vendredi, 12 décembre 2008

Atelier d'artiste #01/02

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Intrigué et énervé par les gens qui ont le don, que ce soit celui de la conduite, du dessin, de la note juste ou de l'immeuble dessiné sur un plan et qui tient debout, autant de cadeaux du ciel dont il est dépourvu, votre serviteur a demandé à Jean-Marie Guivarc'h d'où il sortait le don qui s'exprime à l'image ci-dessus. JMG est donc dans MdS et il aime ça. Mesdames, enfin un homme à poil (de martre).


Je dessine depuis gamin mais je ne peux pas dire que l’entourage familial ait soutenu mon goût pour les arts plastiques, comme on dit dans l’enseignement. Bien au contraire mes parents n’ont jamais compris ce penchant, ce don même. Ils devaient me prendre pour un doux rêveur quand, à la table familiale, au moment des repas, je saisissais une fourchette ou un couteau afin d’esquisser une forme sur la nappe. Et un doux rêveur, ça fait pas sérieux, ce qui m’a valu de nombreuses remarques acides.

Outre les fameux dessins que tout le monde a réalisés en classes primaires, ma "formation" s’est limitée à l’heure de dessin de la classe de 6e à la 3e assurée par le prof de maths. Hélas, dès qu’il y avait du retard dans le programme, la logique mathématique refaisait surface au détriment du dessin ; du reste ce prof jugeait nos dessins non pas sur leur qualité mais en fonction des centimètres-carrés de Canson occupés et du temps passé ; eh oui la productivité avait déjà gagné les salles de classe dans les années 70. Bref je dessinais déjà des automobiles même si je sévissais sur d’autres sujets comme les bateaux par exemple, voire des animaux, que du classique.

La seconde est arrivée et, avec elle, une vraie prof de dessin et de peinture ; quand je dis peinture, je veux dire qu’elle installait son chevalet dans la classe et pendant nos deux heures, elle peignait ses toiles surréalistes en fumant ses gauloises brutes de décoffrage, ce qui impliquait une ouverture systématique des fenêtres de la salle de dessin.  Autres temps, autres mœurs ! Suzanne Besson, elle s'appelait.

Cela ne l’empêchait nullement de passer parmi nous afin de nous aider, nous guider dans nos essais et nos recherches ; elle avait toujours l’œil. Impressionnant. J’aimais beaucoup cette prof qui nous laissait une liberté d’expression tout en canalisant notre enthousiasme, en expliquant, en faisant passer ses émotions… et en écoutant l’élève. Inutile de préciser qu’il m’était interdit de dessiner des bagnoles, comme elle disait, et si, sur le moment, je faisais la moue, après coup je savais dans mon fort intérieur qu’elle avait complètement raison. Jusqu’à la terminale j’ai conservé cette option dessin toujours avec la même prof, que j’ai retrouvée en jury de bac lorsque j’ai passé l’épreuve de dessin avec une super note à la clé. Merci madame pour votre enseignement car, si certains profs ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, nous savions pourquoi vous étiez là.

J’ai tenté ensuite le concours de l'École des beaux-arts, passant pour un extra-terrestre aux yeux du comité d’accueil qui m’avait demandé d’apporter tout ce que je réalisais de mes mains ; alors forcément je suis arrivé avec mes maquettes d’autos de course, de bateaux et les dessins du même acabit… Pas vraiment artistiquement correct. Alors j’ai laissé tomber les crayons et, par manque de courage, je n’ai pas insisté dans le dessin mais je ne regrette rien.

La vie a continué et j’ai rencontré une dame qui m’a conquis à tel point que je partage toujours avec elle mon existence ; c’est elle qui m’a redonné le goût de recommencer à dessiner. Elle est indissociable de mes dessins et son jugement m’est plus que précieux.

atelier2.jpgJe finis de vous embêter en évoquant le pourquoi de la technique à l’aquarelle ; des amis m’ont offert une petit boîte de couleurs que je ne connaissais absolument pas. Cette boîte est restée au moins six mois à prendre la poussière et à me narguer sur un coin de la table à dessin avant que je consente à essayer. Le premier dessin était pitoyable (je l’ai toujours) et pour me rassurer je terminais la petite aquarelle avec de l’encre de Chine afin que cela ressemble à quelque chose. Je n’étais pas terriblement emballé mais j’ai continué... et je ne me suis jamais arrêté.

