lundi, 30 mars 2009

Se souvenir de Montlhéry #5 : 1000 km de Paris 1971



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Voir aussi dans la même série des 1000 km de Paris :
1967, 1968, 1969, 1970



L'automne 71. Le contexte d'alors oscille entre des victoires, des morts, des naissances comme celle de Patrick Tambay, volant Elf au Ricard, à laquelle devait répondre la disparition de Seppi Siffert, une semaine après ces 1000 km de Paris disputées quinze jours après la victoire de Cevert au Glen, la première française en F1 depuis 1958.


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15 000 personnes grimpent vers l'autodrome, inconscientes du fait qu'elles le font pour la dernière fois, s'agissant des 1000 km qui seraient disputées à Rouen l'année suivante et plus du tout ensuite. Au beau soleil des deux journées d'essai succède une brume glaciale qui laissera rapidement la voie à la pluie. Faufilé sur la ligne de départ grâce à un brassard de mécanicien fourni par "Tonton Gégé qui bossait pour Total", l'ami François Coeuret immortalise les autos en première ligne. Il a 16 ans, est mort de trac, délaisse ses cadrages, il préfère mater.
 

1000pa2.jpgPour la première fois depuis un bout de temps, le vieil autodrome accueille un très beau plateau. Deux spyders Porsche 917 "Intersérie", la Gesipa, qui fait la pole aux mains de Helmut Marko (secondé par Michel Weber) et celle conduite par Gérard Larrousse et Leo Kinunnen, patronnée par les bières Colt. Une 917 classique du team John Wyer, menée par Derek Bell et Gijs van Lennep - les vainqueurs. Une Alfa 33 TT 3 très rétive qui n'accomplit que 300 mètres avant d'embrasser un mur. La Matra 660, chouchoutée par le public, pilotée par Amon et Beltoise. Trois Ferrari 512 enfin bouclent le plateau des grosses machines ; Jean-Pierre Jabouille et José Juncadella se partagent l'auto de la Escuderia Montjuich ; celle du Gelo Racing Team  étant menée par Georg Loos et Franz Pesch tandis que la Ferrari rouge de la Scuderia Brescia Corse est aux mains de Mario Casoni et de Pam, c'est la plus lente.
 
Le baisser du drapeau libérant une meute dont Beltoise, magnifique sur la piste humide, prend la tête, pose les enjeux de cette course. Matra fera-t-il la passe de trois victoires aux mille bornes de Paris (on le pense car l'auto garde des chevaux pour la course) ? Le team Gulf-Wyer terminera-t-il sa carrière sur un succès et les deux spyders Intersérie qui avaient tellement brillé dans cette discipline parviendront-ils à se jouer des bosses du 7, 856 km à boucler 128 fois ?
 

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Laissons le clavier à Franck Ruffino qui raconte si bien la suite :  
 
"Placé avec mon père et les copains à la chicane de l'anneau de vitesse nous attendions avec impatience le moment du départ, l'ensemble des concurrents ayant achevé leur tour de chauffe quelques instants auparavant.

L'énorme tumulte des moteurs rugissant renvoyé par l'écho depuis les tribunes nous ayant fait comprendre que "c'était parti", nous attendions avec impatience le premier passage.
Le vent, favorable, nous permettait de suivre le bruit des moteurs jusqu'à l'autre bout du circuit (un truc d'hommes soit dit en passant...) et la sirène du V12 Matra n'était pas la plus difficile à identifier, qui hurlait sa fantastique mélodie depuis les fonds les plus reculés des bois.
Justement le son strident se faisait de plus en plus distinct, et les spectateurs autour de nous, tous authentiques passionnés, écoutaient religieusement cette incroyable et fascinante musique.
Pourtant nos oreilles nous portaient une information dont nos cerveaux incrédules avaient du mal à accepter la réalité. Au fil des deux premières minutes le son du Matra se faisait de plus en plus "détaché" de la masse des autres mécaniques dont le brouhaha nous parvenait lui aussi, mais comme avec un décalage... C'était une impression bizarre, comme si les informations en provenance du peloton de tête ne nous parvenaient pas en même temps. Fantaisie du vent probablement.
Enfin le miaulement de la bleue se précisait, en provenance du virage de la Ferme, puis de la chicane nord avalée au rythme scandé par les rétrogradages et coups d'accélérateur dont chacun se souvient certainement encore... (eh oui Senna a eu un prédécesseur pour le baabaabaaap)

