mercredi, 10 septembre 2008
30 ans jour pour jour : L'enfer sur Terre

Un peu moins de 15 heures, dimanche 10 septembre 1978, circuit de Monza, pas l'enfer, pas encore.
18e course de la saison pour Guy Royer qui a passé une mauvaise nuit à l'hôtel Biffi, dans les faubourgs de Milan, à peine moins bruyant que la bande son de Fellini Roma. Une chaleur lourde, intenable, enserre Monza dans une gangue poisseuse qui n'est pas étudiée pour l'humain. A ce propos, Guy Royer qui se dirige à pas lents vers la sortie de la chicane Goodyear qui fait suite à la ligne droite des tribunes, Guy Royer donc, dont la grosse mallette bat les flancs, se demande s'il reste autour de lui une parcelle d'humanité. Où qu'il porte le regard, ce ne sont que masques simiesques, homuncules grognant des insultes dans une langue qui n'est pas celle de Luca di Montezemolo ou Dino Buzzati. Les Tifosi. Parqués derrières des grillages style camp de concentration qui semblent impuissants à les contenir, foule chauffée à blanc par les déclarations populiste de la presse milanaise, hordes juchées par grappes sur les panneaux AGIP, tellement esquintés qu'ils sont illisibles.
Du monde à la chicane. Presque tout ce que ce GP d'Italie compte de photographes s'y est agglutiné. Le spot est pratique : ambiance assurée et facilité pour rejoindre l'arrivée et le podium, peu avant la fin de la course. Guy Royer visse un zoom sur son Canon gagné à un concours Sport-Auto. Il connaît la plupart des visages de ses "confrères" dont les guillemets indiquent la légitimité alors que celle de notre photographe du dimanche tient au faux IRPA qu'il porte à la ceinture.
15 h 25. Andretti en pole, Villeneuve à côté. Les premières canettes de Peroni, une bière locale, commencent d'atterrir dans le dos des photographes, accusés de gêner les Tifosi. Ambiance très tendue. Même un pack de lait que David Phipps prend sur l'épaule.
15 h 30. Le tour de chauffe est passé, les autos se rangent en grille et d'un coup le débit du speaker, déjà élevé au repos, monte dans les tours alors que toutes les monoplaces ne sont pas arrêtées au starter : le départ est donné à la volée et la meute s'élance vers l'étroit goulet que devient la piste une fois hors de vue de la zone des tribunes. Pas de place pour tout le monde en temps ordinaire ; encore moins aujourd'hui. Le dépoli du Canon de Royer prend vie dès que les premières machines fondent vers la chicane. Le photographe garde son doigt appuyé sur le déclencheur, le moteur fait le reste. Ca se joue au dixième de seconde.




Du feu s'élève dans le fond. Silence de plomb, comme si le temps se suspendait. Les Tifosi sont figés comme gargouilles de pierre sur la cathédrale de Milan. Le peloton passe la chicane et file vers la Curva Grande.

Devant c'est le carnage. 11 voitures sont au tapis. Il se dit aussitôt que Brambilla qui a pris une roue sur le casque est le plus touché. On voit au loin des pilotes s'agitant autour de la Lotus de Peterson ; ils le sortent et l'étendent au sol. Il est gravement blessé mais on a vu pire. "Ils", ce sont Hunt, dont la McLaren, accrochée par l'Arrows de Patrese, a heurté la Lotus, et Depailler, pris aussi dans l'action. Les pompiers interviennent assez vite, le feu est maîtrisé mais pas l'organisation qui part dans tous les sens. Un hélicoptère décolle pour Niguarda, l'hosto de garde, Ronnie serait atteint sévèrement mais aux jambes seulement. On aurait évité le pire. Quelqu'un remarque que le Suédois s'était fait une chaleur prémonitoire aux essais libres du matin en pulvérisant sa Lotus 79, privée de freins. Il s'était rabattu sur la 78 de réserve.
