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lundi, 13 octobre 2008
Mémoire de mes stands #04/08

Voir aussi :
Racing was my life
Aller au bout de ses rêves
Petits privés (de moyens) et grands constructeurs
Alerte et précise, la plume d'Olivier Leschiera passionne nos lecteurs. Dame, c'est pas tous les jours qu'un ingénieur rende publique son expérience en F1. Sa saga est lue jusque chez Ferrari (authentique). Raison de plus pour l'encourager à livrer les prochains épisodes car Olivier, très pris par son travail, n'avait rédigé ce quatrième opus que sous la menace d'un débarquement de Christian Magnanou.
L'image et l'argent en pole (dis, dessine-moi un Maranello)
Asiatech est une météorite au cœur de la nuit dans laquelle le sport automobile Français plonge au début des années 2000 : mort annoncée de Prost Grand-Prix, fin d'une présence forte des pilotes Français… Une météorite parce que cette structure aura brillé de mille feux avant d'exploser et de ne devenir que poussières… La fin est connue de tous : des caisses vides, un dépôt de bilan… Mais qui sait que rien n'aura aussi été trop beau au départ d'Asiatech ?
Le premier mois d'existence d'Asiatech est le mois de la rupture avec le passé Peugeot Sport. Marquer la différence, donner confiance, effacer les scepticismes, séduire : voici les priorités des dirigeants ! Et pour cela, il suffit de faire couler l'argent. Les couloirs s'ornent alors de machines expresso très italiennes dont les dosettes sont offertes par la Direction : nous n'allons plus à la machine à café, c'est elle qui vient à nous. Et c'est tellement agréable d'éviter de croiser nos anciens collègues… Les tenues des mécanos et les vêtements de l'équipe d'exploitation pour aller sur la piste se parent du petit nœud papillon d'Eden Park, petit signe de luxe extérieur. Plus discrets mais tout aussi chics, les costumes officiels d'Asiatech sont confiés à Cerruti. Tout est beau…
Les locaux sont aussi rénovés et réaménagés pour tourner définitivement la page Peugeot Sport. Première zone visée : le long couloir où chaque responsable de service a son bureau fermé et que certains ont discrètement baptisé la rue sans joie. La volonté des dirigeants est de privilégier les open spaces et de rapprocher les chefs de leurs équipes : on en profite pour changer partout le mobilier, certains projeteurs se réjouissent d'avoir (enfin !) des sièges ergonomiques qui soulagent leurs lombaires. Et dire que cela faisait des années qu'il les réclamait… Le motorhome aussi doit mettre en lumière les moyens d'Asiatech : le bus bleu qui ressemble plus à un car de CRS quand il n'est pas bardé de ses stickers est relooké avec un système d'auvent plus moderne et plus claquant. Qu'importe qu'il faille beaucoup plus de bras et de temps pour le monter, cela reste si modeste par rapport aux cathédrales que commencent à lancer des grandes écuries comme Mc Laren. Une étude d'un tel motorhome est d'ailleurs lancée pour faire comme les autres : le coût sera (heureusement) jugé exorbitant…
Mais c'est surtout les salaires qui flambent en janvier 2001 ! Asiatech veut les augmenter pour marquer, là aussi, la différence avec l'ère Peugeot. Augmenter ou plutôt libérer ! Ainsi, nos salaires de cadres, jusque là conformes à ceux des autres cadres du Groupe (à la différence près de la prime de résultats proche d'un treizième mois), vont flamber en un mois ! Première semaine de janvier, on m'annonce que mon augmentation annuelle sera de l'ordre de 40 000 francs : je dis tout simplement merci. Fin du mois, je reçois ma première fiche de paie et c'est finalement presque 100 000 francs de plus que je toucherai par an ! Que dire ? Si je donne ces chiffres que je trouve encore aujourd'hui abracadabrantesques voire presque indécents, c'est pour souligner le caractère