lundi, 06 octobre 2008
Who is he, grandma ?

Suite de Dead end
Lorsque Nancy Pelham fut ainsi interpellée par sa petite-fille, Sue, face au stand C 44 du salon Rétromobile, en février 2008, elle reçut le second choc de sa vie. Elle avait pourtant tout fait pour l'éviter en bouleversant sa vie jusqu'à n'en plus rien laisser qui eût un lien avec le premier choc, l'explosion de la flèche bleue sur le circuit de Watkins Glen le 6 octobre 1973.
Le hasard avait voulu qu'elle fût la seule à assister au drame qui depuis alimente les conversations, suscite les rumeurs les plus folles. Elle a tu ce qu'elle avait vu alors qu'elle faisait le tour du circuit le samedi matin pendant la séance d'essais (finalement elle n'avait eu son pass) : un gamin qui jouait au volant de la voiture de son père, une Camaro équipée d'une rangée impressionnante de longues-portées qui s'était allumées au moment précis où Il inscrivait la Tyrrell dans les esses. On sait que les parkings sont dans ce secteur très proches de la piste. Ce qui s'ensuivit grilla instantanément la partie de son cerveau qui l'avait enregistré, la rendant muette pendant trois ans, gommant ses souvenirs. Elle oublia tout, excepté le regard fou que le môme lui avait lancé après que la flèche bleue se fût transformée en une épave mortelle qu'une dépanneuse emmènerait très vite. Elle sait que ce gamin, comme elle, n'a jamais rien dit.
Ensuite ce fut une errance de 35 ans. Laissant derrière elle Buffalo et sa petite chambre allumée tard dans la nuit, décorée de posters Le représentant, privée de l'usage de la parole, elle avait acheté un billet Greyhound pour Seattle, la destination la plus lointaine, après c'est l'océan. Elle trouva un petit job chez Boeing qui ne nécessitait pas l'usage de la parole, monteuse de gilets de sauvetage dans les carlingues. Puis elle reparla. Simplement sa chronologie personnelle était mitée par un trou de trois ans qu'aucun amant de passage ou une copine ne semblait remarquer quand elle la leur racontait. De toute façon les gens se foutent pas mal de ce que vous leur dites, tant que ça ne les concerne pas.
En 79, elle épousa un brave gars qui bossait dans une compagnie ferroviaire, la Santa Fe Southern Railway, pas futfute mais gentil, qui lui donna une fille, laquelle, 22 ans plus tard lui donnerait une petite Sue de qui elle se sentira toujours étonnamment proche. La vie n'a rien à voir avec la vision qu'en donne Hollywood. Deux après la naissance de Sue, un camion fauchait sa fille et son époux, les parents de Sue, à l'intersection de Cherry avenue et d'Ocean boulevard, à Long Beach où la famille s'était installée. Définitivement infirme du coté du coeur, pour une raison qu'elle ne parvenait pas à comprendre (le psy lui avait parlé d'un trauma qu'elle avait dû subir, correspondant au trou de trois ans dans sa mémoire), elle ne ressentit guère plus de douleur que lorsqu'elle avait perdu Bog, le berger allemand que Nick lui avait offert.
Divorcée en 99, elle bazarda tout, et avec Sue dont les aléas de l'existence lui avait donné la garde, elle prit un avion pour Paris le 20 janvier 2001, le jour de la prestation de serment de George W. Bush, ce en quoi elle vit un signe positif. Paris lui sourirait.
L'histoire est muette sur les conditions de sa subsistance dans la capitale, tout juste sait-on qu'elle habite Neuilly, avenue du Roule. Elle s'est liée d'amitié avec une dame du quartier qui aime aussi les chiens - elle promène une chienne du nom de Callas. Cette personne, très digne, qui semble celer quelque douleur secrète, parle à Nancy d'une façon troublante. Entendez qu'elle lui parle par le coeur, tout en non dit.
