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dimanche, 21 décembre 2008

Sam Tingle (1921-2008)

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Nous apprenons de Greg Mills, son biographe, la mort de Sam Tingle à l'âge de 87 ans en son domicile du Cap, en Afrique du Sud, survenant après celles de John Love en 2005, et Doug Serrurier l'année suivante.
Avec Sam Tingle disparaît également l'un des quatre Rhodésiens à avoir au moins envoyé un bulletin d'engagement à une épreuve du championnat du monde des conducteurs, avec Mike Harris, Clive Puzey et John Love. Gageons que l'actuel Zimbabwe de Robert Mugabe, dégringolé en l'espace de 28 ans de l'état de paradis sur terre - l'ex-Rhodésie, avant l'indépendance en 1980 - à celui de décor de film de zombies, avec son inflation de 231 000 000 %, un taux de chômage de 80 %, son choléra de masse, l'actuel Zimbabwe, donc, a bel et bien cassé le moule avec lequel il fabriquait des pilotes.



samtingle.jpgNé le 24 août 1921 à Manchester (GB) mais de nationalité rhodésienne, Samuel Tingle commença d'assouvir sa passion pour le sport automobile en 1947 au volant d'une vieille Bentley, en courses de côte, en Afrique du Sud. Installé en 1950 en Rhodésie voisine, il conduisit toutes sortes de voitures, MG et ERA entre autres, jusqu'à ce que la Connaught qui appartint à Johnny Claes et Dick Gibson lui permette, en 1957, de s'aligner dans le championnat national. Il en fait d'ailleurs sa chasse gardée, l'enlevant tous les ans entre 59 et 64, sauf en 1962.

Il apparaît ensuite dans les tablettes des statisticiens en tant que local de l'étape sud-africaine du championnat du monde de F1, qu'il courut à cinq reprises (1963, 1965, 1967, 1968 et 1969), avec une 8e place comme meilleur résultat en 69 au volant d'une Brabham BT24-Repco ex-Hulme. Il pilotait lors des GP entre 63 et 68 les LDS construites par son ami le Sud-Africain Doug Serrurier sur une base Cooper et moteur moteur 4 en ligne Alfa Romeo, pour la MK1 (63 et 65), et inspirée d'une Brabham avec un moteur Repco V8, pour la MK3 dont il disposa en 67 et 68.

Par contre il brille davantage au championnat national sud-africain de F1, remportant deux courses en 1966 sur la LDS-Climax, le Border 100 à East London et le Van Riebeeck Trophy de Killarney.  Quelques mois avant l’arrivée de Gold Leaf chez Lotus, la LDS de Sam Tingle et la Brabham BT20 de John Love s’alignent au GP d’Afrique du Sud 1968 en livrée Gunston, une marque affiliée à Winston Tobacco. C'est le début du sponsorship des cigarettiers.

Un sale crash à Killarney en 1970, à cause de sa Brabham dont l'accélérateur resta grand ouvert face à une courbe, lui fit prendre conscience, au tournant de la cinquantaine, que la vie vaut mieux être vécue en position debout. Il raccrocha. Son nom fut cité ensuite à propos d'activités annexes : il collabora à la création du circuit de Harare, nouveau nom de Salisbury, la capitale de ce qui est alors devenu le Zimbabwe, il gèra une compagnie de transport. Il retournera ensuite en Afrique du Sud, fuyant un pays en voie de décivilisation.

Quelques amateurs auront percuté à l'énoncé de son nom, synonyme d'un exotisme disparu, lors de rallyes classiques ou du Goodwood Festival of Speed où il conduisait de temps à autre sa Brabham BT24 du GP d'Afrique du Sud 69, reconstruite et confiée au musée de Donington.

D'un tempérament très courtois qui n'empêchait nullement un talent incisif, Sam Tingle aura eu la malchance de tomber chronologiquement sur l'époque dorée de John Love, le meilleur volant issu de l'Afrique australe, les Scheckter exceptés, un état de fait que synthétise joliment le titre de la biographie qui lui fut consacrée en 2006, Love first, Tingle second [1].

Il laisse une veuve, Marie, quatre enfants et huits petits-enfants parmi lesquels un Sam junior qui marche sur ses brisées en ayant temporté en 2008 le championnat sud-africain junior de karting.

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Samuel Tingle
Zimbabwe
Né à Manchester (GB), le 24 août 1921
Décédé à Cape Town (Afrique du Sud), le 19 décembre 2008



[1] MILLS (Greg) .- Love First, Tingle Second ! Sam Tingle' s Motorsport Scrapbook. Ed. Greg Mills, Johannesburg, 2006, 231 p., 14,99 $ 
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Sam Tingle, Brabham BT24-Repco V8, GP d'Afrique du Sud 1969
© Hieronymus (http://forums.autosport.com)
Portrait, photo DR (www.statsf1.com)
Sam Tingle, LDS MK1 Alfa-Romeo 4, GP d'Afrique du Sud 1965 © http://fotos.iher.net

Commentaires

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Ecrit par : jlm | dimanche, 21 décembre 2008

Le Zimbabwe d'aujourd'hui est bien dans un état épouvantable. De là à faire du pays de Ian Smith un "paradis sur terre"... Paradis, peut-être, mais pas pour tous...

Ecrit par : zapata | dimanche, 21 décembre 2008

J'ai particulièrement apprécié le concept de "décivilisation" tout à fait pertinent .

Ecrit par : Christian Magnanou | dimanche, 21 décembre 2008

En 1969 au GP AFRIQUE DU SUD, courait aussi un certain Basil VAN ROOYEN.
L'avez-vous oublié, ou n'était-il pas Rodhésien mais SUD AFRICAIN?

Ecrit par : Bernie | lundi, 22 décembre 2008

D'accord avec zapata. La Rhodésie avait tout pour être un paradis. Mais elle ne l'était que pour une minorité dominante suite à la politique ségrégationniste de Ian Smith (et de ses prédécesseurs). Le fait que Mugabé ait transformé le pays en un enfer pour tous ne doit pas faire oublier la réalité historique.
Mais cela nous éloigne du sport automobile qui est bien loin des préoccupations actuelles dans ce malheureux pays. RIP Sam Tingle.

Ecrit par : Christian Briand | lundi, 22 décembre 2008

Il est tout de même dommage que Mougabé dont on a dit qu'il était fort lettré et donc homme de réflexion, n'ait pas profité de la situation qu'il avait trouvée au moment où il prenait le pouvoir pour faire de son pays une puissance économique africaine, ce dont ce continent manque cruellement, plutôt que de se comporter comme le pire des roitelets d'une république bananière avec l’arrogance et le désastre humanitaire que l’on connaît aujourd’hui. Chez les voisins sud africains, Monsieur Mandela qui eut tant à souffrir du pouvoir des blancs afrikanders a su mieux concilier les susceptibilités. Mais comme vous dites, c’est une autre histoire.

Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mardi, 23 décembre 2008

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