Je ne dis pas que je ne testerai pas d’autres techniques mais pour le moment, la pratique de l’aquarelle apporte chaque jour de nouvelles découvertes. L’aquarelle est imprévisible et ne supporte pas l’erreur, ce qui rend l’exercice très stimulant.

En conclusion, je dirais que beaucoup de personnes savent dessiner mais souvent, malheureusement, elles s’arrêtent ; étant passionné par mes vieux engins j’ai continué et, aussi bizarre que cela puisse paraître, ces thèmes m’inspirent sachant que contrairement aux artistes qui expriment ou qui cherchent à exprimer leurs émotions, leurs idées, j’essaye beaucoup plus modestement d'animer mes dessins en rendant hommage aux personnages qui ont partagé la vie de ces engins, souvent dans l’anonymat. Je m’efforce de donner un éclairage à des marques peu connues ; de même le mouvement des engins roulants, volants ou navigants demeure très important pour moi.

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Jean-Marie Guivarc'h
http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com 




JMG au pesage des 24 H du Mans 2008
© Nicolas Moreau
Vue de l'atelier d'artiste © Jean-Marie Guivarc'h
Un adorable petit cyclecar Salmson de livraison (carte de voeux 2009, format demi A4, papier 160 grammes satiné, 10 euros pour 10 cartes, à commander auprès de l'auteur) © Jean-Marie Guivarc'h

10:10 Publié dans Image | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : jean-marie guivarch, art, cyclecar salmson |

Commentaires

MERCI !
Merci à Mémoires des stands de rendre hommage à cet artiste discret que j'ai la chance de compter parmi mes meilleurs amis. Sa modestie et son caractère totalement désintéressé le tiennent à l'écart des spotlights que d'autres -plus férus "d'autopromo"- trustent régulièrement.

Il a plus d'une corde à son arc et son talent ne se limite pas aux seuls croquis illustrés ci-dessus. Ses aquarelles grand format sont à tomber par terre !

Il est par ailleurs un fin connaisseur de l'histoire du sport auto, et plus largement de tout ce qui roule ou vole.

Allez voir son site !

Ecrit par : Alain Pernot | vendredi, 12 décembre 2008

Si j'osais, je dirais que le bonhomme est à croquer.

Indépendant, peut-être solitaire, mais silencieux surtout. Les artistes à carnet sont plus faciles à supporter que les artistes à cornet.

Pas de trucs inutiles ici, le juste trait. Simple et vrai, tant le dessin que le gars.

Ecrit par : Hubert Baradat | vendredi, 12 décembre 2008

MdS m'avait permis de (re)découvrir l'art de Marc Ostermann et m'invite dans le monde de Jean-Marie Guivarc'h : c'est tout simplement chouette...

Mon commentaire est peut-être tout bête mais moi, je n'ai jamais eu le talent de dessiner les voitures dont je rèvais : je me contentais de dessiner, petit, des circuits de F1 faits de courbes rapides, d'Eaux rouges et de longues Hunaudières sur lesquels je m'inventais des courses de rêve... Maintenant, je dessine pour les pitchouns de la famille les voitures de mon travail mais cela ferait sourire les artistes de ces lieux !

Ecrit par : Olivier | vendredi, 12 décembre 2008

Mille bravo à Jean-Marie Guivarc'h pour ses oeuvres.

Pour rebondir sur le dernier paragraphe, je dirais que c'est souvent l'occasion qui fait le larron, et pour ce qui nous intéresse, la passion qui fait le dessinateur. Si je n'avais pas eu celle des avions et voitures et des hommes qui les ont pilotés, je ne me serais pas essayé à les coucher sur du papier.