Sur ses conseils elle s'en fut à Rétromobile, l'hiver dernier (Vous verrez toutes ces vieilles voitures, c'est attendrissant, comme d'anciennes histoires d'amour qui cherchent des regards pour renaître). Elle allait partir quand Sue la tira par la manche, attirée comme un aimant par un grand poster affiché par Washington photo, une agence photographique basée au Mans.
Who is he, Grandma ? © MdS
10:10 Publié dans Image François Cevert | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
| Tags : françois cevert, memorial, fiction |



















Commentaires
Un texte magnifique.
Une belle inspiration.
Une manière finalement sobre de rendre hommage au pilote.
Bien loin de la désespérante hystérie idolâtre habituelle.
Et finalement, le coup des longues-portées, c'est un zeste d'humour à peine perceptible, qui contient à lui seul tout le côté vain des interminables explications.
Être légèrement décalé, n'est pas finalement la plus belle manière de ne pas laisser passer une date sans pour autant en faire trop ?
Ecrit par : Christian Burdet | lundi, 06 octobre 2008
Entièrement d'accord avec Christian : avec cette note et celle qui la précède - Dead end -, le TTDCB justifie pleinement le premier T et parvient à revisiter le genre "hommage et souvenir indélébile dans mon coeur", souvent pesant et répétitif, surtout quand le talent de plume en est absent. Bravo !
Ecrit par : Olivier Favre | lundi, 06 octobre 2008
Il est 17h.56 GMT, 11h.56 heure de New-York: il y a trente-cinq ans jour pour jour, minute pour minute, le pilote français le plus charismatique de tous les temps s'envolait...
Ecrit par : Fast Eddie | lundi, 06 octobre 2008
tres belle histoire pour saluer la memoire de ce grand champion .
Ecrit par : d robin | lundi, 06 octobre 2008
Une remarquable finesse dans le style pour un résultat percutant au possible.
Plus que jamais, en relisant ces deux notes, le premier T de TTDCB mérite bien une majuscule...
Ecrit par : Marc Ostermann | mardi, 07 octobre 2008
Aqui no Brasil ainda é noite de 06 de Outubro de 2008. De 1973 para 2008 são 35 anos passados que para muitos dos fãs de Cevert podem parecer apenas dias. Estes grandes heróis das pistas que fizeram história no automobilismo jamais serão esquecidos. Um dia nós também iremos mas as suas vidas de paixão ainda permanecerão para inspirar muitas gerações.
Saudades de Cevert e dos tempos mais românticos da F1.
Um abraço a todos os fãs do planeta.
Ecrit par : Gisele | mardi, 07 octobre 2008
Désolé pour votre modestie, cher TTCB, mais votre article est exceptionnel.
On suit l'itinéraire de Nancy Pelham avec autant de plaisir que d’anxiété. Du Hitchckock, si je peux me permettre. Avec la sombre fin d'un vrai Hitchckock. Implacable et triste.
Ecrit par : guy dhotel | mardi, 07 octobre 2008
Au sein du concert de louanges qui saluent cette histoire - dont je remercie les auteurs, il va sans dire - je reçois un excellent courrier du très estimé Pierre Ménard, l'auteur de l'Encyclopédie bien connue, qui envoie une note discordante mais extrêmement intéressante. Pierre m'avoue sa gêne devant ce texte qui revisite l'accident du 6 octobre par le biais de la fiction.
[...] "J'ai suffisamment de recul pour avoir pris cette nouvelle comme une fiction, mais en sera-t-il ainsi pour tout le monde, surtout à une époque où on rebat les oreilles des braves gens de complots cachés à grande échelle ? Je suis gêné par ce "maquillage" de l'histoire au service d'une fiction, alors que les causes de l'accident sont hélas désormais connues."
