mercredi, 18 février 2009

Maroc en sépia #03

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Voir aussi
Maroc en sépia #01
Maroc en sépia #02

 


En 1957, mon père avait une Volkswagen noire, on ne disait pas Coccinelle à l’époque. Sans doute s’imaginait-il au volant d’une 356 Porsche et les déplacements étaient toujours sportifs…




Il en avait possédé une autre auparavant, blanche avec la lunette arrière séparée en deux (comme la Corvette Sting Ray plus tard…) mais je n’en ai pas un grand souvenir. Je préférais la Chevrolet Bel Air décapotable (capote électrique !) de mon grand-père ; un véritable vaisseau amiral qui glissait silencieusement dans les rues de Casablanca écartant voitures à bras et vendeurs à la sauvette au son majestueux d’un avertisseur à air comprimé.

Cette belle américaine a fini sa carrière dans la montée d’El Hajeb, sur la route d’Ifrane où nous devions passer quelques jours au ski. Mon père, sans doute trompé par l’inertie de l’engin et le manque de réactivité de sa boite automatique sous la pluie, l’a plantée pour le compte au milieu d’un champ où l’on me retrouva, indemne parmi les choux (récit certifié et maintes fois entendu tout au long de mon enfance). Mon grand-père ne lui en tint pas rigueur (son petit-fils étant sauf !) et mon père s’en retourna à sa Volkswagen avant d’acheter une Borgward Isabella (allemande bourgeoise) et d’entamer ensuite une longue liaison avec les belles Alfa Roméo de ces années.


Il y avait à l’arrière de la Coccinelle, un espace entre le dossier de la banquette et la cloison du moteur, suffisant pour y glisser verticalement une valise et c’était bien sûr mon coin préféré dans la voiture. Le « quatre-à-plat » rugissait très près et l’on pouvait en sentir les vibrations… De là je pouvais tout observer sans être vu, ou presque. Mon jeu favori étant de reconnaître les marques des voitures croisées et leur immatriculation (Casablanca, Rabat, Marrakech… selon le code spécifique des plaques de ces années).


Ce jour là, mon père m’emmenait à Aïn Diab, en bord de mer, à la sortie de la ville vers la route de Mazagan. Là devait se dérouler le premier Grand Prix du Maroc (hors championnat du monde toutefois) et j’étais impatient de voir le fameux Jean Behra et sa Maserati 250 F (mon père l’avait vu courir à Pau quelques années auparavant sur Gordini et m’en parlait sans cesse !). De la rue de Commercy où nous habitions, au circuit, j’entamais mon habituel recensement des voitures et des plaques. A la hauteur de l’hôtel d’Anfa, avant de redescendre sur Aïn Diab, la circulation se faisait plus dense et rares étaient les voitures croisées.


938 MA 21, Ford Taunus dis-je alors que mon père tentait de piquer au freinage ledit véhicule pour se faufiler en premier dans la voie en sens unique qui nous emmènerait au circuit. La manœuvre magistralement réussie, je me suis alors retourné de mon « baquet »  et j’ai regardé  fièrement les deux garçons sensiblement de mon âge assis à l’arrière de la Taunus noire, le Grand Prix avait commencé pour moi !



Christian Magnanou



La VW de mon père,
archives Christian Magnanou

10:10 Publié dans Généralités | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : maroc, volkswagen, 1957, christian magnanou |

Commentaires

Bon, la question posée au jeune élève Christian sera:
De quel type est le vehicule en reflet dans le pare-choc de la Coccinelle?
Alors Christian ........on fait moins le malin.

Ecrit par : gianpaolo | mercredi, 18 février 2009

Où il est démontré que, parfois, « se retrouver dans les choux » est dépourvu de la connotation négative généralement associée à cette locution.

Cela étant, on attend avec une certaine impatience la relation du GP proprement dit et des deux événements d’importance (sans compter les autres) qui le marquèrent.

Professeur Reimsparing

Ecrit par : Professeur Reimsparing | mercredi, 18 février 2009

M'sieu TTDCB, Gianpaolo y fait rien que m'embêter !

Ecrit par : Christian Magnanou | mercredi, 18 février 2009

Certainement un des engins tout droit sorti de l'imagination de Howard Hughes. Cela dit, j'aime bien la fraîcheur de cette note !

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mercredi, 18 février 2009

Puisque que vous donnez une image pitoyable à vous chamailler comme ça, MM les collaborateurs, vous voici à l'amende. Pour rejoindre le souhait du Pr RsR, les GP du Maroc 57 et 58 seront racontés par Christian qui enverra son texte à Gianpaolo pour relecture, lequel le soumettra à M. Dupasquier pour avis sur les montes pneumatiques.