Enfin, c'est drôle, Jean-Marie parle de son prof de maths. Je me souviens du mien qui me disait, lorsque j'arrivais miraculeusement à résoudre un problème, "Tu vois, Ostermann, les maths c'est du dessin !"

Enfin, concernant les beaux-arts, j'y suis passé aussi et avec le même résultat: Artistiquement incorrect, of course !

Ecrit par : Marc Ostermann | vendredi, 12 décembre 2008

J'avais déjà "feuilleté" le site de Jean-Marie mais pas assez attentivement (je regardais surtout les voitures) car j'ai eu l'occasion de découvrir ses voiliers que je trouve très beaux. C'est le bonheur de l'art : pouvoir vous emmener ailleurs, vous raconter une histoire qui vous parle... Il ne manquait que les embruns et le léger goût sur mes lèvres du sel qui vole tout léger dans l'air.

Suivez le conseil d'Alain Pernot "Allez voir son site !"

Ecrit par : Olivier | samedi, 13 décembre 2008

Il est vrai que tout est justement dit dans ce premier commentaire.
Je rajoute le bonheur de s'exprimer par le dessin ou la peinture et quand on connait un peu on ne peut qu'etre admiratif sur ce que réalise JMG avec passion.
Jean Marie, j'ai essayé de faire un bon mot ou une contrepèterie avec le nom de votre prof de dessin du lycée. Je n'ai rien trouvé et quelque chose me dit qu'il ne faut pas.
Nous sommes tous, avec plus ou moins de réussite et de persévérance, des Guy Degrenne, lors de notre scolarité, non ?

Ecrit par : AG | samedi, 13 décembre 2008

J'adore votre style, je trouve très bonne le détail des anotations prises sur le vif et figurant tout autour de la scène.

Je pense que tous les amoureux de l'automobile se sont un jour essayé à coucher sur le papier leur passion, avec plus ou moins de talent, mais que c'est dur de passer de la reproduction des personnages de Walt Disney à la voiture en perspective!

Il est à croire aussi que tout-le-monde dessine des bagnoles en cours. Je me suis moi-aussi retrouvé dans la peau de Guy Degrenne un jour de cours de francais en seconde après avoir dessiné une McLaren MP4/4...sur ma table... Je me souviens encore de la réaction du prof : "Martin, ne dessine pas des voitures que tu n'auras jamais", il avait décidément aussi mal compris mon effort que moi Rabelais...

Ecrit par : seb | samedi, 13 décembre 2008

Moi, je n'ai jamais dessiné en classe... Guy Degrenne, ce n'était pour moi qu'une publicité mensongère... Surtout j'imagine mal ma mère apprenant que je m'étais fait pincer à crobarder des voitures pendant les cours : la honte dans cette famille de profs et instits...

Maintenant, dans tous les repas de famille qui durent et où il faut occuper les enfants, je suis le préposé aux dessins de voitures : sauf durant les vacances où je refile le boulot à Seb.

Ecrit par : Olivier | dimanche, 14 décembre 2008

Olivier, dessiner en classe je plaide coupable ; au lycée, nous étions quelques uns à lancer une bd interactive ; je vous explique en deux mots.
J'ai commencé une première case sur une table dont le vernis était parti car celà s'avère plus pratique pour opérer...l'encre reste bien dans le bois.
En général cette opération s'opérait pendant les cours d'anglais...les copains des autres classes prenaient la relève jusqu'à ce que la table devienne une vraie histoire.Résultat de courses : 4 heures de colles...à gratter, poncer les tables et à les réencaustiquer !!
Nous avions également attaqué les murs mais par respect pour la femme de ménage et pour notre prof de philo, cette initiative a été stoppée net.