François Guitter me l'avait confié il y a quelques années lors d'une interview en me demandant de ne pas le publier (ce que j'avais fait), mais il l'a lui-même révélé il y a quelque temps : Cevert était ulcéré de la signature toute fraîche de Scheckter avec Tyrrell pour 74, Scheckter qui s'était distingué durant cette année 1973 par ses strike malvenus dont le dernier à Mosport avait frappé la Tyrrell n°6, alors que lui, le fidèle second de Stewart ne savait toujours pas officiellement s'il serait dans l'équipe en 1974 (Stewart tenait encore secrète sa décision de se retirer). Cevert a alors voulu tout simplement montrer à tout le monde qu'il était le plus rapide, et a malheureusement commis une faute dans les Esses...
La fiction est un excellent moyen de visiter les coulisses de l'Histoire (comme l'était par exemple le petit texte de mon estimé ex-confrère Olivier Favre sur la dernière Targa et le vieux Savatore), mais elle ne doit pas en changer l'écriture originelle. On visite, on regarde, mais on ne touche pas ! Attention aux dérives multiples que certaines personnes moins bien intentionnées que vous pourraient adopter. Dans ces conditions, pourquoi ne pas imaginer quelqu'apparition saugrenue sur le bord de la piste à Pflanzgarten en 58 au moment où surgit la Ferrari de Collins ou dans les sous-bois d'Hockenheim le 7 avril 1968 ?... On peut également penser à une action volontairement nuisible entreprise du bord de la piste, etc. Voilà tout ce qui me gêne là-dedans" [...]
Pierre Ménard écrit noir sur blanc le malaise qui ne m'a pas quitté à l'écriture de cette nouvelle. Quoi, tu prétends te servir de ce drame pour faire du joli avec ? Qui es-tu pour jouer les démiurges ? La mort de Cevert appartient à l'histoire et on s'est rendu compte depuis peu qu'elle avait à voir avec le mythe, qu'elle est devenue "culte", comme la mort de Senna. Et on voudrait la tortiller pour la faire entrer dans une romance de quat' sous ?
Cher Pierre, votre interrogation, votre malaise face à ces deux notes honorent l'encyclopédiste que vous êtes. Votre conception historienne de notre sport ne peut qu'être heurtée par la sensibilité un peu foutraque qui est mienne.
Je pense qu'un habile dosage de ces deux approches offrirait une honnête porte d'entrée à quiconque serait attiré par le sport automobile et chercherait à en pénétrer les arcanes.
Merci de ce courrier.
Ecrit par : Mémoire des Stands | mardi, 07 octobre 2008
J'étais passé à côté de ces deux notes jusqu'à ce soir : aimant bien attaquer les notes en retard par les commentaires puis en remontant jusqu'à leurs premiers mots, je suis donc parti par ce long commentaire du maître des lieux. Y citer Pierre Ménard a fixé encore plus mon attention, ayant eu la chance de rencontrer grâce à Olivier Favre l'auteur tellement érudit dont j'apprécie les publications.
J'ai alors interrompu ma lecture pour lire la note initiale afin de me faire ma propre idée et de revenir ensuite à la position de Pierre. Si la plume est bien tenue, je partage son avis sur la gêne que me procure le maquillage de l'histoire. Encore plus en me tranposant sur les événements que j'ai vécus comme la mort de Villeneuve et surtout celle de Senna.
J'ai souvent réfléchi à un grand polar qui aurait pour thème la course automobile et me suis souvent dit que cette course que nous aimions tant fut, dans le passé, une telle épopée romanesque qu'il serait dangereux de la confronter à la fiction. Et pourtant, je comprends la tentation de vouloir refaire l'histoire, réécrire la fin pour apaiser la cruauté de celle qui réellement se passa...
Il n'y a peut-être que Michel Vaillant pour mélanger réalité et fiction dans la course automobile, faire gagner celui qui n'aura jamais été champion du monde mais contrairement à la course réelle, les Michel Vaillant ne sont jamais endeuillés... Sauf la version cinématographique de Besson qui ne mérite pas plus que ces quelques mots.