Le voilà !
La Matra et le casque bleu et blanc de Jean-Pierre viennent d'entrer dans notre champ de vision, il monte à mi-anneau, retarde son freinage, et plonge dans la première corde de la chicane. Nous encaissons les pointes suraigus des 12500 t/m du V12, vitesses rentrées à la volée et jouissons avec ferveur du filet de gaz terriblement anticipé puis de l'ouverture en grand qui nous comble du hurlement plein et rageur du double 6 en 1.
Beltoise est passé, il disparaît du côté de la tour de la direction de course.
Le silence se fait.
Et puis... rien. Enfin si : à l'échelle des dixièmes de secondes de l'époque et des centièmes d'aujourd'hui, un trou, un gouffre.
Nous nous tournons tous vers la gauche et la distance qui nous sépare du bruit rauque en provenance de la chicane nord nous interpelle.
"Doit y avoir un drapeau rouge !" je lance à mon père.
Arrivent alors les "suivants" Van Lennep (917 Gulf), Kinnunen (Spyder 917), Jabouille (512 M). Il ne semblent pas lever le pied, nous ne comprenons plus, tandis que défilent tous les autres.
Quand le silence se fait à nouveau, nous réalisons ce que nous venons de vivre : Beltoise et sa 660 à parements blancs mène avec son numéro 10 la course au premier tour avec 7" d'avance sur ce qui se fait de mieux en endurance ! Tout le monde se regarde, incrédule...
Le tour suivant nous confirme bien que la course est vraiment lancée, qu'il n'y a pas eu de faux départ, et que le fossé s'est encore creusé de 5" de plus ! 4 tours plus tard avec 30" d'avance il va commencer à gérer cette incroyable avance.
Pour avoir mémorisé lors de ma modeste carrière de pilote de karting quelques-uns de ces tours de rêve où l'on éprouve la sensation de voltiger en faisant corps avec la machine parfaitement réglée, je suis persuadé que Jean-Pierre conserve un souvenir spécial de ce début de course.
Et je sais que nous sommes nombreux, spectateurs, à ne pas l'avoir oublié."
 
 
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La Porsche 917 PA Gesipa, appartenant à l'Allemand Michel Weber, signe la pole position grâce à la vista de Helmut Marko associée aux 600 CV de son 5 L. Le pilote autrichien, distancé en début de course, s'accroche ensuite aux échappements de JPB et la piste séchant, passe ce dernier au 31e tour. La Porsche capitalise une avance de 1'10" d'avance lorsque au 62 passage, Marko s'arrête, panne de turbine de refroidissement. Il empoche le record du tour en 2' 30" 3 (188, 180 km/h).
 
 
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Georg Loos et Franz Pesch, du Gelo Racing Team, ont amené leur fidèle Ferrari 512 #1018 qui ne brillera pas plus à Montlhéry que pendant la saison 71. 8e sur la grille, Loos se fait taper par des 2 L dès les premiers tours et se fait mettre un tour peu avant la première heure. Comble de malchance, Loos est surpris par l'huile perdue par la Taydec de François Migault, à la chicane nord, tape le mur et se fait taper dans le cul par Jabouille. L'auto est belle, c'est déjà ça.
 
 
1000pa6.jpgLa Ferrari 512 M #1002 de la Escuderia Montjuich est la plus vite des trois 512 engagées. Après avoir fait deuxième au Tour de France automobile, l'auto est acheminée à Montlhéry et Jabouille, l'homme de pointe, la place en deuxième ligne.

Le Parisien part bien, deuxième dans les premiers tours mais une glissade le fait reculer de trois positions. Puis c'est la touchette avec la Ferrari de Loos qui coûte 25 minutes au stand : réparation du capot, échange du radiateur. José Maria Juncadella repart pour casser un joint de culasse au 54e tour.

Pas grave sur le long terme, êtes-vous en train de penser devant votre écran, 38 ans plus tard. 
 





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Neuvième temps aux essais et première en 2 L, la Chevron B 19 du Red Rose Racing est menée par Jean-Pierre Jaussaud (et John bridges) qui part bille en tête, se permettant le luxe de devancer des grosses 5 L comme la Lola T 70 de Pilette et la Ferrari 512 de Mario Casoni. Un trop plein de fougue l'envoie dans le grillage de la Ferme alors qu'il talonne Casoni qui l'avait repassé. La course des 2 L est remportée par l'équipage Swietlik/Salles sur Lola T 212 (4e au général).
 
 
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Ultime victoire de l'équipe John Wyer Automotive à porter au crédit de la Porsche 917 #034/013 qui réalise une course sage, facilitée par les abandons successifs du spyder Porsche de Marko et Weber, et de la 660 d'Amon/Beltoise. La 917 est comme toujours superbement préparée, ce qui ne la met nullement à l'abri des soucis aux essais : elle talonnait sur l'anneau, freinait mal à cause d'écopes frottant sur les roues et s'usant prématurément.
  