Gesticulations à l'italienne, palabres, des voitures civiles tournent sur la piste, pleines d'hommes aux mines sombres. Va-t-on repartir ou non ? Les Tifosi font comprendre à coups de bouteilles balancées sur la piste, et même avec des morceaux de leurs propres échafaudages projetés tels des javelots à travers le grillage, qu'il serait préférable que la course fût relancée. Alors que les photographes de course s'agitent vers la piste et tentent de percer le barrage de carabiniers pour aller aux nouvelles, un homme arbore un visage franchement inquiet. Il fait face aux Tifosi, en guette tout mouvement susceptible de dérapage. Jean-Claude Francolon est photographe de guerre, envoyé à Monza entre deux théâtres d'opération. Il se fout des autos mais s'inquiète des mouvements de foule. Ne jamais sous-estimer la foule, dit-il. Ils sont tellement excités que tout peut arriver, ajoute-t-il en shootant un gros et un petit, torses nus, qui ont cisaillé le grillage à sa base et s'introduisent dans l'aire des photographes. D'autres les suivent. Les flics, débordés, font semblant de les ignorer.

Guy Royer a franchi les lignes policières. L'excitation est à son comble autour de ce qu'il reste de la Lotus 78 du Suédois. Il shoote calmement, ça fait partie du boulot, du boulot du dimanche car en semaine il est imprimeur. En ces années 70 la mort est une des maîtresses les plus fidèles des personnels des GP, des pilotes bien sûr mais pas seulement, des journalistes, des mécaniciens, des spectateurs aussi. Lui et sa bande l'ont cotôyée de près ; à Barcelone en 75, à Rouen où elle s'accrocha à Gerry Birrell, à Zeltweg où elle emmena Mark Donohue. Au Ring en 76 où elle fit un baiser à Lauda. Heureusement aujourd'hui à Monza, il semble qu'elle ait offert à Peterson un sursis.
Dans la Chrysler conduite par Christian qui le ramène - nous ramène à Paris où nous serons à l'heure du laitier -, France Inter annonce que Ronnie Peterson a été opéré de ses fractures aux jambes et que son état est satisfaisant.
Tout à l'heure Guy Royer aura passé sa blouse, il encrera sa bécane, la réglera et lancera le tirage d'un PPS. Puis Gallais, Becquerel et le Viet se pointeront.
- Salut !
- Salut !

Grand Prix d'Italie . Circuit de Monza . 10 septembre 1978
Images © Guy Royer
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| Tags : ronnie peterson, lotus 78, grand prix italie, circuit de monza, 1978 |





















Commentaires
Un triste dimanche que j'ai passé à expliquer à une copine, que la course automobile était une passion dévorante et forte. A bout d'argument, je lui ait preté "la mort dans mon contrat" en édition de poche... Elle me l'a rendu, sans le lire je pense, quelque temps après... Ronnie Peterson était un lion, je suis un ane.
Ecrit par : De passage | mercredi, 10 septembre 2008
Jolie note, comme toujours.
N’y avait il rien à mettre en place et maintenir en état par la FIA, entre le bordel de l’organisation de Monza en 1978 et la rigueur de Spa 2008 et les sanctions des commissaires pour une phase de course virile ?
Pour l'anecdote, j'étais invité gratuitement a Monza le week-end prochain. Bonne tribune, bel hotel et bons restaurants, j'ai décliné l'invitation , j'avais mieux a faire et puis a quoi cela sert sans le TTDCB, sans le photographe du dimanche , sans l'Abo sans Bisson , sans brassard ERPA.
Ecrit par : gianpaolo | mercredi, 10 septembre 2008
que faut-il de penser de ces deux époques.
de belles, de superbes courses avec leurs lots d'accidents, parfois irreversibles.
ou les courses insipides d'aujourd'hui, en "toutes" sécurité. . .
Ecrit par : Bruno | mercredi, 10 septembre 2008
sur sa civière, Peterson s'était legerement relever pour faire un signe de son pouce levé.
je me souviens aussi, qu'ils avaient redonner le départ, sur le coup de 17h, et que durant le tour de chauffe Scheckter/Wolf s'était fait le rail à Lesmo.
nouvel arrêt. la course est repartie tellement tard, que le drapeau à damier avait été agité entre chien et loup.