Ecrit par : Olivier | mardi, 07 octobre 2008
Je suis tout de même un peu étonné de l'analyse de P.Meynard.
Je ne vais pas me faire avocat de notre TTCB, il n'en a pas besoin.
Mais je trouve ce récit tout ce qu'on veut sauf déplacé.
C'est, a mon avis, la plus belle manière de penser à une date sans tomber dans l'excès de pathos habituel.
J'ai trouvé ça très fin.
Précisément, ça relativise toutes les théories sur les causes de l'accident.
Jackie Stewart, réputé pour la précision de ses analyses, n'a pu qu'émettre des suppositions. Mais nous, qui n'avons jamais piloté de F1, qui ne sommes jamais allé sur ce circuit, nous avons une conviction profonde bien sûr.
Et puis je me dois de dire une chose.
J'aime cette période de la course automobile, celle d'une fin d'adolescence où je commençais à aller sur les circuits.
Et bien sûr, je suis attaché au pilotes Français de cette époque. La mort de Cevert m'a forcément bouleversé.
J'ai relus il y a peu avec beaucoup d'intérêt le livre de JC Halle, que je trouve très bon, et je visionne toujours avec plaisir les vidéo que l'on trouve sur YouTube (Ah, celle du GP de Monaco 72 !)
Mais il faut que je le dise, il faut que ça sorte : JE N'EN PEUX PLUS !
Je n'en peux plus de tous ceux qui éclatent en sanglots chaque 6 octobre.
De ceux qui, ce jour là, vont en procession en marchant sur les genoux jusqu'à la tombe de "François".
De celui qui n'a pas pu manger pendant une semaine en octobre 73, et qui, depuis, observe chaque année un jeûne rituel à cette période.
De celui qui a perdu le gout de vivre à cette date et qui, depuis, pense à "François" chaque jour que Dieu fait.
De celle qui ne s'est jamais mariées et qui est restée vierge en hommage à "François".
Je n'en peux plus de tout ce délire idolâtre. Je n'en peux plus de cette hystérie.
Vous allez me répondre, chacun aborde les choses comme il l'entend, je n'ai pas à juger.
D'accord, c'est pour ça que je n'ouvre plus le sujet Cevert depuis longtemps.
Mais c'est mon avis, et il fallait que ça sorte.
Ecrit par : Christian Burdet | mercredi, 08 octobre 2008
J’ai dévoré cette note jusqu'à sa dernière ligne mais n’ayant pas suffisamment de recul, je n’ai pas deviné immédiatement que les détails de l’accident n’étaient que fiction. L’espace d’un instant j’ai visualisé avec effroi le regard du pilote qui s’égare mettant irrémédiablement sa vie en danger. Cette révélation a suscité ma curiosité et m’a finalement amené à lire tout vos commentaires. La déformation historique se serait avérée nuisible à ma culture automobile si la réalité n’avait été rétablie par les commentaires des lecteurs éclairés.
Donc, pour me positionner dans votre débat, je dirais que cette page offre tout ce qu’il faut pour combler son lecteur : Une accroche hitchcockienne et des commentaires encyclopédiques.
C’est ce que j’aime ici !
Merci a vous tous, rédacteurs et « commentateurs ».
Ecrit par : LaGliche | mercredi, 08 octobre 2008
je tenais à feliciter l'auteur de ces lignes...Quel talent !!
Vraiment, c'est un plaisir que de vous lire sur Mémoire des stands...Et on ne peut que
féliciter cette idée de fiction, c'était une belle façon de rendre un hommage à françois Cevert.
surtout "crit avec autant de finesse..
le but n'étant pas de perpetuer son souvenir ?
tant que personne ne tombe dans le piege du macabre, je trouve bien que l'on puisse encore
se retrouver tous et honorer par nos souvenirs, et la passion,celui que nous aimions tant;
Merci à vous MDS
Ecrit par : FRED DEBORD | mercredi, 08 octobre 2008
Bonsoir à tous,
Francois CEVERT était un personnage trop "entier" ce qui n'exsite plus de nos jours ( toutes corporations confondues). La forte personnalité de Francois face à un Jody Schecter certes prometteur, mais "ingérable" selon Francois CEVERT le fidéle....Une véritable incompréhension était née à l'aube de la saison 1974 au sein du Team Tyrrell.
