vendredi, 06 mars 2009
"Le circuit de Linas-Montlhéry : enjeux, représentations et perspectives"

Le prix Jean Panhard [1] 2008 catégorie "Etudiant" a été décerné au mémoire : Le circuit de Linas-Montlhéry : enjeux, représentations et perspectives [2]. Nous avons demandé à son auteur, Laurent Leclou, titulaire d'un master en histoire de l’Université d’Evry, de bien vouloir l'évoquer, sachant que le côté sportif de l'autodrome en est évacué au profit des aspects sociétaux, économiques et culturels.
L’histoire du circuit de Linas-Montlhéry est singulière. Elle symbolise l’arrivée d’une infrastructure qui va durant de nombreuses années, et encore aujourd’hui fortement marquer de son empreinte, à la fois son environnement et son temps.En 1924, Alexandre Lamblin décide de doter la France d’un autodrome. Celui-ci sera terminé la même année, en à peine six mois de chantier. En 1925, il prend l’initiative de le compléter par une piste routière. Quelques mois après, le circuit de Linas-Montlhéry est désormais un vaste complexe automobile, composé de deux enceintes, un anneau de vitesse et un circuit routier, totalisant à eux deux 12,5 km de parcours.
Les premiers pas du circuit sont particulièrement riches en faits historiques. Alors qu’il est profondément désiré par une foule de passionnés de sport automobile, son arrivée symbolise la montée en puissance du sport automobile dans la conscience collective. Parce que les débuts de ce sport s’avèrent dangereux et parfois mortels, l’installation d’une telle infrastructure permet de rendre cette discipline de plus en plus populaire car progressivement sécurisée. L’arrivée du circuit et ses premières années d’activités symbolise l’intégration de plus en plus importante du sport automobile dans le secteur de l’automobile. Les enjeux liés au sport automobile dépassent progressivement le cadre purement sportif, pour petit à petit se projeter sur des considérations plus économiques et commerciales. Ce circuit est aussi une formidable démonstration des ressources techniques disponibles en matière d’architecture. Il révèle toutes les avancées techniques acquises jusqu’à sa construction. La période du chantier est également une fidèle reconstitution du contexte social de cette époque. Elle met en lumière de nombreux éléments aidant à comprendre le contexte général. Tous ces éléments étudiés dans ce mémoire sont autant de faits qui permettent d’expliquer l’historicité du circuit.
Cette réflexion se poursuit dans la seconde partie. L’évolution du circuit est placée au cœur de son environnement et pose la question de la relation entre deux entités qui doivent trouver une complémentarité. L’activité de l’un entraîne certains avantages et certains inconvénients pour l’autre. De la même manière, l’organisation de l’espace peut largement influencer l’activité du circuit. Il s’agit donc de rendre compte de l’évolution de la situation du circuit au sein d’un espace qui ne l’a pas toujours favorisé, surtout au cœur d’une situation plus générale qu’est le contexte des événements qui ponctuent son évolution. L’occupation de l’enceinte par l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale en est malheureusement l’exemple le plus flagrant.
Cette imbrication du lieu dans le contexte général de la France est fortement révélée dans la troisième partie. A partir de 1944, le circuit prend part à toute sortes d’événements. Les années de la fin de la guerre en 1944 et 1945 l’ont fortement marqué. Mais surtout, le nouvel élan donné à la France au sortir de la guerre va permettre au circuit de retrouver une seconde vie, plus proche de ses desseins naturels, en phase avec son époque et le contexte économique et industriel du secteur automobile.
C’est en cela que ce circuit est parfaitement inséré dans le schéma historique de la France. Chaque période de son évolution révèle un certain nombre d’aspects particuliers que l’on peut identifier de manière plus globale. L’historicité du circuit réside dans cet élément. La possibilité de mettre en lumière de nombreux aspects historiques, tout en évoquant l’histoire singulière d’un lieu emprunt d’un passé souvent riche, parfois lourd, mais surtout enrichissant.
C’est parce que cette réflexion est la base de ce travail, que la recherche effectuée pour ce sujet est à la fois variée et précise. Le mélange des thèmes historiques a poussé à une réflexion générale sur un sujet. Et c’est cette réflexion qui permet de valider l’historicité d’un sujet si peu commun. Plus encore, les différentes réflexions opérées sur l’histoire d’un lieu, la mémoire d’une infrastructure, permettent de considérer le circuit de Linas-Montlhéry comme une infrastructure majeure de l’histoire automobile.

Laurent Leclou
Sommaire du mémoire
1- Contexte historique avant l'autodrome (avant 1924) résumé rapide.
2- La construction de l'autodrome et du routier (1924-1925). Travail de recherche intéressant portant sur l'architecture et les techniques employé.
3- Les conditions de travail des ouvriers sur le site et le contexte social
(1924-1925). Analyse au travers des articles, des rapports de polices, et textes municipaux d'époque, du chantier et de son insersion sociale.
4- Intégration et organisation (1924-1930). Intégration du projet d'autodrome dans l'organisation des communes locales et de leur tourisme.
5- La fiscalité locale (1924-1930). Décryptage des contraintes fiscales, et des rivalités sur ce plan entre les communes.
6- L'acquisition par l'armée et la période de la guerre (1938-1945), recoupe ou complète pour une partie ce qui à déjà été publié dans ce domaine. Nombreux détails sur le camp d'internement des gitans.
7- Le redémarrage du circuit 1944-1950 et début de l'UTAC
8- Les travaux de rénovation et l'utilisation 1947-1950.
9- L'importance du rôle de l'UTAC 1947-1960
10:10 Publié dans Circuit de Linas-Montlhéry | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : autodrome de linas-montlhery, alexandre lamblin, laurent leclou |



















Commentaires
C'est très opportun d'offrir cette page à ce jeune homme alors que vont renaître les "Coupes de Printemps", il est vrai dans un tout autre esprit que ces coupes initiées par les USA, ACIF, AGACI, etc... ; Coupes de Printemps, Coupes de Vitesse, Coupes de Paris, Coupes du Salon.
Pas de compétitions donc, roulage et esprit sportif de rigueur. Soit ! Et comme à chaque fois que je me rends sur le plateau, outre d'y rencontrer les copains et leurs voitures, j'irai sous le virage relevé coté ouest et y aurai une pensée pour mon aïeul Louis.
Ecrit par : jlm | vendredi, 06 mars 2009
j'y étais !
quel bonheur !!!
Ecrit par : jth | mercredi, 01 avril 2009
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