Ecrit par : Bruno | mercredi, 10 septembre 2008
Quel après midi cauchemardesque ! Son atmosphère pesante et étouffante est parfaitement traduite dans cette note. Je regardais ce Grand Prix comme tous les autres à cette époque et je fus soulagé lorsque l’on annonça que l’état de Ronnie Peterson se « limitait » à des lésions au niveau des jambes. Je me souviens très bien que Ronnie avait relevé la tête et avait fait un petit signe plutôt rassurant. L’avions nous vu sur l’écran ou entendu de la part du commentateur, je ne me rappelle pas. Deux ans au paravent, en rupture d’un top team, il gagnait sur ce même tracé. Il n’y a que lui qui pouvait faire avancer une March sur un circuit comme celui là. En 1974 et 1975, Ronnie faisait gagner d’antiques Lotus 72, ce que l’expérimenté mais moins motivé Jacky Ickx n’arrivait plus à faire. Ce fut une perte immense et une insondable tristesse. Quant à la question posée par Bruno, c’est une vraie question !
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mercredi, 10 septembre 2008
Voici une vidéo de cette journée tragique : http://www.youtube.com/watch?v=9v7qGDsa2Wc
Après l'accident, on craint plus pour la santé de Brambilla que pour celle de Peterson... Peut-être aperçoit-on notre photographe dans de la cohue qui suit le drame ?
Ecrit par : Né quelque part | mercredi, 10 septembre 2008
C'était mieux avant...
Ecrit par : L'étroit mousquetaire | mercredi, 10 septembre 2008
Quelle vidéo ! je n'avais jamais vu l'accident filmé d'aussi près. Quant aux images de Peterson elles sont absolument dramatiques quant on sait ce qu'il advint le lendemain :(
Ecrit par : David Bénard | mercredi, 10 septembre 2008
Je me souviens, comme si c'était hier...
Et la polémique sur la responsabilité de Patrese...
30 ans après, cela semble bien dérisoire
Ecrit par : Gérard Gamand | mercredi, 10 septembre 2008
Patrese qui par un curieux hasard est remonté ce jour dans une F1 !!
A Jerez, invité par Honda à piloter la monoplace de Rubens Barichello.
Voir ci dessous
http://www.gentlemendrivers-mag.com/v3/index.php?option=com_content&task=view&id=1660&Itemid=48
http://www.gentlemendrivers-mag.com/v3/index.php?option=com_content&task=view&id=1651&Itemid=48
Ecrit par : gilles gaignault | mercredi, 10 septembre 2008
c'était la parole de Hunt champion du monde* contre celle de Patrese 13 GP.
moins d'une semaine plus tard, (alors que Patrese était déjà interdit de GP à Watkins Glen par ses paires)
une enquête révélait que Patrese n'était pour absolument rien dans la dinamique de l'accident, grace aux traces des pneumatiques laissés sur la piste, qui avaient été photographiés par hélicoptère avant le second départ.
oui tout ça c'est dérisoire. mais l'Italien en restera marqué pour le restant de sa carrière 256 GP, il l'a souvent dit.
j'ai appris la terrible nouvelle, le lendemain à peu près à cette heure ci, 9h30 à mon atelier. j'était abasourdis. je me souviens je n'y croyais pas, il n'était touché qu'aux jambes!
Ecrit par : Bruno | jeudi, 11 septembre 2008
Un court métrage n'aurait pas mieux rendu la fièvre du moment, c'est magique, sublimes photos.
Quand je pense, Guy, que j'ai vécu sous le même toit professionnel que toi en ignorant ton statut de photographe du dimanche ...Impardonnable. Merci à MdS de permettre de combler les lacunes relationnelles!
Salut!
Salut!
Ecrit par : Françoise Corre | lundi, 15 septembre 2008
Je m'en rends souvent compte, trente ans c'est un peu la préhistoire.
Rappelez-vous que peu d'automobilistes portaient leur ceinture de sécurité, et je ne parle même pas des passagers. Les voitures étaient des littéralement des caisses, ni plus ni moins. Je me souviens que nous admettions parfaitement cet état de choses : le monde était comme ça.