Ecrit par : Mémoire des Stands | jeudi, 19 février 2009

Cher TTDCB,

Seul mon illustre homonyme pourrait vous renseigner convenablement sur les chaussettes utilisées durant ces deux épreuves dont l'une des deux fut, si je me souviens bien, déterminante dans l'attribution du titre de champion du monde. Pour ma part, je n’étais encore qu’un petit garçon à cette époque et je ne faisais que maltraiter mes Dinky Toys et Meccano sans avoir la moindre attention sur ce qui se tramait du coté de Casablanca ! Toutefois, votre appel à contribution m'honnore.

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | jeudi, 19 février 2009

Je n'ai pas de souvenirs bien précis de ces deux courses étant donné mon jeune age à l'époque; je me souviens surtout de l'ambiance, de la chaleur, de la poussière, de l'odeur d'huile de ricin et de la Maserati 250 F qui m'a vraiment marqué. Concernant les pneus il me semble que les manufacturiers de l'époque étaient surtout Dunlop et Englebert; il est peu probable que trainait dans les stands l'illustre homonyme de Daniel ...
Quand à la voiture qui se reflète dans le pare chocs de la Volkswagen de mon père, il s'agit pour moi d'une Studebaker, voiture assez courante à l'époque à Casablanca; la parole est maintenant à Gianpaolo ...

Ecrit par : Christian Magnanou | jeudi, 19 février 2009

Voici donc extrait de GP Encyclopédia le résumé de cette ultime épreuve de 1958 qui s'avéra dramatique et effectivement déterminante dans l'attribution du titre à un pilote qui fit couler beaucoup d’encre récemment dans cette tribune :

"The recently-independent state of Morocco wanted to establish its own international identity and applied for a World Championship race on the Ain Diab circuit, a very fast road circuit near Casablanca.

Stirling Moss and Mike Hawthorn went to Morocco for the final round of the World Championship with Moss needing to win and set the fastest lap with Hawthorn finishing third if he was going to win the title. There was a strong field of 25 cars but as expected Hawthorn and Moss were at the front with the Ferrari driver a tenth faster after practice. Stuart Lewis-Evans was third quickest in his Vanwall while the second row featured Jean Behra's BRM and Phil Hill in the second Ferrari. Olivier Gendebien (Ferrari), Tony Brooks (Vanwall) and Jo Bonnier (BRM) made up the third row.

The newly-crowned King Mohammad V was present for the race and watched Moss take the lead at the start. Phil Hill made a great start from the second row (as he had done in the previous race at Monza) and was second. he challenged for the lead on several occasions but on the third lap he went off up an escape road and dropped behind Hawthorn and Bonnier. Hill quickly caught the Swedish driver and Hawthorn waved him through to go after Moss. Brooks, keen to help Moss by overtaking Hawthorn overtook Bonnier and caught and then passed Hawthorn. The World Championship was in play although Moss then ran into the back of Wolfgang Seidel and dented his car. Moss set a new lap record - which would gain an extra point - while Hawthorn speeded up and battled with Brooks for 11 laps before the Vanwall blew up. Hill was told to slow down to allow Hawthorn into second place. Lewis-Evans, in the third Vanwall, tried to close up but on lap 42 his engine blew up and as the car ran off the circuit the oil spraying from the engine caught fire. Lewis-Evans jumped out, his overalls alight, and the flames were extinguished. Despite this he had suffered terrible burns. He was flown back to Britain in a chartered jet and admitted to a specialist burns unit in East Grinstead but he died six days later.

Moss's victory was not enough to win him the World title but England celebrated Mike Hawthorn becoming its first World Champion. He announced his retirement a few days later - at the early age of 29. Three months later he was killed in a road accident in his Jaguar road car while racing the Mercedes of Rob Walker on the Guildford bypass."

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | jeudi, 19 février 2009

Vous pensez bien cher Christian que je ne vais pas prendre la parole pour vous contredire.
La votre est d’or, donc, le reflet sera pour moi définitivement celui d’une Studebaker.
Vous bénéficiez de ce que notre juriste maison le Pr RSR qualifierait de « Bénéfice du doute et d’absence de témoignages »
Je confirme RSR ne pouvant accepter que Spa soit minuscule.

Ecrit par : gianpaolo | jeudi, 19 février 2009

Après toutes ces journées enfermés dans Rétromobile, ça fait du bien de respirer l'air nostalgique du bord de mer....

Ecrit par : L'étroit mousquetaire | jeudi, 19 février 2009

RSR comme la Porsche ?

Ecrit par : Christian Magnanou | jeudi, 19 février 2009

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