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Concurrente directe de la Matra, l'Alfa Romeo 33 TT 3 promet beaucoup. On avance au paddock de Montlhéry des temps canons en provenance du Ricard d'où l'auto revient. De plus, des gars pas manchots sont alignés par Autodelta, Pesca et Stommelen. Cette machine superbe avec son museau effilé et son capot arrière court connaît pourtant des problèmes aux essais : une crevaison qui bloque Pesca en piste trop longtemps et un talonnage insupportable, lot commun du reste à nombre de voitures du plateau. Notre tryptique illustre parfaitement sa prestation : 300 mètres dans le tour de chauffe avant qu'elle embrasse le mur gauche, trahie par des pneus slicks sur la chaussée mouillée - version officielle -, à moins que Pesca n'ait été victime d'un train arrière trop froid que Jacqueline Beltoise s'emploie pourtant à chauffer sur la première image - version ayant notre préférence.

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1000pa12.jpg1000 km de Paris . Autodrome de Linas-Montlhéry . 17 octobre 1971


Voir aussi :
L'ouverture du lièvre 
Qu'y a-t-il dans ma 33 toute neuve ?
Qu'est-ce que j'ai foutu avec ma 33 toute neuve ?




Images
© François Coeuret (sauf les deux dernières © Jean-Paul Orjebin)  

Commentaires

Bonjour !

Il y aura une autre édition des 1000 km de Paris, disputée sur le circuit parisien, en 1994 (victoire de Pescarolo-Basso sur une Venturi 600 LM), dans le cadre de la série BPR.

L'édition suivante de 1995 sera également baptisée 1000 km, mais elle aura lieu sur une durée limitée à 4 h.

Pascal

Ecrit par : Pascal | lundi, 30 mars 2009

Merci François Coeuret pour ces photos des 1000Km de Paris 1971.J'ai un très grand souvenir de cette course car je m'y étais rendu avec un magnétophone à K7 pour enregistrer les sons et notamment la merveilleuse "musique" du V12 Matra.Comme je possède encore cette K7,j'ai réécouté les passages devant la ligne de départ/arrivée lors des quatre premiers tours et comme vous le dîtes.Beltoise passe au 1er (devant la 512 M pilotée par Jabouille)avec 7" d'avance puis 16" au 2è tour,23" au 3è et 30" au 4ème.
Cette course se termina un peu tristement après l'abandon de Beltoise-Amon sur couple conique cassé,sous la pluie.Cette dernière avait accompagnée la course depuis son dernier tiers.
C'était surtout la dernière fois que l'on voyait en course ces magnifiques Porsche 917 et Ferrari 512M.La 917 spyder de Larrousse-Kinnunen souffrait de gros problèmes de tenue de route sous la pluie et Larrousse sortait de la chicane Nord en se livrant à des embardées impressionnantes sous l'effet en plus de l'accélération du formidable V12 Porsche.

Ecrit par : Jacques Rivaud | lundi, 30 mars 2009

Bonsoir !

Note très intéressante avec de magnifiques photographies inédites.

Quelques précisions :

1 > non ce n'est pas la dernière fois que 917 et 512 M seront vues en piste ; elles feront partie de certaines courses Intersérie, Canam et diverses jusqu'en 1974-1975

2 > la magnifique 512M Tergal sera la seule des 512 S et M à avoir fait la nique aux Porsche 917 durant les 24 heures du Mans 1970 et 1971 puisque Juncadella et Vaccarella pointeront en tête à 4 heures du matin avec 199 tours pour 198 aux futurs vainqueurs Marko-van Lennep sur martini-Porsche 917K, avant de renoncer un peu plus tard ; même la superbe 512M de Roger Penske pour Donohue-Hobbs ne réalisera pas cet exploit.

Bien amicalement et sportivement !

Phinorman

Ecrit par : phinorman | lundi, 30 mars 2009

Les 24H du Mans 1971,pas 1970 car lors de ces derniers,il s'agissait d'un spyder 512S avec Juncadella-Fernandez qui n'a joué acun rôle avant d'abandonner.La même finira 2ème des 1000Km de Paris 70 avec Juncadella-Jabouille

Ecrit par : Jacques Rivaud | mardi, 31 mars 2009

superbe récit. digne des Crombac de l'époque, j'y était.
mais vous ne nous dites pas ce que faisait le grand Pesca penché sur le cockpit de l'Alfa.
qui était à l'interieur, qui était, et que faisait la Dame derrière lui. . . etc. . . etc. . .

