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lundi, 08 septembre 2008

Pour que Reims vive #01

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Alors que s'ouvre la semaine qui culminera avec la deuxième édition du Week-end de l'excellence automobile, deux notes pour que Reims vive.
On savait le Professeur Reimsparing grand ; il démontre aujourd'hui qu'il l'est suffisamment pour se pencher sur le clocher qui domine Gueux et veille depuis une cinquantaine d'années sur l'histoire d'amour que le Prof entretient avec le circuit.


Le clocher de mon grand-père


clocher0.jpgMon grand-père paternel n’était certes pas propriétaire du clocher de l’église de Gueux, même si l’essentiel de sa vie d’honnête plombier couvreur s’est déroulée à l’ombre de cet édifice. Mais c’est lui cependant qui, modeste artisan aidé de mon oncle paternel, a rénové, après la Première guerre mondiale, la couverture du clocher en question, afin d’en expurger les traces de la folie des hommes, par un travail obstiné dont on trouvait durant la même période, du côté de la cathédrale de Reims, le prestigieux pendant.

Bien qu’aucun d’eux n’en ait sans doute conservé le moindre souvenir, ce clocher s’est pourtant, tour après tour, une fois franchie la légère butte qui marquait la fin de la zone des stands, fugacement imprimé sur la rétine des pilotes qui disputèrent les diverses épreuves courues sur le circuit de Reims-Gueux entre 1926 et 1951. Mais leur attention, évidemment, se concentrait déjà sur l’entrée dans la localité, presque aussitôt suivie par le long et intense freinage qui allait leur permettre de négocier au mieux l’étroit virage à droite formé par l’angle du bâtiment abritant le Familistère.

A plus forte raison est-il certain qu’une fois en piste, aucun des concurrents ayant emprunté à partir de 1952 le tracé qui évitait Gueux n’avait conscience de l’existence même dudit clocher. Car la grande courbe à droite après les stands, on le sait, était si délicate à maîtriser que rien d’autre ne comptait que l’instant exact où un très léger coup de volant devait inscrire l’auto, en un équilibre aussi subtil que précaire, dans cet arrondi qui n’en finissait pas.

Mais que pourrait-il nous révéler, lui, ce clocher, si, par une sorte de miracle, après tout pourquoi pas, il se confiait aujourd’hui en exclusivité à MdS ? Il les a tous vus, et même observés attentivement un par un, apprendrait-on, ces pilotes qui, dotés d’un talent fort inégal mais ayant fait montre d’une identique bravoure, ont, tout au long de ces trente-six meetings, forgé la magnifique histoire du circuit de Reims-Gueux. Il ne leur garde pas rancune de la superbe indifférence avec laquelle ils l’ont traité. Bien au contraire, il leur conserve à tous sa bienveillante affection, teintée de tristesse lorsqu’il songe à ceux qui ne sont plus, et même d’un reste de souffrance à la pensée des malheureuse et malheureux dont la vie a pris fin, sous son regard atterré, un certain jour de juin, de juillet, et même de février.

Il évoque avec émotion cet âge d’or au cours duquel, entre deux meetings et tout en savourant l’attente du prochain, il ne se lassait pas, notre clocher, de contempler la ligne droite, cernée, sur sa gauche, par la longue enfilade des stands que dominaient, en son milieu, les trois étages de restaurants si propices au péché de gourmandise, et, sur sa droite, par les impressionnantes tribunes. Il se souvient avec amusement de l’apparition, au cours des années cinquante, du Pneu Dunlop, plutôt mignon, qui s’en vint surplomber la piste juste en haut de la butte, marquant désormais l’entrée du redoutable royaume de la grande courbe à droite.

clocher1.jpgOh, bien sûr, la folie des hommes s’étant manifestée une fois de plus, on n’avait pas couru de 1940 à 1946, ni, en raison de l’événement tragique que l’on sait, en 1955. Mais en dehors de ces interruptions, il les vit revenir, les pilotes et les voitures, année après année, génération après génération. Il avait même eu la primeur certaines années, à compter de 1953, de l’extraordinaire spectacle que constituait le tracé du circuit dessiné plusieurs heures durant par les phares des bolides qui s’étaient élancés à minuit à l’assaut des ténèbres. C’est avec une surprise incrédule, d’abord, puis, petit à petit, avec une résignation empreinte de nostalgie, qu’il a dû admettre, notre clocher, que les moteurs s’étaient définitivement tus le 29 juin 1969, à peu près au moment où il faisait retentir les six coups marquant la dix-huitième heure de cette journée devenue chant du cygne.

Mais bon, au début, les stands, les tribunes et le Pneu Dunlop étaient toujours là. Avec un peu d’imagination et de mémoire – et il ne manquait certes ni de l’une ni de l’autre – il ne lui était pas difficile de se replonger dans les grandes heures du passé. Cependant, le temps s’écoulant et l’indifférence persistant, les choses prirent une tournure d’abord désagréable puis franchement inquiétante. La végétation se lança à l’assaut des tribunes et du paddock. Les arbrisseaux se firent arbres, qui menacèrent de tout recouvrir, et peut-être même disloquer. Un beau jour, façon de parler bien sûr, le Pneu Dunlop disparut. Et l’on se mit à raser les stands, en commençant par ceux qui, justement, avaient été les plus proches de ce dernier. Bien près de commettre le péché de colère, notre clocher assistait, impuissant, à l’inéluctable dégradation en même temps, horreur, qu’à la rapide destruction de ces constructions aimées qu’il avait vu naître.