Je veux dire par là un peu du climat général, auquel la formule un ne dérogeait pas. Jusqu'à l'apparition du carbone, les voitures étaient de redoutables cercueils. On comprend bien à les revoir aujourd'hui à quel point les pilotes de l'époque étaient héroïques lorsqu'ils se glissaient dans ces coques d'acier riveté.
Ces hommes étaient certes le produit de leur époque, et donc plus fatalistes que leurs confrères d'aujourd'hui. la course, c'était alors tout autre chose : pas d'aide au pilotage, pas de télémétrie ou de consignes radio, des voitures qu'il valait mieux garder sur la piste...
Et les secours se révélaient tout aussi approximatifs - véhicules d'urgence inadaptés, des hôpitaux pas toujours performants. Le plus tragique de cette affaire est que Peterson est mort de complications que des soins appropriés auraient pu éviter. On a d'ailleurs parlé d'erreur médicale.
(A ce propos, ceux qui n'ont jamais vu les images de la mort de Williamson seront effarés à la vue des malheureux camions de pompiers, de l'inefficacité et du dénuement des commissaires.
1973, le siècle dernier...).
Je n'ai aucune, mais vraiment aucune, nostalgie pour cette époque. Pourtant, il faut bien admettre que la présence du danger, la difficulté de maîtriser ces voitures, l'imprévisibilité de la course, faisaient des pilotes des hommes extraordinaires à nos yeux.
Quand vous montrez des images du Beltoise aujourd'hui, je suis toujours émue en pensant à la belle carrière de ce vaillant papy.
Pour finir sur Monza 78 : j'étais une grande fan de James Hunt, un pilote formidable d'allant, hors-normes, mais qui s'est montré à l'occasion sous un jour désastreux.
Patrese, un peu comme Scheckter cinq ans plus tôt, traînait une réputation de pilote aussi doué qu'imprudent. Hunt - pourtant ex-"Hunt The Shunt", s'est appuyé sur cette mauvaise renommée pour s'acharner sur Patrese. Malgré les conclusions de l'enquête, on dit qu'il a continué d'accabler le pilote italien pendant des années, alors que selon de nombreux témoins, il avait lui-même une responsabilité dans l'accident.
Un triste jour, en effet.
Ecrit par : sue | vendredi, 26 septembre 2008
merci Sue pour votre commentaire au sujet de Hunt the Shunt.
et vous avez tout à fait raison en disant que le premier responsable de l'accident était l'ex champion du monde manqué.
la seul erreur que Patrese à fait ce jour là, c'était de sortir de la ligne blanche délimitant la piste sur sa droite.
quant il est arrivé à hauteur du goulet délimité par l'anneau de vitesse, il a voulu se rabattre, mais Shunt, ne l'a pas laisser faire. au tout dernier moment, Riccardo à bien du se rabattre.
les traces des pneus sur la piste le montre.
on ne prete qu'aux riche
Ecrit par : Bruno | samedi, 27 septembre 2008
Hunt était tout de même un vrai champion. L'année 76, sa Mc Laren était bien inférieure aux Ferrari et bien que le championnat ait été faussé par l'acsident de Lauda, Hunt a mérité son titre.
A l'époque, il était un peu la rock-star du plateau, avec son sticker "Sex is the breakfast of the champion" et ses groupies (sa femme étant partie avec Richard Burton...). Un peu plus rigolo donc que Fisichella, Schumacher, le fils Rosberg ou tous ces jeunes gens élevés au lait écrémé.
Enfin, de toute manière, tous les pilotes des années 50/70 étaient plus intéressants.
C'est un peu ce que j'avais voulu dire à Guy Dhotel dans un vieux post. Il avait cru que j'attendais des histoires un peu intimes ou des rancunes. Malentendu : simplement, je me rends compte que tout le monde vieillit et que peu de traces restent de cette époque. Si personne ne s'y met, on ne saura bientôt plus à quoi ce monde ressemblait.
Dans "La mort dans mon contrat", il y a une scène montrant François Cevert à Barcelone, fauché et démoralisé, en train de faucher une roue de Mini pour la remorque de sa F3... Ca doit parler à de nombreux participants à ce forum, mais pour de plus jeunes générations, ça doit sembler aussi anachronique que romantique - autant que Jack Findlay dans "Continental Circus : je me casse la gueule, je me relève, je trouve une moto et j'y retourne...