irrationnel du rapport à l'argent qu'a Asiatech dans les premiers mois de sa vie. Nous n'en parlons alors pas entre nous et il me faudra d'ailleurs du temps pour évoquer cela avec mes collègues et comprendre un peu ce qui s'est passé… En janvier 2001, tous les employés veulent toucher l'augmentation promise : le défilé dans le bureau du Directeur commence et là, chacun réclame un peu plus que ce que son voisin a annoncé avoir reçu… Effet boule de neige ou papillon… Asiatech revient vite par la suite à la raison en recalant les salaires des nouveaux embauchés sur ceux du marché : cela créera évidemment aussi des tensions entre ces derniers et les anciens Peugeot Sport…
La page Peugeot Sport est donc en train de se tourner mais Asiatech sait qu'elle ne le sera définitivement que lorsqu'elle sera une structure qui marque des points et qu'elle aura son propre site ! D'où un grand projet qui est lancé dès février 2001 : construire un nouveau site entièrement dédié à la réussite du Groupe. Le projet fait penser à ce que McLaren fera, lui, par la suite. Un concours d'architecte est lancé en même temps que des terrains, suffisamment grands, sont recherchés en région Parisienne : arrivent les maquettes, certains délires d'architectes, comme celui de faire pousser une forêt sur le toit des bancs moteurs… Et puis tout s'arrête : le projet n'est plus assez « germanisant », plus assez robuste ! A moins, tout simplement, qu'il ne soit trop cher… Ce nouveau site sera un fil rouge de l'aventure Asiatech… Ou un serpent de mer… Là est la question ! Alors que nous savons déjà que les caisses sont vides, un film de promotion réalisé pour être présenté au GP de Monza 2002 nous présente nos futurs locaux à Magny-les-Hameaux ! Les bâtiments, assez anciens, sont effectivement robustes et ne permettent pas la culture de forêts équatoriales au sommet des bancs moteurs… Ouf…
Maranello n'aura donc jamais rimé avec Magny-les-Hameaux. L'édifice Asiatech, dont les fondations reposent sur des finances abondantes, s'écroule fin 2002 : la chute est dure pour ceux d'entre nous qui ont radicalement changé leur train de vie. Certains n'acceptent pas ce retour à la vraie vie : on parle d'untel qui dort sous le pont de Sèvres, d'un autre quitté par femme et enfants, lassés de le voir ressasser son passé, refuser des postes pas assez bien payés…
Pour ma part, je suis épargné par tous ces ravages : nouvel emploi retrouvé très vite, train de vie inchangé malgré les salaires qui flambent… Ce qui me manque vraiment dans les mois qui suivent l'arrêt d'Asiatech ? Cette superbe ambiance au travail façon "Les Copains d'abord" de Brassens.
Sauf qu'Asiatech, c'était fluctuat et mergitur…
Les escales de ce voyage :
1. Racing was my life
2. Aller au bout de ses rêves (qui suis-je ?)
3. Privés (de moyens) et grands constructeurs
4. L'image et l'argent en pole (dis, dessine-moi un Maranello)
5. Mémoire de mes stands : le pilote qui urinait dans les douches, où est passé le Castellet ?
6. La technique en F1 en 2000
7. Austral espoir
8. Derniers tours de piste et six ans après ?
A suivre...
Olivier Leschiera
Images, photos DR
10:10 Publié dans Constructeurs | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
| Tags : asiatech, peugeot sport, olivier leschiera, f1 |


















Commentaires
Je ne vais pas m'auto-commenter mais juste m'excuser d'avoir été bien long à reprendre la plume. Est-ce que le fait de devoir écrire en même temps une histoire de dragon, de princesse et de crapaud à ma fille qui me l'a demandé pour apprendre à lire est une excuse recevable ?
J'attaque la note suivante...
Ecrit par : Olivier | lundi, 13 octobre 2008
Oui cher Olivier ! Votre excuse est bien valable !
Elle me rappelle ce fameux dicton : " Le père de famille est le dernier aventurier des temps modernes " ...