Pour terminer, je vous remercie tous pour vos commentaires élogieux à propos de mes dessins ; l'important reste de se faire plaisir et quand ce dernier est partagé c'est magique.J'en veux pour preuve les enfants qui me regardent dessiner au pesage...no comment.Faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux...un peu comme MDS non ???
Amicalement
Jean-Marie

Ecrit par : guivarc'h | dimanche, 14 décembre 2008

Un lourd trois mâts me croise à babord sur une mer nerveuse. Le gros temps n'est pas loin, les nuages le confirment. Non, je ne suis pas au large mais un tableau de Jean-Marie est accroché au mur et chaque fois que je le regarde, ce puissant voilier superbement interprété m'emmène loin, si loin...
Jean-Marie est aussi un vrai peintre de marine. En plus.

Ecrit par : guy dhotel | dimanche, 14 décembre 2008

Bonjour à tous, et clin d'oeil à Guy Dhotel ...
lecture de la première phrase sans en avoir vu la signature, et déjà " ça accroche", "on y est" ! C'est cela le vrai talent d'écrivain, Bravo.
Gilbert.

Ecrit par : Gilbert | lundi, 15 décembre 2008

suite ...
ce casque façon "Herbert Johnson" marron et lunettes à la JM Fangio, sur la photo plus haut ... pas le moindre commentaire ? pas la moindre question ? tout le monde dort sur Mds ou quoi ? ...
Simple évocation d'une époque révolue, ou a-t-il appartenu à quelque pilote ayant enchanté notre jeunesse ?
Gilbert.

Ecrit par : gilbert | lundi, 15 décembre 2008

Bonjour Gilbert,

Si c'est le casque qui figure sur la photo c'est tout simplement mon "bol" que je mettais quand je chevauchais une de mes anciennes motos...désolé pas de propriétaire illustre; je précise que ce doit être un ancien casque militaire qui a retrouvé une seconde jeunesse accompagné de ses "climax".Il prend un peu la poussière en attendant patiemment que la Triumph soit remontée...quoique il est vraisemblable que je rachèterais un "jet" plus moderne.
Jean-Marie

Ecrit par : guivarc'h | lundi, 15 décembre 2008

Bonjour Guivar'ch ...
je retiens que néanmoins ces casque et lunettes ont bien une histoire, la leur, la vôtre ; c'est bien là l'essentiel.
Merci pour la réponse.
Gilbert.

Ecrit par : Gilbert | lundi, 15 décembre 2008

Il y a quelques années on pouvait trouver dans voiles et voiliers, je crois, une série qui s'appelait "comment naissent les bateaux" (http://www.jeanolivierheron.com/) . Je suis sur que le sieur Guivarc'h serait le + à même d'avoir les meilleurs idées (visions ?) pour une Salmson, Amilcar ou d'Yrsan. Même si c'est reprendre l'idée d'un autre le défi est-il tentant ??

Ecrit par : GIGI | lundi, 15 décembre 2008

Gilbert,

Les objets qui trainent dans mon antre ont tous une histoire que ce soit la petite Dinky qui a écumé les bacs à sable ou mes vieux boitiers Nikon qui m'ont permis de réaliser mes premiers clichés d'autos de course (en noir et blanc).Désormais, ils dorment, fiers du travail accompli, car aujourd'hui mes carnets de croquis ont pris le relais sur les circuits.

Gigi c'est intéressant que vous parliez de cetet série car Madame Besson nous avait demandé en cours de travailler exactement de cette manière : prendre un objet, le tortuer, le travailler afin d'aboutir à quelque chose de complètement différent à l'arrivée.uand à reprendre cette idée je ne sais pas ....

Ecrit par : Guivarc'h | mardi, 16 décembre 2008

C'est un vrai scandale! On lui sort une chronique grosse comme ça et il est même pas foutu de nous pondre un dessin de Noël pour agrémenter nos billets de voeux....

Un truc avec un cyclecar un peu anglais, un peu gaulois, un peu fou... avec des effluves de ricin et éthanol....

Moi, je vous le dis:Le Père Noël est une Ordure !

Joyeux Noël quand même !

Ecrit par : Xavier | mercredi, 24 décembre 2008

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