Ecrit par : Bruno | mardi, 31 mars 2009

Magnifique chronique, oui, et certes le meilleur exploit de Juncadella et Jabouille avec la superbe mais malchanceuse 512 a été le Tour Auto.

Un ami est monté à côté de Juncadella pour un essai et il m'a récemment fait sentir le bruit et le sentiment de puissance de cette voiture sur l'autoroute de Barcelona à la frontière et retour. Il était au peu près de la taille de Jabouille raison de son engagement. Autre temps.

Et je vois bien expliqué tout ce qu'on demande sur le comentaire de Bruno, ou c'est moi seulement qui le voit?

Ecrit par : Delfi | mardi, 31 mars 2009

Merci à François Coeuret pour ces photos inedites .... quelqu'un aurait il un film résumé de cette course qui devait etre la dernière sur le routier . Voir H Marko en 917PA dans la courbe Ascari à fond de 4 (?) , j'en frissonne rien que d'y penser ... fallait t'il etre courageux ou fou ?? pour tourner à 190kmh de moyenne sur ce tracé mythique .
autre époque ......

Ecrit par : brumos | mardi, 31 mars 2009

n'est ce pas R STOMMELEN de 3/4 gauche en parka SHELL à coté de JPB , C AMON en pré grille ?? il n'aura pas le temps de prendre le volant le pauvre ..

Ecrit par : brumos | mardi, 31 mars 2009

Etant derrière les grillages que l'on voit au deuxième plan(mais plus à droite,donc on me voit pas),je n'en perdais pas une miette et je me souviens en effet que Rolf Stommelen était venu discuter avec Beltoise.Mais je ne sais plus quelle était la couleur de sa parka.En outre Shell fournissant aussi le carburant de Matra,est-ce que ce ne sont pas des gens de chez Matra ? Bizarre car je les vois plutôt en bleu ...

Ecrit par : Jacques Rivaud | mardi, 31 mars 2009

Les deux parkas jaunes sont Matra ! Rolf Stommelen et en fait Lionel Hublet, l'un des mécanos...

Ecrit par : De passage | mercredi, 01 avril 2009

Et l'on peut ajouter le profil de Francois Tainturier, photographe, qui fait face à Beltoise...

Ecrit par : De passage | mercredi, 01 avril 2009

Merci "de passage" pour ces infos de "source sure" !

Ecrit par : brumos | mercredi, 01 avril 2009

Il faut lire, bien évidemment "Rolf Stommelen EST en fait Lionel Hublet..."

Ecrit par : De passage | jeudi, 02 avril 2009

Moi, je me demande qui est le personnage à l'extrême gauche, en blouson brun et combinaison de pilote à liseré tricolore ... ?

Ecrit par : Olivier Favre | jeudi, 02 avril 2009

Ce n'est pas un commissaire de piste ? On voit derrière lui une autre personne avec une combinaison identique

Ecrit par : Jacques Rivaud | jeudi, 02 avril 2009

On voit juste l'épaule gauche avec le liseré

Ecrit par : Jacques Rivaud | jeudi, 02 avril 2009

Difficile de résoudre l'enigme posée par Olivier Favre ? Un quiz encore plus délicat que celui de Chevrolet ? Et puis il n'y a rien à gagner!!
Deux choses sont certaines, de source sûre pour Brumos l'homme de Taupo au casque blanc à parements bleu et rouge a fait un relais entier sur la 660. C'est peu après la mi-course que la boîte décida de l'abandon de JPB qui avait repris le volant...Et puis Jacques Rivaud n'est effectivement pas visible sur la photo...Raté!

Ecrit par : F.Coeuret | vendredi, 03 avril 2009

Rassurez-vous je ne vous en veux pas et encore merci pour ces photos qui rappellent tellement de souvenirs de jeunesse

Ecrit par : Jacques Rivaud | vendredi, 03 avril 2009

Le compte rendu de la course peut etre lu dans le numéro 119 de SPORT AUTO de décembre 1971 sous la plume de jean louis moncet... et il y est question d un abandon au 82 tour au virage du faye suite a un desserage du couple conique qui entraine la sortie de piste pour la matra de beltoise / amon avec beltoise au volant .

Ecrit par : tonton néné | vendredi, 03 avril 2009

j'entend bien que C.AMON a conduit avant l'abandon...en fait il fallait comprendre que le "pauvre" n'ayant pas eu le temps...etc.. était STOMMELEN... (abandon de pesca apres 300m de course)
merci encore pour tous ces ,commentaires, photos tres intéressants .

Ecrit par : brumos | samedi, 04 avril 2009

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