Mes encouragements vous portent pour les prochains épisodes, le sudiste que je suis attend tout particulièrement celui concernant le Castelet...
Même si : "Reimsparing ne s' est pas fait en un jour" il me semble important que la population des contributeurs se renouvelle car, selon cet autre dicton , il faut : " tout changer pour que rien ne change " !
Bravo à vous, ainsi qu' à toute l' équipe de ce site que j' ai découvert cet été et qui me régale chaque jour un peu plus !
Ecrit par : Marc | lundi, 13 octobre 2008
Bien sûr votre fille est prioritaire Olivier Leischeira ! Pour ma part je saurai attendre la prochaine, votre expérience de la F.1 chez Asiatech est particulièrement intéressante à suivre.
Ecrit par : f.Coeuret | lundi, 13 octobre 2008
C'est en regardant Autocritiques ce soir avec Guy Ligier que j'ai bouclé le prochain épisode ! Heureusement que j'écris plus vite des histoires de dragon que ma fille les lit ! Je me dépêche donc de boucler l'épopée Asiatech car elle apprend vite...
De là à oser me comparer au Pr Reimsparing... Faudrait voir s'il est fort en histoire pour enfants...
Ecrit par : Olivier | lundi, 13 octobre 2008
... encore faudrait il que le enfants fussent sages ! Dirait, peut être, notre bon professeur ...
Loin de vous comparer à lui, je disais que vous étiez peut être un "Reimsparing en devenir" et c' est déja beucoup !
Concernant l' Autocritique d' hier au soir, j'ai bien aimé l' hommage de Franck Lagorce à Guy Ligier, les yeux dans les yeux, la F1 acuelle nous a déja fait oublier quelle pouvait être une affaire d' homme ...
Ecrit par : Marc | mardi, 14 octobre 2008
Revenant hier soir de Londres où je n'ai hélas pas rencontré Sir Stirling, je m'aperçois que le TTDCB m'a attribué une nouvelle fonction pour le moins inattendue et qui participerait à la promotion de nouvelles plumes; "sic transit gloria mundi" ....
Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 14 octobre 2008
J'avais oublié d'ajouter qu'ayant regardé le Grand Prix du Japon sur ITV, j'ai pu apprécier les commentaires affutés de Martin Brundle; on est loin des "formidable" ou "magnifique" habituels !
Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 14 octobre 2008
Quand je travaillais en Italie, j'avais découvert avec étonnement les commentaires transalpins du genre : "vai vai vai Schumacher, vai vai vai Schumacher".
1h30 d'encouragements de ce genre, c'est long... Le même style pour les courses de ski de l'époque qui voyaient la luttre entre Alphand et Ghedina du genre "Vai vai vai Christian, vai vai vai Christian" alors que pour Alphand, c'était au mieux le silence radio, au pire le "tombe tombe tombe Luc"...
Ecrit par : Olivier | mardi, 14 octobre 2008
Revenant de Londres (avec j'imagine un petit cadeau en forme de note sur les folles nuits de Mike Haillwood), vous avez remarqué, cher Christian, que l'intégralité de votre oeuvre numérique est maintenant disponible d'un clic. De quoi satisfaire les chercheurs.
Enfin ce même retour a dû susciter chez notre ami Olivier L. un frisson car il vient de me transmettre le 5e numéro de sa série. Voyez, Christian, vous êtes incontournable.
Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 14 octobre 2008
Disons qu'Autocritiques m'a accompagné durant la rédaction du 5ème épisode... Pour ceux qui l'ont regardé, le passage lié au Mondial de l'Automobile sur les liens entre la F1 et les grands constructeurs m'a semblé hors sujet.
J'ai actuellement beaucoup de doutes sur le fait que la F1 actuelle soit encore le pinacle de la technique automobile. J'essaierai d'en parler dans le 6ème épisode car ayant désormais travaillé autant en F1 qu'en série, je me dis que les constructeurs et les journalistes qui encensent la technique en F1 font bien attention à ne pas scier la branche sur laquelle ils sont assis...
