mercredi, 17 décembre 2008
Tony Trimmer

Tiens, Tony Trimmer aujourd'hui ?! On vous entend d'ici. Et pourquoi l'homme dont les autos sont de bons sujets de quizz ne figurerait-il pas "gratuitement" sur le blog, hors de toute actualité ? Avouons qu'il doit cette soudaine lumière aux splendides images tirées d'un CD que l'ami Guy Royer a consenti à nous livrer comme cadeau de fin d'année. Il a suffi de taper dans la réserve bio d'Arnaud Chambert-Protat pour que le tour soit joué.
L'ascension de Tony Trimmer en compétition automobile est des plus classiques pour un Anglais : parti de petites épreuves de Saloon Cars, il parvient à la F3 en passant par quelques formules de promotion éprouvées. Cette progression s'effectue sans coup d'éclat particulier au fil des dernières années soixante et du début de la décennie suivante.
Trimmer a du talent, mais rien à voir avec ses compatriotes contemporains, en tête desquels figurent James Hunt, Tom Pryce, Tony Brise et le moins connu David Purley. Ses apparitions dans des épreuves pour voitures de tourisme - et même un peu en endurance - n'attirent guère plus l'attention, et rien ne semble le destiner à briller un jour au volant d'une monoplace de Formule 1. Mais il se défend assez honorablement en F3 pour attirer l'attention de la modeste écurie japonaise Maki, récidiviste en dépit d'une vaine tentative sur les Grands Prix de 1974.
Tony fait donc partie en 1975 de cette audacieuse entreprise - dont les F1 sont dessinées par Kenji Mimura - en s'alignant aux essais de trois Grands Prix : en Allemagne, Autriche et Italie. C'est une véritable catastrophe : les temps des essais sont à peine avouables et l'Anglais reste coup sur coup sur la touche. Trimmer est donc plus souvent au départ de courses de F5000, où il se défend assez bien. En 1976 Maki lui fait de nouveau confiance à l'occasion du Grand Prix du Japon. Une course mémorable avec ses trombes d'eau, mais à laquelle Tony ne prend pas part non plus : qualifié bon dernier, il demeure encore simple spectateur.
En 1977 l'Anglais persiste et signe, cette fois-ci au volant d'une Surtees TS19 engagée par l'écurie privée du Melchester Racing, à l'occasion du Grand Prix de Grande-Bretagne. La concurrence est encore plus rude : trente-six voitures engagées. Il ne passe même pas le cap des préqualifications et plie encore bagages prématurément. C'est pourtant au volant d'une F1 que Tony conquit ses galons et ses plus grands titres de gloire.
En 1978, il est en effet dès le début de saison la vedette incontestable du championnat Aurora, où il remporte quatre courses et s'installe à la tête au classement général moyennant quelques autres podiums. Ses rivaux sont principalement l'Espagnol Emilio de Villota, et les Anglais Bob Evans, Guy Edwards et Geoff Lees, tous espoirs déçus des Grands Prix de championnat du monde. À trois courses de la fin, Tony est largement en tête au classement, et ne doit qu'à la surprenante victoire de David Kennedy - qui triomphe dès sa première apparition - de ne pas coiffer le titre en beauté par une antépénultième victoire. Pour obtenir ce joli succès, Trimmer pilotait une vieille McLaren M23. En cours de saison, il l'a engagée au Grand Prix de Grande-Bretagne mais avec son modeste trentième temps (sur trente engagés), il n'a une fois de plus pas pu participer. Ce fut là sa dernière tentative dans le cadre du championnat du monde.
L'année suivante, Kennedy et Villota restent les principaux protagonistes du championnat Aurora, mais le troisième larron est Rupert Keegan. Car à 36 ans et enfin nanti d'une couronne, Tony Trimmer s'est rangé des voitures.

Anthony Trimmer
Grande-Bretagne
Né à Maidenhead, Berkshire (GB), le 24 janvier 1943
Arnaud Chambert-Protat
Tony Trimmer, Maki F101, GP d'Autriche 1975 © Guy Royer
Portrait © FORIX
Tony Trimmer, McLaren M23, GP d'Angleterre 1978 © Guy Royer
10:10 Publié dans Biographies étrangères | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : tony trimmer, mclaren m23, maki f101, grand prix angleterre, grand prix autriche |




















Commentaires
Rupert Keegan à la différence des Trimmer et autres Kennedy et de Villota semblait être un véritable espoir du sport auto. A noter lors des éditions 79 et 80, la présence (assez discrète) de Giacomo Agostini au volant d'une Williams.
Ecrit par : Marc Ostermann | mercredi, 17 décembre 2008
Le souvenir que je garde de Tony Trimmer reste rattaché à la F3 1000cc dont il fut un talentueux animateur, avec notamment une victoire à Monaco en 1970.
Ecrit par : Christian Burdet | mercredi, 17 décembre 2008
Bonsoir. qua t'il manque a cet espoir Anglais pour percer . la chance l'argent une structure meilleur autour de lui . C'est bien de parler de ces anciens pilotes .
Ecrit par : d robin | mercredi, 17 décembre 2008
Quelqu'un sait-il ce qu'il est devenu aujourd'hui ?
Ecrit par : Christian Briand | mercredi, 17 décembre 2008
J'avais voulu "faire le malin" il y a quelques années sur un Forum Nostalgique britannique bien connu en indiquant que, contrairement à la croyance populaire, Tony Trimmer n'avait pas débuté en Formule 1 au volant de la désastreuse Maki, mais sur une Iso-Marlboro (Williams) à la course des Champions 73 à Brand's Hatch, ou je l'avais vu de mes propres yeux....ce sur quoi je m'étais fait proprement renvoyer dans mes 22 par un intervenant briton qui m'avait signalé que le sieur Trimmer avait gouté de la F1 dès 1971, au volant d'une Lotus 49C tout à fait officielle du team Gold Leaf, dans une course hors championnat à Oulton Park.
Aux dernières nouvelles , Tony est toujours "alive and well", participe à des courses historiques et bricole comme instructeur d'école de pilotage et consultant en diverses activités automobiles...
Enfin, pour répondre à Marc , Rupert Keegan avait surtout comme avantage par rapport à ses contemporains d'avoir un papa qui avait quelques moyens ( propriétaire de la compagnie aérienne charter British Air Ferries ) mais le garçon ne serait certes pas arrivé en F1 sans avoir un certain niveau de pilotage ...... Emilio de Villota par exemple , lui aussi assez à l'aise financièrement, ne jouait effectivement pas dans la même cour .
Ecrit par : philippe7 | jeudi, 18 décembre 2008
J'ai également trouvé une participation de Trimmer, toujours dans le team Lotus, en 1972 à Brands Hatch où il est sur la liste des engagés au volant de la troisième 72D.
Ecrit par : Marc Ostermann | jeudi, 18 décembre 2008
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