Bref, si une belle plume, informée et pas trop soucieuse de diplomatie (au contraire d'un Crombac) se décide à s'y mettre, il y a de belles aventures à raconter.
Quant à Monza, en effet Hunt et Patrese se sont frottés. Et alors?... Hunt m'a effectivement déçue sur cette affaire. Je ne savais pas alors que les Anglais pouvaient se révéler franchement têtes de lard - et lui l'est resté jusqu'à la fin de sa vie. Mais l'époque était comme ça : on s'engageait, bien plus conscient des risques qu'on ne peut le croire aujourd'hui, et la chance suivait, ou pas.
Ces gars risquaient leur vie à chaque course. Je crois qu'ils étaient loin d'être totalement inconscients.
La colère de Hunt ressemblait fort à la reconnaissance d'un sentiment avec lequel il avait du mal à coexister.
Ecrit par : sue | dimanche, 28 septembre 2008
Sue, commentaire extrêmement pertinent, juste et partagé J’adorais James Hunt pour son excentricité et son style Carnaby St des années 60. Il avait apporté sur les circuits l’extravagance qui seyait assez bien à cette période débridée (mais contenue) et joyeuse. Effectivement à cette époque, on aimait les Stones, Gong donc Findlay et Agostini, Bowie et…James Hunt. A propos de sa colère, vous avez tout à fait raison : sans doute , commencait-il d'être gagné par la peur ? J’aimais Patrese pour son talent et son culot et encore plus par la suite quand il devint un pilote expérimenté ayant traversé presque 3 décennies de Formule 1. Impossible d’oublier la joie étonnée de son visage à Monaco en 1982, vainqueur sorti de nulle part ! J’ai toujours pensé qu’il avait été fustigé à tort par ses pairs et que sa responsabilité était loin d’être évidente dans ce monstrueux accrochage. Seulement voilà, la Formule 1 était en pleine mutation sécuritaire et il fallait un coupable. Clark lui aussi avait été impliqué dans la collision qui avait coûté la vie à Von Trips. Seule la justice italienne pour des raisons de procédure locale s’en était prise au Team Lotus. J’ai exhumé ce week end quelques très beaux portraits de ces dieux de la course en pleine concentration dans leurs bolides que j’avais réalisé en diapositives. Les scanners permettent maintenant la numérisation de ces diapos. Je les confierai prochainement à notre teneur de ce blog. Curieusement, les plus beaux concernent Patrese et Hunt !
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | lundi, 29 septembre 2008
quand je dis "champion du monde manqué." en 1976,
je fais référence aux bons à rien, qui controlaient la F1 à cette époque, et qui ont rendu la victoire à Hunt lors du GP d'Espagne à Jarama alors qu'il avait une voiture qui ne correspondait pas au reglement technique à l'arrivée.
voiture trop large de deux centimètres, aile arrière trop haute et trop large de 2 cm également.
Lauda avait été déclaré vainqueur, Hunt déclassé.
quoi de plus logiqe et normal!!!
deux mois plus tard au lendemain du GP de France (alors que Lauda était presque champion du monde avec une avance folle sur son second) on reclasse Hunt à la première place à Jarama.
c'était pas grave. . . Lauda conservait une avance énorme.
malheuresement, il y eu le Nurburgring (qui n'a rien à voir avec la non attribution du titre mondiale à l'Autrichien)
Ecrit par : Bruno | lundi, 29 septembre 2008
Daniel,
Taraudé par la peur ou par la culpabilité?
Quand je lis ce qui s'est écrit sur la vie de Hunt, avant et après son arrêt de la compétition, je suis toujours frappée par ce refus de composer avec des émotions compliquées.
Certes, les sportifs sont peu portés sur l'introspection (surtout quand ils sont en activité. Après, ils sont nombreux à découvrir tout surpris qu'ils sont faillibles), mais chez ce type, le trait prenait des proportions énormes.
Les jouisseurs ne s'embarrassent pas du superflu. Puis ils meurent bêtement à 45 ans, usés mais pas assagis.