Ecrit par : Olivier | mardi, 14 octobre 2008
Vous avez remarquez le ton décousu et manquant de tonus du dernier Autocritiques ?
Malgré tout j’ai trouvé amusant, Froissart expliquant le JS des Ligier comme s’il était sur Mémoire des Stands.
J’ai souffert d’entendre les commentaires de Guy Ligier sans intérêts
Mais je dois avouer que sa simple présence m’a émue.
J’espère que cet aveu politiquement incorrect sur MdS, ne va pas me faire sortir du cercle étroit.
Pour Christian: BIENVENUE dans l'ours . Si en plus c'est pour raconter les nuits folles de Mike Hailwood , ce sera que du bonheur, je descend a la cave juste apres avoir cliqué sur-envoyer-verifier mon stock de Lagavulin, faut pas manquer!
Ecrit par : gianpaolo | mercredi, 15 octobre 2008
J'ai oscillé durant cet Autocritiques entre agacement et brin de nostalgie en revoyant les Ligier des années 90 : ces monoplaces étaient "propres" et "lisibles", contrairement aux monoplaces actuelles et tous leurs appendices aéro style "Mère à Titi".
Agacement parce que les allers-retours au Mondial de l'Auto n'apportaient rien sauf essayer de convaincre le téléspectateur que la F1 est le pinacle de la technique automobile et que les constructeurs y sont pour assurer par la suite le rétrofit des évolutions conçues en F1 sur leurs voitures de série ! Sauf peut-être chez Ferrari qui a de toutes petites séries, je ne crois pas que les autres grands constructeurs soient dans ce schéma de développement !
Qu'on vienne m'expliquer comment Toyota, cité en permanence en exemple pour ses méthodes de conception, n'arrive toujours pas à gagner un seul GP ! Pourquoi le lean qui est la force de Toyota et qui inspire beaucoup de ses concurrents ne fonctionne-t-il pas en F1 ? Peut-être parce que les entités sport et série des constructeurs n'ont quasiment rien à voir...
C'est peut-être politiquement incorrect de le dire mais la F1 moderne avec ses réglements étriqués et castrateurs comme avec sa quête d'une réduction des coûts incohérente avec ses modes de conception (calculs, essais à la pelle...) ne m'impressionne plus techniquement.
Qu'on réinvente un réglement qui obligera la F1 à redevenir l'exemple (et aujourd'hui, l'exemple s'appelle écologie) et ensuite, on verra...
Ecrit par : Olivier | mercredi, 15 octobre 2008
Pour les nuits folles de Mike Hailwood, j'ai une photo qui pourrait faire l'affaire...
Olivier, pour technologie rimant avec écologie, j'ai un doute. Sauf si vous parlez du système KERS.
Ecrit par : Marc Ostermann | mercredi, 15 octobre 2008
Marc, quand je dis que technologie doit rimer avec écologie en F1, j'essaie de dire que seules des réglementations fortement axées sur une réduction des émissions de CO2 par exemple permettront de replacer la F1 au sommet de la technique automobile. A défaut, pour moi, la F1 s'isolera de plus en plus de son socle automobilistique.
Tous les constructeurs sont en train de prendre le virage des réductions des émissions de CO2 et autres particules nocives. Certains vont probablement le rater mais tous engagent actuellement ou exploitent des technologies en ce sens. Je me demande si la F1 ne devrait pas devenir un modèle de recherche et de développement de solutions de ce type.
Qu'on supprime les ravitaillements qui soulent tout le monde car la course parfois ne se joue qu'aux stands et qu'on limite les capacités des réservoirs associés (quitte à raccourcir les formats des courses). Cela incitera :
- les aérodynamiciens à repenser leur finesse en se demandant s'il vaut mieux maximiser l'appui ou minimiser la traînée
- les motoristes à optimiser leur rendement, à optimiser leur circuit de refroidissement pour réduire les tailles de radiateur
- les électriciens à optimiser leur consommation électrique ou à développer des systèmes de récupération d'énergie
- le ou les manufacturiers de pneumatiques à réduire leur coefficient de résistance au roulement
- etc.