Concernant Francois CEVERT je rejoins Christian BURDET,
Il serait temps d'évoquer les Trophés de Francois CEVERT sur les différents circuits du monde que francois a cotoyé, et tous podiums confondus ainsi que les différentes courses effectuées....f1, F2 , F3, Prototypes, tourisme
Ford Capri, watkins-glen bien évidemment entre autre...Francois Cevert ils se nomment "sirs" Jack Brabham ainsi que Jackie Stewart et Graham Hill présent aux obseques de Cevert.
A l'aube de son anniversaire le 25 Février 1944, Francois Cevert se situe bien évidemment prés de Paul Newman trés regretté Acteur Incontournable,( dont je déplore le peu de réactions internationnalement parlant, un fait divers et rien de plus)
Ecrit par : ANDRE GEORGES | mercredi, 08 octobre 2008
Vous avez eu raison, Christian, de poster votre commentaire très à contre courant sur cette note, moins lue par les gardiens du temple, plutôt que sur la note "officielle" que vous auriez fait exploser.
Vous dites tout haut ce que j'entends souvent autour de moi. L'idolâtrie qui se fait jour a de quoi surprendre dans un premier temps, puis elle peut susciter le rejet. Quoi, François Cevert n'était pas un chanteur en vogue, pas Claude François, pas Mike Brant ; il n'était pas acteur de cinéma comme James Dean !
Alors on peut se poser la question de savoir pourquoi cette dévotion autour d'un pilote de course à une époque où la médiatisation balbutiait encore ; un pilote qui faisait simplement son métier sans frasques ni prises de positions particulières, et qui ne l'a pas exercé assez longtemps pour s'ancrer loin dans l'inconscient collectif. Donc qu'est-ce qui fait qu'un homme, mort, devienne un Dieu ? Sa seule beauté ? Hmm... un peut juste, non ?
C'est ça qui est intéressant, Christian : pourquoi toute cette hystérie ?
Ecrit par : Mémoire des Stands | mercredi, 08 octobre 2008
Sou uma dessas fans fanáticas e apaixonadas pelo Francois Cevert. E como tal, procuro tudo o que há a respeito dele, então descobri que o Francois é especial mesmo. Muitas e muitas vezes encontro várias pessoas aqui no Brasil, homens e mulheres que se dizem atraídos pelo Francois, sejam as mulheres por ele ser um dos homens mais belos da sua época e por homens que o admiram pelo carisma ou pelo seu jeito boa praça e principalmente pela dedicação e amor ao automobilismo. Não é fácil manter vivo um mito que espalhe fans pelo mundo inteiro com uma chama acesa durante 35 anos após sua morte até porque sua trajetória de fama foi algo em torno de seis anos. Tenho conversado com muitas pessoas que me procuram ou que eu procuro por termos o Francois Cevert em comum e tenham certeza, não são poucas. Francois Cevert é um fenômeno mundial que não será esquecido, mesmo !!! Quer queiram, quer não. Au revoir
Ecrit par : Roselane | jeudi, 09 octobre 2008
Bien sûr, l'étude de tous les comportements humains est intéressante.
Pourquoi une adolescente attend une journée devant l'hôtel de Madona, est au bord de l'évanouissement lorsqu'elle l'entraperçoit une fraction de seconde, puis rentre chez elle en sanglotant de bonheur et en pensant qu'elle n'a plus rien à attendre de la vie. (c'est un peu ça Cevert non ?)
Mais j'avoue mieux comprendre la manière dont un Ph.Vogel vit sa passion, quasi pathologique, pour son pilote.