(Là, on parle de Hunt mais on est partis du grand Peterson, qui est mort jeune et a laissé derrière lui beaucoup de malheur).
Ecrit par : sue | mardi, 30 septembre 2008
oui, c'est vrai ça. . . Hunt n'était pas Peterson loin de là.
Ecrit par : Bruno | mardi, 30 septembre 2008
Mais, James HUNT était quand même pas si mal dans sons tyle et bien sur, on pourra toujours regrtetter que PETERSON, malgré son immense talent et sa disparition prématurée, n'ai jamais pu résoudre l'équation meilleur pilote-meilleure voiture-meilleur moment. Combien sont-ils à n'avoir jamais trouvé la solution ?
Ecrit par : Daniel DUPASQUIER | mardi, 30 septembre 2008
Pourquoi les opposer?
Deux légendes, et basta.
Au-delà, la question soulevée de "l'équation meilleur pilote-meilleure voiture-meilleur moment" renvoie aussi à un autre temps, celui d'avant le professionnalisme tel qu'on le connaît aujourd'hui. Peterson, un peu comme Regazzoni, avait cette réputation de "pilote naturel" - entendre : le gars qui pouvait tirer parti de n'importe quelle brouette mais à qui l'on ne devait pas demander trop d'efforts de mise au point. Face à des Stewart ou Lauda, l'équation pouvait être vite résolue et la vie cruelle.
Et si on les compare aux pilotes actuels, surqualifiés par des années de kart, un entraînement de samouraï, la surveillance de la télémétrie, etc., etc., on est amenés à conclure que ces pilotes à l'ancienne n'auraient pas leur place sur les circuits aujourd'hui, humainement et techniquement.
Mais en ce qui me concerne, je sais parfaitement pourquoi la course d'aujourd'hui ne me chauffe pas plus que ça.
Ecrit par : sue | mardi, 30 septembre 2008
"Et si on les compare aux pilotes actuels, surqualifiés par des années de kart, un entraînement de samouraï, la surveillance de la télémétrie, etc., etc., on est amenés à conclure que ces pilotes à l'ancienne n'auraient pas leur place sur les circuits aujourd'hui, humainement et techniquement."
En lisant ces dernières phrases, je ne peux m'empêcher de penser à Bourdais , pilote au parcours classique devenu pluridisciplinaire, Sport proto, victoire en IROC (Nascar) Roi du Champcar et qui se retrouve en F1 sans pouvoir, à son grand désespoir, lui le fin metteur au point, influer sur le comportement d' une voiture techniquement figée. Un pilote atypique né beaucoup trop tard...
Ecrit par : Marc Ostermann | mercredi, 01 octobre 2008
vous souvenez vous de Mike Andretti et de sa (non) saison 1993. c'est ce qui semble arrivé cette saison à Bourdais.
completement éclipsé par son coéquipier.
il y en a qui s'adaptent d'autres pas. les premiers sont les vrais grand.
Ecrit par : Bruno | mercredi, 01 octobre 2008
Sue, vous avez parfaitement raison, il faudra décrire en détail ce qu'était la vie de pilote , même en F3, dans les années 60 - 70. Cela expliquerait beaucoup de contre-sens: le fric omniprésent maintenant et omniabsent alors, -sauf de rares exceptions-, les rigolades, les "troisième mi temps", l'insouciance, devrai-je dire l'inconscience de la plupart d'entre nous. Sur une autre note (Dhotel 71), je fais une début de réponse.
C'est vrai, il faudrait, il faudra bien que l'on détaille cette époque exceptionnelle. Où chaque pilote était si différent de l'autre, on le mot même de formatage n'existait pas, ou un Ronnie Peterson plutôt calme cotoyait un Clay Reggazzoni plus... extraverti. Introspection était bien un autre mot inconnu des pilotes, il valait mieux! On aurait tous été bons pour les séances de culpabilisation collective ou pire, de recherche de la sagesse!