Evidemment, le but n'est pas de faire de la F1 un Marathon Shell en grand mais que les évolutions apportées en F1 guident les constructeurs dans la conception de leurs véhicules de série !
Ecrit par : Olivier | mercredi, 15 octobre 2008
La F1 représente le pinacle d'une certaine technologie: celle qui permet d'aller le plus vite sur un tour dans le cadre d'une certaine règlementation. Je pense qu'il en a été de tout temps ainsi.
Les grands combats de la F1 ont-ils surtout étés d'ordre humain ou plutôt des combats technologiques?
L'adéquation spectacle-budget-technologie n'est pas évidente à trouver pour la F1 actuelle. On pourrait très bien imposer aux motoristes la quantité d'énergie disponible pour une course et n'imposer aucune autre technique, cela profiterait peut-être à la série mais je ne suis pas sûr que les courses soient plus intéressantes et que les budgets n'exploseraient pas...Puis au bout du compte, comme par mimétisme, la meilleure technologie s'imposerait à tout-le-monde...
Ecrit par : seb | jeudi, 16 octobre 2008
Seb, tu le dis toi même, c'est "dans le cadre d'une certaine règlementation". La question est donc : "vers quelle règlementation veut-on s'orienter ?".
Tu dis qu'il est difficile de trouver l'adéquation entre spectacle, technologie et coûts : il est intéressant de noter que tu parles de spectacle et non pas d'intérêt sportif. Cela traduit bien les interrogations que j'ai actuellement sur le fait que la F1 soit devenu un spectacle ou soit toujours un sport. Quand je vois les décisions des commisssaires de course depuis plusieurs GP, j'ai l'impression qu'elles ont été prises pour maintenir le suspense au championnat. Sinon Hamilton serait quasiment champion, non ? La F1 actuellement me fait un peu penser au catch où le spectacle et le suspense ont beaucoup plus de sens que l'enjeu sportif ! On pourrait créer une écurie de "méchants", façon Leader dans Michel Vaillant, pour optimiser le spectacle mais ce serait au détriment de l'équité sportive.
Quelle réglementation ?
1) une réglementation mono-type qui maximiserait les opportunités d'avoir du spectacle grâce à des luttes entre pilotes (un Button pourrait se battre à armes égales avec un Kovalainen) et de réduire/juguler les coûts de développement et d'exploitation mais conduirait tout constructeur à se désengager
2) une réglementation libérant la technique qui maximiserait les opportunités des constructeurs à démontrer leur savoir-faire mais qui risquerait d'engendrer des coûts supplémentaires et des courses moins spectaculaires à court terme résultant, dans un premier temps, des écarts forts entre les solutions techniques retenues puis, dans un second temps, de l'uniformisation autour de la meilleure solution technique
Pas facile de résoudre l'équation dès lors...
Ecrit par : Olivier | jeudi, 16 octobre 2008
Olivier, pour la réduction des émissions de CO2, je suis entièrement d'accord, dans la mesure où ça ne s'accompagne pas d'une réduction des performances, mais bien d'un nouveau challenge pour les constructeurs car je revoyais poindre le spectre de la réglementation ridicule qui transformait les Grand Prix en "Mobil économy run" au début des années 80 !
Que pensez-vous du système KERS ? Précision qui ne vous est pas adressée : Technologie consistant à récupérer l'énergie perdue durant le freinage dans un volant d'inertie pour ensuite augmenter l'accélération du véhicule (en gros). En projet pour 2009/2010 pour la F1. semble-t-il.
Enfin concernant les pénalités "surprenantes" infligées à Gogo ces dernières courses, un (petit) vent de révolte commence à souffler, plusieurs pilotes s'étant déclarés "choqués" par la pénalité infligée à Bourdais lors du GP du Japon.
