.

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cla14.jpgTico Martini - c’est son jour - pose devant une auto chère à notre cœur, la Martini MK 16 avec laquelle Jacques Laffite décrocha le trophée d’Europe F2 en 1975. Un de nos amis de l’époque, Gilbert Monceau, étant fan absolu de Laffite, nous avions entrepris de suivre la quasi-totalité de la saison de F2. Hugues de Chaunac nous avait repérés et nous fournissait de temps en temps en badges, allant même jusqu’à nous payer le champagne dans un pub de Thruxton où nous dînions à une table voisine.

Ce n’est pas sans émotion que nous revîmes samedi un des mécanos de cette belle époque, Monsieur Mercier, anonyme dans la cohue qui se pressait autour de Tico Martini. Il n’a pas changé, il a seulement pris 34 ans dans la vue, comme nous. Quelques mots échangés avec lui nous ramenèrent dans un passé ressuscité par Max Mamers Management, l’organisateur, qui avait invité plus de cent personnalités liées de près à l’aventure Martini, parmi lesquelles quarante-cinq s’étaient déplacées.

Citons en vrac, Philippe Alliot, René Arnoux, Bernard Béguin, Alain Couderc, Eric Comas, Lucien Guitteny, Jean-Pierre Jaussaud, Jean-Pierre Nicolas, François Migault, Serge Saulnier, Etienne Vigoureux et bien d’autres…

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Claude Michy, quatrième du challenge de Formule Renault 1972, installé dans la Martini MK8 aux couleurs du BP Racing, est encadré par Tico et Jean-Pierre Paoli qui épaulera Laffite dans la saison 72.

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L’intensité du week-end vécu par le Volant Shell 70 Guy Dhotel dépasse la capacité de l’écriture. Il arpente la ligne de stands dans le baquet de son véhicule ultraléger en titane (authentique) - rappelons qu’il n’était jamais retourné sur un circuit depuis 73 - lorsqu’il tombe sur Tico Martini. Photo et silence.

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Volant Shell 72, René Arnoux reste toujours aussi populaire. A côté se tient Christian "que tout ceci reste entre nous" Courtel, dont l’ex-patron Etienne Moity, là également, nous accusa de ne faire que des nécrologies sur MdS. Mais, M’sieur Moity, c’est la vie qui est nécrophage, pas nous !

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A 79 ans, Guy Ligier est encore le patron autour de qui un cercle respectueux s’élargit quand il marche. Outre la construction de voitures électriques, Ligier produit des autos de course en association avec Martini, comme la JS 47 F3 ou le proto JS 49.

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Deux qui ne manquent pas de courage. L’un a donné ce nom à une série de voitures, l’autre l’incarne.

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Etienne Vigoureux n'aurait manqué pour rien au monde le rendez-vous de 2009, tout comme il était présent à Magny-Cours le 1er mai 1968 pour faire débuter la Martini MW 1B de F3, première auto construite par Tico Martini.

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L’initiateur de la commémoration Martini, Jacques Laffite, et Guy Fréquelin.

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Le Paul Frère français, Pierre-François Rousselot, dit aussi PFR, pilote et journaliste, discute avec Jean-Pierre Paoli.

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En conclusion, et puisque tout en France se termine en chansons (à boire), une belle brochette d’allumés. De gauche à droite, Guy Dhotel dont la folie est réelle et la passion intacte, son épouse sicilienne qui assure qu’une Ferrari ne saurait être arrêtée par la police de son île, sinon pour en demander des détails techniques, Gérard Gaud, alias GT Dreams, dont le site Internet convaincrait la médecine mentale d’un examen au plus vite, et last but not least, l’Abominable Christian, propriétaire de la Mondial la plus célèbre de France, qui ne paraît pas souffrir d'une vision chromatique limitée à une nuance de rouge, le Rosso Corsa.



Classic Days . Circuit de nevers-Magny-Cours . 1er et 2 mai 2009

www.classic-days.fr



Images
© MdS

Commentaires

J'en ai croisé quelques un sur les pistes de tous ces héros. On a pris un coup de vieux, non ! Je me demandais pas plus tard qu'hier quel age pouvait avoir le père Ligier, trente ans après les trois glorieuses. J'ai la réponse.

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | lundi, 04 mai 2009

Wow, all my childhood heros!!

Ecrit par : stefan schmidt | lundi, 04 mai 2009

Pierre-François Rousselot, encore un Casablancais ... son père (Pierre Rousselot) fut un des personnages clés du sport automobile Marocain des années 50/60. On le voit sur la photo ci-jointe en compagnie de Toto Roche.
http://memoiresdestands.hautetfort.com/files/rousselotpere.jpg

Pilier du Racer Club, organisateur infatigable de nombreux circuits, vice-président de la Fédération Royale Marocaine du Sport Automobile, forte personnalité, lui même pilote de Racer 500 en son temps,Pierre Rousselot ne pouvait que transmettre sa passion. Pierre-François, bien avant ses exploits en F3 et sa renommée de journaliste-essayeur, écumait les circuits Marocains, d'abord comme jeune photographe avec son fidèle Praktica puis ensuite par quelques participations au volant d'une 4CV préparée, avant de poursuivre sa carrière en métropole.

Je me souviens de la Honda 125 Sport (avec un petit saute vent sur le phare) avec laquelle il se déplaçait dans les rues de Casablanca; étant un petit peu plus jeune, je me contentais d'une Honda 50 (mais sans saute vent). Alors Pierre-François le Paul Frère Français, pourquoi pas mais le lien est aussi plausible avec les "dynasties" Ickx ou Pilette; tiens des Belges mais c'est encore par hasard !