Encore une fois, je ne retiens d'alors que: passion de la vie, insouciance , goût du risque. Peut-être pourra-t-on en faire un sujet de note: il y a beaucoup a expliquer aux nouvelles générations: "rouler tranquillement à 200" comme explique Isabelle de Bailleul, se tirer des bourres incroyables sur route tandis que les "chicanes mobiles" , pardon, les automobilistes, se faisaient tout petits, nos comportements un peu, comment dire, effrayants? qui faisaient que les hoteliers refusaient souvent -et avec raison!- les pilotes... Et tant d'autres choses qui revenaient toutes à cet excès de vie qui débordait ou explosait de chacun.
"No limit. "
Ce pourrait être le titre ou un résumé concis de cette époque bénie.
Ecrit par : guy dhotel | mercredi, 01 octobre 2008
En effet, "formaté" est un mot étrange sur ce forum.
Ecrit par : sue | jeudi, 02 octobre 2008
PS. En parlant de récits "de l'intérieur", vos notes en disent toujours beaucoup sur ce qu'était la vie de pilote. Les allers-retours chez BRM, les moteurs pourris et le préposé avec sa tasse de thé, on en rigole mais on mesure aussi la fuite en avant que représentait une telle passion.
Celui qui commençait à se faire du souci, à mon avis, il avait intérêt à penser à sa reconversion.
Ecrit par : sue | jeudi, 02 octobre 2008
Vos commentaires, d'accord-pas d'accord, peu importe, vos états d'âmes nostalgiques ne prouvent qu'une chose : votre attachement à une forme de compétion qui a aujourd'hui disparu...
Les seigneurs de la piste sont aujourd'hui robotisés, formatés, asseptisés !
Guy, Sue, vous nous permettez de ressentir ces émotions d'une époque passée, vos commentaires sont fins, pointus, ascerbes, vifs, VRAIS !
Putain de dieu CONTINUEZ et poursuivez dans ce sens en essayant de faire connaître aux générations actuelles comment en chemisette et pantalon serré aux chevilles on pouvait se "faire plaisir" au volant d'une caisse ou d'une moto totalement dépassée, mais au milieu des "grands" que l'on essayait de taper au freinage des Deux-Ponts ou du Faye...
Cher Guy je n'aurai jamais les mots pour vous remercier de me faire revivre ces coupes du salon ou autres trophées du MCF (moi aussi j'ai ma carte..encore punaisée dans le garage).
Hubert Rigal dit volontiers que j'ai été son premier "team manager", on en rigole encore ! il s'agissait de trouver les meilleurs jambon-beurre au meilleur prix ; ça c'était de la mission sur le plateau de Ste-Eutrope...!
J'ai envie de lire le récits des casse-croûte d'enfer à la Potinière, les réglages de carbu sur la petite piste derrière le parc courreurs de Montlhéry, les premières courses à Magny-Cours après les arsouilles sur la N7 et les simili-wimpies que nous faisait Patrick Bourgeois à "la Bifur"
Pour moi, l'époque était aux motos, mais on adorait les Gords et les Alpines, en fait, tout ce qui déménageait et nous faisait vibrer la corde mécanique...
Bon, ...je me suis éloigné du sujet, mais pas tant que ça en fait...la faute à Guy qui nous replonge à chaque fois dans le "grand bleu" de nos souvenirs....
Ne rejettez pas les fautes de l'un à l'autre; à cette époque, les pilotes se donnaient au-delà deux-mêmes et faisaient parfois des erreurs qu'ils étaient tous conscients de pouvoir faire à leur tour un jour ou l'autre.
Nous les avons aimés pour cette folie que nous leur enviions. Ne cherchons pas trente ans plus tard à répartir les fautes, notre jugement est trop influencé par le fonctionnement "marketé" des GP made in Ecclestone.
il y a belle lurette que je n'ai plus revu un Gp jusqu'au bout à la télé....
Tiens, un jour je vous parlerai des confidences du papa de JPB à mon papa à moi (de JPB aussi), ils étaient tous les deux bouchers...et ça vous expliquera le respect que certains de ma génération ont pour ce "sacré bonhomme".
Bises à toutes et tape "virile" dans le dos pour les autres...
bien amicalement
Jean-Paul Brunerie
http://volantsetfourchettes.fr
Ecrit par : Jean-paul Brunerie | mardi, 29 septembre 2009
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