Il recherche la moindre trace, fait un travail d'historien, s'endette pour faire un livre (bon là, on attend un peu !)...
Mais c'est vrai qu'au bout du compte, il n'y a pas plus de logique.
Ecrit par : Christian Burdet | jeudi, 09 octobre 2008
J'ai passé au "traducteur automatique" de Google le texte de Roselane et la bouillie suivante est descendue, preuve en est que Google a une marge de progression avant de dominer le monde de la traduction.
"Je suis l'un de ces fanatiques et les amateurs passionnés par François Cevert. Et en tant que tel, essayez tout ce qu'il ya à ce sujet, alors découvert que François est spéciale même. Nombreuses et se heurtent souvent à plusieurs personnes ici au Brésil, les hommes et les femmes qui se plaignent d'être attiré par Francois, les femmes sont pour lui d'être l'un des plus beaux hommes de son époque et par les hommes qui admirent le charisme ou son bon moyen carré et principalement par le dévouement et l'amour de l'automobile. Il n'est pas facile de maintenir en vie un mythe que les fans du monde entier avec une flamme allumée pendant 35 ans après sa mort parce que sa trajectoire de la célébrité est quelque chose autour de six ans. J'ai parlé à beaucoup de gens que je suis ou ce que je cherche à avoir le François Cevert en commun sûr et ils ne sont pas rares. François Cevert est un phénomène mondial qui ne seront pas oubliées, même! Que vous vouliez ou non. Au revoir"
Ecrit par : Mémoire des Stands | jeudi, 09 octobre 2008
Je suis étonné par la rigidité dogmatique de Pierre Ménard.
J’ai été accidenté grièvement en course le 9 septembre 1973 : je n’ai jamais compris pourquoi j’étais sorti de la route dans cette courbe « à fond ». Pendant le mois qui suivait, à l’hôpital, j’ai échafaudé cent hypothèses expliquant ma sortie de route. Sans certitude. Puis le 6 octobre, j’apprends la mort de François Cévert. Sa sortie de route sans plus de raison précise.
Pour un pilote en essais, il faut être très vite et sans faute. Point.
Une fois dans le cockpit, on pilote uniquement pour soi. Contre le chrono, le cerveau devient un calculateur froid ultra-rapide, sans colère, sans sentiment : pas le temps, les neurones sont tous exploités pour faire aller au plus vite la voiture. La sortie de route peut alors être provoquée par un infime imprévu.
Bien sûr, l’éclat de phares est fiction. Comme toutes les autres raisons avancées. Comme l’hypothèse « Sheckter » qui signifierait : François a fait une faute de pilotage en se déconcentrant? Pas crédible pour moi.
Je me répète en disant que ce texte si bien écrit, avec son suspense, est un superbe hommage au personnage clé, omniprésent dans la nouvelle et pourtant si absent. Comme dans la réalité.
Cher Christian, votre note m'autorise à écrire ce que pense un ancien pilote qui a vécu cette époque :
j'ai eu beaucoup d'admiration pour quelques pilotes: Jim Clark, etc.... J'ai une fascination pour deux grands d'autres époques que la mienne: Nuvolari et Senna. Peut-être parce qu'ils pilotaient des engins que je n'ai pas connus.
Et puis François Cévert.
Il était là pour mon "Volant Shell". Simple. tranquille. Plus discret que d'autres ce jour là. L’ayant rencontré ensuite, je peux vous confirmer qu'il avait une personnalité hors du commun, un ensemble "éducation-intelligence-passion-équilibre- beauté" qui me semble relever de l'extra-ordinaire, en pesant mes mots.
Comment un tel jeune homme rayonnnant pouvait-il être aussi redoutable au volant?
Je n'ai jamais idolâtré qui que ce soit ou quoi que ce soit. Simplement, dans le cadre de la course auto, François Cévert a été plus qu'un grand pilote : un être d'exception.