Ecrit par : Christian Magnanou | lundi, 04 mai 2009

C'est incroyable, cher TTCB, car sur certaines photos, je n'étais pas loin à ce moment-là:
- lorsque l'Arrows biplace sortait, je prenais en photo l'Opel GT
- la femme au jean qui baillait un peu trop, je l'ai vue depuis la pit-lane
- sur la dernière photo, j'étais quelques tables plus loin, avec Jacques Laffite, tentant de lui faire dire des choses publiables entre deux boutades.

Pourtant, on ne s'est pas vu. J'espère que l'an prochain, j'aurais plus de chance.

Ecrit par : Joest | lundi, 04 mai 2009

Oui, plein de héros, et en plus ils ont bonne mine.
La passion conserve - je ne vois que ça.

Ecrit par : sue | lundi, 04 mai 2009

quatre cent (400) euros pour ne voir qu'un arceau de sécurité!!!!
et tout ça pour ne faire même pas un tour lancé.

c'est oncle Bernie qui fixe les prix?

Ecrit par : Bruno | lundi, 04 mai 2009

Cher Patrice,

Je n'ai pas répondu "un Rupert Murdoch passionné", j'ai répondu "PAS DU TOUT un Rupert Murdoch, mais un simple passionné"...

Nuance

Ecrit par : Gérard Gamand | mardi, 05 mai 2009

Avec ce clin d'oeil au magnat australien, je ne voulais pas autre chose, cher Gérard, que de mettre en évidence le poids que vous prenez dans ce milieu, soyez-en assuré. Et chacun sait votre passion.

Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 05 mai 2009

Rêvons bien sûr d'un tour en lever de rideau du GP de Belgique 70 dans une BRM bi-place, Rodriguez au volant (P153?), avec la tête au dessus de l'arceau Bruno, trois minutes trente de transe...Et sans Bernie, Pedro nous l'aurait fait gratos?...

Ecrit par : F.coeuret | mardi, 05 mai 2009

Patrice nous avait bien caché ça ! Il fait aujourd'hui son grand retour à Ah ! (en page 50)

Ecrit par : Francis Rainaut | mercredi, 06 mai 2009

Mais nous remarquons qu'il détourne la tête de l'objectif, par délicatesse...ou peut être même par simple pudeur...

Ecrit par : Gérard Gamand | mercredi, 06 mai 2009

Mauvaise photo , il faut vraiment le vouloir pour apercevoir, caché derrière René Arnoux, "le pilote MDS", notre ami Guy Dhotel !

Ecrit par : Christian Magnanou | mercredi, 06 mai 2009

A "sir" Guy DHOTEL, Mémoire des Stands , Tico MARTINI et mon Ami Francois BEQUIGNAT,
Je n'ai que mes yeux pour pleurer, vu cette symphonie du bonheur que fut ce "CLASSIC DAY'S".
Merci à Mémoire des Stands pour ces clichés photographiques ainsi que les narrations toujours bienveillantes et objectives sur cette Merveilleuse Manifestation.

Ecrit par : patricelafilé | mercredi, 06 mai 2009

Pierre-François Rousselot: Je venais de résilier mon abonnement à Spirou pour un autre à L'Automobile. PFR écrivit un assez long article décrivant son essai et ses impressions au volant d'une F1. Je crois me souvenir que c'était une Tyrrel. On vois par là que c'était une autre époque, comme on dit dans MdS. Mes copains et moi nous avions de l'admiration pour ce pilote de F3 dont nous croyions savoir qu'il s'était expatrié en Angleterre pour faire carrière. Il terminait son article vivant intelligent sensible, et qui ne cachait rien de ce qu'il avait ressentit de violence dans le pilotage de l'engin, par cette phrase qui m'a beaucoup aidé à faire le deuil de tous mes rêves d'adolescent de devenir un jour pilote de courses, et que je site de mémoire: "Avant cet essai j'avais beaucoup d'admiration et d'envie pour les pilotes de F1. Maintenant je les admire encore plus mais je ne les envie plus du tout." Je suis content d'avoir vu sa photo.

Ecrit par : Daniel J Gautiez | dimanche, 10 mai 2009

Pierre François Rousselot est pour moi, définitivement lié à la course de F3 de Charade 1972. Plus exactement aux essais.
Je n'arrivais pas à depasser la douzième place en apprenant ce circuit au milieu des "pointures" quand les deux GRD en formation serrée me passent dans la ligne droite des stands. leurs pilotes: Roger Williamson et Pierre-François Rouselot. Je saute dans le sillage, les suit dans la descente. Je plonge dans la série de virages sans les lâcher, apprenéant quelques trajectoires à la volée et on est déjà en bas dans la ligne droite avant le droite en cuvette qui commande l'interminable remontée. Je me prépare à rentrer la 4e comme les tours précédents et me rend compte que, devant, ça ne freine pas. Hésitation infime et décision: à fond comme eux. Ca passe. Juste, très juste, -gerbe d'étincelles du châssis qui talonne, glissade jusqu'au rail extérieur- mais ça passe ! Pour les trois monoplaces. Ce tour-là, j'ai gagné quelques places sur la grille.
Quelques années après je revois Pierre-François rue de Lille et lui reparle de cette cuvette à fond. Il m'interrompt: "J'ai suivi Williamson sinon je ne serai pas passé à fond: j'étais sûr qu'on était trop vite. Et ça a passé!"
Roger Williamson était un extraterrestre. Et¨Pierre-François Rousselot un sacré pilote.

Ecrit par : guy dhotel | lundi, 11 mai 2009

après avoir subi celui de septembre ,
le VRAI Week End de l'Excellence Automobile , c'est celui ci , les Classic Days

Ecrit par : ABO | vendredi, 15 mai 2009

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