Mais qu’est-ce qu’ils attendent pour sauver « mon » circuit ? pestait-il, avec une sérieuse envie de sonner les cloches à il ne savait pas trop qui. Fut-ce de la transmission de pensée ? Toujours est-il que quelques bénévoles, mus par une solide conviction et bientôt regroupés en une association, intervinrent avant qu’il ne soit trop tard, défrichèrent, taillèrent, repeignirent, sans se douter des encouragements muets qui leurs étaient prodigués…de là haut. Le processus fatal était interrompu.

Et c’est avec la joie que l’on devine que notre clocher vit revenir pilotes et voitures à partir de 2004 dans le cadre des 12 heures de Gueux organisées par l’Association des amis du circuit de Gueux. Il eut cependant du mal à en croire ses yeux lorsque la Mercedes « flèche d’argent » que le grand Fangio avait imposée en 1954 s’élança aux mains expertes et respectueuses de Jean Alesi, au mois de septembre dernier. S’il avait pu, il se serait pincé pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. Quel dommage, songea-t-il, que je ne puisse exprimer ma reconnaissance, ni à Gérard Cuif, le président de l’association, dont je domine pourtant directement l’officine, ni aux organisateurs de ce Premier week end de l’excellence automobile. Mais cela n’allait pas pour autant lui flanquer le bourdon, son plaisir était trop intense.

Si l’on en croit les dernières nouvelles du front, notre clocher, apparemment impavide mais toujours bouillant de passion contenue – ce qui n’est pas condamnable, n’est-ce pas ? , devrait, au cours des années qui viennent, avoir de nouvelles occasions de se régaler ; et, surtout, assister à la sauvegarde définitive des constructions subsistantes.

Au fait, et la prochaine réfection de sa couverture, c’est pour quand ?

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Professeur Reimsparing



Le clocher de mon grand-père, photo DR
Modestes artisans descendus du clocher, archives Pr Reimsparing
Peter Westbury, Brabham BT21B F3, 1968, en équilibre dans la grande courbe à droite © Pr Reimsparing
Jean Alesi, WEEA 2007 © MdS

Commentaires

A propos de la Brabham de Wetsbury, quelle drôle d'idée d'installer un aileron sur une F3 et sur un circuit aussi rapide !

Ecrit par : Christian Briand | lundi, 08 septembre 2008

Je me rendrai au WEEA de Gueux ce week end (du samedi midi au dimanche midi) .

Ce serait sympa de s'y retrouver devant une p'tite bière .

Alors, qui qu'y sera ???

JCA

Ecrit par : jc arnold | mardi, 09 septembre 2008

Bonjour Jean Claude, j'y serai samedi comme l'an dernier et je pense que l'on se retrouvera sans difficultés devant une bière ...

Ecrit par : Christian Magnanou | mardi, 09 septembre 2008

Bonjour à vous, j'y serais également samedi.

Ecrit par : GT Dreams | mardi, 09 septembre 2008

Gianpaolo, peut à Reims samedi devant la buvette MDS ?

Ecrit par : Christian Magnanou | mercredi, 10 septembre 2008

Merci Christian pour votre proposition.
MDS voulant dire cette fois, Mort De Soif !
Hélas je ne serais pas avec vous.
J’attends avec impatience la note et vos commentaires pour me faire regretter encore plus mon absence.
Je vous livre une indiscrétion : vous pourriez croiser dans la poussière du paddock ….notre ami Antoine Sire, dites lui que ses commentaires nous manquent .

Ecrit par : gianpaolo | mercredi, 10 septembre 2008

Gianpaolo, si le ciel ne me tombe pas sur la tête (la météo n'est guère optimiste), je pourrai partager une cervoise tiède avec l'ami Jean Claude, sans doute Francis, peut être Antoine et sait on jamais le Professeur Reimsparing himself ! J'essaierai de rendre compte de tout cela au TTDCB ...

Ecrit par : Christian Magnanou | mercredi, 10 septembre 2008

J'ai fait engagé une Amilcar de 1927 et une Daytona de 1970 à Reims ce week-end.

Ecrit par : gilles gaignault | mercredi, 10 septembre 2008

Salut MDSistes . Je vous propose une rencontre devant une petite bière demain à 13 h 30 dans l'aire de restauration à droite en sortant du tunnel . 1,82 m, 80 kg, 58 ans, blouson rouge, jeans anthracite, p'tit compact fuji en bandoulière .

A demain .

JCA

Ecrit par : jc arnold | vendredi, 12 septembre 2008

Antoine Sire ...

Fais nous signe !

JCA

Ecrit par : jc arnold | vendredi, 12 septembre 2008

Jean Claude au même endroit que l'an dernier, je serai là ! 1,71 m , 57 ans, blouson rouge aussi mais on se connait déjà ...

Ecrit par : Christian Magnanou | vendredi, 12 septembre 2008

Jean-Claude, Christian,Antoine, Gilles, GTD et bien sur Professeur soyez sympas trinquez en pensant aux absents.

Ecrit par : gianpaolo | vendredi, 12 septembre 2008

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