Mais il y a eu tant d’autres copains morts... Alors, un type comme moi qui ait survécu à cette époque de passion, de folie et d'insouciance ne peut que prendre du recul. Les "idolâtres" sont jeunes; ils n'ont connu ni François, ni surtout cette époque.
Ecrit par : guy dhotel | jeudi, 09 octobre 2008
Bonsoir !
Je ne prendrai pas position sur le thème de l'idôlatrie exposé ci-dessus car je peux être considéré comme m'y plongeant à propos de qui vous savez. Merci à Christian Burdet pour sa perception de mon postionnement par rapport au pilote sujet de Privé de gloire.
J'ai presque terminé la mise en page des photographies et la relecture du texte est entamée pour que pour les fêtes de fin 2008, les intéressé(e)s puissent avoir mon livre dans leur spectre de cadeaux à s'offrir ou à offrir. Votre patience va enfin être récompensée...
Bien sportivement et amicalement !
Phike Votler
Ecrit par : philippe vogel | jeudi, 09 octobre 2008
Je rejoins complètement Christian Burdet quand il dit que cette note "contient .. tout le côté vain des interminables explications".
C'est semble-t-il ce qui a échappé à Pierre Ménard quand il parle de "maquillage de l'histoire au service d'une fiction, alors que les causes de l'accident sont hélas désormais connues."
Il y a plusieurs façons de trahir l'histoire, et le fait de répéter à l'infini la même hypothèse, aussi vraisemblable soit-elle, pour lui conférer le statut de vérité officielle en est une.
Car la vérité c'est de dire que nous ne savons pas, et ne saurons jamais, ce qui s'est passé ce jour là.
Que l'on peut toujours faire des hypothèses et les confronter aux faits pour estimer leurs vraisemblances relatives, sans plus.
Il se trouve que la thèse la plus reprise au travers des récits successifs est celle de la rivalité Cevert - Schekter, au point d'éclipser toutes les autres. Comme celle d'une rupture mécanique pourtant souvent évoquée à l'époque.
Pourquoi ? Probablement pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la vérité. Peut-être parce qu'elle contient une histoire humaine qui ressemble à celle de la rivalité Michel Vaillant - Steve Warson qui s'est ancrée dans notre inconscient collectif. Peut-être aussi parce qu'il est rassurant de trouver un responsable à un évènement qui nous a blessés, Patrese en fera les frais cinq années plus tard.
Et le fait de mettre cette hypothèse dans la bouche d'un personnage connu comme François Guiter, qui n'était ni témoin direct de l'accident, ni dans la tête de François Cevert à ce moment là, ne lui donne aucune crédibilité supplémentaire. Même en la présentant comme une "confidence" qu'il a fallu jurer de "ne pas publier". M. Guiter n'a probablement fait que répéter ce qu'il avait le plus entendu autour de lui, et que M. Ménard répète aujourd'hui. C'est ainsi que naissent les rumeurs faites vérité.
Merci donc cher TTCB pour cette fiction qui nous permet de relativiser tout cela en remettant la balle au centre. Cette fiction a plus de chances de nous mettre sur le chemin de la vérité que la vérité révélée de M. Ménard.
Ecrit par : Daniel | vendredi, 10 octobre 2008
Concernant Francois CEVERT,
Au crépuscule de cette saison 1973, Francois sait qu'il va devenir 1er pilote du team Tyrrell pour la saison 1974. Qu'importe Scheckter ou Depailler comme second pilote en 1974, la notoriété de CEVERT est acquise à l'issue de cette saison 1973, ce dernier se bat pour la pole position et c'est d'une logique implacable que CEVERT décide dans les derrniéres minutes de faire un temps C'est un concours de circonstances que la date est le 6, n° de chassis est le 066 .....6 minutes avant la fin des essais.
Mais cela n'enleve rien au charisme de Francois, ce dernier avait décidé de faire un temps.....comme d'autres pilotes et non des moindres, mais ce jour la comme Pironi et Villeneuve entres autres cela, ne se passa pas comme prévu....