Ecrit par : Marc Ostermann | jeudi, 16 octobre 2008
Seb connaît certainement mieux que moi le KERS mais j'ai un peu suivi la technologie proposée par Xtrac et Torotrak qui repose sur un volant d'inertie utilisé pour récupérer l'énergie cinétique accumulée lors du freinage et la réutiliser ensuite quand le pilote le voudra (le temps d'activation, si j'ai bien retenu, sera limitée). Les rendements de la machine annoncés à plus de 90% sont très élevés.
L'idée me semble globalement bonne mais je m'interroge dans un premier temps sur la sûreté de fonctionnement (SDF) associée et sur sa prise en compte par les écuries. Je suis en effet très prudent sur l'exploitation de tels systèmes et les différents aléas de développement qui ont "fuité" ces derniers mois le confirment.
Typiquement, est-ce qu'une écurie qui n'a jamais appliqué de démarche SDF peut déterminer l'ensemble de ce que nous appelons les événements redoutés fonctionnels associés puis, partant de ces événements, identifier les arbres de défaillance et remonter aux événements redoutés par organe constituant le système ?
L'apport des méthodologies des grands constructeurs sera important s'il existe vraiment : tout dépend des liens entretenus entre les divisions véhicule et sport de ces constructeurs... Les privés auront beaucoup de mal à appréhender tout cela...
L'autre question que je me pose concerne l'intégration du système dans une monoplace : des véhicules mulets ont été réalisés par certaines écuries (je revois l'image du mécanicien de BMW prendre une décharge électrique alors que Klien rentre au stand lors d'une séance d'essais) mais certaines écuries ont surtout travaillé sur table... L. Marmorini l'avouait en août dernier, reconnaissant que le système développé par Toyota ne pouvait pas s'implanter facilement dans la monoplace 2008.
Le KERS va être un long feuilleton, sur le fond, je trouve cela intéressant mais redoute un peu son intégration et son développement.
Mais comme dirait l'autre, la peur n'évite pas le danger
Ecrit par : Olivier | jeudi, 16 octobre 2008
L'introduction des systèmes de récupération d'énergie en 2009 est certainement un des plus grands défis que la F1 ait connu depuis un moment.
Plutôt sceptique au début quant à sa date d'introduction vu l'ampleur de la tâche que procure un tel développement, je dois dire que je vois cela de facon plus optimiste maintenant. Evidemment, il y a eu et il y aura des incidents inhérents à ces technologies. Mais combien de fois la "Yellow Tea Pot" est-elle restée en rade en 77? Combien de fois la Ferrari 639-640 s'est-elle arrêtée sur les bas-côtés en 89?
Bien sûr, le KERS apporte avec lui une certaine notion de danger que la F1 n'a plus connu depuis un moment. On compare souvent son développement à celui des réservoirs d'essence par le passé, il ne faudra pas autant de temps pour le rendre sûr.
Ecrit par : seb | jeudi, 16 octobre 2008
Olivier, votre texte est passionnant mais un peu succinct. Vous nous accrochez et puis vous nous laissez en plan...
Je comprends bien que le temps soit un problème et que la ton de la chronique astreignant, mais ce dont vous nous parlez, c'est ce qui sépare Mémoire des stands du spectacle qu'on regarde mornement le dimanche. La différence entre la passion et la consommation blasée.
@Mémoire des stands : "Les folles nuits de Mike Hailwood" ne doivent pas rester à l'état de projet (c'est tout de même a priori plus sexy que "Avec Michael Schumacher à la salle de muscu (et après, une bonne douche et un Yop").
Ecrit par : sue | samedi, 18 octobre 2008
Sue, mon but n'étant pas de vous "laisser en plan", pourriez-vous s'il vous plait me dire ce que vous aimeriez que je détaille ? Ou est-ce parce que je ne suis pas assez assidu derrière mon PC pour envoyer mes notes au maître des lieux ?
Ecrit par : Olivier | samedi, 18 octobre 2008
Quelle plume cher Olivier!
Une question me taraude cependant...Vous êtes vous reconverti au journalisme?
Ecrit par : Petrol Head | mercredi, 29 octobre 2008
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