Ecrit par : ANDRE GEORGES | vendredi, 10 octobre 2008
Tout est dit . Un seul témoin occulaire digne de foi a assisté de A à Z à la fin de Cevert. Surplombant la piste, il a vu la Tyrrell partir en vrac et son pilote tenter de rétablir la trajectoire à grand coups de volants. Cevert n'a pas levé le pied, après, il était trop tard. S'il faut choisir une fin, je préfère celle-là, à celle de Helmuth Koinigg sur ce même circuit, un an plus tard jour pour jour, dans ces satanés rails dits de de sécurité, simple passager d'une voiture qui lui avait joué un sale tour. Cevert est mort comme un chevalier.
Bien-sûr, j'aurais préféré le voir aujourd'hui en Guest Star piloter une Tyrrell sur le circuit des remparts, ou une Matra 670 au Mans classic...
Je n'ai jamais été fan de lui à l'époque de mon adolescence, le personnage me laissait indifférent quand il côtoyait les chanteurs à la mode, à la une de Podium ou de Hit magazine. Heureusement que Jean-Claude Hallé a écrit ce merveilleux bouquin qui me l'a fait découvrir et apprécier à sa juste valeur...
Ecrit par : Marc Ostermann | samedi, 11 octobre 2008
Au retour de quelques jours de vacances loin de toute connexion Internet, je prends connaissance de la discussion (je n'ose dire polémique) née du ressenti de mon ami Pierre à la lecture de cette note. Je n'en suis pas étonné car il m'avait fait connaître sa réaction par téléphone avant de s'en ouvrir par courriel à MdS.
Même si je ne l'ai pas éprouvée moi-même, je comprends sa réaction. Tout comme je comprends celle de C. Burdet face à la "Cevert-lâtrie". C'est d'ailleurs sans doute pour cela que j'ai tant apprécié "Dead end et who is he grandma ?" : loin de tout allumage de cierge rituel, c'est un hommage "par la bande", indirect et subtil, et surtout créatif. Mais à partir du moment où il y a création, il y a risque de déplaire ou de choquer, c'est la loi du genre.
Mais la vraie question, c'est celle que pose le TTDCB : pourquoi toute cette hystérie ? je n'aurai pas la prétention d'y répondre mais, quand je lis que Guy Dhotel - qui l'a rencontré - le qualifie d'"être d'exception", je me dis qu'au moins pour Cevert il y a des raisons, c'est-à-dire une densité humaine ; on ne peut pas en dire autant pour les soit disant "stars" formatées que les médias de 2008 fabriquent à la chaîne (sans jeu de mot) pour les livrer à l'adoration des masses adolescentes perturbées par leur maëlstrom hormonal.
Ecrit par : Olivier Favre | lundi, 13 octobre 2008
Bien vu, Olivier !
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mardi, 14 octobre 2008
Bien vu Guy Dhotel ! Magnifique description de la concnetration des grands et vrais pilotes (comme il en fut)
Ecrit par : tristan | jeudi, 16 octobre 2008
J'avais 18 ans en 1973, et l'ascension de François ne pouvait que me faire réver.
Sur la cause de son accident, j'ai une pierre à apporter à l'édifice.
Je cite François dans sa chronique dans SPORT AUTO N°105 d'OCTOBRE 1970 (page 65):
"J'ai fait un légère faute de ligne, mes roues de gauche sont montées sur le gravier et comme j'avais le sentiment d'être en train de faire un temps canon, je n'ai pas levé."
Tout est dit...
Pour le reste, je suis assez d'accord avec M.MENARD.
Je viens sur MDS pour trouver des souvenirs et évocations d'une époque où j'étais trop jeune pour participer (même comme spectateur); pas pour lire des DA VINCI CODE adaptés au milieu de la course.
Bien amicalement à tous.
Ecrit par : Bernie | dimanche, 18 janvier 2009
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